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25 mai 2015 1 25 /05 /mai /2015 19:47

Magnifique travail de Julie Legrand, à voir à la Chapelle Sainte-Radegonde, une sublime chapelle troglodyte, à Chinon!

3 oeuvres de marbre et de verre, comme trois stations du dehors au dedans, au coeur de la terre et de l'organique, du jaillissement à la disparition dans les profondeurs du dedans ou de l'infini...

"La chair et l'esprit" - Julie Legrand à la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon
"La chair et l'esprit" - Julie Legrand à la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon
"La chair et l'esprit" - Julie Legrand à la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon
"La chair et l'esprit" - Julie Legrand à la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon
"La chair et l'esprit" - Julie Legrand à la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon
"La chair et l'esprit" - Julie Legrand à la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon
"La chair et l'esprit" - Julie Legrand à la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon

merci Julie pour ce week-end very VIP!

 

 

Le dîner Palindrome de Daniel Spoerri, donné dans les Caves Painctes de Chinon

Le dîner Palindrome de Daniel Spoerri, donné dans les Caves Painctes de Chinon

"La chair et l'esprit" - Julie Legrand à la Chapelle Sainte-Radegonde de Chinon

Un beau trio à l'honneur: Daniel Spoerri, Dorothée Selz, et Julie Legrand!

 

"La chair et l'esprit" - Une exposition de Julie Legrand à la Chapelle Sainte Radégonde

dans le cadre de l'exposition Daniel Spoerri- Eat Art

avec aussi: François Morellet, Ben Vautier, Dorothée Selz et Antoni Mirada, Roland Topor et Erik Dietman

Jusqu'au 15 novembre 2015

Chapelle Sainte Radégonde, Galerie de l'Hôtel de Ville, Musée le Carroi à Chinon

 

 

Et bien sûr, on retrouve Julie Legrand avec "Rose à l'enfant" au Monastère royal de Brou, dès le 19 juin!

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21 mai 2015 4 21 /05 /mai /2015 23:52
Rest Energy - Marina Abramovic et Ulay - Vidéo-Performance – Amsterdam, janvier-août 1980 – 4'05'' – Musée  d'art contemporain de Lyon – Inv. 997.9.1.8

Rest Energy - Marina Abramovic et Ulay - Vidéo-Performance – Amsterdam, janvier-août 1980 – 4'05'' – Musée d'art contemporain de Lyon – Inv. 997.9.1.8

L'amour comme au premier jour...

 

« Il sera, cet amour que nous préparons en luttant durement : deux solitudes se protégeant, se complétant, se limitant, et s’inclinant l’une vers l’autre ».

R.M. Rilke- Lettres à un jeune poète, 1929

 

Mais avant que d'enfanter, cette «part d’éternité et d’immortalité qui est accessible au mortel» (7), il faut d'abord s'unir et si possible s'aimer. Passion joyeuse ou ruse de la nature pour perpétuer notre espèce quand bien même celle-ci fut infinie source de souffrance (8), lEros se manifeste le plus souvent dans l'expérience du «choc amoureux», pour reprendre l'expression de Francesco Alberoni, cette force révolutionnaire dans laquelle l'Autre (ré)apparaît et répare. Tel est, entre autres, le sens du célèbre Mythe d'Aristophane, exposé dans Le Banquet de Platon, qui voit en la quête amoureuse la recherche d'une fusion, d'une unité première et perdue, de cette fameuse «moitié» qui, passée dans le langage courant entend (re)trouver «l'âme sœur», condition du bonheur: «C’est de ce moment que date l’amour inné des êtres humains les uns pour les autres : l’amour recompose l’ancienne nature, s’efforce de fondre deux êtres en un seul, et de guérir la nature humaine. [...] Notre espèce ne saurait être heureuse qu’à une condition, c’est de réaliser son désir amoureux, de rencontrer chacun l’être qui est notre moitié, et de revenir ainsi à notre nature première » (9).

Que l'amour ne soit, peut-être, que «l'infini mis à la portée des caniches» (10), qu'une invention, une illusion, se fait inessentiel, s'il n'est aucune illusion qui ne soit plus nécessaire et indissociable de l'existence humaine. Même les plus désabusés de nos contemporains en conviendront: « Le désir d’amour est profond chez l’homme, il plonge ses racines jusqu’à des profondeurs étonnantes, et la multiplicité de ses radicelles s’intercale dans la matière même du cœur. », écrit Michel Houellebecq (11)

Alors nous pouvons donner une chance à cet Eros, à ces couples photographiés par Susanna Hesselberg, à cet homme et cette femme (Still man et Still Woman), sculptés par Gilles Barbier, absorbés chacun dans un foisonnement végétal. Le premier homme, la première femme, à l'orée de l'amour, avant que ne soit perdu l'Eden, ce sont aussi ceux de la vidéo de mounir fatmi (Quelque chose est possible). Dans leurs caresses, ni projet, ni idée, mais le « possible », le « pas encore », l'«attente de cet avenir pur sans contenu (12) », expression de la perdurance du désir, qui, ne se bornant pas à un désir sexuel factuel, s’enracine dans les profondeurs ontologiques de ce perpétuel effort pour « persévérer dans son être », dans cet appétit qui ne serait rien d’autre que l’essence même de l’homme.

Et puis, chaque couple amoureux n'est-il pas celui pour qui « l'amour est toujours neuf (...), et qui prononcent en effet les mots mille fois ressassés de l'amour comme si personne ne les avait jamais dits avant eux, comme si c'était la première fois depuis la naissance du monde qu'un homme disait la parole d'amour à une femme, comme si ce printemps était le tout premier printemps et ce matin le tout premier matin» ? (13)

 

L'amour à mort

 

De nombreux penseurs, et la psychanalyse elle-même, au travers de l'usage des termes Eros et Thanatos, pour désigner cette «pulsion de mort» qui tend au retour à l'inorganique, ont tenté d'élucider le sombre lien entre la sexualité et la mort. Tristan et Iseult, Roméo et Juliette, Orphée et Eurydice...La tragédie amoureuse est un classique de la littérature, et les amants tragiques pullulent dans tous les arts. C'est donc que cette violence sous-jacente, la possibilité de la mort est, comme le ver dans le fruit, au coeur même de ce qui se joue dans l'amour, une des ombres d'Eros, comme bonheur jamais définitivement conquis, imminence toujours possible de la catastrophe, lutte contre la destinée...
Ainsi, de la célèbre performance de Marina Abramovic et Ulay présentée ici, Rest Energy, sans doute la plus connue que les deux artistes, tels l'”androgyne” du mythe d'Aristophane, réalisèrent ensemble. Dans Minima Moralia, Adorno écrivait: "Tu seras aimé lorsque tu pourras montrer ta faiblesse sans que l'autre s'en serve pour affirmer sa force." Evocation d'un Cupidon qui expérimenterait les tensions réelles, entre amour et interdépendance, du couple, et les ambiguités d'un amour fusionnel, Rest Energy fut, aux dires de Marina Abramović, une des performances les plus éprouvantes: "Une seconde d’inattention, et c’était la mort." La mort, préférable à la soumission, dans une lutte sans merci qu'exprime la danse de Pilar Albarracin dans la vidéo Bailaré sobre tu tumba.
Ainsi aussi, d'une manière différente, de cet amour fou qui s'enfonce en deçà de la surface du corps, périssable siège de l'amour: dans ses Saint-suaires, Christophe Lambert capture les contours de la femme sous/sur la robe, exprimant le véritable sens de ce «suaire», destination finale et véritablement linceul de ses amours défuntes. Ces représentations d’os et de squelettes s’enracinent dans l’inquiétude pour l’être aimé qui est un corps, avec sa fragilité, sa finitude, son intimité organique. L’amour total, et sublime, y compris dans sa trivialité. Hilda dira à Goetz: « Chaque jour tu ressembles un peu plus au cadavre que tu seras et je t'aime toujours (...) tu pourriras entre mes bras et je t'aimerai charogne: car l'on n'aime rien si l'on n'aime pas tout.» (14)
..........

 

(7) Discours de Diotime in Le Banquet, Platon- 380 AVJC – Ed. Garnier Flammarion

(8)- Pour Spinoza, « "L'amour n'est autre chose que la joie, accompagnée de l'idée d'une cause extérieure" Définition générique de l'amour, non dans sa réalité concrète -qui suppose aussi souffrance et tourment,- mais de droit :« Toute notre félicité ou infélicité dépend d’une seule chose, à savoir, de la qualité de l’objet auquel nous adhérons par l’amour. En effet, jamais des disputes ne naîtront à cause d’un objet qui n’est pas aimé; on n’éprouvera nulle tristesse s’il périt; aucune envie, s’il est possédé par un autre, aucune crainte, aucune haine et, pour le dire en un mot, aucune commotion de l’âme. Tout cela a lieu, par contre, dans l’amour des choses périssables (…). Mais l’amour d’une chose éternelle et infinie nourrit l’âme d’une joie pure, qui est exempte de toute tristesse, ce qui est éminemment désirable et doit être cherché de toutes nos forces ».- Traité de la réforme de l'entendement (1665-1670) – Ed . Librairie Philosophique Vrin

« C’est justement parce que l’amour se définit comme joie qu’il peut être source de malheur : s’il n’était pas joie, nul ne s’attacherait autant à des objets au point de courir à sa perte. En somme, si Spinoza n’avait pas défini l’amour comme joie, il n’aurait jamais pu expliquer le malheur d’aimer » ( C.Jaquet, P. Sévérac, A. Suhamy, Spinoza, philosophe de l’amour, extrait de la Préface, PUSE, 2005)

En revanche, pour Schopenhauer, tel qu’il l’expose dans le chapitre Métaphysique de l’amour, Compléments au Monde comme Volonté et comme Représentation " - 1818 - Ed. PUF : l’amour n’est qu’une illusion, une ruse de la nature qui incite l’homme à procréer et qui participe à la continuelle « reproduction des espèces » qui se trouvent forcées de subir ce monde violent où la souffrance et le désespoir sont les maîtres mots. Toute passion, en effet, quelque apparence éthérée qu'elle se donne, a sa racine dans l'instinct sexuel, ou même n'est pas autre chose qu'un instinct sexuel plus nettement déterminé, spécialisé ou, au sens exact du mot, individualisé. Considérons maintenant, sans perdre de vue ce principe, le rôle important que joue l'amour, à tous ses degrés et à toutes ses nuances, non seulement au théâtre et dans les romans, mais aussi dans le monde réel. Avec l'amour de la vie il nous apparaît comme le plus puissant et le plus énergique de tous les ressorts (...) Mais l'esprit de vérité découvre peu à peu la réponse à l'observateur attentif. Non, ce n'est pas d'une bagatelle qu'il s'agit ici ; au contraire, l'importance de la chose en question est en raison directe de la gravité et de l'ardeur des efforts qu'on y consacre. Le but dernier de toute intrigue d'amour, qu'elle se joue en brodequins ou en cothurnes, est, en réalité, supérieur à tous les autres buts de la vie humaine et mérite bien le sérieux profond avec lequel on le poursuit. Ce qui se décide là, c'est bel et bien la composition de la génération future. »

(9) - Discours d'Aristophane in Le Banquet, Platon- 380 AVJC – Ed. Garnier Flammarion

(10)- Louis Ferdinand Céline – Voyage au bout de la nuit – 1932 – Ed. Folio Gallimard

(11) - Michel Houellebecq – Extension du domaine de la lutte – 1994 – Ed. Maurice Nadeau

(12) - Emmanuel Levinas – Totalité et infini – 1961 – Ed. Biblio essais- Le Livre de Poche

(13) - Vladimir Jankelevitch – La mort- 1966 - Ed. Flammarion

( 14) - J.-P. Sartre- Le Diable et le Bon Dieu, p.225 – 1972 – Ed. Gallimard

........

 

 

 

 

A suivre....

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20 mai 2015 3 20 /05 /mai /2015 23:04

A l'occasion de l'exposition "A l'ombre d'Eros - l'amour, la mort, la vie!" paraîtra un catalogue, dont je suis l'auteur.

Date de parution: 15 juin 2015

Disponible, entre autre , sur fnac.com, amazon.fr, decitre.fr, e-leclerc.com...

144 pages, couleur - Edition Silvana Editoriale - ISBN/EAN: 978-88-366-3100-1 - 9788836631001    

General Motoeurs - black version - Ghyslain Bertholon - Courtesy l'artiste et SchoolGallery, Paris

General Motoeurs - black version - Ghyslain Bertholon - Courtesy l'artiste et SchoolGallery, Paris

Je publie ici l'essai en préface, en plusieurs parties...

 

« Le bonheur de l'homme semble avoir été oublié dans le plan de la création du monde. C'est nous, et nous seuls, avec notre capacité d'amour, qui donnons une signification à un Univers froid et indifférent. Et pourtant la plupart des êtres humains semblent avoir la capacité de chercher, et même de trouver du bonheur dans les choses les plus simples, comme leur famille, leur travail et l'espoir que les générations futures sauront mieux comprendre. »

 

Louis Levy (Martin S. Bergmann) (1) – Crimes et délits, 1990 – Woody Allen

 

Le Monastère royal de Brou, une histoire d'amour et de mort

 

A l'ombre du jubé de la somptueuse église Saint-Nicolas-de-Tolentin, joyau gothique flamboyant, sous les arcades des cloîtres, les salles voûtées d'ogives, où durant des siècles, des moines augustins prièrent pour les princes défunts, partout flotte un parfum de romantisme, de grandeur et de mélancolie, d'amour sublimé, et de mort. Car ici plus que nulle part ailleurs, sous la promesse faite à sa belle-mère par la puissante Marguerite d'Autriche, et dans l'éploration de son amour défunt, le Monastère royal de Brou est devenu, à travers les siècles, un symbole d'amour, et de l'amour persistant par delà la mort.

Il n'en fallait pas davantage que cette extraordinaire histoire d'amour et de mort pour imaginer que le Monastère puisse devenir le cadre enchanteur et inspiré d'une exposition qui évoquerait cela même qui agite l'humanité du plus loin de ses fondements : l'amour, la mort, la vie !

 

Proposer une exposition d'art contemporain dans un lieu patrimonial est toujours un pari risqué et exigeant, tant au regard d'une dimension architecturale dont il est impossible de faire l'économie, que de la manière dont peuvent y résonner des œuvres contemporaines. Pourtant, s'y nourrit la certitude que cela révèle, pas tant par magie que par le pouvoir des contrastes, et de l'histoire, une sorte de filiation. Ainsi, en est-il d'Eros et Psyché, œuvre de Joël Paubel à entrée multiple, qui, se déployant autour des deux stèles de Richard Serra, dans le second cloître, et au pied des gisants de Marguerite et Philibert, renvoie l'infini reflet de l'Histoire. Puis, placée à l'entrée de l'église, la Fountain de Ghyslain Bertholon, hommage aux amours galantes si bien dépeintes par Fragonard, connecte d'emblée la force d'une représentation contemporaine avec l'histoire du monument, une fontaine de jouvence, le cœur séparé du corps de Marguerite, et peut-être, un indice du saint secret de l'amour (2).

 

Le Monastère royal de Brou, monument d'amour et monument funéraire, porte en son cœur les préoccupations les plus fondamentales, et rencontre ainsi celles de tous les artistes: la puissance de l'amour, « expérience personnelle de l’universalité » par excellence (3), l'évidence de la mort, et la question sans achèvement de la manière dont la vie peut prendre sens entre ces deux occurrences.

 

Ainsi est né « A l'ombre d'Eros », ou comment au-delà de l’amour, en son sens le plus prosaïque, le combat d’Eros, fondamentalement puissance vitale, puissance de création, se poursuit inlassablement contre les forces de la déliquescence, de la destruction et de la mort.

Invitation a donc été faite à cinquante artistes contemporains de tous horizons pour s'emparer avec eux du monument et y raconter cette histoire universelle et initiatique, une histoire où se mêlent l'amour et la mort et où se dessine, éternelle et vaine, et belle, la lutte de la vie contre l'entropie de l'univers, de l'existence contre le néant.

 

 

Eros, une histoire de cœur...

 

Eros, ce dieu grec de l'amour et de la puissance créatrice, né de l'oeuf cosmique issu de l'union de l'Ether et du Chaos, sert donc de fil conducteur à cette exposition, dans laquelle tous les aspects de la création, et de l'amour, sont évoqués. Eros parce qu'il a bien fallu, dans notre Histoire, tenter de savoir comment si ce n'est pourquoi « quelque chose et pas plutôt rien » (4), comment la conscience émerge du néant, comment et pourquoi l'amour, tentative de néguentropie nécessaire si nous voulons donner sens...Bien sûr, nous n'ambitionnons pas de répondre à cette question dans l'exposition. Tout au moins les artistes, au travers de leur propositions plastiques, lèvent ici et là des pans de ce voile posé sur la destinée du monde dans lequel nous sommes jetés (5), et nous saisirons leurs œuvres comme autant de paris sur notre compréhension du monde.
 
Eros donc, énergie vitale de l'homme, qui le pousse à croître, à créer, à s'unir et à aimer. Dans les traités d'anatomie de la Grèce ancienne, le cœur était perçu comme le siège de l'âme toute entière et le sang propulsé par le cœur, le véhicule de «l'esprit vital ». Ainsi, les battements du cœur, ses contractions, ses palpitations, ses hésitations révèlent l'agitation de notre vie intérieure, de nos pensées et de nos volontés comme de nos affections. General Motoeurs, deux cœurs surdimensionnés, noir et blanc, œuvres de Ghyslain Bertholon, expriment cette double dimension, le cœur comme siège réel (avec ses valves, ses artères) autant que symbolique de l'Eros, à la fois puissance vitale et organe hautement symbolique de l'amour, donnant à voir d'emblée la complexité fragile de cet état qu'on appelle « être vivant ».
 
Ici, donc, sans prétention scientifique aucune, c'est au cœur de ce cœur que nous logerons le siège du mouvement de la vie. Qu'il s'agisse d'une nécessité, d'une loi de la nature, ou d'une pure contingence, au fond, importe peu. Ce qui importe, c'est ce sentiment immédiat de la vie en nous comme puissance d’affirmation, cette « persévérance dans son être », enfin, comme dirait Spinoza (6), essence même du désir.
Et au premier plan, cette persévérance de la vie s'exprimant dans l'enfantement et la maternité, qui depuis la « Vénus » originelle de l'art paléolithique, femme-terre, matricielle, hante immémorialement nos réalités comme nos imaginaires. Ainsi se trouvent rassemblés dans le même espace trois œuvres dont nous soulignons la filiation. Un ventre de maternité Gelede Fon célèbre, au travers du culte de la "Mère", le pouvoir des femmes et leur rôle central dans l'organisation de la société Yoruba. Cet objet exprime l'universalité de ce mouvement et de cette quête d'énergie vitale, incarnée par le corps maternel et le pouvoir d'enfantement. Ici aussi, la figure maternelle qui nourrit toute l'œuvre de Louise Bourgeois, comme en témoigne ce dessin, œuvre tardive issue de la série The Good Mother, et dont le motif de la mère à l'enfant deviendra presque obsessionnel à la fin de sa vie. Ici enfin une Vierge noire à l'Enfant, fétiche contemporain de fécondité, que s'est réapproprié Dimitri Fagbohoun.

 

..................

 

(1)- Dans le film Crimes et délits (Crimes and Misdemeanors) – 1989 - de Woody Allen, Martin S Bergmann joue le rôle de Louis Levy, un philosophe auquel Cliff Stern (Woody Allen) consacre un documentaire. Martin S. Bergmann, qui n'a fait qu'une autre apparition au cinéma, dans son propre rôle dans le célèbre Schindler's List de Steven Spielberg, est psychanalyste, membre de la New York Freudian Society, membre honoraire de l'American Psychoanalytic Association et professeur à l'école post-doctorale de Psychologie clinique de la New York University

(2) – D'après Saint Bernard de Clairvaux- Sermon 96, de diversis – 12ème siècle – in Sermonts divers, 2012 – Ed. Cerf: «Du secret de la poitrine de Jésus sortent quatre fontaines, où l'on puise quatre sortes d'eau, et d'où est arrosée toute l'Eglise répandue dans le monde. Ces quatre sources sont : la vérité, la sagesse, la force et l'amour. Elles fournissent de l'eau, et chacune une eau particulière. A la fontaine de la vérité, on puise l'eau du jugement, à celle de la sagesse, l'eau du conseil, à la fontaine de la force, l'eau du secours, et à celle de l'amour, l'eau des désirs ».

(3)– Alain Badiou - Éloge de l’amour, 2009 – Ed. Flammarion

(4)- Selon la célèbre question de Gottfried Wilhelm , Principes de la nature et de la grâce fondée en raison – 1740 - Ed. Garnier Flammarion

(5)- Selon l'analyse du Da-Sein, qui « est toujours et déjà enfermé dans un horizon de possibilités en deçà desquelles il ne saurait remonter, il « est » ces possibilités » - Martin Heidegger – Etre et Temps – 1927 – Trad. François Vezin - Ed. Gallimard, 1990

(6)- «Chaque chose, autant qu’il est en elle s’efforce de persévérer dans son être. » Baruch Spinoza, Ethique livre III – 1677 - Ed. Garnier Flammarion

 

à suivre...

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18 mai 2015 1 18 /05 /mai /2015 20:40

On dirait qu'elle a toujours été là, cette oeuvre de Werner Reiterer, que nous venons d'installer sous le magnolia du premier cloître...

En prologue ou en conclusion de l'exposition "A l'ombre d'Eros"...

"Terra", une oeuvre de Werner Reiterer, dans le premier cloître du Monastère royal de Brou
"Terra", une oeuvre de Werner Reiterer, dans le premier cloître du Monastère royal de Brou
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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 21:27

Nidhal Chamekh - dont j'avais montré un ready made dans le cadre de l'exposition "Liberté mon amour" en septembre dernier-, et Massinissa Selmani ont été sélectionné par Okwui Enwezor, pour l'exposition "All the World's Futures" - Biennale de Venise.

Toutes mes félicitations à ces deux talentueux artistes, soutenus depuis plusieurs années par la Galerie Talmart, et Marc Monsallier, avec une mention spéciale pour Massinissa Selmani, qui a remporté un des prix du jury de la Biennale de Venise, pour son remarquable travail de dessin.

 

Biennale de Venise - jusqu'au 22 novembre 2015

 

 

Massinissa Selmani

Massinissa Selmani

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 00:07

Cette nuit, les visiteurs du Monastère royal de Brou pourront voir en prologue de l'exposition "A l'ombre d'Eros", quelques oeuvres déjà installées in situ..dont la fabuleuse Escarpolette de Piet.sO...

Déjà du monde cette nuit pour découvrir l'oeuvre de Piet.sO!

Déjà du monde cette nuit pour découvrir l'oeuvre de Piet.sO!

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16 mai 2015 6 16 /05 /mai /2015 23:18

"A l'ombre d'Eros et de Psyche" est une oeuvre à entrée multiple, imaginée par Joel Paubel. Un fascinant jeu de miroir qui ouvre des plans inhabituels sur l'architecture, et le gisant de Marguerite dans l'église, puis, dans le second cloître, un autre jeu de miroir, mettant en perspective et réactivant les deux stèles "Marguerite et Philibert", réalisées par Richard Serra pour le Monastère royal de Brou.

"A l'ombre d'Eros et de Psyche" - Une installation de Joel Paubel, avec la "complicité" de Richard Serra
"A l'ombre d'Eros et de Psyche" - Une installation de Joel Paubel, avec la "complicité" de Richard Serra
"A l'ombre d'Eros et de Psyche" - Une installation de Joel Paubel, avec la "complicité" de Richard Serra
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15 mai 2015 5 15 /05 /mai /2015 18:49

Des nouvelles de l'installation "Rose à l'enfant" de Julie Legrand, présentée au Monastère royal de Brou, en vue du l'exposition!

"Rose à l'enfant"- les gisants de Julie Legrand pour "A l'ombre d'Eros"

Ca commence comme çà, des dizaines de bobines de fil...

"Rose à l'enfant"- les gisants de Julie Legrand pour "A l'ombre d'Eros"
"Rose à l'enfant"- les gisants de Julie Legrand pour "A l'ombre d'Eros"
"Rose à l'enfant"- les gisants de Julie Legrand pour "A l'ombre d'Eros"

Déjà des visites! Des lycéens en section arts visuels viennent rencontrer Julie...

"Rose à l'enfant"- les gisants de Julie Legrand pour "A l'ombre d'Eros"
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 22:09

Réunion au sommet, pour décider ce que seront la couverture du catalogue, l'affiche, et les visuels des outils de com...un choix fondamental!

Réunion de com...
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14 mai 2015 4 14 /05 /mai /2015 19:10

Mention spéciale pour les costumes!

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