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2 avril 2022 6 02 /04 /avril /2022 17:22

Quelques images de l'exposition LANIAKEA 2 VOLUME + SURFACE, que j'ai eu un particulièrement grand plaisir à curater avec l'artiste Bogdan Pavlovic!

Un grand merci aux artistes, enthousiastes et présents! Aux visiteurs nombreux - dont certains étonnants "VIP"-  qui ont réservé à l'exposition un accueil chaleureux! A La Ruche, lieu mythique qui n'usurpe pas son ambiance unique!, à la Fondation Seydoux et à l'association qui, par l'invitation de Bogdan, m'ont permis cette belle expérience!

Laurent Pernot, Julie Legrand et Yoan Béliard, trois des artistes de LANIAKEA 2

Laurent Pernot, Julie Legrand et Yoan Béliard, trois des artistes de LANIAKEA 2

"LANIAKEA 2 - VOLUME + SURFACE" - Yoan Béliard, Francine Flandrin, Esmeralda Kosmatopoulos, Lidia Kostanek, Petar Kras, Violaine Laveaux, Julie Legrand, Danaé Monseigny, Laurence Papouin, Bogdan Pavlovic, Laurent Pernot, Lionel Sabatté, Régis Sénèque, Mai Tabakian, Dragan Trajkowski, Céline Tuloup - Du 10 au 20 mars 2022 - Fondation La Ruche - Seydoux, Paris 15è - Sur une invitation et en co-commissariat avec Bogdan Pavlovic

 

Au premier plan, une œuvre de Yoan Béliard, au fond, installation de Bogdan Pavlovic

Au premier plan, une œuvre de Yoan Béliard, au fond, installation de Bogdan Pavlovic

Yoan Béliard, Régis Sénèque (installation au sol et photographie), Céline Tuloup

Yoan Béliard, Régis Sénèque (installation au sol et photographie), Céline Tuloup

Au premier plan, œuvres de Lionel Sabatté, au sol, œuvre de Dragan Trajkowski, au fond, œuvres de Violaine Laveaux

Au premier plan, œuvres de Lionel Sabatté, au sol, œuvre de Dragan Trajkowski, au fond, œuvres de Violaine Laveaux

La très belle installation de Violaine Laveaux

La très belle installation de Violaine Laveaux

The Kiss, de Laurent Pernot

The Kiss, de Laurent Pernot

"Tout ce qui brille", Esmeralda Kosmatopoulos

"Tout ce qui brille", Esmeralda Kosmatopoulos

Les écharpes de Céline Tuloup

Les écharpes de Céline Tuloup

Sculpture, de Francine Flandrin

Sculpture, de Francine Flandrin

Robe brodée de Céline Tuloup, au fond, deux des trois "Mandorles" de Lidia Kostanek

Robe brodée de Céline Tuloup, au fond, deux des trois "Mandorles" de Lidia Kostanek

Les désirs contraires, de Julie Legrand

Les désirs contraires, de Julie Legrand

Vue d'ensemble: Mai Tabakian, Laurence Papouin et Lidia Kostanek

Vue d'ensemble: Mai Tabakian, Laurence Papouin et Lidia Kostanek

Francine Flandrin

Francine Flandrin

Danaé Moseigny

Danaé Moseigny

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18 mars 2022 5 18 /03 /mars /2022 18:27
LANIAKEA 2 - VOLUME+SURFACE

Pour la deuxième édition de Laniakea, nous avons choisi de présenter les oeuvres, tout en volumes et surfaces, de seize artistes contemporains, appelant par tous les moyens, ou des moyens divers, à la tentation – à laquelle il faudra pourtant bien résister- du toucher au-delà du voir.

 

Tentation inassouvie d’une caresse légère à la surface des oeuvres de Violaine Laveaux, aux textures imperceptiblement veloutées, mais absorbant la lumière, comme en retenue de silence et de mélancolie, comme entre chien et loup, dans une sorte de sensualité retenue.

Tentation encore, plus débridée c’est certain, de ce sein triomphant, qu’on imagine délicieux - mais sous cloche- de Francine Flandrin…La douceur fait envie, la beauté nourrit encore notre illusion qu’elle puisse être salvatrice.

 

Mais en ces temps belliqueux, l’art doit-il, comme disait Rosenberg, rester encore cette arène dans laquelle agir…ou se battre ? Probablement et même plus que jamais, comme en témoignent les “coups de poing” de Laurence Papouin, expérimentation sur la peinture, certes, rageuse trace de la présence, de la pesanteur d’un corps, offrant, en creux, un volume présent dans son absence…mais aussi expression symbolique de la force de l’art. Ou encore, sous la précieuse délicatesse de l’or, le coton et le corail composés sur fond d’encre de Chine des oeuvres de Danaé Monseigny nous interrogent sur la partition qu’il nous reste à interpréter dans la “symphonie du monde”. Nous n’en avons pas fini de nos luttes, quitte à la jouer hooligan en satin duchesse, à l’image des écharpes, au croisement du féminisme, du fan club de foot et du concours de Miss, de Céline Tuloup, ou à célébrer dans une aura de lumière le caractère sacré de la vie, et du lieu où elle advient chez l’humain, avec les Mandorles (figures que l’on retrouve habituellement aux façades des églises) de Lidia Kostanek.

 

Ici aussi, les archéologies s’entrechoquent entre un futur passé, ou un passé futur, avec les « jarres » hybrides de Yoan Béliard, un présent hélas bien présent, au travers de ce vrai-faux trésor déceptif, restes de bateaux de fortune, reste de drame, échoués sur une plage de Lesbos, et transcendé en icône par Esmeralda Kosmatopoulos et un futur ni tout à fait réel ni tout à fait fantasmé, le rêve – l’espoir ? - d’un autre monde, avec les météorites astrales de Bogdan Pavlovic.

 

Dans cet espace-temps incertain, il faudra plus d’un corps, plus d’une peau pour persévérer dans son être, étirer au plus loin ses forces vives entre ses désirs contraires (Julie Legrand), se débattre avec soi-même, – ou ce qui m’appartient, me couvre et me porte : les vêtements de Régis Sénèque-, croire en sa bonne fortune (Dragan Trajkowski) et à l’idée que la vie trouve toujours son chemin, à l’instar des bourgeons de peaux, mortes mais vivantes, des arbres résilients de Lionel Sabatté.

 

Mais encore : respirer, sentir battre son coeur (Petar Kras), finalement triompher, comme le Phoenix de Mai Tabakian, renaissant de toutes les apocalypses, et, comme dans le plus cinématographique des happy end, sans jamais penser que la fête est peut-être finie, que tout se termine - et recommence- par un baiser (Laurent Pernot) !

 

LANIAKEA 2 // VOLUME+SURFACE
DU 10 AU 20 MARS 2022
LA RUCHE - FONDATION SEYDOUX
PASSAGE DANTZIG - PARIS 15

Un co-commissariat Marie Deparis-Yafil / Bogdan Pavlovic

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7 mars 2022 1 07 /03 /mars /2022 12:51

Je suis ravie de rentrer dans cette semaine de montage, qui s'achèvera par un week end de vernissage et de rencontres avec les artistes à la Fondation La Ruche-Seydoux, lieu mythique dans lequel je me réjouis d'organiser, avec mon hôte et co commissaire Bogdan Pavlovic, cette exposition!

LANIAKEA 2 - VOLUME + SURFACE - Exposition à venir!

Pour cette deuxième édition, nous avons invité 16 artistes contemporains autour du thème formel de "Volume et surface", avec des propositions que nous espérons pertinentes, surprenantes...et...chaleureuses!

LANIAKEA 2 - VOLUME + SURFACE - Exposition à venir!

LANIAKEA 2

OUVERTURE DE L'EXPOSITION - Jeudi 10 MARS

VERNISSAGE - Vendredi 11 MARS à partir de 18h

Samedi 12 et Dimanche 13 MARS, les commissaires et les artistes vous accueillent de 14 à 20h

Ouvert tous les jours sauf le lundi de 14 à 18h

Fin de l'exposition le Dimanche 20 MARS

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23 décembre 2021 4 23 /12 /décembre /2021 20:10
RENAITRE - Un solo show de Yancouba BADJI, à la Galerie TALMART

Outre le retour de la galerie Talmart, apèrs 7 ans d'absence, je suis ravie de pouvoir y signer le commissariat du premier solo show à Paris de l'artiste sénégalais Yancuba Badji, que je soutiens depuis 2018.

A la Galerie Talmart, donc, à Paris, on peut découvrir ou redécouvrir des oeuvres anciennes, la désormais iconique oeuvre Lapa Lapa, et plusieurs toiles récentes de grand format.

On peut également y lire le texte que j'ai écrit pour l'exposition, présenté ci-dessous, ainsi qu'un texte écrit par Marc Monsalllier, de retour de quatre année à Saint-Louis du Sénégal.

On pourra, enfin, découvrir à Paris, à l'Entrepôt dans le 14e ou au Luminor, à deux pas de la galerie, le film déjà multi primé de Sophie Bachelier et Valérie Malek, "Tilo Koto", dont Yancouba Badji est le "héros".

Lapa, Lapa - Yancouba BAdji

Lapa, Lapa - Yancouba BAdji

La vie de Yancouba Badji n’est pas moins romanesque qu’un film, et le film documentaire de Sophie Bachelier et  Valérie Malek, dont il est le “héros” - à l’affiche aujourd’hui partout en France, et que cette exposition accompagne- opère la mise en abîme d’un destin à la fois terriblement ordinaire, celui d’un migrant sur la route de la mort ou de la survie, selon, et sublime: celui d’un homme renaissant de drames que l’occident a oublié, le pinceau comme arme et résilience, un autre film, une histoire dans l’histoire.

En 2018, je rencontrai Yancouba Badji pour la première fois, à Saint-Louis, au Sénégal. En plein tournage de Tilo Koto, il cherchait, avec Sophie Bachelier, à rejoindre sa Casamance natale en moto, pour y tourner les dernières séquences de ce film qui documente et narre son voyage, son aventure, son périple, son errance achevée.

Européenne pour qui, quelque compassionnelle que l’on puisse être, le “drame des migrants” n’avait jamais été autre chose que des images, d’une certaine manière abstraite, saisies dans les médias, rencontrer Yancouba Badji fut comme une déflagration. Soudain, son regard, son sourire, sa voix, la manière dont, silencieux d’abord, il s’ouvre peu à peu et parle, non pour se jeter dans un récit malheureux mais pour exprimer, avec force et conviction, ce en quoi il croit, et son souci politique: voici un homme, une épiphanie, comme aurait dit Levinas. Après cela, le migrant mourant dans les flots bleus de la Méditerranée devenue noire de ses gisants, ne peut plus jamais être, à la façon du “on” heideggerien, une abstraction. Par sa présence sans relâche, dans ses expositions, les débats que suscitent Tilo Koto, Yancouba Badji incarne toute une humanité, toute l’humanité.


 

Cette anecdote est devenue comme un fil conducteur de ce à quoi il est destiné: lorsque Sophie Bachelier demanda à Yancouba, alors détenu en Tunisie, ce dont il avait besoin, il lui répondit: “des pinceaux et de la peinture”.


 

" Si je vais en enfer, j'y ferai des croquis. D'ailleurs, j'ai l'expérience, j'y suis allé et j'ai dessiné " 

Boris Taslitzky


 

Par la peinture Yancouba Badji donne à voir ce qui est aujourd'hui un des rares -sinon le seul- témoignages artistiques connus de l’errance migratoire dans laquelle est jetée une partie de l’humanité du 21ème siècle.

Il y a bien sûr chez Yancouba Badji, comme chez d’autres avant lui dans l’Histoire, quelque chose de cette inextinguible force qui pousse à créer pour résister, résister à l'ennemi, résister à la destruction, faire acte de vie, de survivance, ce sentiment de nécessité de créer pour porter témoignage et  restituer au  monde une image de l'inimaginable. Peindre l’horreur, mais pour qui? Pour ses compagnons d'infortune, pour ses compatriotes, pour nous qui découvrons peut-être ici et autrement la  face sombre et bien réelle du destin de milliers d’humains pris dans les filets d’une histoire géo politique devenue la leur par force.


 

Peindre pour nous, peindre pour lui.


 

Car Yancouba Badji est peintre, ici se tient son essence, son salut, l’arme de sa perdurance et de sa renaissance. Par sa peinture il s’est fait vainqueur du soleil et de la mort, qu' il a regardé en face. Quoiqu'il advienne, et déjà depuis l’enfance, il porte en lui cette fiévreuse urgence de produire des images, des formes et des représentations, de poser sur la toile sa vision d' un monde, d'abord celui qu’il a connu et le hante encore, mais plus encore, d’interpréter la trace d’une réalité, d’un récit humain individuel, débordant l'autobiographie, et à la portée forcément universelle. Ainsi, au-delà du témoignage précieux qu’elle représente, et de sa dimension résiliente, l'œuvre en éclosion de l’artiste Yancouba Badji se dessine aussi et surtout comme la promesse d’un regard singulier, brillant, qui jamais ne s’accomodera du monde tel qu'il est.


 

RENAITRE - Un solo show de Yancouba BADJI, à la Galerie TALMART

RENAITRE

Solo Show de Yancouba Badji

Commissariat: Marie Deparis-Yafil

Galerie Talmart

22 rue du Cloitre St Merri

75004 Paris

Jusqu'au 15 Janvier 2022

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20 juillet 2021 2 20 /07 /juillet /2021 16:56
Road Movie Cruise – Until The End of The World #forever, 2020 - Courtesy Becquemin & Sagot et H Gallery, Paris

Road Movie Cruise – Until The End of The World #forever, 2020 - Courtesy Becquemin & Sagot et H Gallery, Paris

BECQUEMIN & SAGOT

Road Movie Cruise – Until The End of The World
#forever, 2020
Vidéo Full HD , 16/9 1’01’’ Ed. de 7 + 2 EA
I now understand the term Duty Free - Road Movie
Cruise – Until The End of The World #forever,
2020
Bouée de sauvetage, textile, broderies à la main
75 cm de diamètre
Courtesy Becquemin & Sagot et H Gallery, Paris

Road Movie Cruise – Until The End of The World #forever est le troisième volet d’une trilogie autour des industries culturelles et touristiques que le duo d’artistes Emmanuelle Becquemin et Stéphanie Sagot, qui oeuvrent ensemble depuis plus de quinze ans, a inauguré en 2016. Dans chacun de leurs Road-movies, elles déploient le même protocole : infiltrer des territoires de l’entertainment dont elles se font les héroïnes, afin d’en révéler les tragiques travers.

Le Grand Tour - Visite guidée - Salle 2, Les estivants - BECQUEMIN & SAGOT

En septembre 2019, elles embarquent sur le Oasis of the Sea, énorme engin de 220 000 tonneaux construit en 2010 sur 361 mètres de long et 66 de large pour 525 000 m2 de tôle d’acier, 5 000 km de fils électriques, 90 000 m2 de moquette et 4,1 millions de litres d’eau douce consommée chaque jour… afin de traverser une partie de la Méditerranée. A bord, elles tentent, en vain, d’expérimenter toutes les activités touristiques proposées durant la semaine de croisière. Avec un minimum de matériel et sans autorisation, elles filment leur périple mis en scène dans des scénarios succints, dans lesquels elles incarnent différents personnages : croisiéristes, coacheuses sportives, maîtresses-nageuses féministes, activites, figures du «Phoenix» comme allégorie d’un monde qui s’effondre. Elles retracent, dans une atmosphère oscillant entre absurdité et et mélancolie, divertissement jusqu’au vertige et enfermement (curieusement, on ne voit presque pas la mer), les ravages du tourisme de masse.

Le Grand Tour - Visite guidée - Salle 2, Les estivants - BECQUEMIN & SAGOT

Road-Movie Cruise - Until The End of The World #forever, se compose ainsi d’une trentaine de scénettes, dans une ironique esthétique oscillant entre pastille publicitaire, film de vacances, sitcom et story, qui furent d’ailleurs d’abord postées durant tout l’été 2019 sur Instagram.
Départ de Barcelone pour Palma, Marseille, puis la Toscane, Rome, Naples et Barcelone, sur un rythme effréné, avec à bord 6 500 passagers et 2 300 employés. Les artistes se donnent une semaine pour découvrir le bateau, son architecture, ses usages et ses fonctions : l’entertainment permanent, la frénésie d’activités épuisantes, tout est démesuré, mais tout est sous contrôle.
Composées en trois « saisons » inspirées par trois oeuvres de Jérôme Bosch (« La nef des fous », « Allégorie de la débauche et du plaisir »et « La mort et la misère »), ces scénettes forment bout à bout un sea road-movie, un film sur l’errance. Sous des dehors colorés et joyeux, sourd le paradoxe que souligna David Foster Wallace, que les artistes citent à plusieurs reprises dans la vidéo : l’Ocean of the Sea est une machine à jouir qui ne serait, dit-il, qu’une « machine de mort et de décomposition ». Chaque scène se termine sur la représentation désenchantée d’un horizon nuageux et répétitif avec la même phrase en fond d’écran : Until The End of The World, suivi du hashtag #forever. L’annonce de l’apocalypse.

Le Grand Tour - Visite guidée - Salle 2, Les estivants - BECQUEMIN & SAGOT

Le business des bateaux de croisière était jusqu’à ces derniers mois l’une des industries actuelles les plus florissantes de l’économie touristique mondiale. On comptait il y a 6 mois encore une flotte mondiale de 300 paquebots à laquelle s’ajoutait une centaine de navires en cours de construction ou de planification. Aujourd’hui, les bateaux de croisière sont à l’arrêt, les chantiers navals en suspens. La pandémie signe-t-elle la fin de cette économie et de ce type de tourisme dévastateur, ou au contraire, la fin de la pandémie rendra-t-elle encore plus désirable ce mode de consommation touristique ? La partie n’est pas encore finie.

Le Grand Tour - Visite guidée - Salle 2, Les estivants - BECQUEMIN & SAGOT

Becquemin & Sagot est un duo de femmes artistes qui réalisent depuis 2004 des performances, vidéos et sculptures. Dans les situations qu’elles créent, «elles jouent les doublures du réel afin d’en faire miroiter les faux-semblants.» Elles se servent des modes opératoires de l’art pour voyager, détourner les codes habituels et fabriquer de l’art là où l’on ne croit pas en voir» (Marie de Brugerolles). Les Road-movies qu’elles développent depuis 2014 constituent la matière première d’un récit à portée écologiste et féministe. Elles montrent régulièrement leur travail en France et à l’étranger, et enseignent respectivement à Saint-Etienne et Nîmes.
Emmanuelle Becquemin et Stéphanie Sagot vivent et travaillent à Montpellier.

(D’après, notamment, les textes de Becquemin & Sagot et d’Eric Mangion)

Le Grand Tour - Visite guidée - Salle 2, Les estivants - BECQUEMIN & SAGOT

LE GRAND TOUR

Exposition collective du 19 mai au 25 juillet 2021
H2M - Espace d’art contemporain, 5, rue Teynière à Bourg-en-Bresse
Entrée libre et gratuite, du mercredi au dimanche
de 13 h à 18 h (pas de réservation nécessaire
pour visiter l’exposition).

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19 juillet 2021 1 19 /07 /juillet /2021 16:31
Fifty High Seasons #33, 2010-2017 - Courtesy Shane Lynam / Galerie Bertrand Grimont, Paris

Fifty High Seasons #33, 2010-2017 - Courtesy Shane Lynam / Galerie Bertrand Grimont, Paris

Shane LYNAM

Fifty High Seasons #33, 2010-2017
Photographie impression numérique, Ed de 5 + 2 EA
100 x 75 cm
Courtesy Shane Lynam / Galerie Bertrand Grimont, Paris

Cette photographie, issue de la série et de l’ouvrage «Fifty High Seasons», est l’aboutissement de sept années de recherches et de travail pour le photographe irlandais Shane Lynam, dans un territoire «exotique» et rarement exploré : la bande côtière entre Perpignan et Montpellier.
Epris des stations balnéaires populaires comme Argelès ou Port-Barcarès, qu’il découvre en 2005, il photographie ces ultimes incarnations des Trente Glorieuses, bâties dans les années 60 et toujours occupées par les vacanciers, malgré une «fatigue» architecturale et stylistique évidente des lieux.

Le Grand Tour - Visite guidée - Salle 2, Les estivants - Shane LYNAM

En 1963, de Gaulle avait lancé un plan de développement régional connu sous le nom de «Mission Racine», pour transformer ce tronçon sauvage et venteux du littoral du Languedoc- Roussillon en une série de stations balnéaires. Des architectes d’avant-garde, des artistes, avaient été embauchés pour construire ces logements d’été accessibles aux faibles revenus et des oeuvres monumentales le long de la promenade. Cela donne ces ensembles architecturaux étranges, et se promener à Port-Barcarès est une plongée dans un univers un peu désuet et surréaliste, comme assoupi même au coeur de l’été, et où la nature a gardé une partie de ses droits.
L’intérêt de ces stations balnéaires était- et reste leur caractère social. C’est ici que l’on trouve les locations saisonnières -et les campings- les moins chers de France, permettant aux familles les plus modestes de partir aussi en vacances. Un symbole des congés payés, si importants dans la culture française. Des images qui fleurent bon lessouvenirs d’enfance.

Le Grand Tour - Visite guidée - Salle 2, Les estivants - Shane LYNAM

LE GRAND TOUR

Exposition collective du 19 mai au 25 juillet 2021
H2M - Espace d’art contemporain, 5, rue Teynière à Bourg-en-Bresse
Entrée libre et gratuite, du mercredi au dimanche
de 13 h à 18 h (pas de réservation nécessaire
pour visiter l’exposition).

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18 juillet 2021 7 18 /07 /juillet /2021 16:17
Voices from the ID – Aeroplane, 2001 - Courtesy John Isaacs Studio

Voices from the ID – Aeroplane, 2001 - Courtesy John Isaacs Studio

John ISAACS

Voices from the ID – Aeroplane, 2001
C-Print / re-print 2020
70 cm x 93 cm
Courtesy John Isaacs Studio

Un avion saisi en plein vol, rappelant cette étrange vision d’immobilité que l’on peut souvent constater en observant un avion sur le point d’atterrir. Une vision absurde, impossible, renforcée par celle, plus fantasmatique encore, de ces bagages ficelés sur la carlingue, comme sur le toit d’une voiture en partance pour quelque transhumance estivale.
Sans indice particulier pourtant, cette image a quelque chose d’inquiétant et d’inconfortable, comme la sensation d’un danger sournois; elle est à l’image de ce que John Isaacs souligne, au travers de ses oeuvres, qu’il s’agisse de ses célèbres sculptures de chairs baveuses ou de ses photographies, de la société contemporaine, entre grandeur et décadence, perdue par ses excès. Son avion est l’équivalent d’un train fantôme sur fond de ciel bleu, dont on ne sait s’il atteindra jamais sa destination, surtout si elle est censée être paradisiaque.

Le Grand Tour - Visite guidée - Salle 1, Voyage, voyage - John ISAACS

John Isaacs s’inscrit dans la lignée des artistes Young British Artists (Damien Hirst ou les Frères Chapman). Son travail, connu pour ses impressionnantes sculptures de chairs, réalisées en cire à la manière des écorchés du XVIIème siècle, explore la manière dont nous percevons notre monde, et la manière dont il existe réellement, nourrie par nos désillusions de consommateurs, mais vouée à l’effondrement face à une réalité reniée. Depuis 1990, Isaacs produit des oeuvres majeures qui ont été exposées dans de nombreuses institutions de renommée internationale (Exposition Young British Artists 6 chez Saatchi Londres (1993)), «Century City» à la Tate Modern, «Minimal Maximal» au Musée National de Kyoto (2001), il a également fait l’objet d’une exposition à la Maison Rouge, à Paris.
Né en 1968 à Lancaster (R-U), il vit et travaille entre Londres et Berlin

LE GRAND TOUR

Exposition collective du 19 mai au 25 juillet 2021
H2M - Espace d’art contemporain, 5, rue Teynière à Bourg-en-Bresse
Entrée libre et gratuite, du mercredi au dimanche
de 13 h à 18 h (pas de réservation nécessaire
pour visiter l’exposition).

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16 juillet 2021 5 16 /07 /juillet /2021 16:52

Gravity 3, l'immense exposition solo dont j'avais été commissaire en 2019 au MAMO d'Oran a essaimé, et je suis ravie de constater que cet été, on peut voir des oeuvres de Sadek Rahim dans pas moins de 5 expositions en France!

Un petit tour de France et d'horizon de ces participations à exposition collective, qui montre, si cela était nécessaire, l'extrême acuité du travail de Sadek Rahim.

 

Made in URSS, 2019

Made in URSS, 2019

L'exposition "En attendant Omar Gatlato", à la Friche Belle de Mai, ouverte pendant les confinements avait ouvert le bal (Elle a fermé à la fin du mois de mai). Dans cette exposition, curatée par Natasha Llorens, il s'agissait d'évquer l'Algérie et ses diasporas avec une sélection d'oeuvres de 1965 à nos jours. 

A ainsi été choisi cette oeuvre, produite pour Gravity 3, "Made in URSS": 

Parmi les différents dialogues plastiques que met en jeu Sadek Rahim, le tapis et l'objet mécanique. Le tapis est accroché au mur et un jeu de pliures lui donnent une forme sculpturale. La sensation d'envol est tempéré par la présence lourde de l'objet usiné, ici une pompe à injection. Cette oeuvre rappelle la série d'oeuvres « Gravity paradoxes », montrées ente autres à Dubaï et en Argentine, dans lesquelles le tapis se trouvait confronté, mis en balance, avec le béton, lourd, massif, rigide, qui lestait les oeuvres comme un socle de pesanteur, empêchant tout envol, condamnant le tapis quotidien à ne jamais rejoindre le mythe. On retrouve donc ici l'évocation du tapis familier, traité comme matérialisation, et métaphore, du mythe de la lévitation : le tapis « volant » est l'objet qui permet, littéralement, de s'arracher à la pesanteur, de voler vers une destination meilleure. Chez Sadek Rahim, l'utilisation du tapis comme moyen plastique est une manière de « mettre en échec le du tapis volant comme métaphore de l'échec du mythe de l'eldorado ». La réappropriation de l'objet usiné coloré, au-delà de son intérêt plastique, fait écho au regard critique que pose l'artiste sur la politique économique menée dans le pays depuis plusieurs décennies. Ce qui est cassé, obsolète, à l'abandon, au rebut, ce qui a été perdu, gâché, ce qui ne fonctionne plus... : ces objets de rebut constituent pour l'artiste des symboles d'une Algérie en panne.
Le titre donne un indice critique supplémentaire, faisant allusion la politique industrielle menée par l'Algérie dans les années 60 et 70, inspirée du modèle soviétique, consistant à développer une industrie lourde d'Etat, et qui fut un échec que les Algériens payent encore aujourd'hui.

 

Liberty enlightening the world, 2019

Liberty enlightening the world, 2019

L'oeuvre était déjà présente dans l'exposition "Touriste!" en 2020 à Mitry-Mory, elle revient en saison 2 de mon exposition sur le tourisme, intitulée cette fois "Le Grand Tour", et que l'on peut voir encore jusqu'au 25 juillet au centre d'art H2M, à Bourg-en-Bresse. Placée entre l'oeuvre d'Esmeralda Kosmatopoulos, qui évoque Lesbos, et la einture de Yancouba Badji, elle entre dans la réflexion menée sur le rapport du tourisme et de la migration.

Liberty enlightening the world, 2019
Fibres de tapis
29 x 7 x 7 cm

Auscultant l’Histoire de l’Algérie, ses richesses et ses renoncements, ses illusions, ses drames et aujourd’hui, plus que jamais, ses espoirs, dans des oeuvres profondément inspirées par les matériaux et les formes iconographiques liés à la culture algérienne, Sadek Rahim traite de manière sensible et critique des problématiques de la jeunesse algérienne, des relations complexes entre Orient et Occident, du déracinement, du désir d’exil, et de l’illusion de l’Eldorado.
Cette Statue de la Liberté, dont le véritable nom est «Liberté éclairant le monde» représente pour de nombreux candidats à l’exil, le symbole d’un autre monde, celui de la liberté, mais aussi d’un Eldorado qui pour l’artiste n’est souvent qu’un mythe et une illusion.
Cette sculpture dont on pressent d’emblée la fragilité est réalisée avec des fibres de tapis. Elément domestique commun à tous les intérieurs algériens, le tapis cristallise, matérialise, l’idée du départ au travers du mythe de la lévitation qui lui est attaché, le tapis « volant » étant l’objet qui permet littéralement, de s’arracher à la pesanteur, de voler vers une destination meilleure.
Chez Sadek Rahim, l’utilisation du tapis comme moyen plastique récurrent est une manière de « mettre en échec le mythe du tapis volant comme métaphore de l’échec du mythe de l’Eldorado ». Il se réfère à cet objet de multiples manières, même les plus inattendues. Ici, il est effilé, désagrégé et sa fibre devient comme une nouvelle matière avec laquelle jouer. De simples particules provenant d’un objet familier, les fibres de tapis se resolidarisent en sculpture précieuse et fragile et se font symboles de l’«autre monde», celui du rêve, du fameux « Eldorado » que peuvent constituer, aux yeux d’un jeune algérien, New York ou Paris.
Ici donc, l’espoir et le rêve d’exil se substituent au cliché touristique. Symboles de la liberté, la statue de Bartholdi au large de Manhattan, ou sur l’Ile aux Cygnes, à Paris, non loin de la Tour Eiffel, autre symbole puissant, paraissent pourtant ici bien précaires et les rêves, comme les mythes, se désagrègent peu à peu...

Missing, 2019

Missing, 2019

Fin 2019, "Missing", oeuvre tapis produite pour Gravity 3 rejoint la très belle collection Zinsou, au Bénin. Et c'est aujourd'hui avec joie et fierté que nous pouvons faire découvrir cette oeuvre au public français grâce à l'exposition de la collection Zinsou cet été, au MO.CO de Montpellier, dernière exposition dirigée par Nicolas Bourriaud.

MO.CO. Hôtel des collections accueille pour la première fois des œuvres de la collection de la Fondation, selon une sélection guidée par l’envie d’un récit, à la fois territorial et universel. "Cosmogonies" présente près de 110 œuvres (sculptures, photographies, peintures et installations) de 37 artistes de générations différentes.

 

H2M, MO.CO, FRAC Centre, Malakoff...Le Tour de France estival de Sadek RAHIM!

Ce n'est pas fini! A Malakoff, un autre tapis travaillé par Sadek Rahim est visble dans le cadre de l'exposition "Quelque part entre le silence et les parlers", curatée par Florian Gaité, et qui donne à voir un aperçu de la création contemporaine algérienne, autour de la pluralité des langages et leurs sémantiques.

Oasis 228, installation, 2019-2020

Oasis 228, installation, 2019-2020

Je garde pour la fin la participation de Sadek Rahim avec ce magnifique projet, "Oasis 228", qui ne faisait pas partie de Gravity, dans le cadre de l'exposition Alger, un archipel de libertés, au FRAC Centre Val de Loire, à Orléans, sous le commissariat d Abdelkader Damani et de Nadira Laggoune.

L’exposition Alger, archipel des libertés jette un pont entre plusieurs périodes révolutionnaires qu’a connu et connait jusqu’alors le continent africain. Elle réunit une quinzaine d’artistes dont les réflexions puisent dans les mémoires des luttes africaines, de même qu’elle raconte des trajectoires révolutionnaires iconiques et méconnues, fabrique des récits intimes et collectifs, tant historiques que fictionnels.

L’œuvre 'Oasis 228' est la nostalgie d’une Algérie qui s’érige en État-nation. En effet, dans les années 1970, l’indépendance est acquise depuis peu, l’État amorce alors la construction de complexes métallurgiques et se lance dans la fabrication de véhicules industriels. À l’occasion de l’édition de 1980 du Rallye Paris-Dakar qui traverse le désert algérien, trois chauffeurs d’une entreprise locale, Atouat, Daou Boukrif et Kaloua vont rejoindre la course avec ces camions de fabrication nationale. L’équipage vainqueur est celui du camion 'Oasis 228'.
L’installation rend hommage à ces trois oubliés de l’histoire algérienne et témoigne d’une époque des possibles, annonciatrice d’une volonté d’autonomie économique, après une longue dépossession de biens nationaux. L’artiste rassemble et fabrique des fragments mémoriels : photographies de débris mécaniques obsolètes, une maquette de l’Oasis 228, des coupures de presse et des témoignages filmés, autant de traces pour exhumer un épisode oublié de fierté nationale.
Alors qu’une nouvelle génération de jeunes Algériens s’empare de la rue pour protester contre le chômage et la corruption, cette œuvre renoue avec le rêve d’une Algérie avide de souveraineté et de liberté
Nadira Aklouche-Laggoune
H2M, MO.CO, FRAC Centre, Malakoff...Le Tour de France estival de Sadek RAHIM!

Un été avec Sadek Rahim

Le Grand Tour - Centre d'Art H2M, Bourg-en-Bresse, jusqu'au 25 juillet 2021 - Commissariat: Marie Deparis-Yafil -

Avec aussi: Slim Aarons, Pilar Albarracin, Jean-Paul Albinet, Pierre Ardouvin, Sophie Bachelier, Fayçal Baghriche, Yancouba Badji, Pauline Bastard, Becquemin & Sagot, Delphine Bedel, Catherine Burki, Arnaud Cohen, mounir fatmi, Gaelle Foray, Marco Godinho, Paolo Iommelli, John Isaacs, Sylvie Kaptur-Gintz, Farah Khelil, Esmeralda Kosmatopoulos, Dinh Q Lê, Shane Lynam, Monk, Martin Parr, Bogdan Pavlovic, Philippe Ramette, Emmanuel Régent, Reiner Riedler, Lionel Scoccimaro,, Laurent Tixador, UNTEL, Zevs, Brankica Zilovic

Cosmogonies, la collection Zinsou - MO.CO , Montpellier -Jusqu'au 10 octobre 2021 - Commissariat:  Pauline Faure, Senior Curator, et Rahmouna Boutayeb, Chargée de projets - Sous la direction artistique de Nicolas Bourriaud

Avec également: Léonce Raphaël AGBODJELOU, ASTON, lshola AKPO, Joël ANDRIANOMEARISOA, Sammy BALOJI, Pierre BODO, Frédéric BRULY BOUABRE, Seyni Awa CAMARA, Chéri CHERIN, Jeremy DEMESTER, Jean DEPARA, Omar Victor DIOP, Kifouli DOSSOU, Rotimi FANI‐KAYODE, Samuel FOSSO, Pauline GUERRIER, Romuald HAZOUME, Seydou KEITA, Adama KOUYATE, George LILANGA, Ibrahim MAHAMA, Esther MAHLANGU, Emo de MEDEIROS, MOKE, Zanele MUHOLI, Rigobert NIMI, J. D.'Okhai OJEIKERE, Kwesi OWUSU-ANKOMAH, Gérard QUENUM, Sadek RAHIM, Lyndi SALES, Chéri SAMBA, Amadou SANOGO, Malick SIDIBE, Aïcha SNOUSSI, Sanlé SORY, Cyprien TOKOUDAGBA

Quelque part entre le silence et les parlers - Maison des Arts de Malakoff - Jusqu'au 28 novembre 2021 - Commissariat: Florain Gaité

Avec aussi: Louisa Babari Adel Bentounsi Walid Bouchouchi Fatima Chafaa Dalila Dalléas Bouzar Mounir Gouri Fatima Idiri Sabrina Idiri Chemloul Amina Menia

Alger, archipel des Libertés - Frac Centre Val de Loire - Jusqu'au 2 janvier 2022 - Commissariat: Abdelkader Damani et Nadira Laggoune -

Avec également: Sunday Jack Akpan, Marwa Arsanios, Louisa Babari, Fatima Chafaa, François-Xavier Gbré, Caroline Gueye, le projet des Archives des luttes des femmes en Algérie, William Kentridge, Michèle Magema, Fatima Mazmouz, Drifa Mezenner, Mohamed Rachdi, Leïla Saadna, Lydia Saidi, Zineb Sedira, Massinissa Selmani, Sofiane Zouggar

Et ceux qui passeraient à Florence cet automne, si tant est que cela soit possible, l'exposition "Cities Under Quarantine - The Mailbox Project", qui évoque au travers les récits de plusieurs artistes, à chaque fois sous la forme d'un livre contenant textes et photos, le premier confinement, permettra de découvrir Oran à l'heure du Covid et sous l'oeil de Sadek Rahim, dans un parallèle, bien sûr, à la ville décrite par Camus dans La peste.

Villa Romana, Florence, 4 Septembre / 18 December 2021, Curateur Abed Al Kadiri   

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8 juillet 2021 4 08 /07 /juillet /2021 15:31
Bird of pray (Travelling with the inner ennemy), 2013

Bird of pray (Travelling with the inner ennemy), 2013

Arnaud COHEN

Bird of pray (Travelling with the inner ennemy), 2013
Aluminium, fibre de verre, résine, plastique, éclairage LED
23 cm x 127 cm x 27 cm
Courtesy Arnaud Cohen

Oeuvre à double détente, « Bird of pray » se présente d’abord comme la maquette d’un intérieur d’avion : bienvenue à bord ! Mais, contournant la carlingue vers son nez, on se retrouve face à un bras armé qui pointe, menaçant.
Polysémique, comme souvent les oeuvres de Cohen, on ne sait s’il s’agit là d’une évocation de la peur du terrorisme – lorsque chaque passager devient potentiellement pour les autorités comme pour soi, un possible kamikaze-, ou de cette dissonance cognitive entre injonction à voyager, de plus en plus pour de moins en moins cher, et culpabilité.

Le Grand Tour- Visite guidée - Salle 1, Voyage, voyage - Arnaud COHEN

Aujourd’hui, en montant dans un avion, on emporte avec soi non seulement sa paranoïa mais aussi sa flygskam, mot suédois désignant «la honte de prendre l’avion». Nul ne peut ignorer l’impact climatique de l’aviation de masse, mais peu, parmi ceux qui ont les moyens de se payer un billet, sont capables de se priver de ce plaisir coupable. Pour le citoyen « responsable », l’avion fait partie de ces petits arrangements avec la conscience écologique. Pourtant, s’offrir des voyages en avion et proclamer en même temps vouloir préserver la planète, nous sommes sommés de choisir, sous la menace de notre bilan carbone.

Le Grand Tour- Visite guidée - Salle 1, Voyage, voyage - Arnaud COHEN

L’oeuvre d’Arnaud Cohen aborde le sujet de la responsabilité individuelle dans l’édification de destins collectifs. Il puise ses références autant dans les pratiques situationnistes que dans les mythes et allégories. Sa pratique, relevant souvent de l’appropriation, le porte vers des formes sociales et esthétiques diverses, depuis des objets identifiés tels que des sculptures ou installations jusqu’à des « objets » plus iconoclastes, comme une fondation, une piste de danse ou une émission de télé-réalité. Son travail, entre Histoire et fiction, est régulièrement présenté dans des évènements internationaux, tels que les Biennales de Dakar, de Venise, d’Amérique du Sud, du Caire, et en France, au Palais de Tokyo, au Mémorial de la Shoah, en résidence au Musée de la Chasse et de la Nature. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles, notamment au Musée Synodal de Sens, à Berlin, à Cologne, et cette année, au Musée National d’Art Contemporain de Bucarest ainsi qu’à la biennale de Kampala.
Né en 1968, Arnaud Cohen vit et travaille entre Palma de Majorque, en Espagne, et son île-usineatelier
du Poitou.

Le Grand Tour- Visite guidée - Salle 1, Voyage, voyage - Arnaud COHEN

LE GRAND TOUR

Exposition collective du 19 mai au 25 juillet 2021
H2M - Espace d’art contemporain, 5, rue Teynière à Bourg-en-Bresse
Entrée libre et gratuite, du mercredi au dimanche
de 13 h à 18 h (pas de réservation nécessaire
pour visiter l’exposition).

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7 juillet 2021 3 07 /07 /juillet /2021 00:34
Untitled, 2011 – 2013 - Courtesy Pauline Bastard

Untitled, 2011 – 2013 - Courtesy Pauline Bastard

Pauline BASTARD

Untitled, 2011 – 2013
3 oeuvres
Matériaux locaux de récupération
Dimensions variables
Courtesy Pauline Bastard

 

Bien que devenu presque obsolète, relégué au rayon inutile par le numérique, l’appareil photo reste, dans l’imaginaire, un indispensable accessoire de la panoplie du touriste. Et si la dimension d’obsolescence est redoublée ici par la reconstitution « artisanale » d’une forme à partir
de matériaux pauvres et divers, la présence de cet objet rappelle combien l’image rapportée est indissociable du voyage. Qui serait capable de
partir en vacances sans prendre aucune photo ?

Le Grand Tour- Visite guidée - Salle 1 , Voyage, voyage - Pauline BASTARD

Ici, par une sorte de mise en abîme, Pauline Bastard construit des appareils photos à partir de matériaux récoltés sur place au cours de ses périples. Ils ne prennent aucune photo et pourraient paraitre en eux-mêmes producteurs de souvenirs, s’ils n’étaient finalement peutêtre interchangeables, par ces matériaux qui pourraient tout aussi bien venir d’ici ou d’ailleurs.
Ils incarnent à la fois la promesse de moments mémorables à venir, et l’échec, peut-être la vanité, de vouloir collecter, conserver, figer les images de moments et de lieux. Aujourd’hui, et plus que jamais, avec les smartphones, nous sommes submergés sous des tombereaux d’images, sans plus aucune sélection ni temps de pose. Une fois jetées dans le cloud ou perdues dans les méandres de la mémoire numérique, nous ne les regardons plus. Finalement, nos précieux souvenirs risquent de perdre leur statut, rabaissés au rang d’objet d’une surnuméraire consommation.

Le Grand Tour- Visite guidée - Salle 1 , Voyage, voyage - Pauline BASTARD

Le travail protéiforme de Pauline Bastard mêle fiction et réalité et s’articule autour du quotidien pour créer un univers poétique, parfois empreint d’une certaine dérision. Elle crée des systèmes en utilisant des matériaux pauvres extraits du quotidien. Par son usage des images (papier, numérique, vidéo, etc.) ou d’objets et outils ordinaires, Pauline Bastard interroge notre rapport à l’image comme outil de communication en la détournant de son sens tout comme elle détourne les objets de leur fonction première, faisant émerger un second degré qui lui estpropre. Travaillant souvent en collaboration avec des scénaristes, anthropologues ou psychanalystes, l’artiste invente des situations et des univers qui mêlent réalité et fiction, comme dans le projet « Alex » (2014) ou encore « Timeshare » (2018), jouant avec l’imagination et les attentes des « regardeurs » qui deviennent de véritables champs d’exploration.
Née en 1982, Pauline Bastard vit et travaille à Paris.

Le Grand Tour- Visite guidée - Salle 1 , Voyage, voyage - Pauline BASTARD

LE GRAND TOUR

Exposition collective du 19 mai au 25 juillet 2021
H2M - Espace d’art contemporain, 5, rue Teynière à Bourg-en-Bresse
Entrée libre et gratuite, du mercredi au dimanche
de 13 h à 18 h (pas de réservation nécessaire
pour visiter l’exposition).

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