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12 septembre 2011 1 12 /09 /septembre /2011 14:03

La rentrée des artistes, la suite...

 

Emmanuel Régent a eu un bel été, exposé partout dans sa région, du MAMAC de Nice à la Ville Arson en passant par l'Eco Parc. Il entre dans l'automne avec une actualité tout ausi chargée, puisqu'il fait son expo perso à L'Espace à vendre, sa galerie niçoise. Avec "le réflexe du parachute", il avance dans sa recherche sur la figure et la couleur avec ses "nébuleuses", évoquant d'étranges images de scanner mais réalisées sans usage numérique, halos de lumières colorées qui se découvrent à coup de ponceuse, entre deux de peinture et de sculpture.

 

Il montrera aussi son travail dans le cadre des Docks Art Fair 2011, en marge de la Biennale de Lyon, foire dans laquelle l'Esace à vendre mise sur un solo show de l'artiste.

c'est aussi à Docks Art Fair que l'on pourra voir, avec la galerie Olivier Robert, un solo show de Lionel Scoccimaro.

 

"Le réflexe du parachute" - Emmanuel Régent- Jusqu'au 22 octobre -  Espace à vendre- 2 rue Vernier - 06000 Nice

Docks Art Fair- Du 13 au 18 septembre - 49 Quai Rambaud, près de La Sucrière - 69002 Lyon

 

Vous vous souvenez du Barbie Foot? Cette pièce de l'artiste et designer Chloé Ruchon, qui avait fait les beaux jours de "Figure Libre", l'année dernière à Guyancourt, poursuit sa carrière. Elle est présentée cet automne dans le cadre de l'exposition "Des jouets et des hommes", au Grand Palais.

 

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"Des jouets et des hommes" - Grand Palais, Galeries Nationales- Du 14 septembre 2011 au 23 janvier 2012-

 

Martine Mougin, photographe plasticienne, participe au Festival Photographique de Rodez, Photofolies, partagent l'affiche avec Rik Hopkins ou encore Gaël Bonnefon.

C'est à l'ancienne CCI de Rodez que l'on pourra voir ou revoir les "architectures portuaires" de Martine Mougin, sur lesquelles j'avais écrit un texte voici trois ans, qu'on pourra retrouver dans ces pages...

 

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Photofolies - A Rodez, dans plusieurs lieux de la ville, et pour l'ancienne  CCI : 10 Place de la Cité

Du 1er au 23 octobre - www.photofolies12.com

 

Sandra Krasker, dont j'expose actuellement une oeuvre dans "Sutures", inaugure le nouvel espace de la galerie MondapArt, à Boulogne-Billancourt, dirigée par Isabelle Lefort. Vernissage le 15 septembre, avec sept autres artistes dont Juliette Clovis, et Pauline Orhel.

 

Galerie MondapArt- 80 rue du Chateau - 92100 Boulogne-Billancourt

 

 

 

 

 

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9 septembre 2011 5 09 /09 /septembre /2011 10:01

C'est la rentrée et beaucoup des artistes dont je suis le travail ont, et j'en suis bien heureuse, une belle actualité!

 

Commençons par ZEVS, qui, après New-York, expose à Tokyo, avec un titre équivoque, entre l'homme de Vitruve et le Phénix, dans le contexte japonais actuel: "Renaissance"

 

Jusqu'au 23 septembre, à la Galerie Art Statements, Tokyo, dans le quartier de Shibuya...

 

zevs solo show

 

 

 

Mounir fatmi, est, quant à lui, toujours très sollicité. Il fait un solo show à Dusseldorf...

 

mfactu

 

et semble lui aussi intéressé par la revisitation des représentations dans l'histoire de l'art.

Son travail, dont une remarquable vidéo sur Mohamed Ali, est aussi montré dans "Islam and the City", à l'Institut des Cultures d'Islam, à Paris.

Au travers de cette exposition, l'ICI revient sur le 09.11, et questionne la situation des musulmans new-yorkais dix ans après.

 

Y expose aussi, dans une belle et émouvante installation (dont la rare dimension olfactive renforce le caractère poignant), l'artiste Majida Khattari, avec qui j'ai pu collaborer récemment. "La prière de l'absent" appelle à la fois à la méditation et à la tolérance inter-religieuse...

 

"Islam and the City"- Jusqu'au 17 septembre - Institut des Cultures d'Islam- 19/23 rue Léon - Paris 18ème

 

Tout simplement appelée "nature", la nouvelle exposition de Marie Denis poursuit son exploration tendre et vivace de la "nature-culture", dans une promenade parmi ses "archipels d'oeuvres" composites. J'aime!, comme on dit sur Facebook...

 

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"nature" - Marie Denis - du 11 septembre au 13 novembre 2011 - le point commun / association C.va.D - 12, avenue Auguste Renoir - 74960 Cran-Gevrier - mercredi, samedi et dimanche 14h-18h  www.lepointcommun.eu

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8 septembre 2011 4 08 /09 /septembre /2011 09:08

Vous avez été très, très, nombreux à venir au vernissage de "Sutures" , jeudi dernier.

Merci à vous, aux artistes, à la galerie.

 

 

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Ouverture spéciale le samedi 10 septembre, jusqu'à 21h

Visite spéciale le mercrdi 14 septembre, avec l'association Artaïs.

 

merci à Aristophane pour les photos et à Sébastien pour la vidéo...

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30 août 2011 2 30 /08 /août /2011 23:00

La grande affaire de la rentrée, dans l'art contemporain, après la Biennale de Venise et avant les foires d'Octobre, Fiac, Chic, Slick et autres..., c'est la Biennale de Lyon. Cette année, pour la 11ème édition, Thierry Raspail aura concocté, avec la commissaire invitée, l'argentine Victoria Noorthoorn, un programme au titre qui en laisse espérer long: "Une terrible beauté est née"...Mon premier réflexe est de me dire que le thème de la beauté sublime et maléfique est un thème cent fois rebattu, dont les implications morales et esthtiques parcourent la littérature, l'art et la philosophie depuis belle lurette - on parlait la dernière fois d'Oscar Wilde...- mais j'imagine bien que le commissariat aura su construire un propos audacieux et choisir des artistes qui auront quelque chose de particulier à en dire.

 

Il semblerait en fait qu'il s'agisse là d'une manière de parler politique et rébellion et révolte, thèmes éminemment actuels comme chacun sait.

On nous dit : "Le titre de la prochaine Biennale de Lyon, Une terrible beauté est née, est extrait du poème Easter 1916 de W.B. Yeats. Composé en septembre de cette année-là, il porte sur l’insurrection de centaines de rebelles revendiquant la libération de l’Irlande par l’occupant britannique. (...)Ainsi, le titre de la Biennale est davantage un outil méthodologique qu’une thématique. Il interroge la force du paradoxe, la contradiction, la tension et l’ambivalence, et questionne l’état d’urgence actuel du monde et des arts. Organisée autour de plusieurs parcours, l’exposition engage à réfléchir sur la densité du présent, sur le pouvoir de l’imaginaire, du visionnaire et de l’hallucinatoire."

 

La 11ème Biennale de Lyon accueillera donc une soixantaine d’artistes sur les 14 000 m2 que comptent ses quatre lieux d’exposition : la Sucrière, la Fondation Bullukian, le Musée de l’art contemporain de Lyon, et l’usine T.A.S.E.  

 

  giacometti

 

Retour à Paris, avec l'exposition "Giacometti et les Etrusques", à la Pinacothèque. D'abord parce que la qualité des présentations de la Pinacothèque a bien évolué d'expo en expo, et il n'est pas rare d'y être agréablement surpris, ensuite parce que Giacometti fait partie de ces amours de jeunesse, de ces premières découvertes de ce qu'est l'art, qui fait que je tente de conserver intacte mon envie de revoir des oeuvres que j'ai vu souvent et depuis longtemps, l'épaisseur du souvenir s'ajoutant au plaisir de la contemplation. Ici, l'oeuvre de Giacometti sera mise en regard d'objets issus de la civilisation étrusque, et notamment du "chef d'oeuvre de la sculpture étrusque", "L'ombre du soir", cherchant à montrer les croisements esthétiques, et la manière dont Giacometti, fasciné par la sculpture étrusque, s'en inspira pour parvenir à ces oeuvres longilignes que nous connaissons tous.

 

C'est un lieu que je fréquente peu, mais je me demande si je n'aurais pas la curiosité d'aller découvrir l'exposition intitulée "Hey!, Modern Art et Pop Culture" à la Halle Saint-Pierre, au pied du Sacré-Coeur. Organisée conjointement par le musée et la revue Hey!, l'exposition offrira un panorama de pratiques artistiques croisant la scène culturelle dite "alternative", certains courants de la pop culture contemporaine et "les formes populaires de l’art moderne et contemporain que sont l’art brut et l’art singulier", termes recouvrant ce courant graphique et pictural, très présent mais un peu en marge des circuits traditionnels de l'art contemporain...bien que, à mon sens, ce terme de "art brut" ne convienne pas, car se référant à un espace-lieu-temps-conditions de création artistique bien particulier.

Plus de 60 artistes, des références, de Erro à Clovis Trouille, de Molinier à Blanquet, Di Rosa et Le Dernier Cri, Jonone et Gouery...et puis mention spéciale à Nuvish, dont j'ai découvert le remarquable travail lors de ma collaboration avec l'Arsenicgalerie (texte dans ces pages)

 

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Irais-je voir ce qu'aura concoté le jeune et bouillonnant lauréat du Prix Marcel Duchamp, Cyprien Gaillard, au Centre Pompidou? Oui, sans aucun doute. Sa réflexion sur le déclin nécessaire des civilisations au travers de son architecture et de ses ruines, réelles ou potentielles, me semble tout à fait digne d'intérêt.

 

Pompei_-_musee_Maillol.jpgPas si éloigné que ça du travail de Cyprien Gaillard - puisqu'on y parle aussi de ruines-, dans le spectre de ce que Paris peut proposer en terme d'expositions, je ne résisterai pas à aller voir ce que le Musée Maillol propose pour nous conter Pompéi. Je me souviens d'un livre sur ce lieu extraodinaire, qui, enfant,  m'avait fascinée. "Pompéi, un art de vivre" présentera la reconstitution d'une "domus pompeiana" et plus de 200 objets venant de Pompéi et d'autres sites vésuviens. Quand on sait l'état de délabrement dans lequel se trouve le site aujourd'hui, je donnerai avec joie les 12,50 euros de l'entrée pour peu qu'une partie de cet argent serve à préserver Pompéi, à défaut de l'Etat italien...

 

"Une terrible beauté est née"- 11ème Biennale de Lyon - Du 15 septembre au 31 décembre 2011

"Giacometti et les Etrusques"- Pinacothèque de Paris- Place de la Madeleine- Paris 8ème - Du 16 septembre 2011 au 8 janvier 2012

"Hey! Modern Art et Pop Culture" - Halle Saint-Pierre - Rue Ronsard- Paris 18e- Du 15 septembre 2011 au 4 mars 2012

Cyprien Gaillard - Centre Pompidou- Du 21 septembre 2011 au 9 janvier 2012

"Pompéi, un art de vivre"- Musée Maillol - 59/61 rue de Grenelle - Paris 7ème- Du 21 septembre 2011 au 12 février 2012

 

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25 août 2011 4 25 /08 /août /2011 14:51

 

Brankica Zilovic a accepté de réaliser spécialement pour "Sutures" une oeuvre de grand format, ainsi créée dans la galerie Charlotte Norberg, pendant la fermeture estivale.

 

Dérive poétique des continents, "La Pangée" est une interprétation géo politique anticipatrice de l'avenir d'un monde aux contours fragilisés, dans lesquel les sutures, réelles, culturelles, politiques, libres ou contraintes, empiècent des morceaux de monde et d'histoire du monde nécessairement chaotique.

 

Quelques clichés de ce "work in progress"...

 

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Avec la collaboration de Christelle Bourget, assistante de Brankica Zilovic

Photographies, sauf les 2 dernières: Virginie Villerot

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24 août 2011 3 24 /08 /août /2011 17:55

Ce n'est pas que je sois ravie que l'été soit déjà presque un souvenir, il fut si court, et quand on ne va plus à l'école, la notion de rentrée est plus symbolique qu'autre chose. Longtemps je fis la rentrée, bien au-delà de l''âge raisonnable pour la fréquenter. Mais c'est heureusement du passé, et la "rentrée", aujourd'hui, fleure juste bon les projets à venir et les expos nouvelles.

 

Qu'y aura-t-il à voir à cet automne?

 

 

Au musée Guggenheim de New-York

 

Tracy rit tandis que Yale entre dans la salle des photographies.
Yale (en ricanant) : Comment ça va ? (à Tracy) Salut !

Ike : Oh ça va très bien. Ca alors, c’est drôle…On parlait de toi, figure-toi.On avait tous envie d’aller voir shakespeare à central park samedi ou dimanche. Vois si c’est possible de ton côté, d’accord ?

Yale : Ah oui, très bonne idée. (Mary Wilke entre par la porte et se tient à côté de Yale) Je suis partant, moi. (se tournant vers Mary) Mary Wilke, Isaac Davis et Tracy.

Mary : (serrant la main de Ike) Bonsoir.

Ike : Bonsoir. Enchanté. Comment allez-vous ?

Mary : Ravie de vous rencontrer.

Ike : Moi de même. Moi de même.

Tracy : Salut !

Ike : (en riant nerveusement) on vient juste de la galerie Castelli, en bas, on a vu l’exposition de photos. Incroyable, absolument incroyable.

Tracy : Ah oui, c’est excellent.

Mary : Vraiment, vous avez aimé ?

Tale soupire, ne participant pas à la conversation.

Ike : Il y a certaines photos en bas…

Mary : Oui, en bas…

Ike : (l’interrompant)…à la galerie qui sont fabuleuses, absolument fabuleuses. (faisant une pause) Vous les avez vues ?

Mary : Oui, je vous avoue que j’ai trouvé ça très influencé.Ca m’a paru sortir en droite ligne de Diane Arbus, mais sans en avoir l’humour. Voyez-vous, c’était…

Ike : (l’interrompant) Ah bon ? Bien sûr, ça ne m’a pas emballé autant que la sculpture en plexiglas, ça il faut bien admettre que moi, ça n’a…

Mary : (l’interrompant) Ah bon ? Vous avez aimé le Plexiglas, tiens !

Ike : Le Plexiglas non plus vous n’avez pas aimé ?

Mary : (en soupirant) Oh intéressant. (haussant les épaules) Non…je…

Ike : Je…avouez que c’est vachement supérieur à ce…à leur cube d’acier. Vous l’avez vu, ce cube ?

Tracy : (l’interrompant) Ah oui, vraiment n’importe quoi !

Ike rit nerveusement.

Mary : Ah non, moi j’ai trouvé ça génial. Absolument génial.

Ike : Génial, le cube, c’est bien ça ?

Mary : Oui. A mes yeux, c’est….ça m’est apparu très texturel. Je ne sais pas si vous me suivez. C’était parfaitement intégré et ça dégageait, également, une…une…une merveilleuse forme de négativité potentielle. Le reste de leur expo c’était de la merde !

 

Extrait du scénario de « Manhattan » -  1979 - Woody Allen & Marshal Brickman – Traduction George Dutter pour les Editions La Petite Bibliothèque des Cahiers du Cinéma

 

Cette scène, davantage encore maintenant que je suis dans le "milieu de l'art", me fait hurler de rire, elle est si juste!

Et puis, quand j'ai découvert ce film, je devais avoir 14 ans, je me suis demandée qui pouvait bien être cette Diane Arbus...eh bien depuis je n'ai pas eu beaucoup l'occasion de voir du Diane Arbus. Ce sera donc avec un grand plaisir et beaucoup de curiosité que je courrais au Jeu de Paume pour y découvrir la première rétrospective en France qui lui est consacrée, à partir du 18 octobre. 

 

Dans le genre cinématographique, ce sera avec émotion que j'irai voir l'exposition consacrée à Romy Schneider au Musée des Années 30 à Boulogne-Billancourt.

 

 

Un de mes films préférés du grand Claude Sautet

 

Des envies de rentrée très éclectiques, puisque c'est aussi au Musée des Arts décoratifs que j'irai voir l'exposition consacrée au travail du créateur chypriote-turc qu'on dit visionnaire, Hussein Chalayan, dont les créations rigoureuses, à la frontière de la mode, de l'art contemporain, de la science et de l'architecture, offrent une vision plus politique qu'éthérée, souvent plus intellectuelle que glamour du vêtement et du monde dans lequel on les porte.

 

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J'avais vu l'expo Munch à la Pinacothèque l'année dernière, qui, je crois, avait été assez décriée. Pour ma part, si les peintures m'avaient laissée dubitative, j'avais particulièrement aimé les gravures. Au Centre Pompidou, grosse rétrospective cette fois, qui se propose de montrer à quel point Munch fut intéressé et ancré dans la modernité, soulignant son intérêt pour les formes modernes de la représentation, notamment la photographie et le cinéma. L’exposition réunira cinquante-neuf peintures, quarante-neuf photographies d’époque, vingt-quatre oeuvres sur papier, quatre films et l’une des rares sculptures d’Edvard Munch. On nous promet des oeuvres majeures.

 

L'homme de mes 15 ans, finalement, c'était lui

 

 

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Et je ne remercierai jamais assez ma prof de français de 1ère de nous avoir demandé de lire le "Portrait de Dorian Gray" dont je tomba assurément amoureuse au point de m'habiller comme un dandy victorien durant plusieurs mois...C'est donc avec l'envie de se voir raviver cette passion adolescente que j'irai voir au Musée d'Orsay l'exposition "Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde", qui devrait faire revivre une de mes périodes préférées, un "âge d'or" à la manière de ce qu'en dit Woody Allen dans son dernier film.

 

 

Diane Arbus- Jeu de Paume - Place de la Concorde- Paris 1er - du 18 octobre 2011 au 3 février 2012

Romy Schneider - Musée des Années 30 - 28 avenue André Morizet - 92100 Boulogne Billancourt - Du 26 septembre 2011 au 31 janvier 2012  

Hussein Chalayan - Musée des Arts Décoratifs - 107 rue de Rivoli - Paris 1er -  jusqu'au 13 novembre 2011

Edvard Munch, l'oeil moderne 1900-1944 - Centre Pompidou - Paris 3ème - du 21 septembre 2011 au 9 janvier 2012

Beauté, morale et volupté dans l'Angleterre d'Oscar Wilde- Musée d'Orsay-  du 13 septembre 2011 au 15 janvier 2012

 

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23 août 2011 2 23 /08 /août /2011 11:55

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« La Pangée », 230x300 cm, installation in situ, textiles, fils tendus, 2011

  

A la fin de l’ère carbonifère, il y a plus de 300 millions d’années, toutes les terres émergées ne formaient qu’un seul et même supercontinent. Puis, au cours des millions d’années qui suivirent, la Pangée se fractura, des rifts se formèrent, et les terres, en surface, se séparèrent en continents.

C’est en partie cette superhistoire de la géologie et de la tectonique des plaques que suggère l’œuvre monumentale de Brankica Zilovic, réalisée spécialement pour l’exposition. A la fin de l’histoire, prédit la science, dans quelques 250 millions d’années, une Pangée ultime aura lieu et les continents ne feront à nouveau plus qu’un.

Cette Pangée, par la globalisation, tant sur le plan économique que par la mondialisation des réseaux de communication et d’information, nous la vivons déjà, d’une certaine manière. Mais paradoxalement, cela ne permet pas, loin s’en faut, une unification pacifique du monde, mais bien au contraire l’exacerbation des oppositions et des ruptures, des rifts idéologiques, religieux, économiques, et les continents sont plus que jamais, à la fois mouvants et déchirés de guerres intestines, à la dérive. Brankica Zilovic livre alors une vision du monde, poétique et violent à la fois, un monde dont elle fait apparaître les tensions, les dislocations, les sutures parfois brutales, dans ses frontières arbitraires, ses paix extorquées, ses territoires spoliés…et la globalisation ne fait jamais qu’advenir un supercontinent « super fragile », au risque de la désintégration, de la liquéfaction. Un monde à la dérive.

 

Brankica Zilovic, née en Serbie en 1974, quitte Belgrade pour Paris à la fin des années 90.  Elle découvre alors les écrits de Roland Barthes et l’œuvre de Ghada Amer,  qui l’amène à une réflexion sur les femmes, la société et la fonction de la mode. Son travail passe par différentes étapes, toujours dans un rapport étroit, qu’elle traite du vêtement, dans ses « contre-coutures »,  ou s’élance dans d’indéfinissables paysages, organiques ou non, avec le tissu, le fil, la couture, avec ce qui lie, relie, se tisse, retient ou dessine, dans une hybridation des techniques traditionnelles de la couture et de la broderie, et de l’expression visuelle contemporaine.

Zilovic considère ses propres travaux comme des « métaphores de l’indéfinissable », dans un balancement subtil entre formes de l’abstraction et métaphores du réel. Car ses inspirations puisent bel et bien dans ce monde,  dans une grande richesse de références visuelles et artistiques, base de données et d’images, depuis des photographies personnelles jusqu’aux géographies les plus lointaines. Tout un univers d’où émergeront le temps venu émotion, poésie, dialogue avec les textures et les histoires, la sienne et celle du monde, les sensations et les éléments.

 

« Sutures »

Galerie Charlotte Norberg- Du 1er au 24 septembre 2011

74 rue Charlot- Paris 3ème

Vernissage le 1er septembre à partir de 18h, en présence des artistes

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22 août 2011 1 22 /08 /août /2011 11:53

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« Sisyphe II » -  Installation de 9 éléments, 118x60cm, textiles, ouate, polystyrène extrudé, 2011

 

Dans son contraste de rose et de rouge, « Sisyphe II» apparait tout à la fois délicat et élégant, inquiétant et dévorateur, chair et sang. L’ambiguïté est manifeste, comme lorsque Mai Tabakian analyse la dimension méticuleuse de son travail comme d’une précision « chirurgicale », tandis que, comme souvent chez les artistes qui travaillent autour du textile, les notions de blessure, et de suture sont bien présentes : on y retrouve la double fonction du tissu qui protège et répare. Voici donc le geste qui fabrique -revit- la blessure et qui la soigne, la colmate, rend lisse ce qui fut déchiré, « comble le vide et dénoue le silence ». Il y a donc quelque chose de l’ordre d’une manière de transcender cathartiquement le négatif, transcender le vil et les sources d’effroi, d’angoisse dans une expression tendre et esthétique, douce et simple, opaque et consistante, harmonieuse et mouvante, abstraite et suggestive, aspirante et impénétrable à la fois. Transformer la laideur en art. Retourner ce qui, dans l’organique, peut paraître impur, en essayant de rendre beau et apaisant ce même organique, qu’il se fasse géométrique ou qu’il soit délesté de sa dimension « intestinale », dans un subtil jeu d’entre-deux entre attraction et répulsion.

 

 

Les œuvres créées par Mai Tabakian apparaissent comme des objets hybrides. Bien que ne pouvant se définir à proprement parler comme des peintures, elles se présentent néanmoins le plus souvent en images picturales, en tableaux. Dans le même temps, la présence prégnante de la matière, du volume et de la structure, leur donne immédiatement une dimension sculpturale, voire architecturale. Objets hybrides, donc, aussi et surtout parce que le médium principal du travail de Mai Tabakian est le textile. Ici, cependant, il ne s’agit ni de broderie, ni de tapisserie, ni véritablement de détournement car le tissu est employé pour ce qu’il est : matière, couleur, texture. Le travail de Mai Tabakian pourrait s’apparenter à une sorte de marqueterie textile, le tissu étant embossé sur des pièces rondes de polystyrène extrudé.

L’artiste n’utilise pas le tissu  comme une matière à coudre, à assembler comme un vêtement, autour d’un corps, fusse-t-il fictif,  mais bien comme un medium pictural, par lequel couleurs, textures et éventuellement motifs s’apparentent à la palette du peintre. Pour elle, le tissu présente une grande richesse tant sur les plans plastique, chromatique, texturel, que dans ce rapport si particulier et sensuel au toucher, souvent ignoré dans la création plastique. Dans leurs épaisseurs, leurs formes pleines et rebondies, leurs sinuosités, les œuvres de Mai Tabakian donnent irrésistiblement envie d’en découvrir l’intime géographie sous les doigts.

Mais au-delà de cet intérêt formel, le choix de Mai Tabakian pour le tissu est sous-tendu des échos d’une histoire personnelle avec cette matière. Car si son travail renvoie d’emblée à la notion d’«ouvrage féminin», cette activité la rappelle à tout un univers lié à son enfance, entre sa grand-mère maternelle qui pratiquait la couture et l’y initia très jeune, et ses voyages au Viêt-Nam, dont elle est originaire, où elle fut fascinée, petite fille, par la profusion de tissus colorés, les vêtements chatoyants ou les soieries. On pense au rapport que peuvent avoir certains artistes comme Louise Bourgeois ou Annette Messager avec le tissu en tant que vecteur d’histoires de femme, de transmission de féminité, mais aussi de souvenirs et d’évocation de l’enfance, ramenant souvent à l’objet transitoire. Mais là où l’une ou l’autre de ces artistes se sont orientées vers une forme d’expressionnisme de l’introspection et de la mémoire, Mai Tabakian a choisi d’élaborer des compositions abstraites de formes, formes parfois organiques, parfois plus géométriques, parfois semblables à des paraboles mathématiques. Mais, le choix de ce rendu matelassé, comme un cocon ou un réceptacle protecteur, pourrait bien, tout en suggérant une manière de se protéger de trop en dire de soi, laisser émerger bien des hypothèses.

On devine alors, sous ces dehors formels et abstraits, une épaisseur existentielle, une émotion affleurant, des histoires et des réminiscences complexes qui ne se laissent pas envisager au premier regard, trop occupé à se perdre dans le labyrinthe et les contours sinueux des motifs formés par les applications de tissu.

Les œuvres de Mai Tabakian, malgré les couleurs chatoyantes, gaies ou douces, glitter ou pastels, recouvrent sans doute bien de plus inquiétantes ou douloureuses réalités, sentiments ou pensées, comme une forme de lutte contre une cruauté dont nous ne savons pas tout.

 

Photo:

« Sisyphe II » - Installation de 9 éléments textiles, 2011

 

 

« Sutures »

Galerie Charlotte Norberg- Du 1er au 24 septembre 2011

74 rue Charlot- Paris 3ème

Vernissage le 1er septembre à partir de 18h, en présence des artistes

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21 août 2011 7 21 /08 /août /2011 11:49

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“Spasmes et douleurs” - 1mx2m, sanguine, crayons de couleur, acrylique et encre sur toile, préparation, gesso, fil électrique, douille en porcelaine mate, ampoule, 2011 

 

« Spasmes et douleurs », issu d’une série autour des douleurs féminines, se présente comme une sorte d’installation aux ambitions sculpturales, dans cet impressionnant format, qui renforce la profondeur et la densité charnelle du dessin, soutenu avec force et simplicité par cette installation lumineuse, clin d’œil à l’univers baconien, qui, mieux que personne, a su saisir la dimension intrinsèquement poignante de la condition humaine.

 

L’œuvre dessinée de Sandra Krasker s’inscrit dans une recherche particulièrement contemporaine sur ce qui anime le corps, non pas tant dans la forme générique du corps humain, mais dans ce qui en constituerait un portrait possible.

 

Sandra Krasker entend saisir une vérité du modèle, une vérité sous-jacente, perceptible dans un regard, une attitude, un geste… Il s’agit pour elle de  privilégier la saisie de l’émotion, du vécu, du ressenti, une forme de beauté qui n’est pas celle, académique, de parfaites proportions, mais qui a à voir avec ce qui transparaît de l’humain, ce qui en fait la beauté, en somme, réévaluant ainsi le sens de la « figuration ».

Car derrière cette sorte de perfection classique de la ligne, ce n’est pas le corps qu’elle dessine mais c’est à travers lui, parce qu’il est enveloppe et support nécessaire, la saisie d’une intériorité implicite, le choix de la vulnérabilité de la chair à la fois que de sa puissance, une certaine forme de véracité au-delà, ou en deçà de la matière. Bien que les hommes et les femmes que dessinent Sandra Krasker soient le plus souvent partiellement nus, l’artiste ne se situe pourtant pas dans la crudité de Freud par exemple, car si elle exprime la réalité concrète de la chair, il n’y a ici ni volonté de violenter l’intimité du corps ni véracité inquisitrice mais bien plutôt un appel à l’autre, à la rencontre et à la sollicitude, pour s’inspirer de thèmes chers à Emmanuel Levinas. Et sous l’apparent académisme d’une citation néo-classique, perce alors une authentique modernité, nourrie d’une réflexion sans concession sur la question du traitement de la figure humaine, à la recherche d’une part de vérité de l’humain contemporain, tant dans son rapport au corps que dans ses désarrois perceptibles.

 

Si Sandra Krasker ne tombe pas dans l’empathie avec son modèle, ou dans un expressionnisme de premier degré, elle n’a pas non plus le regard du biologiste, ni ne pose la distance, la neutralité du dessin d’anatomie. Elle maintient ainsi sans cesse une sorte d’ambiguïté entre le souci de réel et la puissance émotionnelle et charnelle qui se dégage de ses esquisses. Le « sous la peau », l’organique presque, le besoin de sentir les palpitations de la vie, le sang qui coule dans les veines, la chair dans son dénuement, sa fragilité concrète, sa complexité aussi, bref, tout ce qui donne sa valeur intrinsèque et inaliénable à l’humain, à l’heure où le cynisme l’emporte parfois sur la vie.

Bien entendu, apparaissent en filigrane les questions, fondamentales, de la précarité de la vie, de la corruption et de la mort. Mais il semble qu’il y ait avant tout chez Sandra Krasker une émotion  réelle face aux déploiements de la vie, à l’existence même. Sous l’âpreté de son trait,  contrastant avec la douceur de son regard,  et la peinture qui coule, manifestant discrètement la mobilité et la déliquescence des choses et des êtres, l’œuvre montre l’humain en situation dans le monde, avec ses faiblesses et sa corruption, émotionnelle mais sans pathos.

 

Photo:

“Spasmes et douleurs”, détail, 2011

 

 

« Sutures »

Galerie Charlotte Norberg- Du 1er au 24 septembre 2011

74 rue Charlot- Paris 3ème

Vernissage le 1er septembre à partir de 18h, en présence des artistes

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20 août 2011 6 20 /08 /août /2011 11:45

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« Port Royal » - Installation robe, chaussons, magazines, technique mixte : bandes plâtrées, gaze chirurgicale, épingles… - 2009 -

Série « 100/Fil » - 130 x 96 cm chacun - Papier calque millimétré sur tarlatane blanche, fil de lin et fil à coudre, épingles à nourrice, épingles, papier plâtré - 2011 

 

« Port Royal », entièrement faite de bandes plâtrées et de bandes «Velpeau », rubans de crêpe de coton nécessaires aux pansements, n’est pas une robe à porter mais une robe symptôme. La femme qui porterait cette robe, avec son corset rigide de bandes plâtrées, serait obligée à un « port de reine », dans cette robe qui soutiendrait, masquerait, soignerait ses blessures et ses faiblesses. « Port-Royal », c’est aussi le nom du boulevard parisien où se situe un important hôpital maternité. Au travers de cette robe, ce sont donc différentes figures de la féminité qui sont mis en jeu et en regard : la femme mère, la femme protectrice, celle qui panse les petites et grandes blessures mais qui vit aussi avec ses propres blessures, ses douleurs.

Parmi elles, parfois, le regard sur soi déformé par les images de femmes que renvoient les magazines, et dont Sylvie Kaptur-Gintz obture ici la visibilité.

L’installation de chaussons de danse en bandes plâtrées qui l’accompagne renforce ce sentiment de fragilité, rappelle à la fois à l’enfance –quelle petite fille n’a pas rêvé d’être danseuse ?- mais aussi à la souffrance du corps au travers de l’évocation de la pratique de la danse. « Port-Royal » est une évocation émotionnelle intime à propos de l’identité d’une femme, poétique et d’une grande puissance évocatrice.

Blessures, cicatrices et réparations…La série « 100/Fil », quant à elle,  est née du désir d’expérimenter, et de faire parler, les matières, les maux et les mots du corps, de sa fragilité et de la force qu’il déploie, et que dans la cure nous lui imposons, pour se conserver. Le vivant y apparaît dans sa perpétuelle oscillation entre souffrance et douceur de l’apaisement.

 

Dans son travail d’installation, Sylvie Kaptur-Gintz s’approprie les gestes des anciens, des petites mains, tailleurs, maroquiniers…Gestes qu’elle n’a pas appris, qu’elle utilise, dit-elle, « d'une main malhabile » dans un souci de préserver et de nourrir le fil des filiations et des transmissions, d’une histoire mais aussi d'un vocabulaire qui est devenu peu à peu la trame de son travail.

« Dans mes installations » explique-t-elle, «  j'utilise des matériaux simples de la vie quotidienne, mais je bataille avec ces matériaux pour élaborer un nouveau vocabulaire artistique ». Car pour elle, le geste de création est étroitement lié aux notions de naissance et de renaissance. Le monde, ou plus exactement « l’être au monde » est une naissance sans cesse renouvelée, porteuse de mémoire, d’identités, d’histoires individuelles et collectives. Chez elle, les dispositifs formels sont intimement liés au sens, aux émotions suscitées, évoquant la singularité de la condition humaine, la présence humaine dans sa multitude et son unicité, dans sa force et sa fragilité.

 

Photo:

« Port Royal » - 2009 - Photo : Bruno Moyen

 

« Sutures »

Galerie Charlotte Norberg- Du 1er au 24 septembre 2011

74 rue Charlot- Paris 3ème

Vernissage le 1er septembre à partir de 18h, en présence des artistes

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