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13 septembre 2010 1 13 /09 /septembre /2010 23:41

 

Parallèlement aux manifestations autour de la céramique organisées par l'AAF en cette rentrée parisienne, et en particulier l'exposition au Musée des Arts Décoratifs, la Galerie Charlotte Norberg montre, du 16 septembre au 1er octobre, une sélection de céramiques de Laurent Esquerré (que l'on pourra voir aussi aux Arts Déco), Juliette Jouannais ainsi que...la superbe pièce en céramique réalisée par Luna et Xavier Maffre, céramiste à Aubeterre, spécialement réalisée pour "Figure Libre" et qui est montrée ici en "avant-première"!

 

ballon-de-rugby2luna.jpg

 

Céramiques- Galerie Charlotte Norberg - Du 16 septembre au 1 octobre 2010 - Vernissage samedi 18 sept.- 74 rue Charlot- Paris 3ème -

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11 septembre 2010 6 11 /09 /septembre /2010 00:20

 

Le suspens ne va plus durer bien longtemps. Nous sommes dans la dernière ligne droite de la préparation de notre exposition "Figure libre - Quand l'art détourne le sport", qui commencera donc le 6 octobre, Salle des exposition de la Ville de Guyancourt, Yvelines.

Ce n'est donc presque plus un mystère: Cyril Hatt fait partie des artistes dont nous aurons le plaisir d'exposer des oeuvres très prochainement.

 

 

hatt-negrepelisse.jpgEn attendant, comme aucune des petites choses de la vie ordinaire n'échappe à son regard, puis à son appareil photo, ses ciseaux et son agrafeuse...Cyril Hatt fera donc "La tambouille", avec le concours du bien nommé "La Cuisine", Centre de création art & design appliqué à l'alimentation, à la médiathèque de Négrepelisse.

il poursuit ainsi, avec la patience, et la passion, d'un entomologiste, son exploration des "choses" qui forment l'épaisseur - la coquille? - de nos mondes.

 

Cette fois, de la cuisine équipée en Formica aux casseroles en passant par les légumes du marché, on jouera à la dînette avec ses artefacts, étranges simulacres de la vraie vie.

 

 "La Tambouille" - Cyril Hatt- Du 11 septembre au 6 novembre 2010-

Médiathèque de Nègrepelisse- 200 rue de la Piscine- 82800 Nègrepelisse

 

 

Photo: Chariot de marché - Photographie tirage à sublimation thermique, agrafes-2010-  Courtesy Cyril Hatt

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7 septembre 2010 2 07 /09 /septembre /2010 23:25

 

La saison 2010-2011 de la Galerie Schoffel-Valluet s’ouvrira le 8 septembre avec le désormais traditionnel « Parcours des Mondes », Salon International des Arts Premiers, dans ce quartier des Beaux-Arts emblématique et historique de l’art tribal.

 

Pour cette 8ème édition, la Galerie Schoffel Valluet présentera, parallèlement aux œuvres d’art primitif qu’elle aura sélectionné, le travail d’un artiste contemporain.

Elle manifeste ainsi sa volonté d’ouvrir son espace à l’art contemporain. Elle inaugurera d’ailleurs ce nouveau département en janvier 2011, avec une exposition de l’artiste néerlandais Berend Hoekstra.

 

En préambule, la galerie, pour ce 8ème « parcours des Mondes », a demandé à l’artiste Marie Noël dite DOBY de réaliser une série unique de collages, à partir de photographies d’archives d’objets primitifs. Elle orchestre ainsi une rencontre inédite entre l’art du collage et les Arts Premiers.

 

"Bien que s’inscrivant dans la tradition collagiste du 20ème siècle, depuis les collages dada ou surréalistes, jusqu’aux collages Pop, Doby se définit comme un électron libre, ne rapportant son art à aucune école ni aucune référence.

Ses collages ne fonctionnent pas par glissements sémantiques, ni pas associations d’idées, mais par pures combinaisons de formes, dans une esthétique de « non cohérence », ni rationnelle, ni totalement absurde. Pour elle, les éléments patiemment collectés un peu partout, des vieux papiers chinés aux pages des magazines, sont comme des matériaux , fragments puisés dans le réel, qu’elle compare à la palette d’un peintre. Ce qui l’intéresse, ce ne sont pas tant les images en elles-mêmes que les couleurs, les formes, les textures. Son parti pris est donc fondamentalement esthétique, composant ses collages comme un peintre composerait sa toile,  cherchant ce point d’équilibre mystérieux où chaque fragment semble infiniment à sa place, reconstruisant dans le surgissement de ce nouveau monde, un autre espace plastique, un territoire inédit à explorer.

Certes, Doby entretient une prédilection pour les univers fantastiques, gothiques, surréalistes, dans lesquels se mêlent l’ancien et l’actuel, l’étrange et l’ordinaire, le réel et le merveilleux, et où la rencontre inattendue des images et des signes crée des passages et des sauts inopinés. Mais dans sa production massive – plus de 3000 collages par an, le plus souvent regroupés en petits livres précieux - rien ne la guide davantage que les sensations visuelles et les émotions. Ainsi renoue-t-elle d’une certaine manière avec les origines intempestives et « libertaires » du collage,  prenant tout son sens dans l’écart, le décalage, et le dérèglement.

 

Pour la Galerie Schoffel Valluet, DOBY a accepté de répondre à la commande d’une vingtaine de tableaux-collages de petit format, intégrant des images d’objets primitifs tirés des archives de la galerie. Ces éléments, mêlés à ceux qu’elle aura choisi, ouvriront des espaces-temps insoupçonnés, des ponts émotionnels et temporels inédits, recréant des univers au travers de ces images métissées dont la beauté hybride éclatera, pour reprendre le mot d’Edouard Glissant, dans l’emmêlement et l’imprévisible."

 

Texte réalisé à l'occasion de cette exposition, pour la galerie Schoffel-Valluet

 

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4 septembre 2010 6 04 /09 /septembre /2010 23:16

 

Satellite-Des-Sens-6.jpgDans le cadre des projets Enfance & Jeunesse, Lille2004 avait fait appel à Joep Van Lieshout et son atelier, pour réaliser le "Satellite des sens", une "micro-architecture" nomade, sorte de capsule se déplaçant d'école en école, à l'intérieur de laquelle les enfants pouvaient expérimenter, de manière ludique, leur cinq sens.

Quand on connait l'univers de Joep Van Lieshout, l'idée de lui commander une pièce pour enfant peut paraitre surprenante.

D'un autre côté, chez AVL, dans les docks de Rotterdam, vivent aussi des enfants...

Quoiqu'il en soit, le "Satellite des sens " eut beaucoup de succès - je ne sais pas ce qu'il est devenu-

 

Ci-dessous, un "mix" de ce que j'avais rédigé pour présenter le "Satellite des sens", et d'un article que j'ai écris plus tard pour un webzine sur l'univers de AVL-Joep Van Lieshout et en particulier à propos de la "Wombhouse" (littéralement "maison-utérus")

 

"Joep Van Lieshout est né à Ravenstein en 1963. Après avoir étudié à l’Académie d’Art Moderne de Rotterdam, à Haarlem et à Nice, il revient s’installer à Rotterdam en 1987. Il se fait d’abord connaître grâce à ses gigantesques constructions de pavés ou de caisses de bière. A partir de 1988, sa notoriété se développe avec la création de mobilier en polyester de couleurs vives, fonctionnels et esthétiques. En 1995, il fonde AVL (Atelier Van Lieshout), dans lequel il accueille une trentaine d’artistes, ressuscitant ainsi la tradition flamande de l'Atelier. En 2001, Joep Van Lieshout réalise avec AVL le projet AVL-Ville dans les Docks de Rotterdam. Il fonde un « Etat libre » auto-proclamé, possédant ses propres règles, drapeau et monnaie, produisant ses propres biens de consommation et services, sur le modèle autarcique de la cité aristotélicienne.C’est là que la communauté d’AVL vit et reçoit les visiteurs. En 2002, une autre AVL-Ville voit le jour à Middleheim près d’Anvers.

Inspiré par l’œuvre de Machiavel pour son observation réaliste de l’activité humaine et des jeux de pouvoir, Joep Van Lieshout se veut un artiste indépendant, hors des normes morales, sociales ou religieuses, mais aussi hors de tout mouvement artistique. Sa recherche d’autonomie, qui l’a amené à fonder la cité d’AVL, est aussi celle qui le fait sortir du simple vocable d’ « artiste ». Au travers de l’expérience d’AVL, Joep Van Lieshout se fait entrepreneur, inventeur, stratège, fermier, boucher…voir son « Alpha with Chicken Coop » (1999) ou sa « Farm house ». Car il s’agit de produire sa nourriture, son énergie, sa maison mobile.

 

hdHD-Wombhouse432-copie-1.jpgLa « Wombhouse » est une œuvre d’art architecturale s’inscrivant dans le projet « Perfect house » initié par Philippe Jousse et Franck Perrin. Il s’agit, à l’image des « Maisons d’urgence » de Jean Prouvé ou des « Maisons bulle » de Jean Manéval, d’imaginer des solutions d’habitats mobiles, fonctionnels, esthétiques et innovants.

La « Wombhouse » peut être appréhendée comme un « noyau technique » d’un genre nouveau. Le principe du noyau technique, conçu par les architectes d’avant-garde du siècle dernier, réside dans la création d’une unité préfabriquée contenant les fonctions essentielles d’un habitat, tels que les sanitaires, la cuisine, le chauffage et la ventilation. Sauf qu’ici, la « Wombhouse » est littéralement un utérus, lieu évoquant la chaleur, la douceur et l’apesanteur de l’état prénatal. Dans cet utérus, on trouve chauffage et air conditionné, cuisine et douche, tandis que les ovaires contiennent des toilettes et un mini-bar. C’est violemment métaphorique, quelque peu poétique et çà ne manque pas d’humour ! C’est aussi un symbole du concept d’« autosuffisance », fondamental dans la création d’AVL, qui considère l’autonomie matérielle comme la seule réponse pragmatique possible aux conditions de vie contemporaine. Une déclinaison inédite d’un matérialisme historique d’un genre nouveau.

 

Les œuvres de Joep Van Lieshout-AVL qui tiennent tout à la fois de l’art, du design, de l’architecture et de l’agro-alimentaire sont perçues comme extrêmement efficaces et ultra-contemporaines, porteuses de messages à entrées multiples.

D’abord parce que chez AVL, les œuvres d’art sont utilisées au quotidien. On dort dans leurs « Capsules hotels » et leurs « Compost- toilets » semblent utilisables. Ainsi l’art se retrouve-t-il au cœur du fonctionnement ordinaire de la cité. En fabricant des salles de bains, des meubles en fibre de verre, des mobil-homes, des concept-homes tel le « Sportopia » ( logement complet entièrement démontable comprenant lit, douche, WC, bar), l’Atelier Van Lieshout produit des objets davantage destinés à l’usage qu’à l’exposition, même si l’un n’exclut pas l’autre.

Ensuite parce que Joep Van Lieshout n’est pas qu’un simple artiste-designer un peu déjanté. Il véhicule dans ses œuvres une sorte d’idéologie de l’organique à méditer.

On se souvient de « Cloaca », la machine à recomposer artificiellement les principes de la digestion, de Wim Delvoye, qui, en 2001, avait défrayé la chronique. Wim Delvoye avait, au sens propre comme au sens figuré « fabriqué de la merde », affirmant que « Cloaca » pouvait tout aussi bien être considéré comme le « symbole de l’inutilité de l’art ».  Mais ce type de machine n’est rien comparé aux projets d’AVL qui entend inclure l’homme dans son processus de réorganisation utilitaire de la matière sur le thème : rien ne se perd, tout se transforme. De là naissent des questions problématiques. Jennifer Allen, critique d’art et philosophe, écrit à propos de « The Technocrat », œuvre conçue en 2003 : « Le « courrier » biologique- des aliments aux excréments est perpétuellement envoyé et reçu dans des systèmes parfaitement hiérarchisés, dans lesquels toute perte est absolument évitée. A chaque activité humaine basique –le travail, le sommeil- est assigné une finalité et un cheminement particulier, sans détournement possible. « The Technocrat » illustre tout à fait cela. Afin de conserver à la chaîne alimentaire son mouvement perpétuel, cette installation conséquente peut subvenir aux besoins d’un millier d’être humains souhaitant manger, dormir et se soulager sans le moindre effort. Allongées sur les couchettes par groupes de dix, les personnes sont nourries par les tuyaux du « Feeder » d’un côté et soulagées grâce au « Total Faecal Solution » de l’autre. Ici, le corps devient un rouage biologique au sein d’un système destiné à alimenter « The Biogas Installation » avec suffisamment de matière première pour produire de précieuses ressources biologiques : du gaz, de l’eau et du compost ».

S’il n’est pas inintéressant de réfléchir à des solutions alternatives de production et de consommation de matières premières, on peut trouver l’idée de réduire l’activité humaine à ses plus simples fonctions organiques pour en recycler les effets franchement discutable.

La Wombhouse est l’épiphénomène d’un développement nouveau de l’œuvre d’AVL autour de la mise en perspective des organes humains comme lieux et objets d’art et de vie. Elle cherche à instiller par là une réflexion sur la place de l’individu dans le corps...politique."

 

 

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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 21:20

 

Qui expose encore en ce début septembre?

 

C'est aussi la rentrée chez le désormais culte chez Robert - www.chez-robert.com - et c'est Yvan Fayard qui inaugure la saison avec "Le pavillon des encres oubliées", inattendu hommage en dentelle ajourée sur les murs de la galerie à la pratique du marquage sur le corps, le tatouage, en noir et blanc.

Jusqu'au 30 octobre 2010

 

Marie Denis travaille toujours autant et avant de la retrouver dans "Figure libre", on pourra toujours aller voir son travail à Shangaï, où sa galerie, Kernot Art, présente quelques une des ses oeuvres à l'occasion de l'Asia Pacific Contemporary Art Fair.

Jusqu'au 10 septembre

Sinon, plus près, c'est "Alice et Clara", dans le cadre d'une résidence avec l'école d'art PAC'BO, dans deux communes de Poitou Charentes. "Alice" offre au lavoir de Bouëx, lieu patrimonial de la commune, un cadre doré qui en transcende la perception et l'aura et fait basculer le spectateur dans un monde poétique et onirique. Quant à "Clara", installation mobile d'acier et d'inox inspirée des boules de gui en profusion dans les arbres de la région, elle infuse l' esprit magique et tintinnabulant de la forêt...Sauf erreur de ma part, ces oeuvres sont désormais pérennes dans le paysage.

Et puis on peut toujours aller revoir l'admirable travail de tressage sur la chevelure végétale de l'installation "Cinérama" que Marie avait réalisé pour une vitrine des Galeries Lafayette, et qui se trouve désormais au Parc de la Villette, dans une des Folies de Tschumi .

Jusqu'au 23 septembre.

 

Maribel Nadal Jove et les artistes de sa galerie UNA investissent le 22 de la rue du Cloître St Merri dans le 4ème pour y présenter une sélection d’œuvres réalisées sur support papier - dessins, peintures, volumes et multiples -

Avec Santiago Borja - Daniel Chust Peters – Yolanda Gutiérrez - Miguel Angel Molina

Exposition du 18 au 25 septembre 2010

Tous les jours 14h-19h et sur rendez-vous.

 

Enfin, Sandrine Hayat, collagiste pop que j'avais rencontré l'année dernière, expose à la Galerie 208 de Patricia Chicheportiche, 208 Bld St Germain, dans le cadre de l'expo collective "Des imagistes", à partir du 16 septembre.

 

 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 22:13

 

J'ai vu la plupart des films d'Alain Corneau. Il disait qu'il faisait des films avant tout parce qu'il aimait les acteurs. Et le meilleur de ses films, ce fut sans doute "Série Noire", avec celui qui est, et reste, à mon sens, le plus grand acteur français de cinéma de tous les temps: Patrick Dewaere.

 

 

serie-noire-1979-tou-01-g.jpg

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 10:50

 

Au cours de la première saison de Lille2004, il y eut, au Tri Postal, une exposition appelée "Prime Time", que je présentai de la manière suivante:

 

Le titre de l’exposition, « Prime Time », se veut à la fois un clin d’œil à la jeunesse des artistes présentés et l’annonce d’un rendez-vous prometteur en cette première saison culturelle de Lille 2004. « Prime Time », ce sont six artistes européens exposant en France pour la première fois, au cœur de Lille et de ses métamorphoses. Le Tri Postal, bâtiment au format d’usine, offre à ces jeunes artistes 600 m2 pour dynamiter avec une ironie parfois corrosive et une certaine dose de provocation les mythes du monde contemporain. Peintures, photographies, sculptures, installations interactives pointent avec lucidité et humour les errances de notre société : fantasme écologique contre logique consumériste, idéaux domestiques, adulescence, illusion des univers virtuels et icônes à la mode...Mais au-delà du constat cynique d’un monde désenchanté, la poésie, la liberté, l’indiscipline et l’insolite sont aussi au rendez-vous. Surréalisme décalé parfois à la limite de l’absurde et du fantastique ou esthétique pop de comics détournée, l’ambiance tangue entre Jérome Bosch et les Monty Python. « Prime Time » porte un regard fantaisiste, à la fois tendre et grinçant, sur les réalités ambiguës de la vie moderne.

 

LES ARTISTES : Fides Becker (ALL), John Isaacs (GB), Emilio Lopez-Menchero (B), Mooslin (F), John Paul Tiney (GB), Nicolas Wilmouth (F)

 

(Le commissariat était assuré par Caroline David et la scénographie par Ludovic Smagghe)

  

Parmi les artistes présentés, donc, pour la première fois en France, j'avais particulièrement repéré l'anglais John Isaacs, et il semblerait que mon "flair" n'ait pas été démenti (ni celui, évidemment, de Caroline David, commissaire de l'exposition!), puisqu'il est aujourd'hui considéré comme un héritier des YBA, des Damien Hirst et confrères...

Je me souviens en outre avoir vu une très impressionnante sculpture de Isaacs à la Maison Rouge (pièce devant appartenir à la Collection de Galbert mais pas sûre) l'année dernière, qui m'avait confirmé l'évidence de son talent et de son noir humour.

Il semblerait que depuis 2004, le propos et l'esthétique de John Isaacs se soient radicalisés, vers des propositions de plus en plus trash et charnelles, qui me font penser à une transposition sculpturale des chairs baconiennes, mais aussi à certains artistes flamands.

 

2001 voices from the id 01 le bon"Les images de John Isaacs sont souvent crues, mais moins que la réalité du monde, semblent-elles dire. Grandeur et décadence de l’humanité, tels sont les thèmes récurrents de l’œuvre romantique et noire de cet artiste atypique.

Les photographies de John Isaacs ne nous apprennent rien que nous ne sachions déjà : surconsommation tout azimuts, inégalités et injustices, pollutions, triomphe de la raison calculatrice, sous-culture et artifices...Mais avec courage et lucidité, et un peu de la provocation nécessaire au réveil des consciences,il se plait à mettre en scène des vérités que nous préférerions cachées. Il nous rappelle ce que nous aurions aimé que soit le monde. Il nous invite à nous souvenir, à travers l’évocation de la Tour de Babel, que la surpuissance de l’homme n’est pas la toute-puissance.

Idéaliste, il espère par son travail critique à l’ironie cinglante, participer à une nouvelle vision du monde, plus humble et moins rationnelle, plus humaine peut-être."

 

Le monde de l'art contemporain est-il si petit qu'on le dit? Il se trouve que finalement, à la faveur des expositions, les oeuvres et les artistes se croisent. Ici, aux Abattoirs de Toulouse en 2006, "Utopia" de John Isaacs sur fond de "tête dure" de Mounir Fatmi.

 

isaacs-fatmi-abattoirs-2006.jpg

 

Photo 1 - Voices from the Id - 2002 - John Isaacs

Photo 2 - c. le blog des Abattoirs- Toulouse

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:05

Cela ne fera pas deux jours que les enfants auront repris le chemin de l'école, que la saison artistique à Paris démarrera, promettant quelques beaux vernissages!

 

Et d'abord, on parlera Brésil:

 

 

 

ville-en-kit-2-detail-skg-open-art.jpgDans le cadre de "Open Art 2010", organisé par l'Association "Seize Anges" autour des relations France-Brésil, Sylvie Kaptur Gintz présentera pour la première fois une oeuvre inspirée de son séjour brésilien: "Ville en kit 2", installation réalisée sur le support de typiques poupées brésiliennes promet une réflexion comme toujours poétique sur l'urbanisation du monde et les relations nord-sud.

 

"Open Art 2010" - Atelier Grognard 6 av du Château de Malmaison 92500 Rueil-Malmaison - Vernissage jeudi 9 septembre - du 10 septembre au 1er novembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il semblerait que le célèbre  Festival International des Jardins de Chaumont sur Loire s'exporte, en proposant une édition à Sao Paulo, au Brésil.

C'est donc là, au Parc Ibirapuera, qu'ont été invités Maro Avrabou et Dimitri Xenakis, pour créer un jardin sur le thème de la nourriture. Ils présenteront donc  "Le conservatoire des goûts et des couleurs", un jardin
d'environ 100 M2, devant la marquise de l'architecte Oscar Niemeyer.
 

Voici ce qu'ils écrivent à propos de ce projet:

 

"L’expression Française « les goûts et les couleurs » pointe l’aspect intime et indiscutable de la perception
individuelle .
Mais au travers de nos containers standardisés et de nos étiquettes caricaturales (l’art de l'identité visuelle),
nous posons la question « comment le goût se forme-t-il ? ».
Dans notre proposition, la représentation (l’image) et le contenant se juxtaposent à la réalité organique du
végétal. Les espèces sont plantées dans des boîtes de conserve et certaines n'atteindront pas le stade de la
fructification, se laissant ainsi regarder comme "des plantes".
Il n'est pas du ressort des artistes d'illustrer des discours idéologiques, catastrophistes ou moralisateurs.
Cependant ces derniers vivent dans leur époque, la regardent et l'interrogent..... Librement.
Par exemple, la boîte de conserve a sans doute révolutionné le transport et la durée d’utilisation des aliments.
Mais étant le support d'une représentation, elle a probablement agit sur la perception de ceux-ci.
Quelles doivent être la couleur et la forme d’une aubergine ?
Nous proposons un conservatoire ; un lieu théoriquement voué au maintient et à l’enseignement de la tradition.
Mais notre jardin se présente sous la forme d’étagères d’archives parmis lesquelles le promeneur circule.
On aurait pu s'attendre à un potager, mais l'on est confronté à un classement.
Cette structure fait bien sûr penser à une approche médicale ou consumériste. Mais surtout elle met en avant
la question de la relation entre l'aliment, son image et le traitement industriel de la nourriture. "

 

Maro Avrabou et Dimitri Xenakis - Parc Ibirapuera, Sao Paulo, Brésil - Inauguration le 22 Septembre 2010.

 

Et à Paris, les galeries présentent leur première exposition de la saison.

 

scocci.jpgChez Olivier Robert, on pourra découvrir le travail de Lionel Scoccimaro, dont on aura le plaisir d'exposer une magnifique pièce dans "Figure libre", en octobre ( j'en parlerai bientôt) - Il semblerait que  "Waiting for the perfect day", le titre choisi pour cette exposition, tienne à la fois de l'univers du surf que Lionel connait bien, que d'une philosophie à la recherche d'un eudémonisme contre, ou tout contre, la vie contemporaine .

 

"Waiting for the perfect day" - Lionel Scoccimaro - Galerie Olivier Robert - 5 rue des Haudriettes - du 4 septembre au 16 octobre 2010 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la galerie Kernot art, également à partir du 4 septembre, un artiste que je ne connais pas vraiment mais dont le travail sur l'organique ne semble pas manquer d'intérêt, Michelangelo Penso.

 

"Blue Genetic" - Michelangelo Penso - Galerie Kernot Art - 14 rue Saint-Claude - Du 4 septembre au 30 octobre 2010 

 

Et puis aussi, on aura noté depuis quelques années un regain d'intérêt pour les arts du feu et la céramique dans les arts contemporains. Nous-même, dans "Figure libre", allons montrer une pièce de Luna spécialement réalisée pour l'occasion, en fine porcelaine dite "coquille d'oeuf".

Cet automne, partout dans Paris , vont se dérouler les "Circuits céramiques", à l'initiative des Ateliers d’Art de France,  qui organisent la 44e assemblée générale de l’Académie Internationale de la Céramique (AIC), Sèvres - Cité de la Céramique.

Une quarantaine de galeries et centres culturels à Paris s'associent à l'évènement, en  proposant expositions et rétrospectives afin de révéler la richesse de la création céramique contemporaine, parmi lesquels, j'en reparlerai, la Galerie Charlotte Norberg.

Une très belle exposition aura lieu au Musée des Arts Décoratifs, autour de trois thématiques: « Le corps et ses métaphores » / « Le paysage imaginaire » / « L’objet revisité par le décor ».

On pouura y voir, entre autres, une pièce de Mounir Fatmi, qui s'intéresse depuis peu à ce matériau, ainsi qu'un "perchoir à oiseau" de Laurent Esquerré, artiste familier de cet art, conçu à partir de jarres vernissées.

 

"Le projet Circuit Céramique aux Arts Décoratifs se poursuit sous la forme d’un parcours de sculptures et d’installations contemporaines, disséminées au sein des différents départements du musée. Dans ce circuit, les pièces ont été sélectionnées pour entrer en dialogue avec les œuvres anciennes des collections, du Moyen-Age jusqu’à l’Art-Déco. On y retrouve d’autres jeunes créateurs (Xue Sun, Sylvain Thirouin, Grégoire Scalabre, Marc Alberghina…), ainsi que des grands noms de la céramique actuelle (Philippe Godderidge, Thiébaut Chagué, Kristin Mc Kirdy, Gabrielle Wambaugh, Clémence Van Lunen…), des plasticiens et des designers faisant une incursion ponctuelle avec ce matériau (Mounir Fatmi, Saverio Lucariello, Guillaume Leblon, Olivier Nottellet, Mathieu Lehanneur...) dont les travaux sont réalisés en collaboration avec d’éminents artisans-céramistes, dans des lieux de production spécifiques.

Au total, soixante-cinq créateurs sont invités par le musée pour composer un panorama français permettant d’apprécier le potentiel artistique de ce matériau, en grande part méconnu. Talents émergents et artistes confirmés apportent des preuves stimulantes que la céramique peut répondre de façon émouvante et spectaculaire aux préoccupations artistiques les plus actuelles. En insufflant aujourd’hui à ce matériau ancestral une dynamique conceptuelle, la plupart des créateurs invités s’éloignent des usages purement « décoratifs » et utilitaires appliqués par tradition à ce domaine. Leur pratique de la céramique n’est pas non plus exclusive : elle se trouve souvent associée au dessin, à la peinture, à la photo ou à la vidéo, dont la présence sera également manifeste au sein de ce « circuit ». " (dp de l'exposition)

 

Un catalogue, établi par Frédéric Bodet, commissaire de l’exposition, sera publié par les Editions des Arts Décoratifs.

 

Circuits Céramiques : la scène française contemporaine - Musée des Arts Décoratifs- Du 17 septembre 2010 au 20 février 2011- 107 rue de Rivoli Paris 1er-

 

Du  2 au 11 septembre, la Ville de Paris et L'Institut des Cultures d'Islam organisent "Les Veillées du ramadan" pour la 5ème année. Je ne me pencherai pas sur la programmation, éclectique, de concerts, danses, performances, débats... mais sur la programmation d'expositions en art contemporain qui peut valoir le détour, ne serait-ce que pour voir ou revoir le travail de François Morellet, devenu par la force du temps qui passe, une sorte de patriarche de la scène artistique contemporaine française, et qui, ici, montrera comment l'art arabo-musulman a pu influencer son esthétique.

On pourra voir aussi le travail d'un artiste français d'origine irakienne, Mehdi Moutashar, et le travail graphique de Reza Abedini, hollandais d'origine iranienne.

Parrainée par Martin Parr, qui prépare une exposition à l'invitation de l'Institut des Cultures d'Islam en 2011, l'exposition " The hidden Islam", expose le regard photographique d'un  jeune photographe italien, Nicolo Degiorgis, sur la situation de la pratique du culte de l'autre côté des Alpes.

Enfin, on pourra découvrir le "Diwan orientaloccidental" sorte de cross-over entre l'ambiance souk à Marrakech et tea-time à Londres, sans doute surprenant, réalisé par Hassan Hajjaj, artiste né au Maroc mais ayant grandi dans le pop londonien.

 

Les Veillées du ramadan - Du 2 au 11 septembre 2010 - Institut des Cultures d'Islam - 19 rue Léon - 75018 Paris

www.veillees-ramadan.com

 

 

 

Photo 1 - "ville en kit 2" - Sylvie Kaptur-Gintz - Courtesy l'artiste -

Photo 2 - Collage - 120 x 90 - Lionel Scoccimaro - Copyright Jean Christophe Lett

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 00:00

Au cours de cette année 2004, on a pu voir parmi les expositions de nombreuses oeuvres d'artistes japonais. Voici, selon le bon vouloir de mes souvenirs, celles qui m'ont, pour une raison ou une autre, intéressée.

 

Yayoi Kusama, bien sûr...j'avoue qu'avant le fameux projet des "Tulipes de Shangri La", qui doit toujours orner le parvis de la Gare Lille Europe à cette heure, je connaissais bien peu cette mythique artiste japonaise et ses pois psychédéliques.

 

kusama---c.nordnet.jpgPour la première fois en Europe,Yayoi Kusama réalisait une œuvre pérenne.

 

Cette vieille dame, née au Japon en 1929, est considérée comme une icône (sur)vivante des sixties psychédéliques. Elle exprime dans ses œuvres, souvent monumentales, autant de préoccupations esthétiques que spirituelles. Là encore, la fleur et ses ornements (couleurs, formes et motifs) sont autant d’allusions aux nourriture terrestres et aux idéaux politiques.

Œuvre monumentale, « Les tulipes de Shangri-La » apparaissent  comme une sorte de synthèse de l’œuvre de Yayoi Kusama: la thématique florale, la polychromie, les motifs symboliques (le pois, forme masculine/féminine, tel le Soleil et la Lune)…Fidèles à ses engagements pacifistes, antimilitaristes et libertaires, Yayoi Kusama avait choisi la tulipe, fleur emblématique de l’Europe du Nord-Ouest et de ses libertés.

 

 

 

 

 

jugle-globe-suzuki.jpg

 

 

 

 

 

 

Dans l'exposition "Cinémas du futur", qui se proposait d'explorer des modes alternatifs, visionnaires ou futuristes de montrer des images, j'avais trouvé intéressant le "Jungle Globe" de Yasuhiro Suzuki, réinventant un jeu que l'on trouve fréquemment dans les jardins d'enfants au Japon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Mention spéciale puisque je parle de cette exposition. Il n'est pas japonais mais chinois, mais son travail m'avait intéressé- et amusée, aussi, il faut bien le dire-: les travaux interactifs de Du Zhenjun, et en particulier « On cherche la lumière », dans lequel, grâce à un joystick, le visiteur contrôle un faisceau lumineux.La lumière en nouvement sur le sol provoque des déplacements de foule cherchant à attraper la lumière, poussant ainsi d’autres foules dans l’ombre.Une lutte se livre alors sous les yeux du spectateur…se retrouvant ainsi à la place d’un dieu tout-puissant regardant le monde.

Et « Vent » :Le visiteur passant dans un couloir déclenche des ventilateurs,créant ainsi des effets divers, la direction du vent changeant selon le déplacement du visiteur.

vent-du.jpg 

 

 

 

 

Organisée par le directeur de la Collection Lambert en Avignon, l'exposition "Akimahen" terme emprunté à un dialecte de la région du Kansai, dont est originaire la plupart des artistes, présentait des créateurs contemporains aux univers et aux pratiques croisant traditions ancestrales et modernité extrême. Dans cette exposition, le monde des mangas, partie intégrante de la culture nipponne, rencontrait celui, très présent, de l’enfance. On y découvrait la dualité de la culture japonaise, entre spiritualité et productivité, rites et technologies, couleurs et esthétique pop comme pour adoucir la rigueur de la vie publique.

 

lapins-torimitsu.jpgImpossible de rater les impressionnants lapins gonflables de Momoyo Torimitsu ("Sometimes, I don't feel comfortable"), immenses et malaisés comme les rêves trop grands de l'enfance, prévenant de la dimension enfantine de l'univers dans lequel les visiteurs allaient pénétrer. Oscillant entre critique du monde impitoyable des salary men et du kawai mièvreux, j'aime assez le travail engagé de cette jeune artiste.

 

 

 

 

 

 

Miyakawa Hikaru : Cette jeune artiste réalise des sacs en papier, sorte de contrefaçons au second degré des fameux sacs Vuitton que toutes les japonaises s’arrachent, regard amusé sur le pouvoir des marques et des apparences dans la culture nipponne.

 

article09_ozawa.jpgTsuyoshi Ozawa: Cet artiste exposait une série de photos présentant le résultat d’un projet de « Workshops » réalisés en différentes métropoles mondiales, les « Vegetables weapons ». A Rio, New-York, Istambul, Pékin...et à Lille, il accompagne une femme au marché. Elle y achète les légumes nécessaires à la réalisation d’un plat traditionnel de sa culture. Mais, avant de la laisser les cuisiner, Ozawa réalise avec ces légumes une « sculpture » représentant une arme, et immortalise cette création par une photo mettant en scène la jeune femme et ses légumes métamorphosés en arme de guerre. Un travail de transformation jouant avec humour sur les contradictions des mondes masculin/féminin.

 Tsuyoshi OZAWA  présentait aussi un autre projet, les « Capsules Hotels Project », qui furent montrées à la Biennale de Venise. Cet installation met en avant les problèmes cruciaux de la gestion de l’espace et du coût de la vie quotidienne dans les mégapoles nipponnes, en confrontant deux types d’ « habitats » : les « Capsules » d’hôtel, mini-chambres aux dimensions réduites à l’extrême mais équipées high-tech, qu’utilisent les hommes d’affaires, et les « Homeless Capsules », sortes de tentes modernes, recours des travailleurs sans abri.  Les visiteurs sont invités à pénétrer dans ces capsules, afin de prendre conscience de cette restriction de l’espace vital.

 

Les japonais, spécialistes des mondes flottants, semblent avoir un rapport particulier avec le monde du rêve et du sommeil, et par extension, celui de la mort. C'était déjà le thème de l'installation du Chiharu Shiota à l'Eglise Sainte Marie Madeleine.

takekawa-dream-pillows.jpgIci, on avait pu découvrir Nobuaki Takekawa et son « Dream Pillows », un manège à rêves, dans lequel les oreillers ont remplacé les nacelles. Un évocation poétique du monde du sommeil qui, pour l’enfant, est à la fois source d’apaisement et d’angoisse. Ainsi qu'une oeuvre de Rei Nato : Un délicat et minuscule oreiller minutieusement réalisé en organza de soie comme un oreiller pour l’esprit des morts...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un tout autre genre, le travail icônique de Yamasama Morimura, que j'ai pu revoir ensuite à plusieurs reprises chez Ropac. (Ici, en Brigitte Bardot??????????)

  morimura3.jpg

 

 

Il y avait aussi l'inévitable Takeshi Murakami...

 

 

LinkoftheMoon_MarikoMori.jpget la princesse intergalactique de Mariko Mori, dont tout le monde connait aujourd'hui le travail.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 23:28

 

Il y eut l'excellente idée de demander au grand artiste olfactif qu'est Serge Lutens d'imaginer une oeuvre qui rendrait hommage à la fois au Nord de son enfance et à son travail de parfumeur. J'admirais déjà, adolescente, les campagnes de pub d'un raffinement inouï de Serge Lutens pour Shiseido. Je fus fan de longue date de son "Féminité du bois", et voue un culte à ses créations olfactives et en particulier pour des fragrances aussi étranges que "Ambre sultan". bref, autant dire que lorsque j'eus l'occasion de rencontrer Serge Lutens, je fus particulièrement intimidée et en fait, surprise, de l'élégance discrète et de la simplicité de l'homme. Une des rencontres de cette année-là que je ne regrette pas!

 

L'installation, tenant davantage du design que de l'art contemporain - mais ce n'était pas le sujet- fut fort réussie et je la présentai ainsi:

 

"Dédale à l’architecture dépouillée et majestueuse, réalisé par l’architecte japonais Takao Hirai, le « labyrinthe olfactif » propose un parcours de découverte inédit et ludique de l’âme du Nord.

Double expérience que celle de ce labyrinthe :

Expérience sensitive, d’abord : l’odorat, sens généralement peu sollicité et pourtant vecteur extrême d’émotion sera ici célébré par Serge Lutens, maître incontesté des fragrances. Reconnaître les senteurs, sans autre support textuel ou visuel, imaginer, recomposer un univers à partir d’elles constitue déjà un jeu étonnant. Expérience « proustienne », ensuite, pour ceux dont la mémoire olfactive évoque le Nord de la France. Renouant avec ses racines, Serge Lutens a voulu recréer, au travers d’odeurs, les environnements familiers de la vie lilloise, nous ramenant avec lui à l’enfance. Il a reconstitué, uniquement à partir de la subjectivité de sa mémoire, les souvenirs olfactifs les plus forts de ses premières années. Il y a toujours, explique Serge Lutens, de la subjectivité, et dans le souvenir, et dans la manière dont nous (res)sentons les choses. Ainsi, telle odeur rappellera un souvenir fort à l’un, et n’évoquera rien à l’autre. Une odeur, celle du canal de la Deûle, par exemple, paraîtra simplement désagréable pour certains, et « douce » pour celui qui aura passé son enfance près des canaux...

La visite de ce dédale de 150m2 est donc ponctuée de 22 diffuseurs de senteurs, extraites de la mémoire, de l’imagination et du travail de recomposition de Serge Lutens. On pourra reconnaître les odeurs familières du café ou de la chicorée chauds, du nougat, des caramels au beurre ou du chocolat chaud, celles, plus rares, des lilas ou des lys, celles, rappelant l’univers ménager, du parquet ciré ou de la lessive, mais encore odeurs de bière et de moules-frites au grand jour de la braderie, de pluie sur les pavés de silex, d’encens à l’heure des vêpres...Le « labyrinthe olfactif » constitue une expérience sensitive et mnémonique passionnante.

 

Serge-20Lutens_Portrait2-thumb.jpgDans une mise en scène au dépouillement raffiné, Serge Lutens signe pour Lille 2004 une réalisation originale, permettant de découvrir le travail d’un des « nez » les plus doués de sa génération. Très jeune, il est sensible à la beauté, sous toutes ses formes, et réalise que la plupart des choses, et le visage des femmes, recèlent une beauté qu’il désire révéler. Lillois d’origine modeste, il « monte » à Paris dans les années 60 et y crée un salon de beauté. Il  photographie pour Vogue et Harper’s Bazaar des femmes à l’esthétique étrange, inspirées du Nô et de Modigliani .. Puis il se lance, pour Dior puis pour le groupe japonais Shiseido, dans l’univers de la beauté et de la parfumerie, avec un succès jamais démenti, créant la marque à son nom en 2000. Vivant secrètement entre Marrakech et Paris, Serge Lutens continue de travailler, tel un alchimiste passionné, à ses « gestations de parfum », tout en continuant de photographier, de filmer, d’écrire la beauté."

 

 

 Photo courtesy Parfums Serge Lutens

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