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20 octobre 2021 3 20 /10 /octobre /2021 22:31
Lieux d'être 2021, acrylique et collage sur toile 146x89 cm

Lieux d'être 2021, acrylique et collage sur toile 146x89 cm

Je suis ravie d'annoncer la sortie du premier ouvrage monographique de l'artiste Hélène Milakis, pour lequel je signe une préface, que vous pouvez découvrir ici;

Lieux d'être 2020, acrylique sur papier affiche  150x197 cm

Lieux d'être 2020, acrylique sur papier affiche 150x197 cm

Petits prolégomènes


De son enfance passée dans le pittoresque quartier Saint-Séverin, à Paris, Hélène Milakis ne conserve pas le souvenir d‘un moment de révélation qui l'aurait menée là où elle est aujourd’hui, la peinture comme compagne quotidienne et jamais assouvie. Pourtant, lorsqu’elle entre en 1993 dans l'atelier de l’artiste Dominique Chauveau, s’ouvre devant elle un univers qui ne se refermera pas. Très vite, elle entre aux Beaux-Arts, sous la tutelle de Bioulès, Alberola ou Velickovic. Son univers pictural y prend forme, marqué par la disparition prématurée de son père, dont la figure de l’absence s'inscrira ensuite en filigrane de toute son œuvre.

 

Il suffit de se rendre dans l'atelier d’Hélène Milakis pour constater la diversité et la profusion de sa production: dessin, peinture, gravure, dans une grande diversité de supports, de techniques ou de formats, des plus amples aux plus atypiques, des miniatures au rouleau de dix mètres de long, frise de motifs animaux aux allures pariétales, jusqu’au multiples carnets qu'elle emplit de dessins, esquisses, peintures, qu’elle conçoit non comme croquis préparatoires mais comme oeuvres  à part entière, et qui pourraient tout à fait couvrir un vaste mur d’une salle d’exposition. A la modestie de format du carnet peut tout à fait répondre une œuvre créée sur l’endroit recouvert d’une grande affiche de cinéma ou de publicité, récupérée dans la rue ou le métro. Ce n’est ici pas tant le support qui prend sens - comme bien sur chez Villeglé par exemple-, que la texture lisse de l’affiche, sur laquelle glisse le pinceau et sous laquelle on devine l'épaisseur des affiches, comme une sorte de palimpseste (écho à ce mystère du dessous, que l’on retrouvera, avec ses ajouts de papiers comme des masques, sur certaines de ses oeuvres).

 

Immédiatement, on reconnaît, dans cette production foisonnante, la marque de ce qui fait l’essence même d' “être artiste”, cette volonté de travailler un sujet jusqu’à exténuation, cette inextinguible soif d'expérimentation et de recherche, par delà le style, l’univers que l’artiste se construit, et la reconnaissance, y compris formelle, que l’on peut en faire.

 

S’il fallait replacer la peinture d’Hélène Milakis dans un contexte, une lignée artistique, Der blaue Reiter s’impose d’abord à l'esprit, en raison des chevaux bleus de Franz Marc, sans doute. Mais il serait réducteur de s’en tenir à cette filiation. car si, comme Marc, l’artiste tend à occulter la représentation humaine au profit de l’animal, et que s’y retrouve aussi cette sorte de simplicité formelle et chromatique, elle n’ attribue pas pour autant, comme le fit l'artiste allemand, quelque vertu que ce soit à l’animal, qui répond ici, on le verra à d'autres enjeux symboliques. 

C’est donc plutôt du côté du néo-expressionnisme d’un Baselitz ou d’un Lüpertz qu’il conviendrait de regarder, dans cette manière, parfois, de représenter les corps, de cadrer ses compositions, dans le choix d’un chromatisme sourd, dans une intention plus proche de la sensation, de l’atmosphère, que d'une quelconque vérité. Il s'en faut cependant que la peinture d’Hélène Milakis en soit une simple réappropriation contemporaine. Et elle sait prendre la bonne distance de toute communauté picturale.


 

Lieux d'êtres  2020, acrylique et collage sur toile 27x35 cm

Lieux d'êtres 2020, acrylique et collage sur toile 27x35 cm

Etre là et disparaître

Celui dont les yeux brillent dans la nuit (1)


A l’acrylique rehaussée de craie, de fusain ou de sanguine, une de ses premières séries , “Sommeil profond” (2004-2008), donnait à voir des oeuvres où le blanc - la lumière?- domine, présentant des corps entre gisants et décorporation, esquissés comme en apesanteur, des visages émergeant parfois de la peinture dans la transparence des blancs rosés, d’où affleure parfois un rouge sanguin, reste de vie.

Cette question, ce fait,  de la présence, de l'être-là, et de la disparition nourriront dès lors la peinture et les intentions de Milakis.

 


Lorsqu’en 2012 Hélène Milakis entreprend de dresser des “Portraits de famille”, ce sont d’abord des portraits de groupes, dans lesquels humains et animaux - des chiens, compagnons de l’humain par excellence- semblent nous regarder dans le silence. Pourtant très vite, les visages et les corps s'effacent, au point de ne devenir que contours, silhouettes ou aplats, et peu à peu, les familles canines se substituent aux familles humaines. L’humain, relégué au second plan, s’épuise dans l’ombre, figures déchirées ou recouvertes de ces fameux papiers collés qu’elle utilise comme ajout ou masque, nous y reviendrons. La tête du chien se fait plus précise que la nôtre...Curieusement, pour l’artiste, cet effacement progressif de la figure humaine n’est pas pressentie comme une noirceur, les prémisses ou l’expression d’une angoisse, mais au contraire comme un soulagement, comme si elle se délestait de quelque chose. Le poids de l’être-là...La série "De l'autre côté” (2015),  dans laquelle même les animaux semblent disparaître dans une épaisse forêt picturale, confirme cette inclination à l’effacement. Plus tard, la série “Dead end”, qui affermit le goût de l’artiste pour les aplats noirs, offre, à la frontière de l’abstraction, ou, selon la leçon du néo-expressionnisme, cette figuration qui connait l’abstraction, des formes juste identifiables, renvoyant à une représentation de l’ordre de l’image furtive, de la sensation, paradoxalement à la fois dans le flou et fixé. Etre-là et disparaître…

Et donc avec le temps, voici la figure humaine disparaissant des tableaux de Milakis, au profit d’une figure animale devenant récurrente.

 


Représenter l’animal, dans l’art n’a a priori rien de novateur. Le chien, comme le cheval, font d’ailleurs partie des animaux les plus couramment représentés dans l’Histoire de l’Art et l’art contemporain continue de s’en emparer souvent. De Koons à Cattelan, de Huang Yong Ping à Velickovic, jusqu’à la folle expérience de “Devenir cheval” de Marion Laval-Jeantet (Art Orienté Objet), chiens et chevaux font partie d’un bestiaire usité.

Souvent, il s’agit d’en faire un symbole, un médium d’une dénonciation critique de la société ou d’un moment de l’Histoire. Pour d’autres, l’animal est une occasion décorative, voire humoristique, d'une intention soulignant les concordances entre l’homme et les autres animaux. Pour d’autres encore, de manière plus sérieuse, il s’agit de pointer l’humaine animalité, ou l’animalité humaine, ou encore d’interroger le spécisme, les rapports de domination utilitariste de l’animal ou l’impact anthropocène. Rien de tout cela ne prévaut vraiment dans les intentions de Milakis. De son propre aveu, bien que soucieuse de ces questions - comme nous le sommes tous aujourd’hui - l’écologie et le rapport de l’homme à l'animal ne sont pas au centre de ses préoccupations artistiques. 

 

Il faut donc chercher ailleurs les indices de cette présence animale quasi exclusive dans son corpus pictural, de cette “résistance” à la figure humaine et de la récurrence de ces animaux.

Il y aurait bien l’anecdote de cette rencontre fortuite et presque fantasmatique, avec cette meute de chiens sauvages, quelque part au nord de l’Argentine, dans la province de Jujuy. C'est de là, dit-elle, que naîtra le début de sa longue série des "Chiens errants” (à partir de 2010). 

Il y aurait bien aussi cette tentation tirée de l’étymologie, que ne renierait pas un amateur de jeux de mots signifiants et autres glissements sémantiques (Freud ou Lacan en tête), d’analyser ce qui inspire l’artiste comme une réponse cynique -au sens propre- à ses interrogations ontologiques. En effet, quand on parcourt l'œuvre de Milakis, on ne peut qu’être frappé par ce doute, cette hésitation qui le surplombe, à propos d’un “statut de l’humain” qu’on ne saurait définir, essentiellement. “Je cherche un homme”, clamait Diogène de Sinope, parcourant les rues d’Athènes, sa lanterne brandie en plein jour sous le visage des passants. A l’instar du “chien céleste” (2), il n’est pas impossible qu’Hélène Milakis souscrive à ce mystère. Cela expliquerait, dans le même temps, cette pléthore de chiens et de chevaux sans cesse à nouveau représentés, comme si, avec Diogène, elle voyait bien “le cheval, et non la caballéité” ou encore comme si, se soumettant à l’infortune du concret, il lui fallait soit effacer soit représenter sans cesse ce qui existe (Dasein) à défaut de ce qui est (les grecs diraient ‘To ti esti”)

 


Cette hypothèse, pourtant, si elle esquisse un univers, ne suffit sans doute pas encore à élucider cette massive présence animale dans l'imaginaire de Milakis. Dans ce parcours d’indices, ce jeu de mystères, il reste encore à parier sur la dimension symbolique de l’animal, et de profondes réminiscences, qui s'étendent bien au-delà de la simple métaphore.

 


Si sa symbolique est riche et multiple, le chien possède, dans de nombreuses cultures, en Egypte, en Amérique du Sud, en Afrique subsaharienne comme en Orient un rôle de messager entre l’au-delà et le monde des vivants, mais aussi de protecteur et de passeur. Dans la culture mexicaine ancienne, les chiens étaient le plus souvent sacrifiés à la mort de leur maître, car eux seuls avaient le pouvoir d'accompagner le défunt à l'image de Xolotl, le Dieu-chien, afin d’aider à franchir les neuf fleuves qui séparent le défunt de Chocomemictlan, le royaume des morts. Le chien représente donc le psychopompe par excellence, c'est-à-dire, guide des âmes au bout de la nuit... Dans le panthéon grec, le chien participe à cet univers chtonien, porteur et portier d’un passage vers les mondes souterrains, ce qui implique aussi quelque chose de l’ordre de la renaissance, d’un lien entre les mondes. 

Les chiens parfois errants d’Hélène Milakis, nous regardent, nous invitent, se détachant d’un fond sombre presque monochrome si ce n'étaient des formes distinguées dans la pénombre et ici, là, un trait de lumière - le papier déchiré comme un voile-, une couleur acide comme un réveil.

Et puis, à partir de 2016, apparaît un autre animal, le cheval, représenté le plus souvent de manière frontale, sans mouvement, calme et serein, grave et silencieux. 

Il est probablement l’animal le plus représenté dans l’Histoire de l’art, de l'art pariétal à Byzance, de l'Egypte à Vinci, de David à l’art contemporain. Le portrait équestre, dès le 16ème siècle, constitue même un genre en soi. 

 

Comme le chien, le cheval occupe souvent, dans les mythologies et cultures anciennes, une fonction de psychopompe et se déploie depuis toujours autour de lui un riche imaginaire, questionnant notamment la dualité de force et de raison, d'instinct et d’intelligence, dont la figure du centaure réalise la synthèse.

Il ne paraît donc pas hors de propos d’hypostasier que la présence massive, tant formellement qu'en nombre, de ces animaux dans la peinture de Milakis puisse constituer l’expression métaphorique ou symbolique de ce qui draine et nourrit son oeuvre et sa réflexion, cette question lancinante de la présence, de la disparition, de l’absence, et de la concordance des mondes.


 

Lieux d'êtres 2020, acrylique et collage sur toile 27x35 cm

Lieux d'êtres 2020, acrylique et collage sur toile 27x35 cm

Papier déchiré, papier collé

Un trait de lumière tout contre le secret du masque


D’autres éléments, d’abord plastiques, viennent attester de ce souci récurrent. Ainsi, la technique de collage dont l’artiste fait usage de manière régulière bien que non systématique dans la composition de ses œuvres.  

Ce rajout de papier sur la toile s’avère parfois peu visible au premier regard, caché sous la peinture. Parfois au contraire, la déchirure du papier collé ponctue la composition, comme une zébrure de lumière dans un ensemble chromatique souvent sombre, ou encore, le collage se fait manifeste, produisant par la superposition un volume inattendu dans la toile. Le papier, posé sur la tête ou le visage, devient alors comme un masque sur les représentations figurées, redoublant cette sensation de mystère qui entoure les toiles de Milakis. 

 

Bien sûr, le masque constitue une thématique filant toute l’Histoire de l’Art. Il est souvent, comme chez Goya, la marque des faiblesses et cruautés humaines, le symbole, comme chez Ensor par exemple, de la mascarade sociale. Délaissant cette dimension critique, Hélène Milakis recouvre ce que l’on ne verra pas d’une autre figure, jouant plutôt de la fonction autant négatrice que créatrice d'identité du masque, poursuivant cette quête-enquête du mystère de l’être, dans cette permanente dialectique entre montrer et dissimuler. Et puis ce masque de papier, redoublement de la figure en même temps que son effacement ne peut que faire écho à son usage chamanique. Le masque, objet transitionnel,  n’est-il pas alors comme un écran interposé entre deux mondes, matérialisation ou extériorisation des forces présentes, mouvantes et agissantes dans la nature? Outil d'anonymat universellement usité, ouvrant à une "métaphysique de la présence", le masque, au delà de sa présence sensible, opère en médiateur spirituel par lequel celui qui le porte - homme ou animal, se désincarne pour incarner “autre chose”. Au Japon, on dit que le masque que l’on pose, qui n'est pas porté, est "terasu", “ en sommeil ”(3). Ceux que Milakis colle sur ses figures, eux, sont  “vivants”, et c’est là que s’incarne vraiment le mystère de la continuité des deux mondes.


 

Des tableaux de rêve

Dans les profondeurs de la réminiscence


 

Sans être non plus monadique, ce qui interdirait probablement toute communication émotionnelle, la peinture d'Hélène Milakis est, ou était jusqu'il y a peu, une peinture “intérieure”, explorant essentiellement une vie intérieure plutôt que le monde, d’une certaine manière. Une peinture qui parle d’un monde du dedans, de l'occupation intime à se tenir au bord des deux mondes, celui de l'être, celui de l’absence. C’est sans doute la raison pour laquelle la notion de trace, d'empreinte, et donc de double, importe tant à l’artiste.. Ainsi emploie-t-elle souvent cette technique proche du monotype consistant à  peindre un motif sur un support pour venir l'imprimer, le dupliquer sur un autre, créant ainsi une image et son double, une figure et sa trace, un être et un autre ( “une autre histoire”, 2020).


 

Bien que dans sa pratique, la notion de mouvement, en tant que geste, geste pictural, physique, de la main et du pinceau sur la toile, compte, la peinture de Milakis en elle même ancre ses représentations dans un contexte perceptif suspensif: aucun élément n’indique de temps ou de lieu défini, ni non plus quelque espace fictionnel déterminé. Autrement dit, de manière générale, nous ne savons jamais ni où ni quand, ni dans quelle histoire se situent les œuvres que nous voyons, que n’entrent dans aucun schéma narratif clair. 

 

Ce sont des tableaux, presque au sens théâtral du terme, c’est-à-dire des scènes capturées, dans un décor donné, qui sans connaissance du contexte, ne donnent que peu d'indices hors du tableau lui-même. Le contraire du coup de théâtre selon Diderot (4), un état des lieux - des "lieux d’être”, dirait Hélène - un arrêt sur image ou encore, une manière d’aborder la scène qui nous fait écho aux “Rêves reconstitués” d’Edouard Levé (5). Dans cette série photographique, Edouard Levé avait demandé à ses proches de rejouer le plus fidèlement possible des scènes de ses propres rêves  afin d’empêcher leur évanescence naturelle. Cela donnait d'étranges images d'actions comme figées dans un espace-temps indéfini, comme souvent d'ailleurs le sont les images de rêves. Il y a un peu de cela dans les peintures de Milakis, quelque chose de l’ordre de l’image onirique - rêve ou cauchemar, d'ailleurs- flottant hors du temps et de l'espace conventionnels, hors de toute narration linéaire, un pur “moment” imaginaire, une durée décomposée, les fragments d’un temps discontinu.

 

Ici, rêve et souvenir se construisent et se maintiennent sur la toile de la même manière que présent et passé peuvent se superposer dans nos consciences et nos imaginaires. Hélène Milakis fait souvent référence au film de Carlos Saura, “Cria Cuervos” (6), dont l’univers peut éclairer celui de l’artiste, ou comment la force de la représentation - ces animaux, ces corps puissamment présents sur sa toile, hantés, dans leur présence même- , et  les images du monde réel se fichent dans le monde imaginaire, comme autant de rémanences, brouillant entre eux les limites. Entre rêve, vision et réalité, sans frontière, sans règles et sans échelle de valeur, avec toute la puissance de son imaginaire, Hélène Milakis nous fait ainsi pénétrer dans son monde intérieur, grondant dans le silence.


 

Du souvenir au “ressouvenir”, il n’y a qu'une plongée dans les profondeurs de l’âme que l’artiste, sans en avoir toujours la claire conscience, laisse ressurgir à la surface de ses toiles. Souvent dit-elle, il s ‘agit de se laisser porter par ce qui advient, de se laisser guider par cette inspiration, ce surgissement des images, qu’elle ne maîtrise pas toujours. Ainsi subsiste-t-il toujours un mystère indépassable, s’il n’était que, comme le souffle Platon par la voix de Socrate, le mystère des formes qu’elle peint ne soit que l’éveil d’images latentes qu’elle porte en elle, depuis toujours et au-delà.

 

« Ainsi, immortelle et maintes fois renaissante l’âme a tout vu, tant ici-bas que dans l’Hadès, et il n’est rien qu’elle n’ait appris ; aussi n’y a-t-il rien d’étonnant à ce que, sur la vertu et sur le reste, elle soit capable de se ressouvenir de ce qu’elle a su antérieurement. » (7)

 

Peut-être a-t-elle déjà vu la force tranquille de l’animal, la beauté antique des statues grecques et la puissance mythique du Minotaure, elle, que les origines ancrent dans ce pays, cette histoire, cette culture, sans y avoir jamais vraiment vécu. D’où lui viendrait sinon le surgissement du Taureau de Minos dans la bien-nommée série “Une autre histoire”(2018), ces paysages de ruines antiques qui peuplent ses fonds de tableaux, et dont le sens dépasse probablement le simple clin d’oeil à la tradition picturale ruiniste, ou encore ces corps masculins, tronqués de leur tête, que l'on retrouve dans son oeuvre de manière récurrente, massifs et mystérieux, rouge comme une argile ou un corps irrigué, vivant donc mais évoquant sans ambiguïté quelque chose de la statuaire grecque? 

La réminiscence, puisque c’est à cette hypothèse que nous souscrivons ici: une séduisante conjecture qui ne trouble pas tant le besoin de croire en la magie, et en la profonde poésie de l'inspiration.

Dès regards 2021, acrylique sur toile 27x35cm

Dès regards 2021, acrylique sur toile 27x35cm

Au hasard du destin

La sensation du paysage 


Récemment, pendant la pandémie, Hélène Milakis a entrepris un virage significatif dans son travail.

Cela commence avec la redécouverte d'une photo de sa sœur, enfant, et, sans qu’elle sache vraiment pourquoi, ce cliché sorti du tiroir et ressurgi du passé agit comme un déclic.

Dès lors, l’artiste réintroduit la figure humaine dans son travail, au travers de cette image de petite fille, toujours positionnée de la même manière, de trois quart, tenant dans ses mains  un oiseau au destin tragique, comme une sorte d’Anankè moderne (8), et qui constitue peut-être, a posteriori, une des clés du travail de Milakis....Plus tard, dans cette série intitulée “lieux d’êtres”, l’oiseau disparaît parfois, mais autre chose surgit...


 

Car, sans autre transition, l’artiste ouvre sa gamme chromatique à une palette de verts et de bleus peu usités jusqu’alors. Depuis toujours, elle avait privilégié une palette qu’elle définit elle-même comme sommaire, composée de tons rompus ou rabattus de noir, avec parfois une pointe acide. Cette échappée chromatique semble symboliquement signaler une ouverture plus globale de sa peinture vers un extérieur nouveau.

Sans arguer d’une peinture de plein air, on en est loin, Hélène Milakis semble ouvrir portes et fenêtres, offrir et s'offrir une forme de respiration et une sensation nouvelle, quelque chose comme une sensation de paysage. 


 

Ce faisant, la peinture à venir d’Hélène Milakis pourrait alors prendre le parti d’une réconciliation, de la pose et du mouvement, des figures humaines et animales, du dedans et du dehors, du mystère et du réel, du passé et du présent, de la tragédie et du bonheur.

 

(1)Selon le linguiste Albert Joris Van de Windekens, le mot “chien” prendrait une de ses origines dans l'idiome indo-européen Keu, qui signifie “luire, briller”  -Langue, dialecte, littérature. Études romanes à la mémoire de H. Plomteux, Leuven, Leuven Univ. Pr., 1983, pp. 455-458.

(2) Comme le nommait Kerkides de Megalopolis dans ses Poésies Mimiambes ( III av.JC)

(3) D'après Erhard Stiefel, in "Rencontre avec Erhard Stiefel et Ariane Mnouchkine" - Entretien réalisé par Béatrice Picon-Vallin, au Théâtre du Soleil, le 29 février 2004.

(4) Denis Diderot - Entretiens sur le Flls naturel (1757)

(5) Edouard Levé - Artiste plasticien et écrivain français, 1965-2007

(6) Cria Cuervos, réalisé par le réalisateur espagnol Carlos Saura, en 1976, avec Géraldine Chaplin et Ana Torrent

(7) - Platon dans Ménon, 81b

(8) - Dans la mythologie grecque, la déesse Ananké est à la fois un concept et la personnification de la destinée, de la nécessité inaltérable et de la fatalité.

LIEUX D' ETRES

Exposition du 22 au 30 octobre 2021 De 12h à 19h sauf le lundi

Présence de l’artiste les 23, 24 et 30 octobre 2

2, rue du Cloître Saint-Merri, 75004 Paris

06 20 15 67 22

 

Vernissage et signature à l’occasion de la sortie de la monographie Lieux dEtres le samedi 23 octobre de 18h à 21h

 Un grand merci à Stéphane Boulin, pour sa passion de l'art et des artistes, et sa générosité.

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20 mai 2020 3 20 /05 /mai /2020 13:25
Autant en emporte le fil – Photos, collages, illustrations, broderies sur tissu – 260 x 180 cm – 2020 – Courtesy l'artiste (Présenté au cinéma Le Concorde)

Autant en emporte le fil – Photos, collages, illustrations, broderies sur tissu – 260 x 180 cm – 2020 – Courtesy l'artiste (Présenté au cinéma Le Concorde)

Sylvie KAPTUR-GINTZ

Autant en emporte le fil – Photos, collages, illustrations, broderies sur tissu – 260 x 180 cm – 2020 – Courtesy l'artiste (Présenté au cinéma Le Concorde)

 

Réalisée spécialement pour «Touriste!», et présentée dans le Hall du cinéma Le Concorde le temps de l'exposition, cette œuvre de Sylvie Kaptur-Gintz mêle broderies, et images de films tournés en de célèbres lieux. Certains de ces lieux ont été choisis par les cinéastes pour leur dimension touristique et immédiatement reconnaissable par les spectateurs, d'autres sont devenus célèbres grâce aux films qui y ont été tournés. Cinéma et tourisme font bon ménage depuis longtemps: ainsi le «ciné-tourisme», très en vogue depuis quelques décennies, désigne le déplacement touristique principalement motivé par l'objectif de retrouver les lieux ayant servi aux tournages. Outre la simple renommée, les retombées économiques de ce tourisme sont loin d'être négligeables engageant au contraire de nombreux enjeux financiers mais aussi, par l'effet de masse, des enjeux de préservation et d'écologie. Ainsi tandis que la Nouvelle Zélande se réjouit de recevoir les fans du Seigneur des Anneaux, que les habitants de certains villages du Sud de la Tunisie ont pris l'habitude de recevoir ceux de Star Wars, les autorités thaïlandaises ont fini par interdire l'accès à la plage où Danny Boyle filma Leonardo di Caprio...

Dans «Autant en emporte le fil» -clin d'oeil au film hollywoodien – Sylvie Kaptur Gintz a choisi de privilégier les lieux qui marquent le parcours de sa cinéphilie, un album de souvenirs de films et de voyages, à la fois intime et public: L'Alhambra de Grenade, L'Acropole (Zorba le grec), Venise ( Vacances à Venise), le «Jardin des Dieux» dans le Colorado ( La prisonnière du désert, Thelma et Louise) ou encore le Tori de Miyajima...Mosaïque d'images et broderies au point serré, comme une nébuleuse mémoire, cette œuvre nous embarque dans un délicat voyage cinématographique.

 

TOURISTE! Visite guidée 27...Outdoor avec Sylvie Kaptur-Gintz

Dans «Autant en emporte le fil» -clin d'oeil au film hollywoodien – Sylvie Kaptur Gintz a choisi de privilégier les lieux qui marquent le parcours de sa cinéphilie, un album de souvenirs de films et de voyages, à la fois intime et public: L'Alhambra de Grenade, L'Acropole (Zorba le grec), Venise ( Vacances à Venise), le «Jardin des Dieux» dans le Colorado ( La prisonnière du désert, Thelma et Louise) ou encore le Tori de Miyajima...Mosaïque d'images et broderies au point serré, comme une nébuleuse mémoire, cette œuvre nous embarque dans un délicat voyage cinématographique.

TOURISTE! Visite guidée 27...Outdoor avec Sylvie Kaptur-Gintz

L'oeuvre de Sylvie Kaptur Gintz est une oeuvre subtile, délicate et inspirée, aux confins de l'art et de l'artisanat, dans le lent et minutieux travail du fil, de la broderie, nourrissant en profondeur ses et nos errances les plus sensibles : l'histoire, toujours, la mémoire, ce qu'on vit, ce qui reste, ce qu'on garde, ce qui marque...des mots, des visages, des motifs. Chacune de ses oeuvres, l’artiste la veut emprunte de mémoire, saturée d’émotion vive, nourrie du sens aigue de l’altérité et de la transmission que Sylvie Kaptur-Gintz porte en elle depuis toujours.

Alors elle se saisit du fil, des tissus, des aiguilles, et s’approprie et transforme en gestes artistiques contemporains les gestes des « petites mains », de ses ascendants, tailleurs, maroquiniers, passant comme eux, avec eux, des heures dans sa maison-atelier à couper, coudre ou broder…Ces gestes, dit-elle encore, « je ne les ai pas appris, je les utilise d’une main malhabile », mais la transmission de ce vocabulaire, le souci de préserver et de nourrir le fil des filiations et des transmissions, d’une histoire, sont devenus la trame même de son travail.

Née à Paris en 1958 , Sylvie Kaptur-Gintz vit et travaille à Colombes, dans la banlieue parisienne.

 

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19 mai 2020 2 19 /05 /mai /2020 12:01
Emporter le paysage - Photographie, tirage sur papier affiche– 250 x 150 - 2012- Copyright Catherine Burki ( Présenté à l'Atalante)

Emporter le paysage - Photographie, tirage sur papier affiche– 250 x 150 - 2012- Copyright Catherine Burki ( Présenté à l'Atalante)

La seconde oeuvre formant le "dyptique" "Emporter le paysage", de Catherine Burki, était présentée dans le hall de la salle de spectacle l'Atalante. 

On remercie Christian et Jérôme, pour leur précieux travail de montage!

Et on espère pouvoir montrer à nouveau cette oeuvre bientôt...

TOURISTE! Visite guidée 26 - Outdoor...avec Catherine Burki

Catherine BURKI

Emporter le paysage - Photographie, tirage sur papier affiche– 250 x 150 - 2012- Copyright Catherine Burki ( Présenté à l'Atalante)

 

Qu'allons- nous chercher dans le voyage et surtout que remportons-nous avec nous ?

Autre façon d'emporter avec soi le paysage, le marquer sur son corps. Sur le dos d'Ivan, un palmier comme inscrit sur sa peau de vacancier, marque pour un temps son lien intime avec ce paysage étranger qu'il ramène avec lui, insolite souvenir de voyage.

TOURISTE! Visite guidée 26 - Outdoor...avec Catherine Burki

Les deux œuvres composant «Emporter le paysage» sont un peu à part dans le corpus d'oeuvres de Catherine Burki. Avec le dessin comme médium privilégié, son travail s'inspire entre autres du livre de la biologiste américaine Rachel Carson, «Printemps Silencieux», ouvrage qui, il y a plus de cinquante ans, alertait déjà sur ce qui est devenu aujourd'hui une urgence écologique. L' artiste entretient avec la nature une relation faite d'émotions, de retenues, de passions, et de questions, avec une fascination, une attention respectueuse pour le vivant et les formes que prend la vie. Renouer avec la nature, dans tout ce qu'elle est, y compris l'insignifiant, le minuscule, le presque rien, contribuer à une forme de réenchantement du monde, tels sont les desseins de Catherine Burki. Par son incessante et perspicace attention à son milieu, par sa volonté d'en partager la sensibilité, au travers de ses résidences, rencontres et projets collectifs, dans une simplicité de moyens, qu'il s'agisse de dessin, de peinture ou d'installation, Catherine Burki nous rappelle œuvre après oeuvre que «la terre que (nous foulons) n'est pas une masse inerte et morte» (H.D Thoreau) et contribue à l'élucidation d'une nouvelle écologie.

Née en 1976, Catherine Burki vit et travaille à Marseille, France

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18 mai 2020 1 18 /05 /mai /2020 15:35
Emporter le paysage - Cartons découpés, lumières - Dimensions variables – 2012 – Courtesy l'artiste

Emporter le paysage - Cartons découpés, lumières - Dimensions variables – 2012 – Courtesy l'artiste

Eh bien! Nous arrivons à la fin de la visite "virtuelle de l'exposition "Touriste!", prématurément disparue du fait d'une pandémie mondiale..une première...L'exposition ne rouvrira pas ses portes comme je l'avais appelé de mes voeux...Son rayonnement aura donc été plus que confidentiel..."Heureusement", il reste le catalogue, que l'on peut me demander

Une suite est prévue, où l'on retrouvera pour partie les oeuvres présentées ici ainsi que d'autres oeuvres et d'autres artistes; Cela s'appellera "Le Grand Tour" et sera visible à partir du 7 novembre à H2M , à Bourg-en-Bresse...

En attendant, découvrons ensemble la belle installation de Catherine Bürki, "Emporter le paysage", un très joli titre...

Il reste en outre 2 oeuvres à présenter: une seconde oeuvre de Catherine Burki qui avait été présentée à la salle de spectacle l'Atalante, fermée aussi bien sûr, ainsi que l' oeuvre de Sylvie Kaptur-Gintz, présentée au cinéma Le Concorde, qui 'n'est pas resté plus ouvert. Reste encore l'oeuvre finalement inédite de ZEVS, que j'espère pouvoir présenter en "première mondiale" à H2M cet automne...So long!

TOURISTE! Viste guidée 25  - Emporter le paysage... avec Catherine Burki

Catherine BURKI

Emporter le paysage - Cartons découpés, lumières - Dimensions variables – 2012 – Courtesy l'artiste

 

Avec une économie de moyen, quelques cartons et un peu de lumière, Catherine Burki donne à voir, avec l'installation «Emporter le paysage», l'expression d'une interrogation poétique sur le voyage. Qu'allons- nous chercher dans le voyage et surtout que remportons-nous avec nous ? Dans ces cartons venus du Vietnam, découpés de motifs propices au souvenir d'un voyage exotique, que reste-t-il? L'oeuvre garde ce mystère propre à cet attrait du lointain et matérialise en quelque sorte la dimension intangible du «vécu» ailleurs, de l'expérience exogène, sinon exotique, et d'un autre paysage, devenu mental.

TOURISTE! Viste guidée 25  - Emporter le paysage... avec Catherine Burki

Les deux œuvres composant «Emporter le paysage» sont un peu à part dans le corpus d'oeuvres de Catherine Burki. Avec le dessin comme médium privilégié, son travail s'inspire entre autres du livre de la biologiste américaine Rachel Carson, «Printemps Silencieux», ouvrage qui, il y a plus de cinquante ans, alertait déjà sur ce qui est devenu aujourd'hui une urgence écologique. L' artiste entretient avec la nature une relation faite d'émotions, de retenues, de passions, et de questions, avec une fascination, une attention respectueuse pour le vivant et les formes que prend la vie. Renouer avec la nature, dans tout ce qu'elle est, y compris l'insignifiant, le minuscule, le presque rien, contribuer à une forme de réenchantement du monde, tels sont les desseins de Catherine Burki. Par son incessante et perspicace attention à son milieu, par sa volonté d'en partager la sensibilité, au travers de ses résidences, rencontres et projets collectifs, dans une simplicité de moyens, qu'il s'agisse de dessin, de peinture ou d'installation, Catherine Burki nous rappelle œuvre après oeuvre que «la terre que (nous foulons) n'est pas une masse inerte et morte» (H.D Thoreau) et contribue à l'élucidation d'une nouvelle écologie.

 

Née en 1976, Catherine Burki vit et travaille à Marseille, France

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12 mai 2020 2 12 /05 /mai /2020 15:23
Série Le dernier soleil – Aquarelles sur papier – Dimensions variables – 2016 – 2020 – Courtesy l'artiste

Série Le dernier soleil – Aquarelles sur papier – Dimensions variables – 2016 – 2020 – Courtesy l'artiste

Peut-être passerons nous l'été privés de la vision enchanteresse d'un beau coucher de soleil sur la mer...un été impossible, en quelque sorte.

Avant même la pandémie, l'oeuvre d' Emmanuel Régent pouvait déjà amener à une réflexion sur la "mythologie" esthétique du coucher de soleil, dans l'histoire de l'art mais aussi dans l'histoire de nos vacances réelles ou fantasmées - nos mythologies personnelles-, aux prises avec l'accidentelle et inaccessible beauté de l'essentiel.

TOURISTE! Visite guidée 24 - Emporter le paysage...avec Emmanuel Régent

Emmanuel REGENT

Série Le dernier soleil – Aquarelles sur papier – Dimensions varaibles – 2016 – 2020 – Courtesy l'artiste

Un beau coucher de soleil sur la Méditerranée est probablement un imparable argument pour un touriste en villégiature sur la Côte d'Azur. Emmanuel Régent, lui, vit et travaille face à ce paysage de carte postale, qui, d'éternelle source d'émerveillement, est aussi devenu source d'inspiration et de travail. S'engageant dans la tradition picturaliste de la peinture de motif, comme aurait pu le faire Turner ou un impressionniste, il s'installe face à l'Ouest, sur la terrasse de son atelier dominant la rade de Villefranche-sur-Mer, et durant une heure ou deux, peint de la manière la plus classique qui soit, à l'aquarelle, ses visions du soleil couchant. «Je travaille les teintes du ciel sans aucun détail, sans aucun autre motif ajouté aux variations de la couleur», dit-il. Il se confronte ainsi non seulement à un sujet récurrent dans l'histoire de l'art mais aussi et surtout à l'un des clichés populaires les plus éculés. Peut-on faire autre chose qu'un cliché de carte postale, ou qu'une aquarelle du dimanche, d'un millionième couché de soleil sur la Méditerranée? Dans le même temps, les clichés ont toujours une raison d'être, et il n'y a probablement rien de plus beau que cette vision chaque soir renouvelée. Il faut alors se confronter à l'insaisissable splendeur de ce paysage, de ce perpétuel «dernier soleil» du jour, dont l'essence échappera toujours, impossible.

Vaine tentative, défi perdu d'avance que manifeste le geste de l'artiste qui, le lendemain, choisit la plus belle des aquarelles de la veille et la déchire en morceau, comme un aveu d'échec, de l'artiste lui même, comme de l'art, à restituer l'indicible. « Déchirée », dit l'artiste, « dispersée et jetée au vent telle une lettre d'amour impossible.»

 

TOURISTE! Visite guidée 24 - Emporter le paysage...avec Emmanuel Régent

Cette déchirure, et les fragments qui en résultent peuvent être appréhendés comme «la marque de l'artiste, qui préfère le vide au plein, l'absence à la présence, l'effacement à l'affirmation». (P. Scemama) Connu pour ses impressionnants dessins au feutre noir, au rendu lacunaire (files d’attente, rochers de bord de mer, vestiges archéologiques ou villes en ruines...), faits de milliers de hachures et laissant une large place au blanc et à la réserve, Emmanuel Régent produit une oeuvre dans lequel le retrait prévaut toujours sur sur l'ajout, de ses «Nébuleuses»,, toiles poncées révélant la couleur sous le noir, jusqu'à ces fragments d'épaves -proches formellement de ses aquarelles de soleil- qu'il remonte du fond de la Méditerranée et expose sans y toucher. Dans un processus de révélation, d'apparition, mais aussi d'effacement, d'attente et de manque, son œuvre porte une dimension à la fois romantique et fragile. “J’essaie de construire des échappatoires, d’organiser des fuites, d’ouvrir des sorties par le blanc du papier, de construire des espaces de suppositions, de divagations, d‘égarements…”

Diplômé de l’École nationale supérieure des beaux-arts de Paris en 2001, Emmanuel Régent est lauréat en 2009 du Prix Découverte des Amis du Palais de Tokyo. Il expose régulièrement en France et à l'étranger.

Né en 1973 à Nice, il vit et travaille entre Villefranche-sur-Mer et Paris.

TOURISTE! Visite guidée 24 - Emporter le paysage...avec Emmanuel Régent

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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 16:13
Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

Dernière salle, et étape, de l'exposition, que j'ai baptisé ici "Emporter le paysage", à l'instar de l'installation de Catherine Burki, présentée bientôt.

Ici, l'installation de Pauline Bastard ma semblé très intéressante, avec cette sorte de bricolage en trompe l'oeil ou en attrape touriste, qui met en scène le mythe des images de retour de vacances, ou ce que l'on emporte avec soi du paysage...accéléré par l'instantanéité des photos et des réseaux sociaux.

Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

Pauline BASTARD

Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

 

Quoi de plus magique, quelle photo plus « instagramable » et plus désirable peut-on espérer ramener de ses voyages qu'un beau coucher de soleil, sur une plage de rêve, au sommet d'une montagne mythique ou d'un incontournable monument ? En apercevant de loin l'installation de Pauline Bastard, on pense à ce moment opportun où on aura eu la chance de s'approprier, puis de partager non seulement la beauté du moment mais aussi...la preuve qu'on y était!

Mais «Sunset» est un piège. Un piège à touriste. A y regarder de plus près, le coucher de soleil tant convoité n'est qu'un effet spécial, un «trucage de pacotille»: un bout de celluloid, un sac plastique et un ventilateur génèrent l'illusion, du moins le croit on... Par cette installation presque minimaliste, Pauline Bastard interroge notre rapport à l’image comme outil de communication en la détournant de son sens tout comme elle détourne les objets de leur fonction première. De façon décalée et poétique, mais aussi avec humour et une pointe d'ironie, Pauline Bastard interroge ainsi nos représentations, la question du pittoresque, mais aussi notre imagination, nos attentes, nos désirs. Le piège du coucher de soleil, c'est la désirabilité d'une image, comme gage d'un voyage réussi, dans lequel nous tombons tous. Car tous nous voulons emporter avec nous ce moment, pourtant si banal (le soleil se « couche » tous les jours!), où le regard rivé sur l'horizon, enfin contemplatif, on se réjouit de l'existence, et de la beauté du monde.

 

 

TOURISTE! Visite guidée 23 - Emporter le paysage...avec Pauline Bastard

Le travail protéiforme de Pauline Bastard mêle fiction et réalité et s’articule autour du quotidien pour créer un univers poétique, parfois empreint d’une certaine dérision. Elle crée des systèmes en utilisant des matériaux pauvres extraits du quotidien. Par son usage des images (papier, numérique, vidéo…) ou d'objets et outils ordinaires, Pauline Bastard interroge notre rapport à l’image comme outil de communication en la détournant de son sens tout comme elle détourne les objets de leur fonction première, faisant émerger un second degré qui lui est propre. Travaillant souvent en collaboration avec des scénaristes, anthropologues ou psychanalystes, l’artiste invente des situations et des univers qui mêlent réalité et fiction, comme dans le projet « Alex » (2014) ou encore « Timeshare » (2018), jouant avec l’imagination et les attentes des «regardeurs» qui deviennent de véritables champs d’exploration.

Née en 1982, Pauline Bastard vit et travaille à Paris.

The travelers – Vidéo, 14 mn – 2011 – Courtesy l'artiste

The travelers – Vidéo, 14 mn – 2011 – Courtesy l'artiste

The travelers – Vidéo, 14 mn – 2011 – Courtesy l'artiste

Dans la première salle de l'exposition, comme une prologue et une manière de boucler la boucle, se trouvait également cette vidéo de Pauline Bastard, présenatnt une série de cartes postales en loop.

Avec « The travelers », Pauline Bastard s'adonne à une autre expérience, également simple mais tout aussi parlante. Aux paysages de carte postale, au sens propre, défilant sur l'écran, sont ajoutés en sous-titres les textes rédigés par les expéditeurs. D'autant plus savoureux qu'ils se trouvent confrontés aux images idylliques, comme un sous-texte prosaïque plus ou moins édifiant et explicite, ils dévoilent l'irréductible hiatus entre rêve et réalité, entre illusion et banalité.

 

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4 mai 2020 1 04 /05 /mai /2020 15:44
L’inquiétude des jours heureux, (2 œuvres), Série Ecrans de veille - Impression sur toile, résine, paillettes, cadre  - 68x96 cm -  2018 - Production Labanque. Courtesy L'artiste & Galerie Praz-Delavallade Paris/Los Angeles. Credit Photo Pierre Ardouvin

L’inquiétude des jours heureux, (2 œuvres), Série Ecrans de veille - Impression sur toile, résine, paillettes, cadre - 68x96 cm - 2018 - Production Labanque. Courtesy L'artiste & Galerie Praz-Delavallade Paris/Los Angeles. Credit Photo Pierre Ardouvin

On aborde ici les dernières oeuvres de cette salle, avec les deux pièces de Pierre Ardouvin, issues de la série Ecrans de veille. Je dois dire que j'étais d'emblée fascinée par cette idée de matérialiser cette sorte de béance sous-jacente à toute sensation de bonheur et en particulier à la recherche forcenée du plaisir, fusse-t-il simple, pendant le temps des vacances, sorte d'"epokhe" bienfaisante au prix du silence de nos angoisses, de nos peurs, ou de nos drames...

Mais aujourd'hui, ces images parlent aussi autrement, de l'apparente placidité du paysage construit par dessus les menaces d'effondrement, plus manifestes que jamais.

TOURISTE! Visite guidée 22 - D(es)(é)rives ...avec Pierre Ardouvin

Pierre ARDOUVIN

L’inquiétude des jours heureux, (2 œuvres), Série Ecrans de veille - Impression sur toile, résine, paillettes, cadre - 68x96 cm - 2018 - Production Labanque. Courtesy L'artiste & Galerie Praz-Delavallade Paris/Los Angeles. Credit Photo Pierre Ardouvin

Il y a toujours une ombre qui plane, une béance souterraine sous les jours apparemment heureux. Au temps des vacances, parenthèse bénie pour ceux qui aspirent aux joies simples, on se rend au point de vue panoramique, on fait de la barque, en toute innocence, ignorant des abîmes. On emmène avec soi des souvenirs de carte postale.

La série des « Ecrans de veille » est un travail sur la mémoire, sur les souvenirs collectifs réels ou fictifs véhiculés par ces images de carte postale, liées à l’emergence du tourisme populaire, de la société des loisirs de masses, celle des stations balnéaires, du tourisme culturel et muséal.

Dans un processus de collage récurrent chez lui, Pierre Ardouvin associe les images, les retouche. Imprimées sur toile et recouvertes de résines finement pailletées, ces images ainsi liées forment un nouveau paysage désormais teinté d'étrangeté et inquiétude. Le monde qu'il convoque « met en lumière » dit-il, « la porosité de la démarcation entre fantaisies et cauchemars ». Des visions qui parasitent en profondeur la construction intimes et culturelles d'images idyllique de vacances sous la menace d'effondrement et de désillusion.

TOURISTE! Visite guidée 22 - D(es)(é)rives ...avec Pierre Ardouvin

Pierre Ardouvin produit une œuvre protéiforme, réalisant installations, sculptures, dessins, faisant appel de manière récurrente à l'assemblage et au collage. Sa démarche développe, depuis les années 90, une réflexion sur la culture et la société du spectacle, les « rites populaires » dans le contexte de l'industrie culturelle (dont les vacances et le tourisme font bien entendu partie), les rapports de classes et d'identité. S'appropriant souvent des objets du quotidien, il en interroge le sens, l'authenticité, à travers des opérations de recyclage ou de réassemblage, convoquant un imaginaire familier, irrigué par des souvenirs à la fois personnels et collectifs, proche de la culture populaire. Les matériaux synthétiques et kitsch qu'il emploie comme les animaux empaillés, les paysages de cartes postales, les mélodies et décorations populaires, prennent souvent pour référents les archétypes et représentations collectives du bonheur, de l'enfance, l'iconographie vernaculaire des loisirs, de la fête populaire. Son travail dévoile souvent la violence ou la mélancolie latente qui émane de ces représentations a priori inoffensives « C'est cette tension entre les formes de l'artifice populaire et leurs impacts psychiques qui électrise le travail de Pierre Ardouvin » (G. Desanges)

Pierre Ardouvin est né en 1955, il vit et travaille à Paris, France

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30 avril 2020 4 30 /04 /avril /2020 17:58
Publication du catalogue du Pavillon de l'Exil 03 - Escale à Saint-Louis!

Tout vient à point à qui sait attendre, dit-on , je crois! Et en ces temps de...confinement...recevoir les éditions numériques des trois éditions des trois escales du Pavillon de l'Exil (Paris (2016), Marseille (2017), et bien sûr Saint-Louis (2018)) est un plaisir!

On y retrouvera certains de mes textes, et puis une vision, un panorama, de la belle escale de Saint-Louis que j'ai eu le plaisir de curater avec mounir fatmi. 

Disponible sur Amazon / Kindle

PAvillon de l'Exil 01 - Paris

Pavillon de l'Exil 02 - Marseille

Pavillon de l'Exil 03 - Saint-Louis

Dans l'attente de prochaines aventures et éditions, que la pandémie aura infléchi d'une manière ou d'une autre...

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28 avril 2020 2 28 /04 /avril /2020 20:19
Farah KHELIL  Point de vue, point d'écoute (clichés 2) - 13 cartes postales d'archives découpées - 10 x 15 cm - 2017-2019 – Courtesy l'artiste

Farah KHELIL Point de vue, point d'écoute (clichés 2) - 13 cartes postales d'archives découpées - 10 x 15 cm - 2017-2019 – Courtesy l'artiste

Cela m'arrive assez rarement, mais j'avais envie de montrer à nouveau cette série de cartes postales ( ce ne sont pas exactement les mêmes mais c'est la même série) que j'avais montré il y a deux ans à St Louis, au Sénégal, dans le cadre de l'exposition Pavillon de l'Exil, avec mounir fatmi. J'avais souhaité y développer une réflexion, déjà, sur la question de la relation du tourisme à la migration. J'écrivais:

"Cette oeuvre, comme celles installées à proximité, du groupe UNTEL, ouvre une réflexion sur la place du tourisme dans le monde contemporain, avec son économie, ses ambiguités, les valeurs, les réalités, les visions du réel qu'il véhicule mais aussi et surtout les relations ambigües entre tourisme et immigration : même charters, mêmes destinations, mais pas dans le même sens Si pour quelques uns la migration représente un pouvoir sur le temps et l’espace, une liberté de vivre, de travailler, de se distraire, de rêver ailleurs, elle est pour des milliers d’autres un rêve impossible ou un arrachement."
*

TOURISTE! Visite guidée 21 - D(es)(é)rives...avec Farah Khelil

En outre, la carte postale est un objet à la fois incontournable de toute réflexion sociologique et esthétique sur le tourisme, et que de nombreux artistes se réapproprient de diverses manières depuis longtemps. Il y a beaucoup à dire sur la carte postale, on pourrait même lui consacrer une exposition entière (et cela avait d'ailleurs été fait en 2019 à Arles si mes souvenirs sont bons).

J'ai donc choisi ces cartes postales de Farah Khelil, dans un travail à la fois conceptuel et émouvant.

TOURISTE! Visite guidée 21 - D(es)(é)rives...avec Farah Khelil
TOURISTE! Visite guidée 21 - D(es)(é)rives...avec Farah Khelil

Farah KHELIL

Point de vue, point d'écoute (clichés 2) - 13 cartes postales d'archives découpées - 10 x 15 cm - 2017-2019 – Courtesy l'artiste

Point de vue, point d’écoute (Clichés 2), est une série de cartes postales envoyées entre les années 1970 et 1990, soigneusement incisées et dont seul le verso manuscrit et timbré est exposé. En disposant les cartes de cette façon, le cliché pittoresque rendu invisible, l'artiste transforme cet objet usuel bien qu'aujourd'hui presque obsolète en une surface à la fois critique et poétique.

Si les textes manuscrits peuvent renvoyer à quelque chose d'émouvant (le souvenir d'un lieu, d'une villégiature), les contours découpés de ce qui est représenté mais que nous ne voyons pas –monument, objet touristique..- se laissant seulement imaginer, renvoient à l'idée de la vision touristique comme vision partielle, et partiale, du réel. Autrement dit, ce que voit l'oeil du touriste n'est qu'une connaissance superficielle d'un lieu, ce que la carte postale donne à voir d'un lieu est souvent caricatural et réducteur.

Ce jeu de dissimulation, et ce découpage, constituent des gestes pointant ce que l'artiste appelle « l'imposture du touriste », l'idée selon laquelle le touriste s'approprie un lieu comme espace connu, maitrisé, alors que cette « connaissance» n'est souvent que « distraite et partielle ».

Cette œuvre ouvre une réflexion sur la place du tourisme dans le monde contemporain, avec son économie, ses ambiguités, les valeurs, les réalités, les visions du réel qu'il véhicule.

 

TOURISTE! Visite guidée 21 - D(es)(é)rives...avec Farah Khelil

Le travail de Farah Khelil cherche souvent à interroger «le point de vue» comme condition d’accès à une réalité de l’événement. Elle installe dans ses œuvres des protocoles de distanciation, de cécité, et des jeux de dissimulation et de dévoilement par détournement et appropriation de divers objets, documents ou archives, mais aussi par le dessin, l’écriture, la vidéo ou encore l’installation.

Docteur en Art et Sciences et diplomée de l'ISBAT de Tunis, Farah Khelil montre régulièrement son travail dans le cadre de nombreuses expositions personnelles et collectives, en France, en Tunisie, aux Etats-Unis, au Maroc, en Espagne, ou encore à Londres ou à Milan...

Née en 1980 à Carthage, en Tunisie, Farah Khelil vit et travaille à Paris, France.

TOURISTE! Visite guidée 21 - D(es)(é)rives...avec Farah Khelil
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27 avril 2020 1 27 /04 /avril /2020 17:43
The Kiss – Red Kiss ( Down with the Pop Art Series) – Tirage 8 + 4 EA – Fibre de verre, résine, laque, vernis epoxy – Hauteur 60 cm – 2008 – Courtesy l'artiste

The Kiss – Red Kiss ( Down with the Pop Art Series) – Tirage 8 + 4 EA – Fibre de verre, résine, laque, vernis epoxy – Hauteur 60 cm – 2008 – Courtesy l'artiste

Au travers de la fenêtre, dans le ciel mytrien, il ne reste plus à voir aujourd'hui...que les deux avions rutilants et kamikazes d'Arnaud Cohen. Les autres, ceux du Roissy tout proche et qui, à leur façon, faisaient partie de mon décor, s'en sont retournés au sol sagement alignés sur le tarmac, cloués à la piste par un machin rouge aussi, et rond, et si minuscule...David contre Goliath, et Goliath qui ouvrirait un bar à Kérozène avec happy hour 24/24 -il ne sait plus quoi en faire-

Dans l'oeuvre de Cohen, le Goliath, c'était la collusion de ces deux puissances monstrueuses, le Coca et le tourisme mondial, dans un baiser de la mort fascinant et beau comme un Jeff Koons (private joke)

TOURISTE! Visite guidée 20 - D(es)(é)rives...avec Arnaud Cohen

Arnaud COHEN

The Kiss – Red Kiss ( Down with the Pop Art Series) – Tirage 8 + 4 EA – Fibre de verre, résine, laque, vernis epoxy – Hauteur 60 cm – 2008 – Courtesy l'artiste

Dans une rutilante association, tel un baiser de la mort, deux avions semblent fondre sur une bouteille de Coca-Cola®, liant dans le même mouvement un monstre économique made in usa et l'évocation d'une attaque terroriste – celle du 11.09.01- dont tout le monde a encore la mémoire : le choc de deux images, celle d'une économie triomphante brutalement mise en opposition par une idéologie non moins mortifère, le clash violent de deux mondes, de deux manières de voir le monde et de partir à sa conquête.

Au-delà de cette interprétation, l'oeuvre, qui se veut polysémique, peut aussi être comprise, aujourd'hui surtout, sous d'autres prismes. Celui, par exemple, de l'écologie. S'il ne faut désormais « plus que » 2,5 litres d'eau pour produire 1 litre de cette boisson gazeuse, Coca-Cola prélève chaque jour 750 000 litres d'eau dans la nappe phréatique de San Cristobal, au Mexique, asséchant toute une région pour inonder le marché américain...Et combien de litres de Kérozène faut-il pour étancher la soif d'un des ces 1500 avions passant chaque jour dans le ciel mitryen?

Ce « Red kiss » scelle ainsi le mariage de deux icônes de la globalisation : celle de la marchandise, et celle des corps consommants avec l'avion de tourisme.

L'artiste s'amuse d'ailleurs à rappeler que, dans de nombreux guides touristiques, le Coca-Cola®, que l'on trouve absolument partout dans le monde, est la seule boisson recommandée aux touristes, et le meilleur remède contre ... la tourista! 

TOURISTE! Visite guidée 20 - D(es)(é)rives...avec Arnaud Cohen

L'oeuvre d'Arnaud Cohen aborde le sujet de la responsabilité individuelle dans l'édification de destins collectifs. Il puise ses références autant dans les pratiques situationnistes que dans les mythes et allégories. Sa pratique, relevant souvent de l'appropriation, le porte vers des formes sociales et esthétiques diverses, depuis des objets identifiés tels que sculptures ou installations jusqu'à des « objets » plus iconoclastes, comme une fondation, une piste de danse ou une émission de télé-réalité. Son travail, entre Histoire et fiction, est régulièrement présenté dans des évènements internationaux, telles que les Biennales de Dakar, de Venise, d'Amérique du Sud, du Caire, et en France, au Palais de Tokyo, au Mémorial de la Shoah, en résidence au Musée de la Chasse et de la Nature. Son travail a fait l'objet de plusieurs expositions personnelles, notamment au Musée Synodal de Sens, à Berlin, à Cologne, et cette année, au Musée National d'Art Contemporain de Bucarest ainsi qu'à la biennale de Kampala.

Né en 1968, Arnaud Cohen vit et travaille entre Paris et son île-usine-atelier du Poitou.

 

TOURISTE! Visite guidée 20 - D(es)(é)rives...avec Arnaud Cohen
TOURISTE! Visite guidée 20 - D(es)(é)rives...avec Arnaud Cohen

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