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28 juin 2017 3 28 /06 /juin /2017 14:16
4ème Biennale Méditerranéenne d'Art Contemporain d'Oran, c'est pour bientôt!

Dans quelques jours, ouvrira la 4ème Biennale d'Oran, qui cette année s'installe dans le flambant neuf MAMO, Musée d'Art Moderne et Contemporain d'Oran! Une édition autour du thème, éternel et contemporain, de l'exode.

De nombreux artistes algériens mais aussi des artistes provenant de 13 pays parmi lesquels le Canada, la France, la Palestine, la Thaïlande, la Grèce ou la Syrie, des invités d'honneurs (Zineb Sedira, Mustapha Nedjai, Mustapha Ghedjati) et des conférences ponctueront un parcours plein de découvertes dans tous les médiums de l'art contemporain!

Sous le commissariat général de Tewfik Ali Chaouche et Sadek Rahim

 

4ème BIENNALE méditerranéenne d'Art Contemporain d'Oran

MAMO, Oran, Algérie

DU 2 au 31 juillet 2017

http://www.biennialfoundation.org/biennials/mediterranean-biennale-of-contemporary-art-of-oran-algeria/

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22 mars 2017 3 22 /03 /mars /2017 00:18
DDESSIN [17] fête ses 5 ans!

Ravie de fêter avec toute l'équipe de DDessin, Eve de Medeiros en tête, les galeries et les artistes, les 5 ans de DDESSIN, le salon du dessin contemporain à l'Atelier Richelieu, près de la BNF Richelieu.

Il va encore se passer plein de choses, toutes sortes d'échanges et de rencontres!...

Ravie aussi de faire partie du Jury du prix DDessin 17, qui sera remis samedi 25 mars à 15h.

Toutes les informations sur

http://ddessinparis.fr/2017/

Vernissage jeudi et des images à venir!

 

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13 mars 2017 1 13 /03 /mars /2017 15:22
Vues du stand de la galerie Al Marhoon ( Alger) à Art Dubaï 2017
Vues du stand de la galerie Al Marhoon ( Alger) à Art Dubaï 2017
Vues du stand de la galerie Al Marhoon ( Alger) à Art Dubaï 2017
Vues du stand de la galerie Al Marhoon ( Alger) à Art Dubaï 2017
Vues du stand de la galerie Al Marhoon ( Alger) à Art Dubaï 2017
Vues du stand de la galerie Al Marhoon ( Alger) à Art Dubaï 2017

Vues du stand de la galerie Al Marhoon ( Alger) à Art Dubaï 2017

Pour Art Dubaï, la galerie algérienne Al Marhoon présente "Gravity", un projet de Sadek Rahim, pour lequel j'ai rédigé ce texte.

 

Et pendant ce temps, dans ce monde qu'on a dit « nouveau » un jour,

les parterres de roses devant la Maison Blanche

sont bien inoffensifs face aux murs de béton

dont certains rêvent en gage d'avenir prospère :

« De roses et de béton », un anti- « tribute to » Trump,

par Sadek Rahim.

 

Si, depuis près de dix ans, de nombreuses œuvres de Sadek Rahim s'axent autour des questions de migration et d'exil, et en particulier de l’immigration clandestine des jeunes algériens vers l’Europe, « Gravity » se déploie, en plusieurs pièces, comme un poème visuel, scandé de strophes évoquant l'impossibilité de l'exil, l'illusion de l'eldorado, et la force d'inertie, cette loi physique qui oblige les corps à rester dans leur état de repos jusqu'à ce qu'une cause étrangère les en tire, cette force donc qui adhère les hommes « là où ils sont », dans cette pesanteur- cette torpeur qui est aussi un désenchantement- qui fait de la mer l'indépassable horizon d'un rêve inaccompli. Sur la côte entre Oran et Alger, de port en port, Sadek Rahim a longuement observé ces jeunes rêvant devant l'horizon et ces barques de harragas, candidats potentiels pour l'inconnu, tentant leur chance la nuit.

 

« Gravity » est donc en ensemble d'oeuvres développant un champ plastique et sémantique à partir d'objets marquants de la culture populaire et du paysage quotidien en Algérie, et notamment auprès de cette jeunesse désoeuvrée que Rahim connait bien, comme la « mobylette », présente dans ses dessins et évoquant l'oisiveté de cette jeunesse dont le deux roues est la seule richesse, ou encore les oiseaux en cage – tout un symbole-, qu'ils promènent avec eux...

 

L'artiste joue ainsi avec un vocabulaire plastique signifiant à entrées multiples. Le tapis, par exemple -probablement la pièce de mobilier la plus commune des intérieurs algériens, souvent acheté « pas cher au marché du coin »- matérialise aussi un mythe, dans la littérature arabe, le mythe de la lévitation. Il est l'objet qui permet, littéralement, de s'arracher à la pesanteur, de voler vers une destination meilleure...Rahim y trouve là un point d'ironie et l'utilisation du tapis comme moyen plastique est une manière de « mettre en échec le mythe du tapis volant », dit-il, « comme métaphore de l'échec du mythe de l'eldorado » que constituerait encore aujourd'hui l'Occident. Et le symbole est d'autant plus lourd de sens, si l'on considère que c'est aussi dans un tapis que les familles enveloppent traditionnellement leurs défunts, pratique que Rahim relie a posteriori au drame de l'immigration clandestine en Méditerranée.

Dans la plupart des productions présentées ici, le tapis se trouve confronté, mis en balance, avec le béton, lourd, massif, rigide, qui leste l'oeuvre comme un socle de pesanteur. Ce béton c'est celui des blocs sur lesquels s'assoient les jeunes pour regarder la mer, avec lesquels ils semblent finalement faire corps, définitivement. Dans « The gravity paradoxes », les petits blocs de béton, en forme de fleur, s'incrustent dans le tissu, comme un faux motif, étranger mais tenace, petites masses protubérantes condamnant le tapis quotidien à ne jamais rejoindre le mythe.

 

Cette force d'inertie, c'est peut-être, aussi, l'habitude elle-même, comme le soulignait déjà il y a plusieurs siècles le philosophe français Auguste Comte, redéfinit comme phénomène sociologique, par Pierre Bourdieu*. L' « habitus », c'est cette manière, souvent « spontanée», sans réel calcul ou intention, par laquelle l'individu ajuste ses actions, ses aspirations et ses espérances personnelles, subjectives, à un ordre habituel et extérieur. Autrement dit, sous la forme apparente d'une contrainte socio-politique, la jeunesse algérienne sur laquelle Sadek Rahim porte un regard à la fois tendre et critique, exprime la soumission à une manière de penser, d'espérer, guidée par un ordre normatif, qui n'est peut-être pas tant historique que commun à une même origine sociale, issues de l'incorporation non consciente des normes et pratiques véhiculées par le groupe d'appartenance. C'est la norme de ces jeunes gens qui rêvent, depuis plusieurs générations, à un eldorado qui serait ailleurs, sans jamais réussir à dépasser à la fois leur inertie et leur illusion, et qui « en attendant » ne produisent pas leur vie ici et maintenant. Mais « l'habitus n'est pas un destin »*, écrit Pierre Bourdieu : elle est donc toujours en droit résiliable. C'est là exactement le sens critique de l'oeuvre produite par Sadek Rahim.

 

Sadek Rahim a choisi de vivre là d'où les autres rêvent de partir. Ils les regardent rêver de déracinement et d'exil et, lui qui a traversé le monde, a vécu au Liban et en Syrie, en Europe, en Grande Bretagne, il sait ce que l'Occident peut avoir de déceptif et combien son pays, qui fut un jour si désirable pour cet Occident même, porte en lui, et peut-être plus urgemment que jamais, la nécessité d'en épanouir les plus humaines richesses.

 

* Pierre Bourdieu - Esquisse d'une théorie de la pratique, 1972

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6 janvier 2017 5 06 /01 /janvier /2017 13:20

Derniers jours pour voir ou revoir la belle exposition des deux artistes Anne Cindric et Brankica Zilovic à la Galerie Laure Roynette.

On pourra, entre autres, y admirer la désormais célèbre oeuvre "La Pangée", montrée pour la première fois dans le cadre de l'exposition "Sutures" dont j'étais commissaire ( Galerie Charlotte Norberg, 2010) et qui suscite toujours autant l'enthousiasme!

 

 

jusqu'au 14 janvier 2017 / until January 14th 
Histoires de points / Stories in stitching
Anne Paris-Cindric / Brankica Zilovic
GALERIE LAURE ROYNETTE
20 rue de Thorigny 
75003 Paris, France
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22 février 2016 1 22 /02 /février /2016 10:54

Si vous êtes de passage à New-York, notre ami Alex Van Gelder, à l'occasion de la sortie de son livre "Mumbling beauty" chez Thames & Hudson, y conversera à la Public Library avec Jerry! Un beau moment en perspective!

Louise Bourgeois and friends: Alex Van Gelder & Jerry Gorovoy in conversation
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7 octobre 2015 3 07 /10 /octobre /2015 18:17
GRAFFITI: Peintres et Vandales, un documentaire de Amine Bouziane

Diffusé cette semaine sur France 4 (puis sur TV5 Monde), cet intéressant documentaire signé Amine Bouziane, une approche des réalités contrastées des mondes du graffit et du street art, est encore visible en replay durant 6 jours ici:

 

http://pluzz.francetv.fr/videos/graffiti_peintres_et_vandales_,129000565.html

 

On y voit, entre autres, des actions et une conversation avec ZEVS.

 

Intéressant aussi, cet entretien avec Amine Bouziane:

 

http://thegrifters.org/graffiti-peintres-et-vandales-entretien-avec-amine-bouziane/

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 21:27

Nidhal Chamekh - dont j'avais montré un ready made dans le cadre de l'exposition "Liberté mon amour" en septembre dernier-, et Massinissa Selmani ont été sélectionné par Okwui Enwezor, pour l'exposition "All the World's Futures" - Biennale de Venise.

Toutes mes félicitations à ces deux talentueux artistes, soutenus depuis plusieurs années par la Galerie Talmart, et Marc Monsallier, avec une mention spéciale pour Massinissa Selmani, qui a remporté un des prix du jury de la Biennale de Venise, pour son remarquable travail de dessin.

 

Biennale de Venise - jusqu'au 22 novembre 2015

 

 

Massinissa Selmani

Massinissa Selmani

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5 mai 2015 2 05 /05 /mai /2015 22:12

Où voir les oeuvres des artistes d'"A l'ombre d'Eros"? Petit tour d'horizon de l'actualité de quelques artistes qui exposeront, à partir du 19 juin, au Monastère royal de Brou

 

Lola B Deswarte est présente dans la sélection du 60ème Salon de Montrouge, jusqu'au 3 juin 2015, au Beffroi de Montrouge

Gilles Barbier fait partie de l'exposition collective "Cherchez le garçon" au MAC/VAL de Vitry, jusqu'au 30 aout

Ghyslain Bertholon montre ses célèbres "trochés" dans le cadre de Chemins du Patrimoine en Finistère avec l'exposition "Chasseur sachant chasser", Château de Kerjean à Saint-Vougay, jusqu'au 1er novembre 2015

Arnaud Cohen offre une double exposition monographique au Musée et au Palais Synodal de Sens: "Retrospection" au sein des collections permanentes du Musée de Sens et "Rémission" au Palais Synodal qui jouxte le Musée. A partir du 13 juin

 

"Co-losses" - Exposition de Arnaud Cohen - Musée et Palais Synodal de Sens

"Co-losses" - Exposition de Arnaud Cohen - Musée et Palais Synodal de Sens

Exposition personnelle de Laurent Esquerré, "L'ananké" à la galerie municipale d'Arcueil, jusqu'au 30 mai.

Ghada Amer, Majida Khattari et Dimitri Fagbohoun sont dans "The Divine Comedy", exposition grand format actuellement présentée au Smithonian Museum à Washington

Mounir fatmi, entre autres actualités, finit son expo personnelle au MAMCO de Genève, et est aussi présent à la Galerie Analix Forever, à Genève (voir son actu sur son site www.mounirfatmi.com)

Naji Kamouche participe à l'exposition "Lieux Saints partagés" au MUCEM de Marseille, jusqu'au 31 août 

 

Naji Kamouche au MUCEM, Marseille

Naji Kamouche au MUCEM, Marseille

Myriam Mechita est présente dans le nouveau parcours contemporain de la Cité de la Céramique-Sèvres, à partir du 20 mai.

Laurent Pernot, entre autres, participe à "Lux", une exposition collective itinérante en Chine (voir son actu sur son site www.laurentpernot.net)

Piet.sO participe à l'exposition annuelle au Château du Rivau, "Chimères et Merveilles"

Marie-Hélène Richard participe à la nouvelle édition de Miniartextil, à Côme, en Italie

Mathilde Roussel est en résidence, jusqu'en septembre, à Pioneerworks, Brooklyn, NY

Lionel Sabatté fait un solo show à la Rochelle: "Echaffaudages sur le ressac":  Parcours dans la ville sur 3 lieux, Aquarium, Carré Amelot, Muséum d'histoire naturelle du 19 juin au 20 septembre

Mai Tabakian participe, avec, pour la première fois, l'intégralité de la série "Garden sweet garden", à la Rijswijk Textiel Biennale 2015, au Rijswijk Museum, jusqu'au 27 septembre

Et bien sûr, Mai est aussi présente à H2M, à Bourg-en-Bresse, avec ses "Slices" dans l'exposition "Gourmandise(s)", à partir du 7 juin!

 

Slices - Mai Tabakian, à H2M, Bourg-en-Bresse

Slices - Mai Tabakian, à H2M, Bourg-en-Bresse

ZEVS fait un solo show au CCA ANDRATX, à Majorque, "The autobiography of Aguirre Schwartz", jusqu'au 15 juillet

Mais aussi: Rétrospective Marina Abramovic à Sao Paulo, Brésil

Cà ne s'invente pas, Pilar Albarracin expose à la Galerie Javier Lopez, à Madrid, dans une exposition collective intitulée "Eros, c'est la vie!"

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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:38

Une belle actualité pour Mai Tabakian qui vient à peine de clore sa première exposition personnelle à la MH GAllery à Bruxelles et poursuit avec la présentation de l'intégralité de la série des "Flower Power" dans le cadre de l'exposition "Say it with Flowers" au Musée Bellerive de Zürich!


FLOWER-POWER-Museum-Bellerive.jpg

 

"Say it with Flowers"

Du 21 novembre 2014 au 29 mars 2015  au Museum Bellerive - Höschgasse 3, CH-8008 Zürich / Phone: +41 43 446 44 69

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Published by Marie Deparis-Yafil - dans Actu des uns et des autres
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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:20

Dans le cadre de l'exposition "Mutation obligatoire", l'artiste Christophe Lambert présente sa nouvelle oeuvre-concept, "Superphénix", réflexion sur le myhthe de la renaissance, à l'occasion de laquelle j'ai rédigé un texte...

Sphe-140921.jpg

Qu'est-ce que « Superphénix »? Un « concept global », un opéra tragi-comique, un ouvrage de développement personnel à l'usage des candidats -nombreux, plus nombreux chaque jour- à la renaissance, une accroche mi-artistique, mi-marketing pour les fidèles de la résurrection... ? Un précis de survie en attendant, pour dire que malgré tout, « après les emmerdes, les radiations, la mort, le cancer, l’AVC, la trahison sentimentale, il faut fiévreusement traverser les flammes et renaître de nos cendres »parce qu'il y va, pour soi comme pour les autres, de la suite déjà incertaine de notre humanité, en vertu de ce « vouloir-vivre » qui nous tenaille quoi qu'on fasse, déborde de toute chose, en raison de cette tension à l’œuvre dans l’univers tout entier, principe unique, aveugle, anonyme, universel, de cette volonté d'être, qui ne découle pas du monde mais dont le monde est issu, « l’initiale et l’inconditionnée », « la prémisse de toutes les prémisses. » *

Un manifeste pragmatique et esthétique, parce que, comme dirait Schopenhauer, « si le monde est mauvais à être, il peut être beau à voir. »

 

Pour Christophe Lambert, « Superphénix » est le troisième épisode de la série « Au troisième jour », un épisode « prétentieusement abscons » de son propre aveu, dans lequel, transfiguré en « Captain White », meilleur ami d'un Michael Jackson réincarné et à nouveau plus que vivant, il s'évertue à rassurer ses contemporains sur l'existence réelle du futur et du bonheur domestique. Ainsi, par glissement, il en appelle aux techniques contemporaines, peintures numériques et sculpture à l'imprimante 3D, auxquelles s'ajoutent une série de vidéos et un ouvrage, colonne vertébrale de son projet.

Dans ce fatras visuel et sonore, au sens médiéval du terme, les mots et les images se superposent, s'entrechoquent, s'explosent mutuellement façon « Street Fighter », entre satire et parodie, avec une haute dose de lucidité, de dérision, et d'autodérision.

 

 

Revivre malgré les flammes et le temps qui passe, le nucléaire et les amours trahies ? Même les héros de notre enfance sont mortels, même le Phénix finit en cendres sans s'en remettre, à l'instar de Christopher Reeves pour qui l'artiste nourrit une tendresse particulier et dont le destin, au-delà de l'ironie du sort, rendu paraplégique celui qui incarna le parangon du superhéros, le Übermenschnietzschéen selon la légende : Superman.

Au delà de la feinte surprise et de l'amer mais convenu constat d'un monde en déliquescence – ce que Christophe Lambert n'ignore pas, lui qui place sa réfléxion dans un mouvement traversant toute l'histoire de l'humanité depuis ses antiques mythes- revivre, renaitre, se rédimer, resurgir, rebondir est un défi dont on a tous l'illusion de la nécessité, et l'artiste le premier.

Christophe Lambert semble vouloir tout bruler sur son passage, nos espoirs et nos désirs de certitude, avec un entrain de kamikaze, si ce n'était l'acte créatif lui même qui le trahit : vouloir vivre encore, et produire, créer, jeter hors de soi des images et des mots, fussent-ils rageurs et même plus désespérés, c'est encore être vivant. Alors ses vidéos un peu foutraques, ses peintures fabriquées à coup de pinceau Artpad, son ouvrage qui tient autant du recueil d'artiste que d'un digest qui compilerait de manière très personnelle Histoire de l'Antiquité et recettes de self-coaching, se livrent en réalité à nos yeux comme autant de gestes de résilience, de tentatives d'un artiste – d'un homme- pour « persévérer dans son être »**.

 

Mais, depuis l'usage de la parodie jusqu'à l'ironie infuse dans tout son travail, c'est aussi peut-être pour l'artiste une stratégie de subversion, un moyen d'éveiller – de réveiller- les consciences, une tentative pour marquer « la fin de l'inconscience », une forme de sagesse pour parer à l'inévitable désillusion. Car l'ironie, nous le savons, est surtout lucidité : c'est savoir ce qui est et savoir que ça finira. " Nous savons bien comment tout cela finira, et le jour même où le sentiment se déclare, nous prenons nos dispositions pour n'être pas surpris par son déclin "***. Le travail de Christophe Lambert n'est pas un travail désenchanté pour la bonne raison que l'ironie, toujours selon les mots de Jankélévitch, « se refuse à l'enchantement, devançant ainsi toujours le désespoir »***. « Pour ne pas mourir de sincérité » ***, l'ironie est un jeu, un jeu nécessaire comme le sont la plupart de nos illusions, que l'ironie démasque mais ne détruit pas. Car Christophe Lambert comme tous les « ironistes » est un grand romantique, et, derrière le spleen nourri de la « triste opulence » et de la « vide plénitude » qui marquent la vie contemporaine, probablement amoureux des plus grands idéaux. Jankélévitch encore : « L'ironie (…) nous exerce à ne respecter que l'essentiel ; elle simplifie, dénude, et distille ; épreuve purifiante en vue d'un absolu jamais atteint, l'ironie fait semblant afin de ruiner les faux-semblants ; elle est une force exigeante et qui nous oblige à expérimenter tout à tour toutes les formes de l'irrespect, à proférer toutes les insolences, à parcourir le circuit complet des blasphèmes, à concentrer toujours d'avantage l'essentialité de l'essence et la spiritualité de l'esprit. L'ironie, en somme, sauve ce qui peut être sauvé. "***

 N'est-ce pas cela, exactement, qu'incarne ce « Superphénix » ?

  *Arthur Schopenhauer- Le Monde comme Volonté et comme Représentation-, 1819 - chap. XXVIII ** Baruch Spinoza – Ethique, 1677 - Ethique III, Propo VI ***Vladimir Jankélévitch – L'ironie, 1964  

 

"Mutation Obligatoire" - Avec Rodolphe Baudoin, Corine Borgnet, Jean-Luc Caradec, Christophe Lambert sur un commissariat de Anne-Claire Plantey

DU 13 au 29 novembre 2014 -

Espace Galeria Area - 50 RUE D’HAUTEVILLE 75010 PARIS 
2EME ETAGE AU FOND DE LA COUR
TEL : (+33) 1 45 23 31 52 
DU MERCREDI AU SAMEDI, DE 15H A 19H ET SUR RENDEZ-VOUS

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