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15 septembre 2011 4 15 /09 /septembre /2011 19:12

L’Espace 111, un nouvel espace dédié à l’art contemporain, à Montreuil

 

L’Espace 111 est né de la conjonction entre la passion pour l’art de Nancy Olivier, sa volonté de montrer, soutenir et promouvoir le travail d’artistes contemporains, et la capacité de l’entreprise, Pictogram Séridéco, de produire des supports répondant aux demandes des artistes aujourd’hui en recherche de médiums différents et novateurs, au-delà de la toile ou du papier.

Travaillant souvent avec des artistes, qui trouvent en Nancy Olivier, et en Pictogram Séridéco, expertise et conseil avisé, la rencontre de l’art et de la technique était inévitable, et c’est dans cette logique que naît l’idée de ce lieu dédié aux artistes.

Ne restait plus pour Nancy Olivier qu’à se lancer dans l’aventure de la programmation artistique : c’est maintenant chose faite avec l’Espace 111, nouveau lieu pour l’art contemporain au coeur de Montreuil. L’Espace 111 organisera 8 à 10 expositions par an, invitant les artistes à des expositions collectives ou à des « solo show », et participera activement à la vie culturelle de Montreuil, comme, prochainement, dans le cadre des Portes Ouvertes des ateliers d’artistes.

 

bg-accueil.png

 

Pour la petite histoire…

 

Depuis 2010, Nancy Olivier avait initié une programmation d’exposition dans les locaux de Pictogram Séridéco, rue Lebour, à Montreuil.

 

Nancy Olivier : « C’est grâce à la curiosité d’artistes comme Emilie di Nunzio Joly, qui travaillaient près de notre ancien lieu, que les choses se sont amorcées. Nous avons commencé par faire des sorties des photos d’Emilie sur bâche, dont certaines ont été présentées en 2010 lors d’une première exposition, pour l’inauguration de nos locaux rue Lebour. Ce temps fort a rapidement nourri mon envie de créer des évènements récurrents avec des artistes, dans ce lieu qui, déjà, s’y prêtait particulièrement bien ».

 

Bien qu’éphémère, le lieu avait alors été immédiatement identifié comme « galerie ».

 

Nancy Olivier : « Les rencontres se sont faites naturellement, grâce aux artistes qui sont venus tester nos supports… c’est ainsi en répondant à des besoins de production des artistes (dibond, bâche, Forex PVC ou plexiglas) que l’espace d’exposition a pris son envol, d’abord dans l’optique de présenter les travaux photographiques sur lesquels nous avions travaillé. »

 

Forte de ce succès, et à l’occasion de l’emménagement de l’entreprise au 111 rue de Stalingrad, toujours à Montreuil,

elle lance l’aventure de l’Espace 111, nouveau lieu de diffusion dédié à l’art contemporain, avec l’ambition de développer une programmation ouverte, dynamique, sensible et éclectique, d’artistes de Montreuil et d’ailleurs, valorisant la création contemporaine dans toutes ses dimensions : photographies mais aussi peintures, sculptures et installations. Dans une ville qui, paradoxalement, possède un exceptionnel vivier d’artistes mais souffre d’un réel déficit en terme de lieux de diffusion artistiques, l’Espace 111 devient un lieu incontournable de l’art contemporain à Montreuil.

 

Inauguration de L’Espace 111

 

Le 24 septembre sera inauguré un nouvel espace pour l’art contemporain à Montreuil. L’Espace 111 ouvre sa programmation avec une exposition intitulée « Là où on est », réunissant dans un bel espace de 250m2 les oeuvres de trois artistes : Génia Golendorf, Monica Mariniello et  Dominique Moreau. Trois artistes montreuilloises pour trois réflexions sur l’essentiel : là d’où on vient, là où on est, là où on va… « Là où on est »

 

 

 

C'est avec beaucoup de plaisir et d'enthousiasme que je collabore avec l'Espace 111, le lieu bientôt incontournable de l'art à Montreuil!

 

 

  

DECOUVRIR L'ESPACE 111 ET L'EXPOSITION LA OU ON EST: Les 24 et 25 septembre 2011 - Espace 111- 111, rue de Stalingrad - 93100 Montreuil - Metro Croix de Chavaux

 

Site de l'Espace 111: www.lespace111.fr

 

 

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5 juin 2011 7 05 /06 /juin /2011 00:40

En résidence en Espagne, Faye Formisano,  dont j'aurai le plaisir de montrer une vidéo en septembre, dans le cadre de l'exposition "Sutures" sur laquelle je travaille actuellement- projette une nouvelle installation chorégraphique et textile d'envergure: "Enterremos".

La danseuse Elia Lozano interprétera les tourments d'une femme qui enterre 31 vetements, et 31 histoires, dans la montagne, sous la forme d'un rituel initiatique dansé en hommage au 31 personnes mortes en 2010 dans les Pyrénées aragonaises.

 

formisano-enterremos.png

 

Oeuvre participative avec les habitants de la ville, le spectacle autour de "Enterramos" aura lieu le 10 juillet à 20 h. Par ailleurs, Faye Formisano présentera "Beach Noise" le 8 juillet dans le cadre du festival NOCTE GRAUS 2011 (www.noctegraus.es/).

 

ENTERREMOS-1-.jpg

 

le projet "Enterramos" a été sélectionn dans le programme HITO ( www.hito.eu) , un partenariat entre les Pépinieres européennes des jeunes artistes et le gouvernement d'Aragon, en Espagne.

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10 février 2011 4 10 /02 /février /2011 22:07

 

 

Dans les supermarchés, des hommes et des femmes s’embrassent sous l’œil d’une caméra de vidéo-surveillance et ce n’est pas un hasard. Ils se sont donnés rendez-vous là, pour un geste d’amour.

Geste dérisoire, goutte d’eau dans l’océan des indifférences et des passions mercantiles ?

Oui, mais goutte d’eau poétique et subversive contre la pédagogie de la peur, goutte d’eau brûlante, contre l’impérialisme du cynisme globalisé.

Si le bonheur n’est pas prévu dans le plan de l’Univers, nous seuls, êtres humains, pouvons, avec notre capacité d’y investir de l’amour, donner sens au monde que nous habitons.

Alors, il faut continuer de parler d’amour, face aux caméras du monde, qu’elles nous surveillent ou nous libèrent.

Continuer de parler d’amour, pour oser dire que l’amour est notre première et ultime justification.

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 00:25

 

Le travail sur "Figure libre", la prochaine exposition dont je suis commissaire, avec Isabelle Lebaupain, avance avec entrain. Rendez-vous en Octobre à la Salle d'exposition de Guyancourt (Yvelines)!

En attendant d'en dévoiler davantage, voici en avant-première quelques mots sur le projet développé en parallèle par le photographe Bertrand Sampeur (alias Ernesto Timor), sur une proposition de la Ville de Guyancourt, dont une restitution prendra place au sein de notre exposition.

 

Dans "Passes et passages", Bertrand se propose d'explorer un nouveau territoire, en réalisant un travail photographique sur le terrain avec des sportifs pratiquants, un travail sur le "rite" de passage que constitue le fait d'endosser la tenue de sport, passage entre la vie courante et le monde de l'effort et de la compétition sportifs, entre le vestiaire et le terrain, entre le moment de concentration et le moment de l'action.

Nous attendons avec impatience le résultat de l'appel à participation et les premiers clichés, où l'on retrouvera sans doute ce qui semble être la marque de fabrique d'Ernesto Timor: cette sorte d'humanisme simple et poétique, ce sens du presque-rien qui n'en est pas moins un bouleversement du cours des choses...

 

1005-passes-passages8532-1-.jpg

 

Françis, ancien joueur de football au Bénin, aujourd'hui agent d'accueil au Stade Maurice Baquet à Guyancourt - Photo: Bertrand Sampeur -

 

Voir le travail d'Ernesto Timor: www.timor-rocks.com

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11 mai 2010 2 11 /05 /mai /2010 23:53

 

En parallèle de l'ouverture du Centre Pompidou de Metz, l'Ecole supérieure d'Art de Metz Métropole , avec la collaboration du Centre d'Etudes et de Recherches en arts plastiques de l'Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, sous le commissariat de Christian Debize, organise , du 10 mai au 4 juillet, une exposition intitulée "Le pire n'est jamais certain - La création à l'épreuve des risques majeurs"-

Un appel à projet avait été lancé en juillet 2009, auquel avait répondu Yveline Tropéa, dont le regard personnel et singulier sur l'Afrique dans laquelle elle vit, et sur une pratique ancestrale - la broderie- revisitée par des visions contemporaines, justifiait une réflexion sur un tel sujet, réflexion que nous avions menée ensemble. 

 

Le projet, s'il n'a pas été retenu dans l'exposition, est néanmoins visible durant le temps de l'exposition dans la "Bibliothèque de l'appel à projet".

 

Ce projet reste d'actualité.......

 

visuel-yveline-1-copie-1.jpg« Le pire n'est jamais certain »:  La formulation du titre de l’exposition est à la fois déroutant et ambigu - Yveline Tropéa a donc souhaité jouer sur ses ambivalences, jusque dans la manière dont sera produite son installation.

Le pire, tel qu’il est décrit dans l’appel à projet : catastrophes écologiques, guerres, crises financières, pandémies, bouleversements de toutes sortes, la liste est longue..., ce pire, s’il est à craindre, n'est pas CERTAIN. Incertitude nécessaire ne serait-ce que parce que si l’avenir se construit en partie dans le présent, il conserve par essence une part d’indéterminé. En ce sens, si aucun avenir n’est certain, le pire à venir ne peut l’être non plus. En outre, quelque chose peut toujours advenir.

Ensuite, parce que si nous pouvons croire que le pire puisse être évité, c’est parce que nous pensons qu’agir, ici et maintenant, peut avoir une incidence sur un avenir aujourd’hui inquiétant. De manière générale, si le pire n'est pas certain, on peut donc envisager un espoir, une porte de sortie.

 

Ces projets d’installation témoignent aussi de son implication, en tant qu'européenne, avec l'Afrique, sur lequel elle tente de porter un regard sans complaisance ni manichéisme. Yveline Tropéa vit depuis plusieurs années entre la France et le Burkina Faso. Afin de faire réaliser son travail de broderie, elle y a monté un atelier de brodeurs. Cette pratique de « sous-traitance » renoue avec une longue tradition de l’atelier. Mais au-delà, aujourd’hui, elle tient à la fois de la globalisation et d’une forme d’engagement, dans la continuité de l’Arte Povera et d’Aligheiro Boetti. Sa collaboration avec ces artisans burkinabé est une rencontre et un échange de pratiques et de savoir-faire, en même temps qu’un engagement d’espoir et de fraternité.

Le travail de tissage de la matière plastique sur le mobilier, qui forme le coeur de l’installation, serait réalisé par les prisonniers de la prison de Ouahougya, au Mali. Ce projet permettrait d’améliorer les conditions de vie misérable des prisonniers. Pour eux, grâce à ce projet, le pire pourrait ne pas être certain.

 

Yveline Tropéa a donc imaginé plusieurs propositions, jouant sur cette ambivalence.

 

 Elle oppose, dans sa première proposition, le plastique noir, recouvrant tout comme une marée noire, inquiétante, chaotique, étouffante, suggérant autant la pollution que la désinformation, l’abandon des moyens, la maladie ou la pollution, une menaçe de fin du monde, à un crâne surdimensionné brodé très coloré, en suspension, autour duquel s’envole une nuée de papillons, évoquant une forme d'espoir, et contrastant avec le monochome noir de l’installation au sol, tout comme la matière naturelle dont sont faites les broderies contrastera avec le plastique industriel et polluant.

Cette partie de l’installation, qui est la partie plastique la plus récurrente dans son travail, recèle cependant elle aussi d’ambiguités : le crâne rappelant le thème des vanités peut aussi pointe le matérialisme du monde contemporain, et les papillons, sous leur légéreté, sont aussi symboles de l’éphémère et de la finitude. Ces éléments viennent aussi questionner notre rapport à la spiritualité : est-elle obsolète ou sera-t-elle notre planche de salut, autrement dit : la pensée peut-elle encore sauver le monde ?

 

La seconde proposition reprend l’idée de reproduire un environnement quotidien, entièrement couvert de plastique noir, mais avec un mobilier plus modeste : peut-être une chambre à coucher, juste un lit, un placard une télé ...On pourra penser à une chambre de prisonnier, ou un lieu abandonné après une catastrophe. Au sol et un peu partout des têtes tissées de plastique noir, ou blanc et noir, mais aussi des armes blanches, des machettes, qui évoquent les guerres ethniques et les violences qui menaçent sans cesse de nombreux africains.

Dans cette installation, des poulets (idéalement des poulets vivants, retenus par un grillage...mais on pourra se contenter de poulets en céramique, en plastique, bien que cela modifie le sens de leur présence ...) signifient les problèmes de nutrition, de subsistance, de famine, que connait l’Afrique, en même temps que la vie et la survie, grâce à ces poulets, mais évoquent aussi un aspect spécifique des rapports Nord-Sud : l’exportation massive de poulets congelés excédents de l’Europe vers l’Afrique, qui en est très consommatrice, poulets considérés comme impropres à la consommation en Europe, crée de graves problèmes sanitaires : Ces poulets sont appelés en Afrique : « poulets export », « poulets morgue » ou « poulets cadavres »...

 

Dans la troisième proposition, les meubles tissés sont remplacés par un amas de crânes tissés noirs, évoquant un possible génocide, renforcé par la présence d’armes blanches, machettes, recouvertes de plastique noires elles aussi . En suspension, le crâne surdimensionné brodé et la nuée de papillons, questionnements autour de la valeur de la vie et de la mort, dans des pays dévastée par les guerres et les maladies.

 

Voir l'exposition "Le pire n'est jamais certain - La création à l'épreuve des risques majeurs" - du 10 mai au 4 juillet 2010- en plusieurs lieux à Metz. 

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 23:19



Le projet  "Head Above Water" est un magnifique projet dont j'ai la chance de suivre l'évolution, en attendant de pouvoir y participer plus activement.


Le propos de «Head Above Water »



 

 

En 2001, Barthélemy Toguo séjourne au Drawing Center de New-York.  Sur des petits carnets de feuilles format carte postale, rapportés d'Allemagne, il commence une série de portraits à l'aquarelle. Dans son atelier parisien, l'artiste accumule depuis longtemps des timbres de toute sorte, qu'il colle sur les cartes postales ainsi peintes. Ne manque plus que l'écriture...

 

Le projet  Head Above Water démarre réellement en 2004, lorsque, préparant une grande exposition personnelle, l'artiste ressent le besoin de faire « un voyage vers l'autre ».

Il part alors en Serbie et au Kosovo, avec des carnets de cartes postales vierges sur lesquels il peint sur place des portraits anonymes. Barthélemy Toguo  raconte : « J'ai arpenté les rues, les marchés, les campus universitaires et j'ai invité les gens à écrire sur les cartes ce qu'ils ressentaient, dans la langue de leur choix. Je leur expliquais que c'était l'occasion de dire au monde ce qu'ils vivaient et que cela pourrait être entendu dans les pays où l'œuvre allait être exposée. Je ne les ai pas envoyées chez moi de peur qu'elles ne se perdent, qu'elles ne soient censurées ou perdues. J'ai voulu respecter cette idée de correspondance, de choses intimes chuchotées par les gens »*.

Ce premier chapitre de Head Above Water, dans lequel se croisent paroles de serbes et de kosovars, est immédiatement montré dans le cadre de son exposition personnelle  « The Sick Opera » au Palais de Tokyo, à Paris, en 2004.

 

Depuis, le projet Head Above Water s'est enrichi d'autres chapitres : Après Cacâk et Prokupje, en Serbie, et Pristina, au Kosovo, en 2004, il est parti à Lagos, au Nigeria, a recueilli des paroles de jeunes lors des émeutes à St Denis, en France, en 2005, s'est également rendu à  La Havane (Cuba), à Hiroshima (Japon) en 2006 , à Johannesburg (Afrique du Sud), à Moscou (Russie) et à Newcastle (Grande-Bretagne) en 2007, et prépare actuellement un nouveau volet de la série à Auschwitz-Birkenau (pologne) et Mexico (Mexique). Chaque série forme un « tableau » de format 208 X 130 cm, composé de 96 cartes postales.

 

 



Tout le propos de Head Above Water est de donner, ou de redonner, la parole, de manière directe, à une population anonyme, qui peut ici s'exprimer librement, par le biais de « cartes postales » illustrées par l'artiste. A partir d'une question simple, souvent liée à l'actualité - à Moscou : la situation en Tchétchénie, à Newcastle: la présence des forces armées royales en Irak- ou plus générale, à propos des conditions de vie, comme au Nigeria ou à Johannesburg -la misère, la survie, la violence urbaine, le SIDA...- les gens relatent leur réalité quotidienne, leurs peurs, leurs souffrances mais aussi leurs espoirs, leurs rêves...

 

La démarche de Head Above Water tient à la fois du carnet de route, du témoignage et du compte-rendu, ouvrant une porte plus intime sur les conflits, choisissant le prisme d'une approche individuelle - sans être nécessairement anecdotique- transportant dans ses bagages des messages non censurés de violence, d'oppression, de pauvreté, d'urgence, dessinant ainsi une carte géopolitique aux contours différents et humanisés.


Le travail de Barthélémy Toguo


L'œuvre de Barthélemy Toguo tient incontestablement une place à part dans le paysage artistique contemporain.



 


Dès ses premières réalisations, au travers de la série de « performances » que forment l'expérience de Transit*, entre 1996 et 1999,  cet artiste né au Cameroun et vivant entre Paris et Bandjoun, s'est toujours inscrit dans une certaine volonté de témoigner et de réfléchir les représentations, les modes de pensée, les stéréotypes ou les idéologies, de prendre l'art à partie dans les débats du monde.


Tout son travail est en effet sous-tendu par une puissante sensibilité aux difficultés que tous et chacun peuvent rencontrer dans les échanges sociaux. Plus encore, il sait opposer sa lucidité et sa colère, son sens de la beauté, de l'ironie et de la provocation partout où des forces politiques, économiques, culturelles opposent l'oppression et la violence à la Vie. Car l'artiste affirme son amour de la Vie comme s'il s'agissait d'une vocation politique et cherche à en «exprimer », au sens propre, les émotions et la beauté, comme si c'était un combat.

De ses tampons géants sculptés, « parodie du geste administratif »**, (New World Climax), à ses performances ( Pure & Clean, NY, 2001 ; In a Turkish Jail - Las Palmas de Majorque, 2001), et passant par ses installations (Life'sTrial (2004), Baby Bomb (2005) -sorte de mémorial aux enfants tués à Falloudja-, In Despair, à propos de la situation politique et économique africaine (2006) ou encore le projet Head above Water), le souci politique, l'éveil des consciences, notamment sur les rapports Nord-Sud, se présentent comme autant de préoccupations majeures dans son travail.

 

Ce souci se manifeste dans l'œuvre de Toguo par un intérêt profond pour la réalité quotidienne, la manière dont l'individu vit le poids d'une situation politique, géographique, culturelle. Le territoire, l'identité en mutation, confrontée au croisement des cultures, la rencontre et l'altérité, le déplacement et les frontières sont pour lui des problématiques récurrentes, donnant une dimension humaniste et une portée universelle à son travail.

 

Pour Barthélemy Toguo, l'information, les médias, relèvent de besoins vitaux de savoir, de se tenir en lien, en alerte, avec ce qui se passe dans le monde. Et la censure, la désinformation, comme la surmédiatisation, sont pour lui autant de sources d'inspiration. Dans une vidéo datant de 1997, Ma tête, l'artiste se rase le crâne sur fond de France Info : l'artiste, « récepteur mais aussi émetteur d'information »**, donne sens à son travail par la revendication, la critique, la sensibilisation au monde contemporain.

Ses très nombreux voyages, et son insatiable curiosité pour les réalités du monde le conduisent à se positionner comme une sorte de témoin, de reporter, de conteur du monde contemporain, par et au-delà du cadre de l'art.

 

 

* De 1996 à 1999, BT se lance dans une série de performances intitulée « Transit ». Dans des gares, des aéroports, des lieux de déplacement et de circulation, il interroge par des actions décalées, suscitant la réaction, le regard de l' « autre », les notions de « classe »,  la question des frontières, de l'identité, de la migration. Il s'agit aussi de montrer comment l'homme contemporain est fondamentalement « en transit », ou potentiellement « exilé », « déplacé ». Pour l'artiste, le déplacement est  au cœur de la condition contemporaine, et la rencontre, le croisement des cultures, une évidence. En même temps, dans ce monde où tous les déplacements sont possibles, les performances de Barthélemy Toguo pointent le paradoxe d'un monde où le droit de l'homme à  se déplacer librement est souvent mis à mal là où les marchandises, contexte de globalisation oblige,  transitent sans problème.

** François Piron -« Welcome to Spiral Land » in Blocnotes N°17 - 1999



Photos courtesy bandjoun station - www.barthelemytoguo.com
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 20:12



C'est avec beaucoup d'intérêt et d'enthousiasme que je collabore au projet Chez-Robert, un projet artistique initié par l'artiste Michel Delacroix, directeur artistique de la "galerie", avec le soutien du web-master et co-fondateur du lieu Didier Allabert.
En septembre, en tant que commissaire invité, je présenterai dans le cadre de Chez-Robert le plasticien Emmanuel Régent.

Chez-Robert I Qu'est-ce que c'est?



Le propos de chez-robert.com est un projet global comprenant un volet internet - www.chez-robert.com  - sur lequel a lieu les expositions personnelles des artistes, un volet éditorial, avec un projet d'édition d'un ouvrage regroupant les interventions plastiques ayant eu lieu, un volet curatorial, avec la mise en œuvre d'un espace d'exposition physique montrant les différents dispositifs dans une scénographie globale.

Le concept originel de chez-robert.com est de créer un espace d'art réel alliant ambition de la programmation et absence de contrainte matérielle forte. Les expositions sont, d'abord, visibles uniquement sur internet.

Puis, l'ensemble des expositions prendront place dans un dispositif global les présentant dans un espace à échelle humaine, dans une scénographie articulant les différents dispositifs au travers de plusieurs supports: les espaces galeries, les photographies, les documents écrits, etc.

 

 

● Le dispositif utilisé prend la forme d'un espace de monstration aux contraintes spatiales très particulières, pour laquelle l'artiste élabore des propositions spécifiques. Les expositions sont photographiées sous plusieurs angles. Les photographies sont ensuite visibles sur le site www.chez-robert.com, accompagnées d'un cortex explicatif : auteur, technique, textes critiques...

 

● Le projet chez-robert.com s'inscrit dans une réflexion réunissant artistes, critiques et commissaires, autour de questions curatoriales : Qu'est-ce qu'exposer ? Qu'expose-t-on ? Qu'est-ce qu'un espace d'exposition ? Quelle expérience le visiteur peut-il y faire ?

 

● www.chez-robert.com est un lieu d'expérimentation, d'échanges et de confrontation réels. Si le projet, dans son premier volet, est diffusé par le biais de l'Internet, il n'en reste pas moins un espace réel d'exposition réelle. chez-robert.com s'affirme donc paradoxalement comme une forme d'acte de résistance contre la virtualisation croissante du monde contemporain, en replaçant l'Internet à sa position de moyen et non de fin en soi. La réalisation du projet au travers d'une publication et d'une « exposition des expositions » dans des lieux d'art qui restent à définir confirme cette posture.


Ont déjà été invités chez Robert: Patrice Ferrasse, Helen Pynor, Julien Cadoret, Vincent Ganivet, Cécile Meynier.

 

chez-robert | le nom

 

En 2004, Michel Delacroix et Didier Allabert ont eu commande d'une œuvre dans le cadre d'un événement littéraire. La figure centrale de cet événement était l'écrivain Robert Walser et ses « microgrammes ». En résonance avec cette écriture très particulière ils ont créé une série de 13 « vidéogrammes » compilés sur un DVD intitulé « autour de robert »

En 2007 ils décident de créer un espace d'art visible sur internet. Les questions d'échelle et de lisibilité sont encore présentes, le passage de « autour de robert » à « chez-robert » s'est fait naturellement, il est plus à voir comme un clin d'œil que comme une référence explicite.


Le projet chez-Robert est en cours...Si vous souhaitez de plus amples informations, n'hésitez pas à me contacter.

Voir: www.chez-robert.com

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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 23:22



J'ai rencontré Sayaka Shoji il y a un peu plus d'un an. Sayaka est née à Tokyo, elle est devenue une très grande -et encore très jeune- violoniste, emmenant son Stradivarius avec elle partout dans le monde.
Sayaka rêvait de réaliser un film vidéo à partir de son interprétation. Elle pensait que c'était chose impossible...J'ai eu envie de l'aider à réaliser ce rêve, et me suis mise à la recherche d'un vidéaste avec lequel elle pourrait travailler. Je lui ai fait rencontré Pascal Frament, plasticien et vidéaste qui m'a été présenté par la galeriste Charlotte Norberg. La rencontre fut fructueuse: le projet, que Sayaka a baptisé "Synesthesia", est né peu à peu.
Une première vidéo "pilote" a été réalisée. Mais le projet n'est pas fini. Il nous faut maintenant chercher - et trouver- des financements pour poursuivre l'aventure: 9 ou 10 préludes de Shostakovitch attendent d'être mis en images par Sayaka et Pascal...A votre bon coeur...Pour toute information sur ce projet, ne pas hésiter à me contacter!
Voir aussi le site de Sayaka Shoji:
www.sayakashoji.com




LE PROJET

 

 

Le projet de Sayaka Shoji et de Pascal Frament consiste en la réalisation d'un film vidéo composé d'une dizaine de séquences de 1 à 2 minutes chacune.

La bande-son est conçue à partir de préludes de Dmitri Shostakovich, choisis parmi les 24 préludes opus 34, interprétés par Sayaka Shoji.

Les images sont réalisées par Pascal Frament, en collaboration avec Sayaka Shoji.

 

 


INTENTIONS

 

Dans un premier temps, Sayaka Shoji projetait, au travers d'une vidéo, de faire partager à son public les émotions et les visions suscitées par la musique lorsqu'elle joue, au-delà de son interprétation et de sa présence scénique.

Elle rencontre alors le vidéaste Pascal Frament, avec qui elle partage une vision commune de la musique et de l'image. Ils décident de mener ce projet ensemble.

 

Par le travail en collaboration avec un vidéaste plasticien, Sayaka Shoji veut donner à voir des images qui ne soient pas « documentaires » mais artistiques et contemporaines, dans le désir de créer des connexions entre deux mondes, celui de la musique « classique » et celui de l'art contemporain, qui sont rarement amenés à se rencontrer, et d'ouvrir l'un à l'autre les deux univers.

 

Le projet mené par Sayaka Shoji et Pascal Frament constitue ainsi une expérience nouvelle, un projet réellement inédit, tant dans le monde de l'art contemporain, que dans celui de la musique classique.

 

Il s'agit d'une véritable création commune entre deux artistes venant d'horizons différents, mais se rejoignant dans leurs affinités et leurs univers esthétiques.

Dans ce projet expérimental, la musique ne sera pas, comme souvent dans les vidéos plasticienne, un accompagnement des images. Au contraire, ici, les images prennent racine dans la musique et la portent.

 

Enfin, le travail commun de Sayaka Shoji et de Pascal Frament donnera naissance à une véritable œuvre contemporaine, qui pourra trouver sa place de manière innovante dans le circuit de la musique classique, comme dans celui de l'art contemporain.

 

Avec la collaboration de: 

Galerie Charlotte Norberg, Paris

Punctum Gallery, Tokyo

Deutsch Grammophon Universal Music

Harrison Parrott Ltd. Artist and Project Management 



SUIVRE LE PROJET :

http://www.sayaka-shoji.com/synesthesia/home.html























LA VIDEO PILOTE

Afin de permettre aux organisations soutenant notre projet d'avoir un aperçu du projet vidéo et de l'univers développé par Pascal Frament et Sayaka Shoji, une première séquence a été réalisée.

 

 

Durée : 3'09''

Musique : Dmitri Shostakovich - Prélude Op.34 N°22 - Adagio

                 Interprété au violon par Sayaka Shoji

Réalisation : Pascal Frament & Sayaka Shoji


Synopsis :
Réalité ou projection mentale ? L'homme tombe-t-il ou rêve-t-il qu'il tombe ? Se réveillera-t-il ou sombrera-t-il vraiment ? Et les images de vie, bribes de souvenirs, sont-ils les restes d'une vie réelle, une exploration de la mémoire ou une construction imaginaire ? Accompagnant l'homme dans sa rêverie, le spectateur flotte dans un monde incertain, visite des univers intimes et se laisse porter, lentement, par des images poétiques. Noir et blanc et auras de couleurs alternent produisant une atmosphère d'intimité et d'étrangeté, un puzzle mental, celui d'une femme, peut-être...


Images extraites de la vidéo pilote du projet « Synesthesia »

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