Voici revenu, en même temps que la froidure quasi-hivernale, le joli temps des foires...
Cette année, faute de temps, je me suis concentrée sur trois d'entre elles, la FIAC bien sur, et puis Slick et Chic, les deux foires "off" les plus équilibrées.
Sur la Fiac, j'ai été assez peu transportée, outre la déception architecturale, par le tunnel des "jeunes galeries"...
Cette oeuvre, par exemple, d'Emilie Pitoiset, lauréate du prix Audi, chez Lucile Corty, intitulée "le double manque à celui qui le hante", me fait penser, en moins bien, à certaines images travaillées par Vanessa Fanuele.
Dans la nef du Grand Palais, toutes les grandes galeries sont là, et cette année, il me semble que la dimension proprement commerciale de la manifestation, prioritairement commerciale, est plus que jamais évidente.
On a sorti la grosse artillerie chez Perrotin: du Murakami à 6 chiffres, du Delvoye monumental et ciselé comme une cathédrale d'Anvers, de la perle Othoniel...Ailleurs, chez Victoria Miro, Londres, on a ressorti les Yayoi Kusama, rapport à l'actualité pompidolienne, et la Galerie Kicken de Berlin a exhumé ses Diane Arbus, dont la rétrospective a commencé au Jeu de Paume. Ici et là, de toujours très belles vidéos du maître Bill Viola, du Boltanski ou du Kounellis, et un peu partout du Cindy Sherman. Des classiques en somme, des valeurs sures: Ghada Amer chez Goodman de Johannesburg ou à la Kukje/ Tina Kim Gallery, NY, Joanna Vasconcelos, chez Obadia, accessoirement dernière recrue de l'opération Versailles, on vend encore du Hirst à la White Cube de Londres, du Louise Bourgeois chez Karsten Greve, de l'exceptionnel Dan Flavin chez David Zwirner, NY, et le stand de Kamel Mennour est parfait.
D'une certaine manière, cela ne m'ennuie nullement, car les collectionneurs y trouvent leur compte et les autres révisent leurs (bons, pour la plupart) classiques.
On pourra cependant peut-être s'interroger sur le repli vers des formes plus conceptuelles, formelles, esthétiques, et moins engagées - ce à quoi on aurait pu s'attendre- des propositions. Pour les galeristes, le risque est ailleurs...
Yayoi Kusama chez Victoria Miro, Londres
Boltanski et Kounellis à la Galerie Kewenig, Kohln
Damien Hirst chez White Cube, Londres
Diane Arbus à la Galerie Kicken, Berlin
Stand Emmanuel Perrotin, Paris
A part ça, la galerie Art Concept montrait un "galet mou en bonbon Kréma" de Michel Blazy, dans la droite ligne de ses préoccupations habituelles mais on l'a connu plus inspiré.
J'ai repéré, comme tout le monde, les propositions de la Galerie Sfeir Semler, Hambourg/Beyrouth, et notamment la vitrine d'agence immobilière de Taysir Batniji
Comme tout le monde, j'ai aussi repéré le stand de la Dvir Gallery, Tel Aviv, avec les installations d'Adel Abdessemed et le néon, un peu facile mais efficace, du duo Claire Fontaine.
Pas beaucoup d'ironie dans cette édition de la Fiac, alors comme tout le monde - je suis suiveuse-, j'ai apprécié la pièce de Pilar Albarracin, quarantenaire espagnol au travail énergique, chez les Vallois
Que je complèterais aisément de cette oeuvre de Ernest T., trublion de l'art contemporain, vue sur le stand de la galerie Gabrielle Maubrie
J'ai été intriguée de voir qu'à Vienne, on aime toujours les activistes, comme en témoigne la sélection de la galerie Krinzinger, avec des pièces de Burden ou de Rudolph Schwarzkogler de 1965.
Chez Praz-Delavallade, intéressante option cinétique anti-Buren oui mais non de Philippe Decrauzat
J'ai apprécié la scénographie du stand de la galerie Kukje/ Tina Kim, Séoul, NY, cohérent et intéressant dans le travail sur les profondeurs et les dimensions.
Les aventures de "Pepsi & Cocky" de l'artiste anglaise Sarah Lucas, chez Sadie Coles HQ, Londres m'ont assez réjouie.
Ainsi que les "crucifix"(?) de Didier Trenet chez Claudine Papillon
A la Galerie InSitu/Fabienne Leclerc, la cabane de Mark Dion attire du monde, à raison?
La galerie Continua présente une assez belle pièce de Chen Zhen, "Exciting Delivery"
J'ai bien aimé cette pièce de Georgia Russel chez Karsten Greve
Et je suis toujours sensible à l'univers de Chiharu Shiota, vue ici chez Templon
Quant au encore jeune Loris Gréaud, il semble que sa carrière prenne un tour enviable, puisque le voici chez Lambert et à la Pace Gallery de NY...Pour autant, j'attends toujours d'être convaincue -déjà, cellar door..., mais bon, c'était il y a longtemps- et là, je ne fus pas spécifiquement enthousiaste des pièces montrées ici...
A la Goodman Gallery, d'Afrique du Sud, outre Ghada Amer ou Kendell Geers, on retrouve une nouvelle pièce de mounir fatmi, "The Awakening day"
On sait maintenant que le lauréat du prix Marcel Duchamp est l'artiste roumain Mircea Cantor, c'est peu de dire que je ne mise jamais sur le bon cheval, je croyais en Damien Cabanes, et pas super fan de la pièce de Cantor présentée.
j'ai fait la visite en même temps que Sieur Mitterrand, que l'oeuvre de Guillaume Leblon façon "2001 Odyssée de l'espace roots" n'a visiblement pas fasciné...
Samuel Rousseau, Mircea Cantor, Guillaume Leblon, Damien Cabanes...et Monsieur le Ministre de la Culture
Installée pour la deuxième année en contrebas de l'esplanade entre le Musée d'Art moderne de la Ville de Paris et le Palais de Tokyo, la foire Slick m'a parue un peu terne, peut-être parce que l'agencement n'est pas des plus confortables, qu'il y avait peu de monde cet après-midi de vernissage...
J'y ai tout de même apprécié la jolie pièce de Lyndi Sales, présentée par la Galerie Maria Lund, dans le cadre de Slick Project, le genre de pièce que j'exposerai bien la prochaine fois que je fais une expo "textile"
Pas mal du tout la nouvelle galerie Inception, présentant un one man show de l'artiste saoudien Ahmed Mater (qui parait-il est aussi médecin)
(Ah oui, en effet...)
Après l'âne de Pilar Albarracin, voici celui, non moins ironique d'Antoine Bouillot, présenté par la galerie bruxelloise ALICE Gallery
J'ai déjà dit à quel point les belges sont mes amis?
De fait, le "Made in Belgium" de Christopher Coppers, à la Galerie Bodson- Emelinckx m'a interpellée comme il le fallait sur la problématique politique belge
Quelle surprise, en découvrant l'oeuvre de Jean Denant, à la Leonardo Agosti Gallery...ça ressemble à l'oeuvre que j'ai commandé cet été à Brankica Zilovic pour mon exposition "Sutures", chez Charlotte Norberg...en bien moins subtil...
n'est-ce pas?
La foire Chic, toujours à la Cité de la Mode et du Design, bien qu'encore un peu foutraque, m'a semblée de meilleure tenue que l'année dernière.
Peu de photos pour des raisons techniques...
Des pièces de Mai Tabakian à la galerie bruxelloise Mathilde Hatzenberger Gallery, et des peintures d'Anne Guillotel chez Frédérique Paumier-Moch, de l'Espace 2.13pm. Chez Olivier Castaing/ School Gallery, j'aime toujours le travail de Pascal Bauer. J'aime moins le travail désigné Prix Chic Art Fair 2011, celui de Benjamin Renoux, qui ne me semble pas avoir pris toute la mesure de sa recherche plastique...
Présent pour la première fois sur Chic, Marc Monsallier et la Galerie Talmart, avec qui je collabore à une prochaine "carte blanche" au printemps...
j'ai aussi eu l'occasion de rencontrer à Chic la passionnée directrice de la revue Annual, qui sortait un beau livre assorti d'oeuvres en séries limitées parmi lesquelles un étonnant disque vynil signé de mounir fatmi...compositeur...
Mai Tabakian, MH GAllery - Benjamin Renoux, Prix Chic Art Fair 2011 - Pascal Bauer, School Gallery - mounir fatmi- Annual