Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
12 février 2019 2 12 /02 /février /2019 17:10
Crédit photo: Magali Maleux

Crédit photo: Magali Maleux

Les « Blasons-codes »

Sur les murs latéraux de la chapelle, se déploient deux séries de quatre œuvres en forme de blason, de grand format.

Cet ensemble d’œuvres matérialise le premier projet conçu par l’artiste pour l’exposition, en écho à l’histoire de la Chapelle, dont la nef fut, entre le XVIIème et le XIVème siècle, largement ornée de fresques montrant des blasons seigneuriaux.

Mai Tabakian s’empare ici du vocabulaire très codifié de l’Héraldique, née au Moyen-Âge, pour créer des blasons contemporains, des armoiries d’un genre nouveau. Jouant sur le langage héraldique (partitions, associations, couleurs) et sur la symbolique qui le compose (formes, objets, animaux), elle en respecte les  lois (par exemple les métaux : Or (jaune) et Argent (blanc) toujours associés à un émail : Gueules (rouge) et Azur (bleu)) tout en les conjuguant avec son propre langage plastique et symbolique : variations de texture,  hybridations de motifs géométriques ou organiques et végétaux…

 

Objets flottants: les Blasons-codes - Mai Tabakian au centre d'art les 3CHA, Chateaugiron

Sur chaque écu, un QR Code a remplacé abstraitement la devise. En le flashant, le visiteur découvrira alors une phrase courte et concise, donnant sens au blason, que l’artiste rapproche d’un Haïku. En 2011, Mai Tabakian avait déjà fait appel à la technologie du QR Code qui, dans la série « Haïkus code », générait de brefs poèmes japonais. Le Blason-Code ainsi créé constitue, explique l’artiste « une sorte de métissage entre le blason du Moyen-âge et le logotype contemporain, sorte de revendication géométrique et abstraite aux multiples niveaux de lectures. »

Parmi ces niveaux de lecture, celui du sens même du blason comme espace de reconnaissance interpelle l’artiste.  En effet, système de désignation des personnes mais aussi des lignées, des familles et des parentés, celui-ci constitue un marqueur d’identité et d’appartenance. Dans son langage codé à forte composante analogique, le blason demande : « Qui êtes-vous ? D’où venez-vous ? ». « Objet flottant » utilisé dans la thérapie systémique pour produire la carte d’identité problématique d’un couple, ou d’une famille, le blason, selon l’artiste, interroge aussi une mémoire, investigue un passé, raconte une histoire à décoder.

Blason-code, détail - Crédit photo: Magali Maleux

Blason-code, détail - Crédit photo: Magali Maleux

OBJETS FLOTTANTS
Mai Tabakian

Jusqu'au 23 mars au centre d'art Les 3 CHA - Chateaugiron

/www.les3cha.fr/

http://www.maitabakian.com

Partager cet article
Repost0
6 février 2019 3 06 /02 /février /2019 12:30

C'est devenu une tradition pour moi, chaque année, je collabore avec l'Agence PopSpirit et la Ville de Montrouge à l'exposition Miniartextil, la plus populaire des expositions auprès des Montrougiens!

Hier avaient lieu le vernissage et l'annonce du Prix Montrouge. Membre du jury, avec Guy Boyer (Connaissance des Arts) et Jean-Louis Metton (ancien Maire de Montrouge et initiateur de la venue de Miniartextil à Montrouge depuis 15 ans), je suis heureuse d'annoncer que nous avons choisi "Where is my (human) mind?" de Anne Pangolin Gueno, jeune artiste française vivant à Barcelone pour rejoindre les collections de la Ville.

Where is my (human) mind? - Feutre, lichen, perles et organza de soie

Where is my (human) mind? - Feutre, lichen, perles et organza de soie

La 15e édition de Miniartextil à Montrouge, exposition internationale d'art textile contemporain, vient donc de débuter au Beffroi de Montrougesur la thématique« Humans » ! 

Le public peut découvrir gratuitement les 54 mini-textiles et 13 grandes installations jusqu'au dimanche 24 février 2019, tous les jours de 12h à 19h. Tous les samedis et dimanches sont également proposés des visites guidées gratuites à 15h, et un parcours enfants les dimanches à 16h (places limitées sur inscription à l'accueil du Beffroi au préalable).

 

Rendez-vous au Beffroi de Montrouge :

2, place Émile Cresp - 92120 Montrouge

Métro Mairie de Montrouge - Ligne 4

Partager cet article
Repost0
22 janvier 2019 2 22 /01 /janvier /2019 11:36
OBJETS FLOTTANTS, un solo show de MAI TABAKIAN au Centre d'art 3 CHA, en Bretagne, à Chateaugiron

J'aurai la grande joie d'accompagner bientôt Mai Tabakian au vernissage de son Solo Show de folie, au Centre d'Art les 3 CHA, à Chateaugiron, en Bretagne!

A l'occasion de cette évènement exceptionnel, j'ai eu le plaisir de rédiger les textes de l'exposition.

« Objets flottants » est la première exposition monographique d'envergure de l'artiste franco-vietnamienne Mai Tabakian. Sa proposition, dans le déploiement de quatre œuvres monumentales, parfois suspendues, évoque d'emblée cette question du flottement, dans l'espace et dans la métaphore, et offre, dans une sorte de parcours initiatique, une réflexion à la fois ludique et profonde sur la recherche de l'équilibre, d'un point d'équilibre, nécessaire mais mouvant et fragile.

 

Le titre de l'exposition lui a été inspiré par la notion d' « objet flottant » utilisé dans les thérapies systémiques - forme de thérapie tenant compte non seulement de l'individu mais aussi de son environnement comme « système », réseau, rhizome - dans lesquelles des objets (et notamment le blason, le jeu de l'oie) prennent forme symbolique pour dire quelque chose d'une histoire, personnelle, familiale, sociale. L'objet flottant est donc, dans la thérapie comme dans l'art, un « espace intermédiaire », entre soi et soi-même, le réel et le fantasme - qu'il soit de l'ordre du désir ou de l'effroi - un espace des possibles.

 

Flottants, ces « objets », ces œuvres, le sont aussi par la façon dont, à l'instar du « monde flottant » de la tradition japonaise (l’Ukyiô), ils manifestent chacun à leur manière la réalité d'un monde marqué par l'impermanence et la relativité des choses. Draînant toute la pensée asiatique, le sentiment d'incertitude, la difficulté de capturer, de maîtriser les éléments du monde se trouvent confrontés, écho à la double culture de l'artiste, à la tentation rationnelle, notamment au travers de l'intérêt que l'artiste porte à la géométrie et aux mathématiques, à la perfection des formes, à la modélisation du réel. Carré, triangle, cercle, rectangle, pentagone, hexagone ou octogone, les formes de la « géométrie sacrée », à l'œuvre dans la nature comme chez les bâtisseurs, s'inscrivent partout chez Mai Tabakian, comme pour consolider son monde et en conjurer la fluidité.

 

Les œuvres de Mai Tabakian conservent toujours néanmoins une dimension ludique, avec leurs formes sensuelles et leur chromatisme exacerbé, jeu renforcé ici par l'appel à des éléments identifiés de la culture populaire. Comme dans l’Ukyiô, la légèreté est une politesse et un devoir face à la fugacité du monde...

Elles trouvent également leur richesse dans la multiplicité des inspirations et des références qui font de ces objets hybrides et étranges, à l'exemple des « Gardiens » surplombant la nef, des œuvres à la croisée de l'artisanat - toutes les œuvres sont produites par l'artiste dans son atelier - et de l'esthétique numérique, puisant au passage chez Vasarely et l'op art, Felice Varini et Calder, mais aussi Hokusai ou Stanley Kubrick jusqu'au mathématicien polonais Waclaw Sierpinski, qui a inspiré à l'artiste l'œuvre « Balance Point ».

 

Ici, dans l'espace majestueux de la Chapelle de Châteaugiron, la dimension spirituelle du lieu résonne avec le syncrétisme culturel de l'artiste. Pour les 3 CHA, elle a imaginé des installations à l'échelle du monument et sensibles à son histoire et à sa résurrection, spécifiquement créées et produites pour l'exposition.

 

Née en 1970 à Paris, Mai Tabakian est une artiste franco-vietnamienne. Elle vit et travaille à Paris et Montrouge. Diplômée en Droit et en Histoire de l'Art, elle choisit de se consacrer entièrement à l'art à partir de 2010. Ses œuvres, principalement sculpturales, font essentiellement appel au textile, désormais médium à part entière dans l'art contemporain, dans une technique très particulière de « marqueterie textile » dont elle est dépositaire. Depuis 2010, son travail a été montré régulièrement dans des expositions personnelles en galeries (en France, en Belgique, en Allemagne), des centres d'art ( le 116 à Montreuil, H2M à Bourg-en-Bresse), des expositions collectives (« Say it with flowers » au Museum Bellerive de Zurich (Suisse), « Au-delà de mes rêves » et « A l'ombre d'Eros » au Monastère royal de Brou à Bourg-en-Bresse, « Growing » à la Gallery of The National Centre for Craft and Design à Sleaford dans le Lincolnshire (UK)) et internationales (Xème Triennale internationale des mini-textiles, Musée Jean-Lurçat à Angers,  Rijswijk Textile Biennial, à Rijswijk aux Pays-Bas, Miniartextil à Côme en Italie)

 

Objets Flottants

Mai TABAKIAN

Vernissage le 1er Février 2019

Les 3 CHA - Chateaugiron


http://www.maitabakian.com

https://www.les3cha.fr

 

Partager cet article
Repost0
2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 22:09
la musicienne Nathalie Hardouin en performance pour "Ecologie de la conscience", installation immersive de Béatrice Bissara, Nuit Blanche 2018

la musicienne Nathalie Hardouin en performance pour "Ecologie de la conscience", installation immersive de Béatrice Bissara, Nuit Blanche 2018

Dans le cadre de la 17ème Nuit Blanche à Paris, Béatrice Bissara a été invitée à présenter son travail récent à l'Hotel de l'Industrie, au cœur de Saint Germain des Près.

 

« Ecologie de la conscience » explore, au travers de plusieurs œuvres et installations en mouvement, les « portes de la perception » et au-delà. Dans une approche intrinsèquement liée à l'expérience sensorielle et psychique, elle renouvelle et apporte de la sorte sa contribution à une réflexion qui, depuis plusieurs décennnies, attise l'intérêt de toute une communauté rassemblant scientifiques, philosophes mais aussi artistes. Peut-on dépasser le stade ordinaire de la conscience et le cas échéant, que trouve-t-on alors? Les œuvres de Béatrice Bissara offrent une appréhension directe de ce questionnement et propose des pistes esthétiques expérimentales, comme autant d'ouvertures possibles.

 

Questionnant en profondeur notre rapport à la réalité, le travail de Béatrice Bissara est soutenu par des scientifiques (Jean-François Houssais, Michel Bitbol, tout deux chercheurs au CNRS), et ce croisement, cette rencontre, s'inscrivent d'emblée comme une manière de dire la connexion qui s'établit naturellement entre les mondes de l'épistémologie et de l'art. Cet intérêt mutuel exprime comment l'art, par la dimension concrète de l'expérience de l'oeuvre – différente de l'expérimentation scientifique- matérialise, présentifie, rend visible ce que cherchent à montrer les scientifiques avec des mots et des concepts parfois obscurs aux néophytes : l'art comme « Königsweg », pour reprendre l'expression freudienne, « voie royale » vers la connaissance de soi.

 

« Ecologie de la conscience » est donc un concept, se déclinant autour de plusieurs propositions artistiques d'exploration sensitive, dans une approche « expérientielle », consistant, explique l'artiste « à établir une articulation entre l'expérience du sujet et la cognition humaine », rejetant, cite-t-elle, «la vision d’un monde indépendant de celui qui le perçoit. Le percevant et le perçu sont en relation et se déterminent mutuellement »*.

 

Parmi les œuvres présentées, et avant d'en venir à l'installation principale, au titre éponyme, deux types d'oeuvres retiennent notre attention : les œuvres motorisées, et les « dreamboxes ».

Béatrice Bissara a ainsi imaginé une série d'installations, œuvres composées de superpositions de disques en mouvement dont les girations sont programmées selon un process de vitesses et de sens, dispositifs complétés par un mixage musical diffusé « à une fréquence particulière agissant directement sur le cortex cérébral et mettant le visiteur en état de réceptivité particulière ».

Là où, par exemple, les figures rotomaniques de Duchamp, et même l'art optique, peuvent s'appréhender comme de simples jeux sensoriels, en appelant à la perception du spectateur dans un effet de divertissement, l'oeuvre de Bissara porte à dépasser cette dimension purement ludique vers une expérience plus profonde, plus radicale et décisive. Elle s'inscrit ainsi plutôt dans une certaine continuité de mouvements artistiques qui, depuis près d'un siècle, cherchent à tirer le regardeur hors de son champ habituel de conscience pour le faire pénétrer un autre état, connectant la force motrice de la création artistique à la dimension cosmique de la création du monde. Si son art peut se rapprocher d'un art « cinétique », il l'est peut-être, d'une part, par sa volonté de rendre compte d'un réel insaisissable et mouvant, et d'autre part, par la volonté de l'artiste, à l'instar du manifeste des premiers artistes cinétiques rassemblés par Denise René dans sa galerie parisienne en 1955, de placer la perception du spectateur au centre de l’œuvre, et par ce biais, de libérer l'accès de l'oeuvre au plus large public.**

Ecologie de la conscience - Une exposition entre expérience et immersion de Béatrice BISSARA - Nuit Blanche 2018

Mais c'est peut-être vers d'autres expérimentations artistiques plus anciennes encore qu'il faut se tourner pour contextualiser la génèse du travail de Béatrice Bissara dans une lignée artistique historique.

On peut penser, par exemple, au célèbre bien que mystérieux « Optophone » de Raoul Hausmann (1922), ou encore aux travaux de chercheurs-artistes de la même époque, comme Thomas Wilfred et Alexandre Lazlo qui, en créant un « orgue lumineux » (Art Institut, New-York, 1922) s'essaient à dépasser le statut « statique » de l'art, tentent d'établir des correspondances entre sensations visuelles et sensations auditives, ambitionnent de plonger le spectateur dans des états extatiques faisant appel à des facultés perceptives inusitées. On approche de l'expérience d'art total, d'une expérience de totalité, aussi, comme une métaphore esquissée de cette « roue de la vie » dont seul Bouddha peut embrasser l'absoluité.

 

Autre type d'installations, les « Connected Dreamboxes » présentent des dispositifs lumineux pulsatiles, suggérant quelque chose comme les battements d'un cœur, une respiration, un afflux de sang. Réguliers et itératifs, ils invitent, si on s'y attarde suffisamment, à un état hypnotique, à une sorte de voyage intérieur organique et apaisant. Car la « connexion » dont on parle ici, n'est pas tant celle de l'ère des réseaux et du digital, que l'appel à un retour vers soi, probablement, en réalité, le seul et dernier territoire à explorer, l'appel, dit aussi l'artiste à « déposer les armes du concept pour simplement entendre en soi » la petite musique de l'expérience.

Dans la relative simplicité du procédé par lequel l'oeuvre ouvre à un monde nouveau, les « Connected dreamboxes » de Béatrice Bissara pourraient faire écho aux « Dream Machines » du poète Brion Gysin qui, en 1962, inventait une machine à la mécanique minimale (de la rotation et de la lumière) susceptible de provoquer chez le regardeur aux yeux fermés des sensations colorées proches des visions sous stupéfiants - « un kaléidoscope multidimensionnel tourbillonnant à travers l'espace. » écrit-il dans son journal-.

 

On comprend dès lors que les recherches de Bissara tissent de nombreuses liens avec des expérimentations artistiques visant toutes à « ouvrir les portes de la perception » et s'inscrit dans une riche filiation spirituelle et esthétique. Cet art, qu'on pourrait qualifier d' « ésoesthétique » cherche à atteindre et à provoquer, dans l'expérience artistique, quelque chose qui puisse se rapprocher de l'expérience mystique.

« Ecologie de la conscience », titre générique de l'exposition et de son œuvre majeure, porte déjà en son nom le sens de cette tentative. Ecologie, en son acception première, comme questionnement sur la manière dont la conscience peut informer ses relations avec elle-même et avec le monde qui l'environne, interrogation sur la façon dont par la conscience nous pouvons appréhender le monde et le réel, lui même redéfini, peut-être, au-delà de sa définition cartésienne avec laquelle nous vivons depuis l'ère moderne.

Ecologie de la conscience - Une exposition entre expérience et immersion de Béatrice BISSARA - Nuit Blanche 2018

L'installation « Ecologie de la conscience » est donc une installation complexe, donnant à voir sur plusieurs plans sept sculptures représentant des derviches en bois, aluminium, tissu et feutrine, de tailles différentes et chacun monté sur un socle motorisé, une mise en abîme par le biais d'une projection numérique des sculptures en mouvement, démultipliant les points de vue, l'ensemble synchronisé avec une création sonore, signée de l'artiste et de la musicienne Nathalie Hardouin, rythmée par la percussion du tambour chamanique et le tintement du bol tibétain.

Inspirée de la mystique de Rumî, de la danse du Samâ et des rituels soufis, que l'artiste a découvert il y a vingt ans en Anatolie, « Ecologie de la conscience » se déploie dans le temps et l'espace, dans lesquels mouvement, son, lumière engagent le regardeur sur la voie de la confusion perceptive, d'une forme de synesthésie propice à la méditation.

Au fil d'un programme de rotations, les sculptures de derviches effectuent une danse giratoire, le tissu de leur robe blanche, symbole de pureté, déroulant leur mouvement flottant sous la force de Coriolis. La cérémonie se déroule, comme un Samâ en sept mouvements, un voyage partant de l'évocation de la lourdeur de l'enveloppe charnelle, puis vers l'éveil de la conscience et des âmes, de la lumière s'opposant aux ténèbres, jusqu'au retour au monde dans l'état de subsistance.

Béatrice Bissara offre au travers de cette œuvre une expérience très particulière, sinon unique, invitant dit-elle à « résonner » le monde plutôt que de le raisonner. Négliger ce qui n'est pas rationnel est un mode réflexif si profondément ancré dans la pensée occidentale qu'il est même possible que nous ne puissions appréhender pleinement cette expérience, de la même manière, explique le chercheur Jean- François Houssais, que la structure mentale occidentale ne peut investir totalement ce qui se passe dans la transe chamanique. Les six cent itérations de l'installation de Béatrice Bissara nous donnent néanmoins, un aperçu de cette piste spirituelle, ne serait-ce que par la manière dont elle nous invite à éprouver la densité, l'intensité du moment présent.

Le monde contemporain si plein de ses certitudes et à la fois si vacillant sur ses fondements a probablement besoin, aujourd'hui plus que jamais, de s'engager à nouveau sur les voies restées inexplorées et peut-être salvatrices d'une spiritualité sans calcul. Tel est le chemin que trace désormais Béatrice Bissara.

 

 

*Extrait de la thèse de N. Raboisson du 9 juillet 2014 sur l’Art Expérientiel.

**En 1955, Denise René ouvre, dans sa galerie de Saint-Germain des Près, une exposition intitulée « Le Mouvement »,sur une proposition de Victor Vasarely et un commissariat d’exposition de Pontus Hulten, et reconnue comme la première exposition de cet art qu'on appelera quelques années plus tard, « cinétique ». Dans le catalogue de l'exposition, on peut lire : « Puisqu’il n’est pas permis à tout le monde d’étudier profondément l’Art contemporain, à la place de sa « compréhension » nous préconisons sa « présence ». La sensibilité étant une faculté propre à l’humain, nos messages atteindront certainement le commun des mortels par la voie naturelle de sa réceptivité émotive ».

 

Partager cet article
Repost0
24 octobre 2018 3 24 /10 /octobre /2018 09:45
Les broderies perlées d'Yveline TROPEA- Exposition à la Maison Muller, Paris - 8/22 novembre 2018

 

Artiste française d'origine italienne, Yveline Tropéa vit et travaille, depuis de nombreuses années, entre la France et le Burkina Faso.

 

Au cours des années, son travail, profondément imprégné de ses expériences personnelles et de ce mouvement entre les cultures, s'est nourri d'influences diverses, allant des madones italiennes aux planches anatomiques françaises, parentes déjà du dessin libre auquel elle se consacre aujourd'hui, des mythes méditerranéens à l'esthétique publicitaire burkinabé.

 

C'est encore dans ce mouvement dialectique, entre ici et ailleurs, mais aussi passé et présent, formant une sorte de syncrétisme multidirectionnel, qu'Yveline Tropéa développe, depuis 2010, une pratique de dessin dite « dessin libre » traité dans sa technique privilégiée de perlage.

A la différence des autres œuvres de son corpus – donnant la part belle à une narration et une figuration claires- ses dessins libres se déploient en des compositions autonomes de formes et de contenus, sans autre règle que le glissement ou au contraire la disruption. Un peu à la manière d'une écriture surréaliste, et parfois considéré proche de l' « art brut », ces dessins libres suivent donc un chemin sans dessein, si ce n'est au gré des associations que produit la main et l'esprit mystique de l'artiste, que la curiosité mena à approcher les rites du vaudou. Elle garde de cette incursion dans ces mondes de magie qui ne sont pas les siens, cette manière, dit-elle, de se « mettre en état de réceptivité, d'ouverture, et de liberté », pour cueillir – accueillir-, et transmettre les images.

 

Le dessin prend ici pourtant une dimension particulière : d'abord couché sur le papier, il se soumet ensuite à tout un processus plastique, qui donne in fine à voir une œuvre à la fois instinctive et travaillée, simple et précieuse, transcendant la pratique même du dessin.

La pratique récurrente de la broderie, et plus encore du perlage, dont l'artiste est devenue experte au fil des ans, tient également de sa manière de croiser les influences et les territoires. Si elle évoque au premier regard une technique décorative oscillant entre une tradition ancestrale et l'ouvrage de dame, cette technique au résultat visuel aussi raffiné que spectaculaire, choisie par l'artiste, manifeste surtout la manière dont elle a su intégrer, s'approprier, et rendre, dans une œuvre personnelle et contemporaine les apports culturels, techniques et esthétiques, de l'Afrique. Ce qui lui a permis, par exemple, de présenter, en 2017, son travail en regard d'oeuvres perlées d'anciens artistes Yoruba du Nigéria, à la Galerie Schoffel-De Fabry, galerie historique de l'art premier à Paris.

 

Yveline Tropéa produit ainsi une œuvre au riche métissage, tant sur le plan plastique que dans l'entremêlement des cultures auxquelles elle emprunte son langage créole, et dans l'apparent chaos de son monde.

Broderie Perlée - Yveline TROPEA

La Maison Muller

6 rue Muller, Paris 18

Du 8 au 22 novembre 2018

Vernissage le 8 Novembre

 

Partager cet article
Repost0
8 octobre 2018 1 08 /10 /octobre /2018 10:50
Réappropriation textile dans l'art contemporain, Conférence! Au Musée des Beaux-Arts d'Angers

Réappropriation textile dans l’art contemporain
Une conférence de Marie Deparis-Yafil
Mardi 9 octobre 2018 à 18 h 30
Auditorium du musée des Beaux-arts

 

Réappropriation textile dans l’art contemporain

De la toile de Jouy au wax, du keffieh au tapis, de la dentelle à la gaze chirurgicale, comment et pourquoi les artistes contemporains se réapproprient les textiles du quotidien, entre détournement et esprit critique.

 

En collaboration et sur l'invitation de l'ESBA d'Angers Le Mans dans le cadre d'un cycle de conférence autour du textile.

Partager cet article
Repost0
2 août 2018 4 02 /08 /août /2018 16:28
Pavillon de l'Exil 03- Escale à Saint-Louis, on en parle! Dans la revue Coopérative Curatoriale Numéro Trois, Centre d'Art Contemporain de Nîmes

Retour sur l'escale à  Saint-Louis du Sénégal du Pavillon de l'Exil, dans le numéro Trois de la revue Coopérative Curatoriale, édité  par le CACN, Centre d'Art Contemporain de Nîmes.

Merci à  Bertrand Riou, directeur de la publication et à  toute l'équipe de la revue

En savoir plus sur:

http://www.cacncentredart.com

Et bien sûr tout sur le Pavillon de l'Exil, un projet initié par mounir fatmi:

http://www.exilepavilion.com

Pavillon de l'Exil 03- Escale à Saint-Louis, on en parle! Dans la revue Coopérative Curatoriale Numéro Trois, Centre d'Art Contemporain de Nîmes
Partager cet article
Repost0
25 juillet 2018 3 25 /07 /juillet /2018 12:53
Mona HATOUM – « Live action with Doctor Martens boots, performed for « Roadworks », Brixton Art Gallery, London – Vidéo, 6'45'', 1985

Mona HATOUM – « Live action with Doctor Martens boots, performed for « Roadworks », Brixton Art Gallery, London – Vidéo, 6'45'', 1985

Mona HATOUM – « Live action with Doctor Martens boots, performed for « Roadworks », Brixton Art Gallery, London – Vidéo, 6'45'', 1985 – Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de White Cube, Londres (GB)

 

Cette captation vidéo a été réalisée dans le cadre d'une série de performances menées par Mona Hatoum, en 1985, dans les rues de Brixton, un quartier ouvrier à prédominance noire, situé dans la banlieue de Londres. Il s'agit ici d'une des deux performances liées à une action organisée par un autre artiste, Stefan Szczelkun, et à l'invitation de la Brixton Art Gallery, intitulée «Roadworks», dont le but était l'intervention artistique face à un public qui n'est pas celui des musées et des galeries, mais celui de la rue. Ici, elle marche pieds nus sur le trottoir, à travers le marché et les arcades de Brixton, durant une heure. Les lacets de chaussures Doc Martens, à l'époque portées par la police, mais aussi les skinheads et les punks, attachés à ses chevilles, entravent sa marche, qui se fait lente et pénible. En exposant ainsi la fragilité de ses pieds nus contre la rudesse de la rue et les lourdes bottes qu'elle traîne méticuleusement derrière elle, comme un fardeau, elle pointe la violence de l'ordre social ( le quartier de Brixton était à l'époque le théâtre de violences et d'émeutes durement réprimées) mais aussi, peut-être, la difficulté en même temps que la pression à se soumettre à toute forme d' « intégration », les questions d'enracinement et de déracinement ( En 1975, Mona Hatoum vient à Londres pour un bref séjour et ne pourra pas rentrer chez elle, où la guerre vient d'éclater. Cet exil forcé et la séparation brutale avec sa famille restée à Beyrouth deviendront les thèmes de ses vidéos et de ses œuvres, au travers desquelles elle tentera de « restituer », ou plutôt de « reconstruire », un passé qui semble la hanter.)

Mona Hatoum est une artiste d'origine palestinienne, née à Beyrouth, au Liban, en 1952. En 1975, elle est contrainte à l'exil à Londres. Elle étudit à la Byam Shaw School of Art et la Slade School of Art. Marquée par les événements qui ont conduit le peuple palestinien à l'exil et à la lutte pour l'affirmation d'une identité nationale, Mona Hatoum oriente très tôt son oeuvre vers un engagement politique. Les performances qu'elle réalise au cours des années 80 sont empreintes d'un caractère contestataire et d'un esprit de résistance. Elle se tourne ensuite vers la vidéo, l'installation et la photographie. Elle aborde des problématiques liées au corps, à la construction du langage et aux conditions de l’exil. Son travail traite de l'expérience du déplacement, de la désorientation, de la reconstruction de l'identité.À partir du début des années 1990, son oeuvre évolue vers des installations de vastes dimensions. Les plus grands musées ou centres d’art du monde lui consacrent des expositions individuelles : Centre Pompidou, Paris (1994 et 2015), Museum of Contemporary Art, Chicago (1997), New Museum of Contemporary Art, New York (1998), Castello di Rivoli, Turin (1999), Tate Britain, Londres (2000), Hamburger Kunsthalle, Hambourg, Kunstmuseum, Bonn, Magasin 3, Stockholm (2004), Museum of Contemporary Art, Sydney (2005). L’artiste participe également à de nombreuses manifestations collectives : prix Turner, Londres (1995), Biennale de Venise (1995 et 2005), Documenta 11, Cassel (2002) et Biennale de Sydney (2006). 
En 2004, Mona Hatoum reçoit le prestigieux prix Sonning pour sa contribution majeure à la culture européenne, ainsi que le prix Roswitha Haftmann. En 2008, elle reçoit le Prix Schock, récompense de la Royal Swedish Academy of Fine Arts ainsi que le Ismail Shammout Prize de la Qattan Foundation de Ramallah. La fondation Querini Stampalia lui consacre une exposition personnelle, dans le cadre de la Biennale de Venise de 2009, et en 2011, elle obtient le Prix international d'art contemporain Joan Miro.

 

 

 

Un remerciement particulier et toute ma gratitude à Mona Hatoum et à son studio pour nous avoir offert la possibilité d'utiliser une magnifique image de "Roadworks" pour tous les outils de communication de l'exposition.

Roadworks- Mona Hatoum - Pavillon de l'Exil 03 / Escale à Saint-Louis, Sénégal
Roadworks- Mona Hatoum - Pavillon de l'Exil 03 / Escale à Saint-Louis, Sénégal
Roadworks- Mona Hatoum - Pavillon de l'Exil 03 / Escale à Saint-Louis, Sénégal
Partager cet article
Repost0
23 juillet 2018 1 23 /07 /juillet /2018 09:51
Marco GODINHO – Forever immigrant- Fresque in situ au tampon encreur, dimensions variables, 2018

Marco GODINHO – Forever immigrant- Fresque in situ au tampon encreur, dimensions variables, 2018

Marco GODINHO – Forever immigrant- Fresque in situ au tampon encreur, dimensions variables, 2018 – Avec l'aimable autorisation de l'artiste

Cette œuvre, spécialement réalisée sur place par l'artiste pour l'exposition, se déploie comme une nuée mouvante courant sur les murs de la galerie. De loin, on dirait un ciel brumeux de nuages enveloppants, mais lorsqu'on se rapproche, on découvre que ces formes sont composées de milliers d'empreintes de tampon, semblable aux cachets des administrations, mais ici marqué du texte « Forever immigrant ». « Immigrant pour toujours » ou « éternel immigrant », ces deux mots posent à la fois les questions de l'appartenance à un territoire, de la « permanence incertaine » de la situation de migrant, de l'exil et de l'identité, mais aussi de la fluidité d'un monde dans lequel le nomadisme, la porosité culturelle, peuvent devenir un mode de vie. « Je mène depuis plusieurs années une exploration sensible des questions d’exil, d’immigration et de géographie. Cette réflexion est nourrie par l’expérience d’une vie nomade - prise entre plusieurs langues -marquée par des déplacements continuels métissés de différentes influences culturelles et sociales -traversée par la présence de la littérature, de la philosophie et de la poésie. », explique l'artiste. Forever immigrant est elle-même une oeuvre nomade, que l'artiste produit là où il est, avec des outils simples -tampon, encre- et un geste minimal répété.

Marco Godinho est né en 1978 à Salvaterra de Magos au Portugal. Dans un esprit conceptualiste, il s’intéresse à la perception subjective du temps et de l’espace par un questionnement sur les notions d’errance, d’exil, d’expérience, de mémoire et de temps vécu. Entre 2000 et 2006, il a suivi des études à l’École Nationale Supérieure d’Art de Nancy (France), à l’École Cantonale d’Arts de Lausanne (Suisse) et à la Kunstakademie et Fachhochschule de Düsseldorf (Allemagne), à l’Atelier National de Recherche Typographique à Nancy. Depuis 2006, il a réalisé plusieurs expositions individuelles, notamment au Casino Luxembourg – Forum d’art contemporain, à Faux Mouvement – Centre d’art contemporain en France, au Neuer Kunstverein Aschaffenburg en Allemagne, à l’Espace pour l’art à Arles en France, au Mois de la Photo à Montréal au Canada, à l’Instituto de Camões au Luxembourg, au Centre d’arts plastiques et visuels de Lille en France, à la Chaudronnerie – Frac Champagne-Ardenne à Reims, ainsi qu’à la Galerie Art Attitude Hervé Bize à Nancy. Il a également pris part à de nombreuses expositions collectives, dont à la Biennale de Lyon 2017, au Museo Universitario Universidad de Antioquia à Medellin, Colombie, au Banco de la República à Bogota, Colombie, au Museo de Arte Moderno de Buenos Aires, Argentine et à la Bienal Video y Artes mediales, Santiago du Chili, au Frac Lorraine & Centre Pompidou à Metz, France, à l'Espace Labo à Genève en Suisse, au Museo Nacional de Artes Visuales à Montevideo en Uruguay, au Musée du Quai Branly à Paris, au Musée d’Art Moderne Grand-Duc Jean (Mudam Luxembourg) au Luxembourg, à la Fondation Berardo de Lisbonne au Portugal, aux Rencontres d’Arles en France, à la Kunsthalle de Bergen en Norvège et Musée national d’art contemporain et Institut Français à Bucarest en Roumanie. Il vit et travaille à Paris (France) et au Luxembourg
Forever immigrant - Marco Godinho - Pavillon de l'Exil 03/Escale à Saint-Louis, Sénégal
Photo: Sophie Bachelier

Photo: Sophie Bachelier

Forever immigrant - Marco Godinho - Pavillon de l'Exil 03/Escale à Saint-Louis, Sénégal

Le Pavillon de l'Exil 03- Escale à Saint-Louis, Sénégal

Du 28 avril au 3 juillet 2018

Institut Français de Saint-Louis – Galerie du Fleuve

Commissaires : Marie Deparis- Yafil et mounir fatmi

Forever immigrant - Marco Godinho - Pavillon de l'Exil 03/Escale à Saint-Louis, Sénégal
Partager cet article
Repost0
21 juillet 2018 6 21 /07 /juillet /2018 12:20
Kendell GEERS – Untitled ( Imperfect) – Peinture noire, horloges, 68 x 54 x 4 cm, 2011

Kendell GEERS – Untitled ( Imperfect) – Peinture noire, horloges, 68 x 54 x 4 cm, 2011

Kendell GEERS – Untitled ( Imperfect) – Peinture noire, horloges, 68 x 54 x 4 cm, 2011 – Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de la Galeria ADN, Barcelone (Espagne)

Cette œuvre de Kendell Geers est composée, sur un fond noir peint à même le mur, de deux horloges identiques. L'une à est l'heure de New-York, l'autre, à l'heure de Bagdad. Cette installation semble implicitement faire écho à une autre œuvre d'un autre artiste, également intitulée « Untitled »(« Perfect lovers »), crée en 1991 par l'artiste américain d'origine cubaine Felix Gonzalez-Torres. Cette oeuvre se présentait sous la forme de deux horloges identiques et parfaitement synchronisées, symbolisant l'amour et plus généralement l'union et la concordance, en même temps que l'universalité du temps. Mais Kendell Geers a remplacé le sous-titre "Perfect lovers" par "Imperfect" et ses horloges manifestent deux temps différents, celui entre un New-York peut-être paisible et un Bagdad en guerre ( l'oeuvre fut réalisée en 1991, à la fin de la guerre du Golfe) En pointant ainsi l'écart temporel entre les deux pays, il souligne leur discordance, désaccorde les temps, et dénie une vision globalisante du monde : le monde n'est pas le même pour tous et il est difficile de conjuguer des temps disjoints.

Kendell Geers est né en Afrique du Sud et vit et travaille à Bruxelles. Pendant la Biennale de Venise de 1993, il change officiellement sa date de naissance pour mai 1968, une année qui lui semble capitale et symbolique dans l'histoire du monde et des luttes humanistes.

Geers crée un travail qui vise à perturber les codes et les principes moraux communément acceptés. Employant un large éventail de références - des domaines de l'histoire de l'art, de la pornographie, de l'iconographie et du kitsch - Geers questionne la valeur artistique et se moque de la notion d'originalité. Son travail révèle un humour acéré qui joue avec la répulsion du spectateur et ridiculise les stéréotypes raciaux ou religieux. Dans le même temps, l'esthétique minimaliste de Geers génère une subtile note poétique. Son utilisation du langage, ready-mades, néon, verre, icônes, film, bande de chevron et d'autres objets surprennent souvent et exigent un certain degré d'interrogation de la part du spectateur.

Kendell Geers expose à travers le monde avec une grande rétrospective de son travail à Haus der Kunst, Munich, Allemagne (2013), mais aussi de nombreuses expositions personnelles à Budapest, Paris, Cape Town, Londres, Lyon, Kyoto ou encore Cincinatti et des participations à des expositions collectives importantes, comme «L'importance d'être», Museo de Arte Contemporáneo, Buenos Aires, Brésil (2015), "La Divine Comédie: Ciel, Enfer, Purgatoire revisité par les artistes africains contemporains", Frankfurt MMK, Francfort, Allemagne; tournée au SCAD Museum of Art, Géorgie, États-Unis; Musée national Smithsonian d'art africain, Washington, Etats-Unis; Museo Reina Sofia, Madrid, Espagne; Correo Venezia, Venise; Hayward Gallery, Londres, Angleterre (2015-2014), « My Joburg », La Maison Rouge, Paris, France (2013)...Les œuvres de Geers sont incluses dans des collections importantes à l'échelle internationale, y compris ArtPace, Texas, États-Unis; Chicago Art Institute, Chicago, États-Unis, FNAC, Paris, France, Magasin 3, Stockholm, Suède et Konsthall, Stockholm, Suède.

Photo 1: Sophie Bachelier, photo 2: Marco Godinho
Photo 1: Sophie Bachelier, photo 2: Marco Godinho

Photo 1: Sophie Bachelier, photo 2: Marco Godinho

Le Pavillon de l'Exil 03- Escale à Saint-Louis, Sénégal

Du 28 avril au 3 juillet 2018

Institut Français de Saint-Louis – Galerie du Fleuve

Commissaires : Marie Deparis- Yafil et mounir fatmi

Untitled (Imperfect) - Kendell GEERS - PAvillon de l'Exil 03 / Escale à  Saint-Louis, Sénégal
Partager cet article
Repost0

Recherche

Liens