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17 juin 2009 3 17 /06 /juin /2009 00:00


Vanessa Fanuele a invité Faye Formisano à investir avec elle l'espace de la Galerie Window 41 pour un face à face fort convaincant.
"Finger in my mirror" tisse et étire les liens entre le tissu et le papier, les fils de trame et de chaîne et les fils de laine.
Visible depuis la vitrine de la galerie, une installation comme une toile d'araignée, une architecture tentaculaire de vêtements féminins, recoupés, reteints, noués, liés. La volumineuse structure de Faye Formisano est comme habitée, soulevée d'un souffle, lumineuse et solaire, comme en prise avec une sorte de naturalité, d'organicité. On pense à Louise Bourgeois pour l'émotion, à Annette Messager pour la puissance de l'écho de mémoire que l'on croit entendre. Liens réels et fictionnels, des fils de laine, provenants de l'oeuvre de grand format sur papier de Vanessa Fanuele, ouvrent à d'hypothétiques réseaux, une danse. Liens organiques, comme le sont souvent les oeuvres de Vanessa, qui ausculte avec autant d'inquiétude que d'amour de soi, pour reprendre la formule de Rousseau, les tréfonds humains, et en particulier l'humaine féminité.

Window 41
41 rue du Faubourg Saint-Martin
passage Gustave Goublier
75010 Paris métro : Strasbourg St-Denis


du mardi au samedi
14h - 18h

jusqu'au 30 juin

Photo: Inside- Détail (Vanessa Fanuele)- oeuvre mixte sur papier

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9 juin 2009 2 09 /06 /juin /2009 23:07

Mains d'Œuvres accueille l'École Nationale Supérieure d'Art de Cergy pour l'atelier de recherche et création Kiss Me Deadly.

Kiss Me Deadly, pourquoi ce titre punk (cf Billy Idol et Generation X, en 1981) - ou alors c'est en référence à Robert Aldrich? Mystère, mystère...Je me renseigne...

En attendant, le baiser de la mort façon 2009 est-il plus conventionel? On espère que non...


Kiss Me Deadly, Atelier de Recherche et de Création, rassemble une vingtaine d'étudiants de la 2e à la 5e année de l'Ecole de Paris-Cergy.


L'objectif de cet ARC, animé par les enseignants Jeff Guess, Eric Maillet et Judith Perron, est de proposer tout au long de l'année des cadres de présentation publics avec des contraintes fortes d'adaptation à la situation donnée, de rapidité de mise en œuvre et de légèreté des propositions.


Pour la dernière présentation publique de l'année scolaire 2008-2009, l'équipe pédagogique  a proposé aux étudiants de travailler simultanément dans deux lieux opposés : Chez Robert - voir article « Chez Robert » dans la rubrique Projets- et Mains d'Œuvres, lieu d'exposition spacieux voire imposant et aux nécessités d'accrochage classiques mais délicates.


Deux contraintes supplémentaires ont été ajoutées pour l'occasion :

Chaque étudiant doit produire un travail en référence à celui qui est son voisin dans l'espace d'exposition (ce peut être une citation, une parodie, un pastiche, un hommage, etc.) ;
Il doit y avoir une circulation et un jeu de renvoi entre les travaux présentés dans les deux lieux.


Les œuvres accrochées Chez Robert seront consultables sur Internet , chez Mains d'Œuvres, et chez vous !


Vernissage à partir de 18h chez Mains d'Oeuvres, 1, rue Charles Garnier
93 400 Saint-Ouen  - Tel : 01 40 11 25 25

www.chez-robert.com

www.mainsdoeuvres.org

 

Bientôt, l'expo d'été chez Robert et en Septembre, je m'installe chez Robert pour y installer Emmanuel Régent......

(Source: site web Mains d'Oeuvres)

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5 juin 2009 5 05 /06 /juin /2009 11:06


A l'occasion de la sortie du film "Home", dont on dit le plus grand bien éducatif, je me suis souvenu de cet article que j'avais écrit en 2005 pour le webzine lafactory.com. A l'époque, Yann Arthus Bertrand essuyait de violentes critiques sur ses méthodes, que je ne trouvais pas réellement justifiées.
Aujourd'hui, il semble que le travail de ce photographe recueille un intérêt unanime - on voit à quel point le souci écologique a changé en quelques années- même si des esprits cyniques soulèvent la bien-pensance de son discours. Le cynisme, j'aime assez, de là à en faire l'étalon de tous les jugements, c'est un peu facile. A force de ne pas vouloir tomber dans le politiquement correct, on finit par devenir très con. Pour autant, je ne suis pas farouchement militante de l'écologie, pour les raisons d'ordre ontologique que j'explique dans ce texte.




Yann Arthus-Bertrand, chevalier du ciel

Depuis près de dix ans, les photographies de « La Terre Vue Du Ciel » ont fait le tour du monde et ont été vues par des millions de personnes. Cet été , plus d'une centaine d'entre elles, dont une quarantaine d'inédites, font escale dans un écrin de verdure au cœur du pays tourangeau. Au domaine du Château de la Bourdaisière, natures et cultures s'exposent, dans un extraordinaire foisonnement de couleurs et de paysages, de ceux qu'on ne voit pas d'ici-bas.

 

Un parcours initiatique


D'image en image on découvre le monde tel qu'on ne l'a jamais vu, tel qu'on risque de le perdre. Car sans ambiguïté, et avec une certaine modestie, Yann Arthus-Bertrand s'affirme davantage photoreporter que photographe d'art. Le projet initial, chapeauté par l'UNESCO, est bel et bien de constituer une banque d'images de la Terre, un inventaire de ses écosystèmes vus du ciel, de réaliser une sorte d' état des lieux de la planète. Un projet à l'essence clairement écologique, destiné à informer, alerter, responsabiliser le public, partant de l'idée qu' « on ne protège bien que ce que l'on connaît bien ».

 

La beauté des paysages pourrait être un bonus, l'essentiel étant que cette Terre est la « notre », et qu'il nous appartiendrait de la sauvegarder pour les générations futures, selon un « principe de responsabilité » cher au philosophe Hans Jonas. Il s'agit d'abord de prendre conscience des dangers que « l'agir humain » de l'ère moderne fait peser sur l'environnement et donc, sur la perdurance de l'humanité. Ce ne sont pas les images du monde qui sont belles, dirait Yann Arthus-Bertrand, mais le monde lui-même, qu'il saisit au vol, et dont il cherche à montrer la puissance et la fragilité.

Mais il se trouve que la beauté des images de Yann Arthus-Bertrand, et la beauté du monde, paysages ou activités humaines, qu'il photographie ne sont nullement en supplément. Elles sont au contraire les clés de voûte de ce combat qu'il entend mener. Que l'on soit écolo ou pas, cette beauté ne peut que frapper les esprits et exercer sa séduction comme un moyen d'accéder à la prise de conscience du danger que représente l'impérialisme de l'économie dans le monde des humains. Voir le beau conduit à en saisir la valeur, à l'aimer, et du beau au bien il n'y a qu'un pas. Celui qui consisterait à comprendre que pour conserver cette beauté, il nous faut « bien agir », c'est-à-dire, protéger cette beauté. Vouloir protéger cette beauté revient à nous protéger nous-mêmes, à faire « notre » bien. CQFD. Et pour renforcer ce mouvement espéré des esprits, se glissent çà et là des images saisissantes de contrastes, catastrophes naturelles dues au réchauffement de la planète, Tchernobyl déserté, camps de réfugiés, bidonvilles installés sur des décharges ou avions militaires abandonnés dans le désert.

Que toutes les images ne soient pas « belles », au sens où on ne peut trouver essentiellement belle une image de camp de réfugiés au Kosovo, même si la photo est bonne, est pour le photographe une manière d'écarter un danger : qu'à défaut d'alerter le monde sur l'état de la planète, on ne retienne de son travail que la dimension esthétique.



La « responsabilité » en question


Si ces photos constituent aussi un inventaire de la diversité des activités humaines, en montrant donc la richesse et la pauvreté, la guerre et la paix, la survie et la surpopulation, elles n'en sont pas que témoins, bien qu'objectivement présentées. L'empathie, la compassion, la reconnaissance de l'altérité, qui pourraient bien être les premiers et ultimes fondements d'une morale authentiquement altruiste, apparaissent comme un autre nerf de la « guerre » humaniste à laquelle Arthus-Bertrand participe à sa manière.

 

« Aujourd'hui, je ne vois pas comment on peut ne pas être écologiste » dit le photographe dont l'engagement en faveur du développement durable est sans faille. Ne pas être écologiste aujourd'hui ? Rien de plus facile ! Il suffit de ne pas se sentir responsable ! Et il serait réducteur de penser que ne pas assumer la portée de ses actes revient à un simple égoïsme irréfléchi. Au-delà de l'idée, dont on perçoit immédiatement l'évidence, d'un monde où le profit, matériel, ici et maintenant, est roi, au détriment de toute autre considération à venir, apparaissent d'autres questions. Car pour se sentir responsable, il faut se reconnaître des obligations et des devoirs. Envers qui et en vertu de quoi ? Lorsqu'en 1979, le philosophe allemand Hans Jonas publie « Le Principe responsabilité », esquissant une nouvelle éthique fondée sur la nécessité d'agir « de façon que (notre) action soit compatible avec la permanence d'une vie authentiquement humaine sur terre », il soulève en même temps des problèmes, toujours aigus aujourd'hui.

 

Pour vouloir protéger l'environnement, il faut d'abord considérer la terre comme    « biosphère », c'est-à-dire, lieu de VIE, et de la notre en particulier. Autrement dit, à moins de fétichiser la nature, ce n'est pas pour elle-même que nous devons la protéger, mais pour nous. Quel nous ? Non pas celui d'aujourd'hui ou de demain, mais pour les « générations futures » comme on dit. Abstraction qu'il n'est pas bien difficile d'ignorer, car cela revient à devoir se sentir responsable d'êtres « potentiels" qui n'existent pas (encore). De même qu'il est facile de fermer les yeux sur des massacres lointains, il est tout aussi facile, poussé par des impératifs économiques et présents, de ne pas se sentir concerné par ce qui adviendra de nos arrières- petits-enfants, dans cent cinquante ans...Sauf que...Aujourd'hui, le danger est au plus près, déjà dans nos assiettes et l'air que nous respirons.

Plus radicalement, pour se préoccuper sérieusement du devenir humain, encore faut-il s'accorder sur le postulat de la nécessité de l'existence humaine. Que l'humanité doive à tout prix continuer d'exister n'est nullement une évidence. Il faudra beaucoup plus d'amour, au sens le plus fort, de souci de soi, pour que chaque humain, convaincu que l'humanité mérite de subsister, agisse pour l'humanité, et sauve la nature qui l'accueille. Là est sans doute le plus gros projet de l'humanité pour le siècle à venir, et il y a du boulot !

Les photos de Yann Arthus-Bertrand continuent de parcourir le monde, porteuses d'un message si simple qu'on en oublie la profondeur : Ah ! Que la vie est belle !


« La Terre vue du Ciel » - Yann Arthus-Bertrand
Château de la Bourdaisière - 37270 Montlouis-sur-Loire
Tarifs : 6, 50/ 5,50/ 4,50 gratuit pour les - de 18 ans et groupes scolaires
Jusqu'au 30 octobre 2005
www.yannarthusbertrand.org



Ce texte avait été lu par Yann Arthus-Bertrand, et sa femme (je crois) m'avait envoyé un petit mot gentil...

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30 mai 2009 6 30 /05 /mai /2009 23:19



Le projet  "Head Above Water" est un magnifique projet dont j'ai la chance de suivre l'évolution, en attendant de pouvoir y participer plus activement.


Le propos de «Head Above Water »



 

 

En 2001, Barthélemy Toguo séjourne au Drawing Center de New-York.  Sur des petits carnets de feuilles format carte postale, rapportés d'Allemagne, il commence une série de portraits à l'aquarelle. Dans son atelier parisien, l'artiste accumule depuis longtemps des timbres de toute sorte, qu'il colle sur les cartes postales ainsi peintes. Ne manque plus que l'écriture...

 

Le projet  Head Above Water démarre réellement en 2004, lorsque, préparant une grande exposition personnelle, l'artiste ressent le besoin de faire « un voyage vers l'autre ».

Il part alors en Serbie et au Kosovo, avec des carnets de cartes postales vierges sur lesquels il peint sur place des portraits anonymes. Barthélemy Toguo  raconte : « J'ai arpenté les rues, les marchés, les campus universitaires et j'ai invité les gens à écrire sur les cartes ce qu'ils ressentaient, dans la langue de leur choix. Je leur expliquais que c'était l'occasion de dire au monde ce qu'ils vivaient et que cela pourrait être entendu dans les pays où l'œuvre allait être exposée. Je ne les ai pas envoyées chez moi de peur qu'elles ne se perdent, qu'elles ne soient censurées ou perdues. J'ai voulu respecter cette idée de correspondance, de choses intimes chuchotées par les gens »*.

Ce premier chapitre de Head Above Water, dans lequel se croisent paroles de serbes et de kosovars, est immédiatement montré dans le cadre de son exposition personnelle  « The Sick Opera » au Palais de Tokyo, à Paris, en 2004.

 

Depuis, le projet Head Above Water s'est enrichi d'autres chapitres : Après Cacâk et Prokupje, en Serbie, et Pristina, au Kosovo, en 2004, il est parti à Lagos, au Nigeria, a recueilli des paroles de jeunes lors des émeutes à St Denis, en France, en 2005, s'est également rendu à  La Havane (Cuba), à Hiroshima (Japon) en 2006 , à Johannesburg (Afrique du Sud), à Moscou (Russie) et à Newcastle (Grande-Bretagne) en 2007, et prépare actuellement un nouveau volet de la série à Auschwitz-Birkenau (pologne) et Mexico (Mexique). Chaque série forme un « tableau » de format 208 X 130 cm, composé de 96 cartes postales.

 

 



Tout le propos de Head Above Water est de donner, ou de redonner, la parole, de manière directe, à une population anonyme, qui peut ici s'exprimer librement, par le biais de « cartes postales » illustrées par l'artiste. A partir d'une question simple, souvent liée à l'actualité - à Moscou : la situation en Tchétchénie, à Newcastle: la présence des forces armées royales en Irak- ou plus générale, à propos des conditions de vie, comme au Nigeria ou à Johannesburg -la misère, la survie, la violence urbaine, le SIDA...- les gens relatent leur réalité quotidienne, leurs peurs, leurs souffrances mais aussi leurs espoirs, leurs rêves...

 

La démarche de Head Above Water tient à la fois du carnet de route, du témoignage et du compte-rendu, ouvrant une porte plus intime sur les conflits, choisissant le prisme d'une approche individuelle - sans être nécessairement anecdotique- transportant dans ses bagages des messages non censurés de violence, d'oppression, de pauvreté, d'urgence, dessinant ainsi une carte géopolitique aux contours différents et humanisés.


Le travail de Barthélémy Toguo


L'œuvre de Barthélemy Toguo tient incontestablement une place à part dans le paysage artistique contemporain.



 


Dès ses premières réalisations, au travers de la série de « performances » que forment l'expérience de Transit*, entre 1996 et 1999,  cet artiste né au Cameroun et vivant entre Paris et Bandjoun, s'est toujours inscrit dans une certaine volonté de témoigner et de réfléchir les représentations, les modes de pensée, les stéréotypes ou les idéologies, de prendre l'art à partie dans les débats du monde.


Tout son travail est en effet sous-tendu par une puissante sensibilité aux difficultés que tous et chacun peuvent rencontrer dans les échanges sociaux. Plus encore, il sait opposer sa lucidité et sa colère, son sens de la beauté, de l'ironie et de la provocation partout où des forces politiques, économiques, culturelles opposent l'oppression et la violence à la Vie. Car l'artiste affirme son amour de la Vie comme s'il s'agissait d'une vocation politique et cherche à en «exprimer », au sens propre, les émotions et la beauté, comme si c'était un combat.

De ses tampons géants sculptés, « parodie du geste administratif »**, (New World Climax), à ses performances ( Pure & Clean, NY, 2001 ; In a Turkish Jail - Las Palmas de Majorque, 2001), et passant par ses installations (Life'sTrial (2004), Baby Bomb (2005) -sorte de mémorial aux enfants tués à Falloudja-, In Despair, à propos de la situation politique et économique africaine (2006) ou encore le projet Head above Water), le souci politique, l'éveil des consciences, notamment sur les rapports Nord-Sud, se présentent comme autant de préoccupations majeures dans son travail.

 

Ce souci se manifeste dans l'œuvre de Toguo par un intérêt profond pour la réalité quotidienne, la manière dont l'individu vit le poids d'une situation politique, géographique, culturelle. Le territoire, l'identité en mutation, confrontée au croisement des cultures, la rencontre et l'altérité, le déplacement et les frontières sont pour lui des problématiques récurrentes, donnant une dimension humaniste et une portée universelle à son travail.

 

Pour Barthélemy Toguo, l'information, les médias, relèvent de besoins vitaux de savoir, de se tenir en lien, en alerte, avec ce qui se passe dans le monde. Et la censure, la désinformation, comme la surmédiatisation, sont pour lui autant de sources d'inspiration. Dans une vidéo datant de 1997, Ma tête, l'artiste se rase le crâne sur fond de France Info : l'artiste, « récepteur mais aussi émetteur d'information »**, donne sens à son travail par la revendication, la critique, la sensibilisation au monde contemporain.

Ses très nombreux voyages, et son insatiable curiosité pour les réalités du monde le conduisent à se positionner comme une sorte de témoin, de reporter, de conteur du monde contemporain, par et au-delà du cadre de l'art.

 

 

* De 1996 à 1999, BT se lance dans une série de performances intitulée « Transit ». Dans des gares, des aéroports, des lieux de déplacement et de circulation, il interroge par des actions décalées, suscitant la réaction, le regard de l' « autre », les notions de « classe »,  la question des frontières, de l'identité, de la migration. Il s'agit aussi de montrer comment l'homme contemporain est fondamentalement « en transit », ou potentiellement « exilé », « déplacé ». Pour l'artiste, le déplacement est  au cœur de la condition contemporaine, et la rencontre, le croisement des cultures, une évidence. En même temps, dans ce monde où tous les déplacements sont possibles, les performances de Barthélemy Toguo pointent le paradoxe d'un monde où le droit de l'homme à  se déplacer librement est souvent mis à mal là où les marchandises, contexte de globalisation oblige,  transitent sans problème.

** François Piron -« Welcome to Spiral Land » in Blocnotes N°17 - 1999



Photos courtesy bandjoun station - www.barthelemytoguo.com
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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 21:32

Une tendance pour le blanc, paysages glacés, territoires vierges, ultimes banquises, illusoire dernier eldorado... est en train d'émerger, tentation et tentative de réaction contre l'agressive profusion de tout, et des images en particulier, du trop et du trop plein.

 J'avais déjà repéré à la Galerie Isabelle Gounod le travail de Julien Des Moustiers et ses « Chroniques du Pôle », ; une galeriste m'a confiée que pour la prochaine FIAC, plusieurs galeristes avaient eu l'idée d'un « white white cube », monochrome blanc ou blanc sur blanc ; à la Galerie Frédéric Giroux, j'ai été séduite par les paysages enneigés et comme silencieux de Pierre Bellouïn soutenus par une bande sonore mystérieuse et envoûtante dans une ambiance à la Russell Banks, et c'est sans compter la scénographie en blanche géologie de « La force de l'art » au Grand Palais, voire, si on veut juste figurer, le « Triomphe de la Neige » de Gentil Garçon.


A la School Gallery, l'exposition collective « White Else » joue la carte du blanc à tous les étages avec des œuvres de Joakim Eneroth (Photographe / Suède), Nicholas Hughes (Photographe / Royaume Uni), Tan Kadam (Photographe / Allemagne-Turquie), Naji Kamouche (Plasticien / Algérie-France), Benoit Lemercier (Plasticien / France), Marie Orensanz (Plasticienne / Argentine) et Artistes invités : Eleonora Aguiari (Plasticienne / Italie), Emilie Benoist (Plasticienne / France), Christine Crozat (Plasticienne / France), Maryline Pomian (Plasticienne / France), Ghyslain Bertholon (Plasticien/France) (que j'avais moi-même eu le plaisir d'exposer dans « seconde peau, seconde vie »)

Mention spéciale pour les photos de Joakim Eneroth et Tan Kadam, et pour les très belles pièces d'Emilie Benoist.


« White Else »
- Jusqu'au 12 juillet- School Gallery- 81 rue du temple- Paris 3e -
www.schoolgallery.com



Pascal Frament
présente un cycle de vidéos à la Galerie Charlotte Norberg (Rue Charlot, Paris 3e) jusqu'au 28 mai, tandis que Sayaka Shoji présente la vidéo co-réalisée avec Pascal dans le cadre du projet « Synesthesia », et quelques peintures, à la Galerie Punctum (Tokyo, Japon), jusqu'au 15 juin



PARCOURS ST GERMAIN
 : Dans le cadre du prestigieux parcours St Germain, qui se déroulera cette année du 29 mai au 12 juin sur le thème « tatiesque » de Play Time, on retrouvera la puissante installation « A bas les cieux » de Naji Kamouche (qui avait été présentée par la School Gallery à ArtParis) dans la Chapelle des Beaux-Arts, 14 rue Bonaparte.  La liste n'est pas complète , mais on pourra voir Agnès Thurnauer chez Christian Dior, Virginie Barré chez Eskandar, Xavier Veilhan chez Germain et Fabrice Hyber à La Hune, JC de Castelbajac investit l'Hôtel - wildien- et Philippe Ramette occupe Vuitton. Elisa Strada, jeune artiste argentine -une autre artiste de la School Gallery- sera chez Sonia Rykiel. Bref, que du beau monde dans de beaux endroits !


A partir du 19 juin, on pourra voir une œuvre de Luna à l'Espace Culturel François Mitterand de Périgueux dans le cadre de l'exposition « De la couleur au trait, 40 ans de figuration », aux côtés d'artistes comme Bernard Rancillac, Peter Klasen, Jacques Monory, Erro, Rebecca Bournigault, Damien Deroubaix, Hervé Di Rosa,  Robert Combas...

 

Actualité de mounir fatmi : Musée Bab Rouah et Musée Bab Elkebir, Rabat, Maroc
Traversées - 16 mai - 30 juin 2009 - Commissaire : Brahim Alaoui  I  Isola di San Pietro, Venise, Italie - Cul-de-Sac - 5 juin - septembre 2009 - Commissaires : Lino Polegato et Francesca Colasante I Volta, Lombard-Freid Projects, Basel, Suisse - 8 - 13 juin 2009 I CASM, Barcelone, Espagne - After Architecture: Tipologies de Després - 19 juin - 16 septembre 2009 - Commissaire : Marti Peran

 

Actualité de Barthélémy Toguo : "The aids issue cannot be solved thanks to the distribution of condoms. Benedict XVI" - Mario Mauroner Contemporary- dans le cadre de  Art Vienna, Austria - Curated by Jerôme Sans - May 5 - June 20, 2009 I "Fragile, Les champs de l'empathie", Musée d'art moderne de Saint-Etienne, France.
curated by Dr Lóránd HEGYI  - 16 May - 16 August 2009 I "Une Collection", Espace Vallès, Saint Martin d'Herres, France. - May 2- June 6 / 2009  I "Elusive dreams", Les Hauts du Ru, La Cathédrale, Montreuil, France. - curated by Blandine Gwizdala

 

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27 mai 2009 3 27 /05 /mai /2009 20:12



C'est avec beaucoup d'intérêt et d'enthousiasme que je collabore au projet Chez-Robert, un projet artistique initié par l'artiste Michel Delacroix, directeur artistique de la "galerie", avec le soutien du web-master et co-fondateur du lieu Didier Allabert.
En septembre, en tant que commissaire invité, je présenterai dans le cadre de Chez-Robert le plasticien Emmanuel Régent.

Chez-Robert I Qu'est-ce que c'est?



Le propos de chez-robert.com est un projet global comprenant un volet internet - www.chez-robert.com  - sur lequel a lieu les expositions personnelles des artistes, un volet éditorial, avec un projet d'édition d'un ouvrage regroupant les interventions plastiques ayant eu lieu, un volet curatorial, avec la mise en œuvre d'un espace d'exposition physique montrant les différents dispositifs dans une scénographie globale.

Le concept originel de chez-robert.com est de créer un espace d'art réel alliant ambition de la programmation et absence de contrainte matérielle forte. Les expositions sont, d'abord, visibles uniquement sur internet.

Puis, l'ensemble des expositions prendront place dans un dispositif global les présentant dans un espace à échelle humaine, dans une scénographie articulant les différents dispositifs au travers de plusieurs supports: les espaces galeries, les photographies, les documents écrits, etc.

 

 

● Le dispositif utilisé prend la forme d'un espace de monstration aux contraintes spatiales très particulières, pour laquelle l'artiste élabore des propositions spécifiques. Les expositions sont photographiées sous plusieurs angles. Les photographies sont ensuite visibles sur le site www.chez-robert.com, accompagnées d'un cortex explicatif : auteur, technique, textes critiques...

 

● Le projet chez-robert.com s'inscrit dans une réflexion réunissant artistes, critiques et commissaires, autour de questions curatoriales : Qu'est-ce qu'exposer ? Qu'expose-t-on ? Qu'est-ce qu'un espace d'exposition ? Quelle expérience le visiteur peut-il y faire ?

 

● www.chez-robert.com est un lieu d'expérimentation, d'échanges et de confrontation réels. Si le projet, dans son premier volet, est diffusé par le biais de l'Internet, il n'en reste pas moins un espace réel d'exposition réelle. chez-robert.com s'affirme donc paradoxalement comme une forme d'acte de résistance contre la virtualisation croissante du monde contemporain, en replaçant l'Internet à sa position de moyen et non de fin en soi. La réalisation du projet au travers d'une publication et d'une « exposition des expositions » dans des lieux d'art qui restent à définir confirme cette posture.


Ont déjà été invités chez Robert: Patrice Ferrasse, Helen Pynor, Julien Cadoret, Vincent Ganivet, Cécile Meynier.

 

chez-robert | le nom

 

En 2004, Michel Delacroix et Didier Allabert ont eu commande d'une œuvre dans le cadre d'un événement littéraire. La figure centrale de cet événement était l'écrivain Robert Walser et ses « microgrammes ». En résonance avec cette écriture très particulière ils ont créé une série de 13 « vidéogrammes » compilés sur un DVD intitulé « autour de robert »

En 2007 ils décident de créer un espace d'art visible sur internet. Les questions d'échelle et de lisibilité sont encore présentes, le passage de « autour de robert » à « chez-robert » s'est fait naturellement, il est plus à voir comme un clin d'œil que comme une référence explicite.


Le projet chez-Robert est en cours...Si vous souhaitez de plus amples informations, n'hésitez pas à me contacter.

Voir: www.chez-robert.com

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21 mai 2009 4 21 /05 /mai /2009 16:00


La très jeune et très talentueuse violoniste Sayaka Shoji a plus d'un talent. Après son expérience -encore inachevée- de vidéaste avec Pascal Frament (voir article sur le projet "Synesthesia"), elle fait ses débuts d'artiste peintre dans une importante galerie de Tokyo, la galerie Punctum. A cette occasion, j'a rédigé pour le catalogue de son exposition un petit texte (traduit en anglais par la galerie).
La galerie Wako, une des plus influentes galeries de Tokyo, qui représente entre autres Thomas Schütte, Gerhard Richter, Luc Tuymans ou Mike Kelley, lui a acheté une oeuvre dès le soir du vernissage. C'est plutôt bon signe et encourageant pour la bouillonnante et passionnée Sayaka!



"When I first met the young and frail Sayaka in a café in Paris, she did not talk to me about her violin or magnificent career, but about another dream: to create a video around music, images she had in mind while playing, a tribute to Russia, to Shostakovitch and Tchaikovsky. And little by little, "Synesthesia" was born ... An ambitious project, but Sayaka Shoji fears nothing, fears not to carry her listeners away in her virtuosity when playing, nor to dare to venture into other fields of art. There is a permanent bubbling sensitivity in this young woman and an inner rich and powerful world, a requirement, a curiosity and an unquenchable thirst for the beauty of art.

The music fills her world but not enough. It would require a thousand lives to be in turn an actress, a videographer, a musician and a painter, but because we have only one life, Sayaka has chosen to try everything here and now. And so it is the young painter, not the violinist as we know her, who showed me her works in oil, in her small apartment at rue de Verneuil, close to Saint Germain des Près.

"Synesthesia": The title she selected for the piece on which we are working with the videographer Frament Pascal, was not chosen at random. Sayaka Shoji likes the idea that the arts can meet, just as music draws pictures and those images lead to sensations. And that is what it is in the paintings of Sayaka Shoji, all inspired by her journey within herself and the music she hears, of which she knows the most subtle variations.

Simplicity of form and purity of color then emerge on the canvas, leaving room for the feeling of a memory awakened. When she paints, Sayaka does not listen to music because music is in her. Her painting suggests the mystery that music can produce in us: intimate pictures of a curve, color, pattern, the still picture of a sensation, a landscape. She also paints gestures, the physicality of the work inspired by the music, as in this table based on the second movement of a Violin Concerto by Ligeti, where the hand of the violinist - her own perhaps? - seems to arise this solar and serene landscape. It may also be the power of music, almost magical, like an explosion of colors and suggestive and symbolic shapes which Sayaka experiences in the fourth movement of the Sonata for violin and piano by Prokofiev, or the landscape, almost surreal, inspired by a Sonata Bloch.

"I like that music is not deaf to the song of the wind in the plain and insensitive to the scent of the night," said the french philosopher of Russian origin Vladimir Jankélévitch. Like him, Sayaka Shoji knows that only art can make life a poetic and unfinished act."

Texte pour le catalogue paru à l'occasion de l'exposition de Sayaka Shoji à la Galerie Punctum, Tokyo (Japon)

Exposition du 22 mai au 13 juin 2009


www.punctum.jp
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12 avril 2009 7 12 /04 /avril /2009 23:22



J'ai rencontré Sayaka Shoji il y a un peu plus d'un an. Sayaka est née à Tokyo, elle est devenue une très grande -et encore très jeune- violoniste, emmenant son Stradivarius avec elle partout dans le monde.
Sayaka rêvait de réaliser un film vidéo à partir de son interprétation. Elle pensait que c'était chose impossible...J'ai eu envie de l'aider à réaliser ce rêve, et me suis mise à la recherche d'un vidéaste avec lequel elle pourrait travailler. Je lui ai fait rencontré Pascal Frament, plasticien et vidéaste qui m'a été présenté par la galeriste Charlotte Norberg. La rencontre fut fructueuse: le projet, que Sayaka a baptisé "Synesthesia", est né peu à peu.
Une première vidéo "pilote" a été réalisée. Mais le projet n'est pas fini. Il nous faut maintenant chercher - et trouver- des financements pour poursuivre l'aventure: 9 ou 10 préludes de Shostakovitch attendent d'être mis en images par Sayaka et Pascal...A votre bon coeur...Pour toute information sur ce projet, ne pas hésiter à me contacter!
Voir aussi le site de Sayaka Shoji:
www.sayakashoji.com




LE PROJET

 

 

Le projet de Sayaka Shoji et de Pascal Frament consiste en la réalisation d'un film vidéo composé d'une dizaine de séquences de 1 à 2 minutes chacune.

La bande-son est conçue à partir de préludes de Dmitri Shostakovich, choisis parmi les 24 préludes opus 34, interprétés par Sayaka Shoji.

Les images sont réalisées par Pascal Frament, en collaboration avec Sayaka Shoji.

 

 


INTENTIONS

 

Dans un premier temps, Sayaka Shoji projetait, au travers d'une vidéo, de faire partager à son public les émotions et les visions suscitées par la musique lorsqu'elle joue, au-delà de son interprétation et de sa présence scénique.

Elle rencontre alors le vidéaste Pascal Frament, avec qui elle partage une vision commune de la musique et de l'image. Ils décident de mener ce projet ensemble.

 

Par le travail en collaboration avec un vidéaste plasticien, Sayaka Shoji veut donner à voir des images qui ne soient pas « documentaires » mais artistiques et contemporaines, dans le désir de créer des connexions entre deux mondes, celui de la musique « classique » et celui de l'art contemporain, qui sont rarement amenés à se rencontrer, et d'ouvrir l'un à l'autre les deux univers.

 

Le projet mené par Sayaka Shoji et Pascal Frament constitue ainsi une expérience nouvelle, un projet réellement inédit, tant dans le monde de l'art contemporain, que dans celui de la musique classique.

 

Il s'agit d'une véritable création commune entre deux artistes venant d'horizons différents, mais se rejoignant dans leurs affinités et leurs univers esthétiques.

Dans ce projet expérimental, la musique ne sera pas, comme souvent dans les vidéos plasticienne, un accompagnement des images. Au contraire, ici, les images prennent racine dans la musique et la portent.

 

Enfin, le travail commun de Sayaka Shoji et de Pascal Frament donnera naissance à une véritable œuvre contemporaine, qui pourra trouver sa place de manière innovante dans le circuit de la musique classique, comme dans celui de l'art contemporain.

 

Avec la collaboration de: 

Galerie Charlotte Norberg, Paris

Punctum Gallery, Tokyo

Deutsch Grammophon Universal Music

Harrison Parrott Ltd. Artist and Project Management 



SUIVRE LE PROJET :

http://www.sayaka-shoji.com/synesthesia/home.html























LA VIDEO PILOTE

Afin de permettre aux organisations soutenant notre projet d'avoir un aperçu du projet vidéo et de l'univers développé par Pascal Frament et Sayaka Shoji, une première séquence a été réalisée.

 

 

Durée : 3'09''

Musique : Dmitri Shostakovich - Prélude Op.34 N°22 - Adagio

                 Interprété au violon par Sayaka Shoji

Réalisation : Pascal Frament & Sayaka Shoji


Synopsis :
Réalité ou projection mentale ? L'homme tombe-t-il ou rêve-t-il qu'il tombe ? Se réveillera-t-il ou sombrera-t-il vraiment ? Et les images de vie, bribes de souvenirs, sont-ils les restes d'une vie réelle, une exploration de la mémoire ou une construction imaginaire ? Accompagnant l'homme dans sa rêverie, le spectateur flotte dans un monde incertain, visite des univers intimes et se laisse porter, lentement, par des images poétiques. Noir et blanc et auras de couleurs alternent produisant une atmosphère d'intimité et d'étrangeté, un puzzle mental, celui d'une femme, peut-être...


Images extraites de la vidéo pilote du projet « Synesthesia »

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8 avril 2009 3 08 /04 /avril /2009 23:05

 


Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Jean Baudrillard, Georges Bataille, Walter Benjamin, Albert Camus, Jean-Paul Sartre, Michel Foucault, Pierre Bourdieu... autant de noms d'intellectuels, de penseurs de la modernité occidentale, qui ont construit la plupart des théories, des systèmes, des critiques, des structures idéologiques avec ou contre lesquels s'est construit le monde contemporain. Par leur manière de porter un regard toujours critique parfois révolutionnaire sur l'éthique, la politique, la sociologie, l'épistémologie, l'art ou le langage, ces hommes sont les bâtisseurs de la pensée moderne et post-moderne.

Leurs noms inscrits sur des casques de chantier suggèrent immédiatement la notion de construction, et fournissent d'emblée le moyen plastique de créer un lien avec l'architecture, qui dépasse ici la notion de mode de construction du bâti, mais opère un glissement vers un mode de formalisation de la pensée, de son histoire, de ses connexions. Si la pensée est à la fois construction et matière à construire, les systèmes de pensée s'édifient en architectures. D' autres formes d'architecture.

Le parallèle entre le travail de l'ouvrier, et l'ouvrage que constitue la structuration d'une pensée, d'une théorie, d'un système philosophique se fait ici évident.

C'est ainsi bien à dessein que Derrida employait le terme de « déconstruction » quand il s'agissait de déstructurer les modes de pensée occidentaux hiérarchisants.

 

Mais l'espace sémantique des Monuments ne se limite pas à ce parallèle et la métaphore se file en réseau polysémique.

Le casque de chantier ne renvoie pas seulement à l'idée du penseur-bâtisseur, il signifie aussi ce qui est « en voie de construction ». Autrement dit la pensée en mouvement, en perpétuelle construction, reconstruction, déconstruction est un vaste chantier. C'est là l'essence même de la pensée, que de se déployer dans ce continuum nécessairement inachevé. Ce chantier permanent traduit la dimension fondamentalement critique de la pensée, dans la capacité qu'à l'homme de remettre en question ce à quoi il pensait un jour avoir répondu, dans cette curiosité sans cesse nourrie de la vision de l'univers, dans cette aptitude à hypostasier les raisons du monde, à bâtir des systèmes explicatifs, à s'interroger encore et encore sur le sens et la valeur de la condition humaine, à transformer les faits en problèmes, à ne pas se suffire du réel. On reconnaît ici le refus de mounir fatmi de la pensée totalisante -ou totalitaire-, des systèmes clos et des préjugés auxquels conduit l'ignorance.

Les monuments semblent rappeler la nécessité, plus que jamais, de laisser parler, d'écouter, de lire, ce que peuvent avoir à dire sur le monde ces « ouvriers de la pensée ».

 

Si ces penseurs sont des monuments, ce sont des monuments fragiles. Sur leurs chantiers aussi le port du casque est obligatoire car de tels chantiers sont éminemment dangereux. Si à première vue, l'idée que ces casques soient faits pour protéger leur outil de travail peut être perçue comme une boutade, elle révèle en fait cette fragilité de la pensée, menacée par l'ignorance, l'incompréhension, la violence du dogmatisme, l'aveuglement de l'illusion ; tout penseur reste toujours, d'une manière ou d'une autre, dans cette solitude et ce risque mortels de la caverne platonicienne.

Les penseurs sont des monuments fragiles et il faudrait en réalité bien plus qu'un casque pour les protéger car les chantiers qu'ils mettent en œuvre sont toujours menaçants pour les idolâtres, les philistins, les contempteurs de l'intelligence, les candides de toute sorte, et plus encore pour les dictateurs, tyrans et autres despotes pour qui le paternalisme dogmatique et l'ignorance populaire garantissent la perdurance du pouvoir.

Dans sa version de porcelaine, la vulnérabilité des ces Monuments est renforcée, dans ce paradoxe d'un objet censé protéger bien que lui-même si fragile.

Fragilité de la pensée, aussi, en ce qu'elle peut avoir de perverti. Car ne nous y trompons pas : la crise intellectuelle que nous traversons n'est pas tant une faillite de la pensée en tant que telle qu'une crise éthique. Le triomphe du capitalisme sauvage, de l'économie de profit, de la globalisation médiatique, conduisant à une anti-morale de l'instrumentalisation, voire de la réification de l'humain, ne résultent nullement de l'absence de pensée mais au contraire d'une réflexion choisie, et orientée, à laquelle Sun Zi, Machiavel, Thomas Hobbes, Hegel, Malthus, Nietzsche, Auguste Comte ou Adam Smith  ne sont pas étrangers.

Alors, les casques d'ouvriers marqués au nom de nos penseurs, abandonnés en tas proliférants comme si le chantier avait été déserté, semblent manifester l'urgence de se remettre au travail, et d'opposer à nouveau une Pensée, humaniste si c'est encore possible,  au règne du cynisme et de la matière consommable.

 

Les monuments présentés ici sont le point de départ d'un work in progress développant, à partir de cinq casques de porcelaine portant le nom de penseurs ayant marqué la réflexion de mounir fatmi, des installations proliférantes de casques de chantier multipliant les références, d'une série photographique et d'une vidéo. Un projet baptisé "Fondamenta/Les monuments".

Pour lire d'autres textes que j'ai signé sur le travail de mounir fatmi, voir le site de l'artiste:
www.mounirfatmi.com

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28 mars 2009 6 28 /03 /mars /2009 21:55

Comme on n'est jamais mieux servi que par soi-même:

- "Seconde peau, seconde vie" - Exposition du 11 mars au 12 avril 2009 -
Commissaires: Marie Deparis-Yafil et Isabelle Lebaupain/ Agence Pop

Avec:

Liza Arico, Ghyslain Bertholon, Michel Bordage, Thomas Canto, Chikethic, Juliette Clovis, Deux filles en fil, Lucie Duval, Vanessa Fanuele, Ana Paula Freitas, Sylvie Kaptur-Gintz, Mouna Karray, Suntta Li, Luna, Miguel Angel Molina, NACO-PARIS, Natydred, Valérie Pache & Christian Sauvegrain, Pschhh, Coco Tassel, Jenny Tillotson, Barthélémy Toguo, Toubab Paris, Ada Zanditon, ZEVS

Catalogue sur demande

la Salle d'exposition - 11 Place Bérégovoy- Guyancourt, Quartier Villaroy (Yvelines) - Renseignements:01 30 44 50 80

(Voir article dans "Commissariats")


Actualité de Mounir Fatmi

Göteborgs Konsthall, Göteborg, Suède - Another Border: programme 4: Who are the others? - 24 janvier-5 avril 2009 - en collaboration avec la Cinémathèque de Tanger //  Frac Alsace, Sélestat, France - Fuck Architects: chapter III - 5 février- 17 mai 2009 - commissaire : Olivier Grasser // Kunsternes Hus, Oslo, Norvège- Looking Inside Out - 20 février-19 avril 2009 - commissaire : Maaretta Jaukkuri ( Lire le texte réalisé pour la page de l'artiste dans le catalogue, dans "Publications") //  Galerie Conrads, Düsseldorf, Allemagne - Minimalism is capitalist - 6 mars-9 mai 2009 -
(Lire le texte réalisé pour l'installation et utilisé pour l'exposition sur le site de l'artiste:
www.mounirfatmi.com/2installation/minimalisme.htlm


Actualité de Barthélémy Toguo

Seconde peau, seconde vie,
Guyancourt (Yvelines), France- Commissaires:  Marie Deparis-Yafil et Isabelle Lebaupain - 11 march - 12 april 2009 //  Homeless in the city, Cornelius strasse, Düsseldorf, Germany - 5 - 29 march 2009 //  Art Dubaï, Mario Mauroner contemporary art, Booth N° A3 - 17 - 21 March 2009


Actualité de Vanessa Fanuele

Seconde peau, seconde vie, Guyancourt (Yvelines), France - Commissaires: Marie Deparis-Yafil et Isabelle Lebaupain - 11 mars - 12 avril 2009 //  Sortilège , Fondation Salomon, Annecy, France - Commissaire: Anne Malherbe - 14 mars- 14 juin 2009


Actualité de Sylvie Kaptur-Gintz

Seconde peau, seconde vie, Guyancourt (Yvelines), France - commissaires: Marie Deparis-Yafil et Isabelle Lebaupain - 11 mars - 12 avril 2009 //  Correios Cultural - Année de la France au Brésil, Salvador de Bahia, Brésil-
31 mars au 17 mai 2009


Actualité des Galeries

Martine Mougin, photographies, à la School Gallery, du 31 mars au 9 mai 2009 -
www.schoolgallery.fr
(Voir le texte écrit pour l'exposition dans la rubrique "artistes, galeries" ou sur le site de la galerie)
Galerie Charlotte Norberg: Vincent Guzman du 7 mars au 11 avril 2009- Galerie présente au Salon du dessin contemporain, du 25 au 30 mars 2009 - Carreau du Temple, rue Dupetit-Thouars, 3e - www.galeriecharlottenorberg.com

Après Vincent Ganivet, Chez-robert.com montre Cécile Meynier du 26 mars au 14 juin 2009 - www.chez-robert.com


Actualité de Emmanuel Régent

" Un salon particulier - Les inattendus du désir" - du 21 au 30 mars 2009 - Une proposition de Caroline Smulders - visite de 15 à 20 heures uniquement sur RDV au 0609026631 - 4 rue Martel, Paris Xème  // Présent au SALON DU DESSIN CONTEMPORAIN - du 26 au 30 mars 2009 au Carreau du Temple  - avec la Galerie Espace à Vendre/Le Cabinet // "S x S dans R" - Une proposition d'Adrien Pasternak - du 11 au 25 Avril 2009 - La Générale en Manufacture - 6, Grande Rue - 92310 Sèvres








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