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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 01:07

Quand j'enseignais la philosophie, je faisais souvent étudier "Race et Histoire " à mes élèves...
Et j'aimais particulièrement cette phrase de Claude Levi-Strauss:

"Le barbare, c'est d'abord celui qui croit en la barbarie"

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8 novembre 2009 7 08 /11 /novembre /2009 00:20

C'est avec plaisir que j'ai pu voir que l'installation sculpturale que j'avais commandé à Sylvie Kaptur-Gintz pour l'exposition "Seconde peau, seconde vie"...continue sa vie! Récemment exposée dans le cadre de la 4ème Biennale armoriciane d'Art contemporain, "Le regard des autres", "Port-Royal" a été installée au Musée de la Briqueterie de Langueux, Parc de Boutdeville à Langueux. A voir jusqu'au 29 novembre.

A cette occasion, le texte que j'avais écrit pour  le catalogue de "Seconde peau, seconde vie" a été re-publié dans le catalogue de la Biennale.

La robe de Sylvie Kaptur-Gintz, entièrement faite de bandes plâtrées et de bandes « Velpeau », rubans de crêpe de coton nécessaires aux pansements, n est pas une robe à porter mais une robe symptôme, ouvrant à une multiplicité d interprétations et de sens. La femme qui porterait cette robe, avec son corset rigide de bandes plâtrées, serait obligée à un « port de reine », dans cette robe qui soutiendrait, masquerait, soignerait ses blessures et ses faiblesses. « Port-Royal ", c est aussi le nom du boulevard parisien où se situe un important hôpital maternité. Au travers de cette robe, ce sont donc différentes figures de la féminité qui sont mis en jeu et en regard : la femme mère, la femme protectrice, celle qui

panse les petites et grandes blessures mais qui vit aussi avec ses propres blessures, ses douleurs.

Parmi elles, parfois, le regard sur soi déformé par les images de femmes que renvoient les magazines, et dont Sylvie Kaptur-Gintz obture ici la visibilité.

L installation de chaussons de danse en bandes plâtrées qui l accompagne renforce ce sentiment de fragilité, rappelle à la fois à l enfance -quelle petite fille n a pas rêvé d être danseuse ?- mais aussi à la souffrance du corps au travers de l'évocation de la pratique de la danse. "Port-Royal » est une évocation émotionnelle intime à propos de l identité d une femme, poétique et d une grande puissance évocatrice.

Chez Sylvie Kaptur Gintz, la nécessité de créer est une évidence car dit-elle souvent, « l acte de peindre

est étroitement lié aux notions de naissance et de renaissance ». Car le monde, ou plus exactement, « l être au monde", est une naissance sans cesse renouvelée, porteuse de mémoire, d' identités, d histoires individuelles et d histoires collectives. Dans ses installations, les dispositifs formels sont intimement liés au sens, et aux émotions suscitées, travaillant sur la singularité de la condition humaine, sur la présence humaine dans sa multitude et son unicité, dans sa force et sa fragilité.

voir le site de Sylvie Kaptur-Gintz: www.kapturgintz-plasticienne.com

"Le regard des autres" - 4ème Biennale armoriciane d'art contemporain - Jusqu'au 29 novembre 2009 -PLERIN . Le cap PLOUFRAGAN . Espace Victor Hugo LANGUEUX . Point Virgule . Musée de la Briqueterie SAINT BRIEUC . Pavillon des expositions temporaires au Musée d'art et d'histoire de Saint- Brieuc . Centre Départemental de Documentation Pédagogique .

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1 novembre 2009 7 01 /11 /novembre /2009 00:09

Si l'esprit de Cartier-Bresson, Ronis, Boubat ou Doisneau plane sur les photos élégantes et sereines de Thierry Schoenenwald, c'est davantage comme figures tutélaires que comme source d'inspiration. Car c'est avec un œil neuf, sans les présupposés d'une culture photographique qu'il ne possédait pas, que celui-ci a abordé la photo il y a plus de vingt ans, et le noir et blanc depuis 1998. Plus tard, il découvrira ces grands maîtres, et tissera avec eux une parenté d'univers, ancré dans la réalité quotidienne, profondément humain, et volontairement humaniste.

Saisir l'intime réalité, telle qu'elle se présente, sans artifices ni effets, tel semble être l'origine et la finalité de la démarche de Thierry Schoenenwald. Ainsi par exemple ne travaille-t-il qu'à la lumière naturelle, comme pour authentifier cette beauté du réel qu'il traque partout où elle peut se cacher.

Pourtant, le choix du noir et blanc révèle en même temps une volonté de sublimer ce réel donné. En renforçant les contrastes et en dramatisant l'image, il pose une distance, rappelle implicitement que nous ne sommes pas devant la réalité - dont la couleur rendrait toute la banalité- mais bien devant une photographie.

Sans ostentation, l'artiste, par ce travail des contrastes, magnifie ce qui, simplement sous nos yeux, se noierait dans le quotidien. Il sait à merveille en faire émerger une dimension d'étrangeté, où l'extraordinaire se révèlerait sous l'ordinaire, et où renaîtrait la beauté enfouie sous l'habitude. Ainsi, si beaucoup de ses photos s'intitulent simplement " vie quotidienne ", c'est qu'il cherche davantage à en saisir le caractère unique qu'à offrir au regard des images spectaculaires ou exceptionnelles.

Chacune de ses séries sont pour lui l'occasion simple de raconter (la série " Jour de fête ") ou de rappeler (" Venise ") une histoire, de créer ou de rendre compte d'une ambiance, d'une atmosphère.

Curieux de quotidiens différents, il ne manque pas une occasion de partir en exploration vers d'autres intimités, au Japon bien sûr, en Grèce, en Italie...Il en revient avec des clichés, témoins de rencontres et de moments, uniques par essence, extraits du tourbillon de la temporalité.

Ainsi présente-t-il avec habileté, comme en sa série " Rencontre avec le Pays du Soleil Levant ", de savants mélanges de tradition et de modernité ...qu'on ne saurait dater. Ses photos prennent alors une dimension, et donc une valeur et une force, atemporelle. Car Schoenenwald n'oublie jamais ce que la peinture lui a appris, ce souci de transcender le temps et de survivre à l'éphémère. Un cliché trop daté ne serait pas de l'art, dit-il, mais du reportage.

Un sens aigu de la composition, lui venant de ses velléités premières de peintre, lui permet de nourrir l'intuition qu'a tout photographe du " moment opportun ", de l'instant de grâce où il faut appuyer sur le déclencheur, comme lorsque dans " le mariage shinto ", la mariée s'avance dans un clair-obscur dramatique, fantômatique, le visage recueilli, et la tension de l'évènement en devient presque palpable. Intuition donc du moment où " l'image vient à soi ", pour reprendre un mot de Ronis auquel l'artiste aime à se référer, contribuant sans nul doute au travail épuré qu'il présente aujourd'hui.

Eloge de l'ombre : pour le photographe, c'est de l'ombre que doit s'extraire la lumière, c'est par la lumière que s'épanouit la beauté de l'ombre. Le Caravage, Rembrandt ? C'est davantage vers l'esthétique japonaise -source importante de travail et d'inspiration- que se tourne l'artiste. On connaît l'importance que le Japon traditionnel donne à l'ombre, dont la maîtrise délicate produirait la plus profonde beauté. " Le beau perd son existence si l'on supprime les effets d'ombre " écrit Tanizaki, postulat dans lequel pourrait se reconnaître Thierry Schoenenwald.

Dans sa quête esthétique, l'artiste œuvre à rapprocher toutes les formes de beauté, à la recherche d'harmonies possibles, de rencontres pacifiées entre l'être humain et la nature, comme celles qu'il orchestre dans ses séries de nus, où la sensualité suggérée prend le pas sur le visible. Ici, l'eau court sur le corps comme un voile, là des mots d'amour subliment les formes féminines qui en deviennent œuvre -et l'on songe, bien sûr, au " Pillow Book " de Peter Greenaway- et de précieux clairs-obscurs, encore...

La beauté n'émerge pas tant d'un corps qui n'est ici jamais crûment offert au regard, mais de ces liens implicites qui tisseraient la trame d'un monde apaisé : ceux d'une matière humaine retrouvant sa place dans les éléments, ceux d'une complicité nécessaire, d'une fraternité peut-être ? entre les êtres de cette même matière.

Peu de paysages très urbains, de foules intenses, même dans ses clichés de Tokyo. De cette sorte de présence physique du vide émerge un certain sentiment de solitude, quelque chose d'un peu mélancolique, un appel à l'intime. Souvent, les photos sont cadrées comme si le spectateur assistait à la scène : le dos d'un homme qui passe, des chaussures au premier plan comme si on entrait dans le magasin, un artiste seul dans son atelier, des lieux presque désertés...Il y a comme une sorte d' " effraction " de l'intimité, comme pour chercher à en percer le mystère, sans voyeurisme mais avec une authentique curiosité teintée de compassion, et sans doute beaucoup d'humanité. De celle qui consiste à extirper la beauté de quotidiens ordinaires, de vies ordinaires, d'hommes ordinaires, dont la contingence dissolue parmi des millions d'autres ne fait aucun doute et pourtant ils sont là, le marin grec, les buveurs d'Ouzo sous les parasols, Yukiko...tous sous son objectif révélateur d'existence.

Il y a, dans le travail de Schoenenwald, une dimension d'idéalisation du réel qu'il ne renie pas. C'est là au contraire un des moteurs essentiels de son travail. Pas d'écriture journalistique ni de photo-reportage mais une quête de sérénité contre le tumulte et la violence du monde, de simplicité contre sa confusion, de méditation conte sa vaine agitation, d'ombres en douce contre les néons des villes...

Au gré de rencontres, de réflexions et de son inspiration, de son intuition et des mots dont il aura couvert ses carnets, Thierry Schoenenwald produit, petit à petit, une œuvre, construite en séries cohérentes pour le sens qu'elles diffusent et qui les lie : beauté du réel, empathie pour l'humain. Il rappelle que, si le monde n'est en soi ni beau ni laid, seules les images que nous pouvons en tirer peuvent le rendre beau à nos yeux, et qu'il nous appartient de les créer.

Texte publié récemment dans le catalogue d'un salon tenu au Carrousel du Louvre - Voir aussi le travail de Thierry Schoenenwald et d'autres artistes  de l'association VIPPA sur www.vision-photographique.com

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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 11:47

C'est reparti pour de nouvelles éditions des Foires d'Art Contemporain de Paris , dans une ambiance que l'on sent plus détendue, et on l'espère, moins compassée, que l'année dernière.

Entre autres choses, on pourra retrouver:

- A la FIAC, Cour Carrée du Louvre: mounir fatmi est à la Galerie Hussenot  ET chez Lombard Freid Projects, juste en face...
- A Slick, qui retrouve le 104: La Galerie Charlotte Norberg devrait exposer le "Tu m'amuses ma muse", de Luna, qui a largement eu les honneurs de la presse, des céramiques très "Alice in Wonderland" de Laurent Esquerré, du Sylvain Polony, du Juliette Jouannais, du François Fries... II La Galerie UNA menée par Maribel Nadal Jove sera laà aussi, avec sans doute quelques belles pièces de Miguel Angel Molina et Daniel Chust Peters...II On pourra voir du Vanessa Fanuele à la Galerie Van Der Stegen et des dessins de Emmanuel Régent au
Cabinet/ Espace à Vendre
-Chez Show OFF, qui a eu la bonne idée de déménager des locaux exigus de l'Espace Pierre Cardin pour se reloger plus majestueusement au pied du Pont Alexandre III, on aura le plaisir de retrouver les artistes de la SchoolGallery: Nadia Benbouta, Naji Kamouche, Michaela Spiegel, entre autres...
- La Galerie Patricia Dorfmann essuie les plâtres de la petite dernière CUTLOG, sise dans la Bourse du commerce: on y verra peut-être une pièce ou deux de ZEVS...

FIAC: Grand Palais et Cour Carrée du Louvre
Slick: au 104
Show off: Port des Champs Elysées
Cutlog: Bourse du Commerce


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16 octobre 2009 5 16 /10 /octobre /2009 00:51

Les paysages urbains de Gérard Charruau semblent d’emblée s’inscrire dans une forme d’héritage, celui de l’histoire de l’art comme de l’architecture et de l’urbanisme, qui, depuis le 19e siècle, « au seuil de notre modernité », pour reprendre l’expression de Michel Foucault, a appris à porter le regard au-delà de l’esthétique naturaliste. Si, en inventant ce genre nouveau de paysage, l’artiste moderne témoigne de l’évolution des codes esthétiques, il donne surtout à voir une image de la ville comme un « espace de significations et d’émotions »*, dans une sensibilité nouvelle, et éminemment subjective, à cette forme de beauté, aujourd’hui plus que jamais mutante.

 

Le travail pictural de Charruau, bien que prenant racine dans ses nombreux voyages autour du monde, n’est donc nullement documentaire, pas davantage que d’ambition encyclopédique. Il ne s’agit pas non plus d’un travail photographique qu’il aurait tout de go transposé en termes picturaux.

Gérard Charruau « fabrique » son paysage, sa vision, dans un geste esthétique de recouvrement subtil, de mise à distance, que constitue ce filtre de papier végétal qu’il maroufle sur ses toiles.  Ce papier que l’artiste se procure en Asie, à l’usage initialement trivial, devient ici le comble du raffinement, créant un trouble comme une brume autour de la vision. Alors cet écran diaphane contribue à suggérer la sensation d’un souvenir, l’impression d’un vécu, une image mémorielle. Ou encore la délicatesse de ces visions estompées active notre imaginaire, cette puissante « fonction de l’irréel », et engendre des rencontres émotionnelles, avec le peintre autant qu’avec le paysage qui se révèle sous nos yeux.

Cette vision se déploie d’abord essentiellement dans le choix d’un judicieux déplacement du point de vue, délaissant celui que nous pourrions avoir lorsque nous nous promenons dans les rues, au ras du trottoir, au mieux le nez en l’air. En optant pour un point de vue panoramique, celui qui embrasse la ville, il rend possible la respiration, la circulation dans la toile tout en suggérant la densité du tissu urbain, laissant la cité se déployer dans ses méandres, ses secrets. Son œil ne se réduit jamais à celui du touriste. Ici, point trop de vue pittoresque (s’il faut rappeler qu’à l’origine, ce terme signifiait précisément « qui mérite d’être peint ») ni d’exotisme, mais la vision d’une ville polymorphe avec ses sédimentations architecturales, ses mutations, son hybridation, ses chaos. Le regard de l’artiste reste un regard énigmatique, à la fois étranger et immergé, qui ne livre rien autre chose que des émotions, le fruit d’une expérience irréductible aux clichés qu’est celle du voyageur, les résidus de ces voyages dont on ne revient jamais tout à fait soi-même.

 

Artiste et nomade, Gérard Charruau est plus contemporain qu’il ne le croit, dans sa manière presque romantique de nous inviter avec lui à  « se perdre dans la ville », dans la déambulation, l’itinérance, l’étrangeté, la suspension du temps et l’absence d’attente...

Et Le Caire, ce « microcosme du monde », comme la décrivait déjà au 17e siècle l’explorateur William Lithgow, est sans doute la ville idéale pour exprimer à la fois la complexité des mégapoles contemporaines autant que les paradoxes qui sous-tendent et nourrissent le travail de l’artiste.

L’absence de présence humaine visible constitue une première ambiguïté irriguant ces portraits de ville, qui semble comme vidée de ses habitants. Pourtant, quoi de plus « anthropisé » qu’une ville, matérialisation par excellence du travail, du labeur, de l’activité humaine et de l’ultime transformation du réel à notre image ? Ici, dans ces vues denses et fluides du Caire, l’homme est partout implicite, réalité architecturale évidente, d’abord, réalité invisible, ensuite, mais que l’on devine fourmillante, comme une vibration parcourant la toile.

Puis, quelle ville plus folle, plus énergique, plus babélienne et proliférante, quel maelström plus impressionnant que la plus grande capitale du monde arabe et de l’Afrique? Chantier permanent, Le Caire, dans son immensité tentaculaire, offre son horizon sans fin hérissé de minarets, de paraboles et de constructions précaires comme une ville parallèle débordant de ses toits terrasses jusqu’au-delà des portes du désert. Et pourtant, il se dégage de ces portraits du Caire, comme de toutes les villes dépeintes par Charruau, une sensation de calme et de sérénité, induite, peut-être, par la double distance du papier d’Asie et de la hauteur du point de vue. De là où nous sommes, au-dessus ou au-delà, en surplomb ou en apesanteur,  la cacophonie de la ville semble se faire murmure, lointaine rumeur.

Dans son interprétation picturale, Gérard Charruau introduit une forme d’ordre dans l’apparent désordre du dédale de la ville, tentant d’une certaine manière d’en conjuguer les esthétiques.

 

Pour l’artiste, Le Caire fait partie de ces îlots d’étrangeté qui survivent, résistent au rétrécissement du monde, à son homogénéisation. C’est l’étrangeté sans exotisme, la distance dans l’immersion, l’âpreté et « une certaine violence », dit-il, entre cosmopolitisme et rapport à l’ailleurs et au lointain.

Les paysages urbains de Gérard Charruau parviennent, comme l’écrit avec justesse Georg Simmel**, à « soustraire au flux chaotique et infini du monde » un morceau de ce monde, pour lui donner en lui-même son sens propre, à en « couper les fils le reliant à l’univers pour mieux les nouer à soi », métamorphosant ainsi le paysage objectif de la ville en un paysage intime.

 

 

* Alain Corbin, L’homme dans le paysage – Ed. Textuel- Paris, 2001

**Georg Simmel, « Philosophie du paysage », 1913 -  in La tragédie de la culture – Ed. Rivages, Paris,1988

Préface du catalogue de l'exposition de Gérard Charruau à la Sibman Gallery - 28, Place des Vosges - www.sibmangallery.com

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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 13:12
L'actualité de Luna:

Un article dans le numéro d'Octobre de Parcours des arts présente le travail de Luna et annonce une série d'exposition à Périgueux:

"Who's who?": Luna confronte son travail à une oeuvre de Gina Pane -
Au musée d'Art et d'archéologie du Périgord - 22 cours de Tourny - 24000 Périgueux, du 22 octobre au 7 janvier 2009

On pourra aussi voir le travail de Luna au Centre Culturel La Visitation, rue Littré, à Périgueux, du 22 octobre au 19 décembre 2009, ainsi qu'à la Galerie l'Appart, 10 rue Arago, du 16 au 28 novembre;

Et "tu m'amuses ma muse" a été choisi par le supplément du Monde pour annoncer la très prochaine foire Slick

Photo: série "KPital"- François Pinault (courtesy Luna)


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9 octobre 2009 5 09 /10 /octobre /2009 12:23
Avant que l'heure des foires d'art contemporain n'ait sonné sur Paris, c'est le moment des vernissages "de rentrée"...
Avec, entre autres:

Anne Guillotel à la Galerie Charlotte Norberg du 13 octobre au 14 novembre 2009 - 74 rue Charlot Paris 3ème
www.galeriecharlottenorberg.com

Juliette Clovis, avec l' artiste danois Henrik JT Densen à la toute nouvelle 770 Gallery, à partir du 15 octobre 2009- 18 rue Dauphine Paris 6ème
voir sur youtube: http://www.youtube.com/watch?v=E2tpOTXppuc

La SCHOOLGALLERY présente, en partenariat avec SFR et l'Agence Art Actuel EVENT l'exposition des Lauréats SFR Jeunes Talents, parmi lesquels Yuri Toroptsov (photo), Nicola Lo Calzo et Marc Montmeat - Vernissage le 15 octobre 2009
www.schoolgallery.fr



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21 septembre 2009 1 21 /09 /septembre /2009 21:27

Créée en 2007 par le musée du quai Branly et consacrée à la photographie non occidentale, Photoquai, la biennale des images du monde, se déroule sur le quai Branly, en face du musée.

"Salué dès sa première édition pour sa qualité, son originalité, son ambition et sa pertinence, Photoquai poursuit en 2009 sa mission fondamentale : mettre en valeur et faire connaître des artistes dont l’œuvre reste inédite ou peu connue en Europe, susciter des échanges, des croisements de regards sur le monde.

La direction artistique de la deuxième biennale Photoquai est confiée à Anahita Ghabaian Etehadieh, galeriste iranienne et fondatrice de la Silk Road Gallery, lieu unique, dans son pays, dédié spécifiquement à la photographie.

Pour sa deuxième édition, Photoquai présente les œuvres de 50 photographes contemporains du monde entier, talents photographiques inconnus ou peu connus en Europe et provenant des grandes zones géographiques représentées au sein des collections du musée du quai Branly : Amérique du Sud et Amérique Latine, Amérique du Nord, Asie, Océanie, Afrique, Proche et Moyen-Orient.

50 photographes de tous horizons confrontent leur point de vue du monde à travers 200 images, présentées le long de la Seine, sur le quai Branly. Le projet scénographique, signé Patrick Jouin, tend à réunir cette richesse et cette diversité photographique sur la promenade qui surplombe les berges."
(Source: photoquai.fr)

Parmi les 50 photographes sélectionnés, on aura le plaisir de (re)découvrir le travail de l'artiste tunisienne Mouna Karray, qui présente des diptyques tirés de la série "Au risque de l'identité",  que j'avais montré lors de l'exposition "Seconde peau, seconde vie" en avril dernier à Guyancourt(Yvelines) -voir dans ces pages, rubrique "commissariat"-
Dans le catalogue de l'exposition, j'écrivais à propos de ce travail de Mouna Karray:

"

La série de Mouna Karray, « Au risque de l’identité », met en jeu la question de la posture et du mystère de l’autre, au travers de ses attributs visibles. Dans ce travail expérimentant l’énigme de la dualité, de l’altérité et de la différence, elle photographie des femmes d’horizons géographiques et sociaux différents, auxquelles elle se substitue. « Au risque de l’identité… consiste à rencontrer une femme, observer son univers, l’y photographier, puis se substituer à elle en revêtant ses vêtements, en adoptant sa posture et ses gestes et enfin à se photographier. Si la ressemblance semble recherchée, notamment pendant la séance de prise de vue, c’est finalement la dissemblance qui est révélée.

Suffit-il de se glisser dans les vêtements, les parures, la posture et la maison de l’autre pour « devenir » l’autre ? Mouna Karray ouvre alors la question de l’altérité, de l’identification et de l’individuation. Finalement, l’œil de la photographe se fait sensible à la faille davantage qu’à l’identification, laissant s’imposer une part d’indéterminé au cœur de ce projet perpétuellement ouvert.

 

Mouna Karray s’intéresse à la dimension autobiographique du travail artistique, réinitiant, au travers de différentes séries, une réflexion récurrente autour des frontières, des limites, physiques ou non, des passages, des dualités et des altérités. Aujourd’hui, Mouna Karray vit et travaille entre Paris et la Tunisie."


PHOTOQUAI
QUAI BRANLY
du 22/09/09 au 22/11/09
Entrée libre

www.photoquai.fr
www.mounakarray.com

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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 22:38

Il y a trois ou quatre ans, l'Hotel de Ville de Paris avait organisé une exposition des photographies parisiennes de Willy Ronis. En hommage à ce grand photographe humaniste, décédé aujourd'hui à la veille d'être centenaire, je réédite le petit article que j'avais rédigé à ce propos pour le site www.vision-photographique.com



"A l'occasion de son 95e anniversaire, Paris rend hommage au plus énamouré de ses photographes, le bel humaniste Willy Ronis.
Humaniste, comme le furent Robert Doisneau ou Edouard Boubat, dans cette manière si singulière, de photographier le " paysage vivant " de la capitale, scènes du quotidien, enfants, lieux avec une sorte de tendresse dépassant du cadre, une complicité indicible, en un mot une empathie pour son sujet telle que tout devient sous son objectif nostalgique et beau. On regarde aujourd'hui ces clichés pas si vieux au fond avec la joie et la tristesse mêlées de contempler un doux monde perdu, même lorsqu'il nous amène aux portes de la modernité, comme au bord du Canal Saint-Martin d'aujourd'hui, où fleure encore une atmosphère désuète…bien que Jouvet et Arletty soient loin et que l'Hôtel du Nord soit devenu un resto branché…
Humaniste aussi parce que sous son objectif se livrèrent des moments de l'histoire en train de se faire et qu'il sut capter avec justesse : le Front Populaire, les défilés du 14 juillet, les grèves chez Citroën, l'insouciance de l'Après-guerre, la fête de l'Huma, le fameux portrait du mineur silicosé…
Humaniste donc par cet amour de la vie et des gens : " Je fonctionne à la vie ", dit-il, " J'aime les gens, j'aime les quartiers où l'on déambule. "

Fils de photographe, Ronis fuit le studio paternel qu'il juge ennuyeux, aspire à la liberté de la lumière du jour et des espaces publics. Arpentant les rues de la ville de tous les possibles, il traque, patient, le moment où les rues se feront tableaux vivants, qu'il immortalisera dans leur mouvement et leur vitalité. Dès les années 30, la Seine rive droite rive gauche, les cafés, les gosses dans les rues, les parisiens au travail, la rue de la Huchette et le jardin du Luxembourg, le quartier Belleville-Ménilmontant -sujet d'un livre devenu culte dans les années 50-, c'est un Paris populaire, un Paris laborieux , celui des gens modestes, des gens de peu, du petit peuple et des petits métiers, comme on disait à une époque, mais sans jamais verser dans le misérabilisme, que nous montre Ronis, comme si la vie en ces temps là était quoiqu'il en soit plus douce…
Mais au-delà de la dimension sociale, les photographies de Ronis révèlent un sens de la composition, une manière de sublimer la beauté et le bonheur diffus de l'instant sans autre artifice que ses somptueux noir et blanc.

Apparemment peu préoccupé de la valeur financière de son œuvre, lui, le fils d'immigrés juifs ukrainien et lituanien, rescapés des pogroms, il choisit de lèguer de son vivant, en 1983, la totalité de son œuvre ! Il ne sera pas dit qu'une oeuvre de Ronis, comme le fameux " Baiser de l'hôtel de ville " de Doisneau se retrouvera au coeur d'une tourmente financière en ternissant l' image…Et bien qu'il ait collaboré à des revues aussi prestigieuses que Life ou Time Magazine, que ses œuvres soient exposées dans les plus importants musées du monde, il restera toujours cet ouvrier modeste de la photographie, aussi humble que le plus humble de ses sujets.
Ce sera un plaisir de l'écouter, tout au long du parcours de l'exposition, raconter ses histoires simples, de suivre avec lui l'histoire d'une vie passionnante, du portrait que son père fit de lui, bébé de huit mois, jusqu'à ce cliché d'un Ronis octogénaire s'initiant au parachutisme !

Pour peu que vous ayez choisi le bon moment pour vous laisser aller à rêver à ce Paris d'antan, le retour à la réalité n'en sera que plus rude : la rue de Rivoli et ses enseignes hurlantes vous donneront envie de fuir ce monde désenchanté . Filez droit vers la Seine et les quais retrouver un peu de ce Paris rêvé comme une histoire d'amour que rien ne pourrait démentir."

 


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12 septembre 2009 6 12 /09 /septembre /2009 22:12

Michel Delacroix, directeur artistique du projet Chez Robert, dont j'ai déjà parlé dans ces pages -voir rubrique "Projets"- m'y a invitée en tant que commissaire. J'ai donc choisi de présenter dans ces murs le travail d'Emmanuel Régent. Une expérience exigeante et enrichissante!

Dans une approche contextuelle fidèle à sa démarche, Emmanuel Régent investit tout l’espace de Chez Robert, pour y révéler un pan de monde énigmatique, entre visible et invisible. Esse est percipi affirmait Berkeley* : les choses n’existent que par et dans la perception que l’on en a. Partant de ce postulat, Emmanuel Régent construit une proposition dans laquelle le fil tient lieu de fil d’Ariane. Compression, extension, prolifération, se donnent à voir, existent donc, dans la singularité et la puissance illusoire de notre perception. Ici, Chez Robert, plus que nulle part ailleurs, le monde de la matière est un monde d’apparitions. Les volumes, les rapports d’échelle, les lumières, les textures : il n’y a de spectacle que pour un regard.

Un écheveau de fil translucide comme un all-over sculptural. Une masse mystérieuse comme une astéroïde, volumineuse et dense. Une file d’attente en wall-drawing, qui s’étire sans fin le long des murs de la galerie. Trois phénomènes, au sens le plus pur, trois manifestations, trois (non-?) évènements qui, produisant des tensions entre les différents plans de cette proposition, -tensions dans lesquelles se mêlent le virtuel, le réel, le contingent et l’absurde-, nous enjoignent de laisser se dévoiler à nous un monde, ce monde dont on n’avait pas idée.

 

 

* George Berkeley- Philosophe irlandais (1685-1753) – in Principes de la connaissance humaine (1710)



Pour découvrir l'exposition, il faut aller Chez Robert: www.chez-robert.com, et prendre le temps de bien cliquer où il faut sur les images.

"Une partie d'un monde auquel, dit-il, je ne croyais pas"
Emmanuel Régent
du 12 septembre au 13 novembre 2009
www.chez-robert.com

Le projet Chez Robert reçoit le soutien de la DRAC Franche-Comté


Les autres actualités d'Emmanuel Régent:

6 ARTISTES SE LIVRE(NT)
Une proposition d' Adrien Pasternak

Gayle Chong Kwan, Marie Denis, François de Gourcez, Rossy de Palma, Michelangelo Penso, Emmanuel Régent

Exposition du 15 septembre au 31 octobre 2009,
Galerie Kernot
14 rue Saint-Claude75003 Paris

Showroom de la galerie Le Cabinet
dans le cadre de l'exposition

"PARSLEY, SAGE, ROSEMARY AND THYME"
de Jean-Joseph Renucci avec Damien Berthier dans la pièce (sous sol).
Du 12 septembre au 10 octobre 2009
Le cabinet- 62, rue Saint Sabin 75011 Paris

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