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28 février 2010 7 28 /02 /février /2010 23:00

EMMANUEL REGENT, lauréat du Prix Découverte des Amis du Palais de Tokyo, y expose, du 4 au 28 mars 2010




MES PLANS SUR LA COMETE / DRIFTING AWAY

au Module 2 - Fondation Yves Saint Laurent- Pierre Bergé

vernissage jeudi 4 mars à partir de 19h

Palais de Tokyo - 13 Avenue du président Wilson - 75116 Paris
ouvert de midi à minuit, sauf le lundi


SYLVIE KAPTUR GINTZ expose à nouveau son installation "PORT-ROYAL", ainsi qu'une sélection de peintures de la série des "MEGAPOLES" du 4 mars au 3 juin 2010 au TEP, à Chartres



ici, présentée dans le cadre de la Biennale armoricaine d'Art Contemporain 2009, "Port-Royal" a été créée dans le cadre de notre exposition "Seconde peau, seconde vie", présentée l'année dernière à Guyancourt

TEP- Abbaye de Saint Brice- 2 rue Georges brassens- 28000 Chartres


FAYE FORMISANO, plasticienne, danseuse et chorégraphe, présente à Berlin deux vidéos autour de son projet chorégraphique "Beach Noise", ainsi qu'une installation, au centre d'art Spielraum.
En compagnie de 4 autres plasticiennes, elle continue l'exploration de ses thèmes de prédilection: le corps, sa liberté et ses entraves, le mouvement, la mémoire...



Du 6 mars au 2 avril 2010 - Spielraum - Reichenberger Str. 28 - 10999 Berlin (Allemagne) -
Voir le site: www.spielraumberlin.de


ROSELINE DELACOUR expose ses "Cosmogonies charnelles", photos et vidéos au plus près de la peau à la School Gallery, jusqu'au 20 mars 2010



Photo: trous noirs (nombril) - 2008 - partie d'un dyptique- Courtesy School Gallery

School Gallery -81 rue du Temple- 75003 Paris




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18 janvier 2010 1 18 /01 /janvier /2010 22:47


chez-robert_jean-dupuy.jpgChez Robert, qui m'avait invité à  y présenter cet été le travail d'Emmanuel Régent poursuit ses expérimentations.

C'est au tour de Jean Dupuy d'en investir l'espace de ses célèbres anagrammes, à découvrir comme d'habitude sur
www.chez-robert.com, jusqu'au 10 mars 2010.

"Tour de passe-passe Jane Jean"- Jean Dupuy- Chez Robert- Du 16 janvier au 19 mars 2010

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11 janvier 2010 1 11 /01 /janvier /2010 23:08

Pour sa première exposition à la galerie parisienne Hussenot, mounir fatmi a choisi de parler du texte et de l'image, dans un vocabulaire minimaliste laissant se rejoindre la forme et le spirituel, sans jamais perdre de vue son engagement de toujours contre toutes les emprises et sa soif de questionnements, perpétuellement renouvelés.

fatmi-hussenot.jpg

"Pour sa première exposition à la Galerie Hussenot, mounir fatmi expérimente une mise en connexion de pièces récentes ou repensées, articulée autour de problématiques complexes qui sont les siennes depuis de nombreuses années : la question du savoir et des idéologies, intimement liée à celle de la croyance et de la foi, et au dessus, le texte, au cœur de l’ensemble du dispositif.

 

 

« Si dieu ne voulait pas qu’on le voie, il nous aurait créé aveugles ». Cette phrase, écrite par l’artiste, pourrait résumer en quelque sorte l’exposition. Seeing is believing interroge donc la présence et l’effacement des mots et des images. Voici le corps du Christ, dans une Pietà en câble coaxial, corps vidé de sa substance contrastant avec les pleins drapés de la robe de la déplorante, blanc sur blanc comme un presque-rien de visibilité. En quoi croyons-nous aujourd’hui ? Ou plus exactement, sur quoi pouvons-nous ancrer nos certitudes et nos convictions, à l’heure de l’emprise des médias et de l’immédiateté sur les idéologies ? Au final, l’exposition, retournera justement le postulat de départ - « voir c’est croire »- car ce en quoi nous sommes encore susceptibles de croire aujourd’hui relève précisément de l’invisible.

 

Dans une esthétique toujours proche du minimalisme, mounir fatmi entreprend alors de déconstruire le visible, renforcé par la mise en réseau des œuvres entre elles, comme autant de rappels du vocabulaire plastique et des thèmes qui parcourent toute son œuvre.

Au plan architectural de la mosquée Sidi Oqba répond l’installation sculpturale de cassettes VHS, radicale comme un carré noir de Malevitch, dans un rapport graphique entre deux formes de spiritualité. Leur fait écho la vidéo « Suprematism for self-defense », dans laquelle le texte des rapports du FBI sur les Black Panthers ont été effacés, ne laissant que le noir des mots raturés, censurés. Ce tableau suprématiste en mouvement masque sous ses sutures une vérité occultée. S’il n’y a plus rien à voir, est-ce à dire qu’il n’y a peut-être plus rien à croire ?

 

Au sol, l’installation « Les Monuments », des casques de chantier marqués aux noms des penseurs qui ont bâti les idéologies avec ou contre lesquelles s’est construit le monde contemporain, symbolisent le travail de la pensée, souterrain mais omniprésent. Ici aussi s’affirme une des clé de voûte de l’œuvre de mounir fatmi, dont la dynamique s’exprime pleinement dans cet esprit d’ouvrage perpétuellement en mouvement, toujours en construction et inachevé. L’artiste aborde, par un autre biais que celui de la mosquée, la notion de plan, dans laquelle se confrontent les concepts et la projection intellectuelle comme mise en acte de la pensée. Ainsi, la série « Géographie dynamique de l’histoire » laisse au spectateur, avec une économie de mots, et une esthétique radicale, le soin de retisser les liens invisibles entre les courants politiques, l’histoire des idées et l’histoire de l’art.

Les mots, dirait l’artiste, ne sont jamais inoffensifs. Ce danger est matérialisé par des lames de scies circulaires inscrites de calligraphies, dont les bords plus que menaçants, agressent le spectateur et lui manifestent sa vulnérabilité absolue. Ces lames tranchent dans le vif, imposent leur violence contre la beauté de la calligraphie.

 

Sur la mezzanine, une photo extraite du projet « Sleep » que l‘artiste a commencé en 2005 en référence directe au film expérimental pop d’Andy Warhol, montre une image virtuelle de Salman Rushdie dans l’abandon du sommeil. Compte-tenu des menaces qui pèsent sur sa vie, dormir le place en état de vulnérabilité. Mais dans le même temps, cette inconscience qu’il s’accorde exprime force et confiance : le sommeil du juste.

 

L’exposition « Seeing is believing » trace noir sur blanc son langage des signes entre réalité et représentation mentale, perception et intention de signifier, ouvrant en grand l’espace et le moment de l’interprétation, si, comme le dit Ricoeur, interpréter c’est reconstruire ou autrement dit, agir."



"Seeing is believing"- mounir fatmi- Galerie Hussenot- 5 bis Rue des Haudriettes- Paris 3e- du 16 janvier au 20 février 2010-

texte réalisé pour le communiqué de l'exposition à la Galerie Hussenot 


photo: courtesy mounir fatmi/  copyright Philippe Migeat



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10 janvier 2010 7 10 /01 /janvier /2010 18:28

J'avais rédigé il y a quelques mois ce texte pour parler du travail de dessin de Christophe de Fabry, que l'on pourra découvrir dans quelques jours, à partir du 14 janvier, à la Galerie Deborah Zafman, dans le Marais.

Portrait-Encre-et-aquarelle-CH2F-1-.jpgIl est rare qu'on puisse affirmer sans proférer de truisme qu'un artiste développe dans son oeuvre un univers très « personnel ». Car tous, d'une manière ou d'une autre, réalisent dans la création la synthèse d'une perception subjective du monde et de préoccupations dans une stratification complexe de mobiles où s'entremêlent vécu et histoire, réalité et désir, plaisir et souffrance, imagination et espoir... Mais s'il fallait illustrer cette évidence par le travail de l'un d'entre eux, les dessins à l'encre de Christophe de Fabry en serait le parangon, donnant autant à voir un pan de monde fantasmagorique que sa plus secrète intimité.

Car il n'y a sans doute dans ses dessins aucun abandon plus sincère pour l'artiste -de cette sorte d'exigence de sincérité aussi poignante que libératoire- que ces étranges personnages, caractères plus que figures, organes plus que corps, fantaisies grinçantes plus qu'histoires.

Un corpus, un bestiaire, un bréviaire, une nef des fous qui jetteraient bas les masques, comme si nos corps nos visages n'étaient que spectres et simulacres...Christophe de Fabry en atomise l'apparente bien-pensance, dévoilant, avec la plus grande ironie, et un certain sens du burlesque, une physionomie, un geste, un trait, un caractère. Voici vanité, concupiscence, fatuité, obscénité, cupidité ou luxure se révélant sous ses traits de crayon acides.

 

S'il a gardé de ses premiers essais la vivacité du tracé se déroulant, motif après motif, sur le papier, le geste a perdu de sa spontanéité brouillonne au profit d'un trait précis, puissant, presque obsessionnel. Se déploie une œuvre graphique sur le fil, comme prise dans l'urgence de la brutalité de l'émotion en même temps que travaillée jusqu'à l'extrême de lacis de lignes, rhizomes construisant peu à peu les espaces, laissant s'imposer les formes. Le travail de Christophe de Fabry, amateur de cadavres exquis, suggérerait bien tout à la fois certains aspects du dessin surréaliste, quelque chose proche d'un art brut à la Unica Zürn, au bord de l'hallucination, une plongée psychique à la Louise Bourgeois, une folie boschienne, en tout cas une certaine violence, dans ces métamorphoses du corps, ces mutations organiques, parfois habitées d'une vie grouillante.

Mais avant que toute référence, le travail de Christophe de Fabry peut s'appréhender d'abord dans sa spécificité, comme écriture de soi, spéculation, étonnement du processus échappatoire. Laissant enfin s'exprimer sans entrave sa réalité intérieure, ces visions impétueuses qu'il ne maîtrise pas, il se fait explorateur de cette « altérité de l'existence » dont parlait Lacan. Assumant la fonction cathartique de la création, les dessins de Christophe de Fabry sont autant de tentatives de réconciliation avec le je-autre, de réappropriation de soi.

 

Ainsi cette expérience personnelle et esthétique se mue-t-elle en expérience portant l'universel, transcendant le narcissisme de la démarche : les dessins de Christophe de Fabry parlent de s'affranchir de la censure, de renverser les tabous, de sortir de soi pour mieux y entrer, y vivre, y renaitre. La feuille blanche rongée de dessins se fait métaphore d'un espace psychique, un espace de libération, de réparation, de restauration de soi.

L'artiste questionne sans rien affirmer quelque chose de l'ordre du mystère des genres, de leurs permutations et de leurs polarités, des ambivalences et des ambiguités du masculin et du féminin. Expressions ou impressions érotiques, se dessine une galerie de portraits dans lequels bouches, yeux, chevelures sont aussi vulves, penis, vagins, sperme mais aussi formes informes que l'on devine vivantes, organes non répertoriés, fluides indéterminés...

Ce faisant, Christophe de Fabry, dans le grincement de son trait, ose explorer les régions sous-terraines et obscures de l'envers du monde, un monde à la fois physique et fantasmatique, dans le mystère de la cellule, de la multiplication, de la reproduction, de l'organicité, du viscéral. Ce monde qui part et parle des entrailles et qui, toujours, fascine.

 

Dans ses plus récents travaux, Christophe de Fabry matérialise, d'une certaine manière, ces ambiguités de la matière, de la forme et du fond, en expérimentant de nouveaux matériaux et de nouvelles manières. A la douceur colorée, duveteuse et tendre de la laine cardée, parfois renforcée d'un écrin d'aquarelle, l'artiste oppose et mêle la cruauté, sombre et vitale, de ses dessins à vif. Etape décisive dans son processus de création, le dessin à l'encre semble former la gamme à partir de laquelle le procédé de création à la laine cardée se fait partition, engageant progressivement l'artiste sur la voie de l'expérience esthétique d'une « inquiétante étrangeté » se métamorphosant peu à peu en Beauté.

A l'occasion de cette exposition, Christophe de Fabry présentera un livre-catalogue signé et numéroté. Ce texte se trouve en préface de ce catalogue.

Dessin encre et aquarelle- Courtesy Christophe de Fabry-

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7 janvier 2010 4 07 /01 /janvier /2010 22:30


Nouvel an, nouvelle décennie, nouveaux espoirs...et des expositions nouvelles en ce début d'année.

benbouta.jpg  A la School Gallery, Olivier Castaing ouvre la décennie avec la première exposition personnelle de Nadia Benbouta,  artiste d'origine russe et algérienne vivant à Paris, disciple explosive, sans complaisance et férocement drôle d'un Erro sous substance...

Nadia Benbouta - A la School Gallery- Du 13 janvier au 13 février 2010-
www.schoolgallery.com


Chez Deborah Zafman, Christophe de Fabry, pour qui j'avais écrit un texte il y a plusieurs mois (que l'on pourra retrouver dans les archives), expose une soixantaine de dessins et présentera un livre/carnet exceptionnel, tiré à 100 exemplaires numérotés et signés.

Christophe de Fabry- Galerie Deborah Zafman- A partir du 14 janvier 2010-
www.deborahzafman.com


Enfin, mounir fatmi inaugure sa collaboration avec la Galerie Hussenot avec son exposition personnelle "Seeing is believing" - Je reviendrais dessus très prochainement...

"Seeing is believing"- mounir fatmi - Galerie Hussenot- Du 16 janvier au 20 février 2010-
www.galeriehussenot.com

Photo: Nadia Benbouta - Courtesy School Gallery

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15 décembre 2009 2 15 /12 /décembre /2009 22:34

 

RECTO_Soria_def-copy-copie-1.jpgUne nouvelle galerie, par les temps qui courrent, ce n'est pas si fréquent! On fera donc d'une pierre deux coups en allant découvrir cette petite galerie montmartroise qui expose les travaux de montage photographique d' Hervé Perdriel.
L'exposition "Face A Face B" montre une série d'oeuvres récentes, reprenant la thématique chère à l'artiste des "Pièces d'identité": sur un fond noir, se détache un portrait constitué d'une mosaïque dimages aussi mystérieuses que signifiantes.

FACE A FACE B - Hervé Perdriel à la Galerie Patrick Soria- DU 15 décembre 2009 au 10 janvier 2010 - 3 rue Tholozé- Paris 18e-

Et on pourra voir ou revoir deux très beaux portraits réalisés par Hervé Perdriel au Windows Cafe, boulevard Sebastopol (le café éphémère ouvert par Microsoft pour lancer Windows 7) jusque début janvier...

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20 novembre 2009 5 20 /11 /novembre /2009 22:27

 Dans la cohue de Paris Photo, au Carrousel du Louvre jusqu'au 22 novembre, il serait bon de s'arrêter un instant pour regarder "Murmurer" , une des séries de l'artiste tunisienne Mouna Karray, présente à la Galerie El Marsa, dans le fort intéressant carré Statement, 8 galeries montrant la scène émergeante des pays arabes et de l'Iran (Un détour par la Silk Road Gallery s'impose aussi)
un catalogue a été publié à l'occasion par la galerie El Marsa sur  "Murmurer"

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18 novembre 2009 3 18 /11 /novembre /2009 11:51

L’exposition annuelle de l’Association Florence se tiendra du 19 au 29 novembre 2009 sur les quelque 650 m 2 de l’Espace Commines à Paris.

IMAGINAIRE


Toutes les créations artistiques, d’évidence, appellent par essence à cette faculté de déborder le réel, pour l’artiste comme pour le spectateur, qu’est l’imaginaire. L’imaginaire, ou plutôt les imaginaires recouvrent des champs multiples, des territoires divers, depuis la production d’images par l’esprit aux mondes les plus oniriques, des fantasmagories les plus poétiques aux projets les plus fantaisistes.

Mais dans le monde d’aujourd’hui, quel sens prend le recours à l’imaginaire pour les artistes ? Qu’expriment les artistes contemporains en convoquant cette « fonction de l’irréel » ? Quels sentiments peuvent susciter des oeuvres empruntes de l’imaginaire de leurs créateurs ? Car le réel pouvoir de l’imaginaire ne prend-il pas véritablement corps dans la rencontre de la vision de l’artiste et du regard du spectateur ? Autant de questions que pose, en autant de propositions plastiques et conceptuelles différentes, chacun des artistes choisis par l’Association Florence, et

présentés ici.


LES 9 ARTISTES DE L’EXPOSITION


Les combinaisons de figures peintes et découpées de Dominique Gayman ouvrent à un univers baroque et insolite, entre forêt amazonienne et cabinet de curiosité. Réalisées à l’échelle 1, créant une sorte de frontalité, de proximité immédiate, ces scènes semblent évoquer tout à la fois des récits de voyage, d’expéditions lointaines, des rêves de territoires encore inexplorés et des fantasmes d’exotisme.

Chez la cosmopolite Katrin Bremermann, les univers et les moments de l’histoire de l’art s’entrelacent et se superposent. Les frontières entre l'abstraction et la figuration se dissolvent. Ainsi, bribes de réalisme parfois teintées de pop occultées par l’abstraction, aplats de couleurs primaires et lignes géométriques, les images, présentes et oblitérées à la fois, se devinent, images volées entre imaginaire et souvenirs d’un monde vécu, vu ou revu, dans des confrontations visuelles, des tensions entre illusion et réalité, transformant l’oeuvre en énigme et laissant le spectateur face à ses propres scénarios. Des formes, des gestes et des images proposent un autre langage.

Jeanne Clauteaux et Patricia de Gorostarzu, chacune à leur manière, explorent les territoires intimes et évanescents de la mémoire. Les gravures en noir et blanc, souvent à la pointe sèche, de Jeanne Clauteaux, offrent un réel potentiel émotionnel. Ses silhouettes denses et énigmatiques surgissent dans une ambiance presque cinématographique, étranges et inquiétantes, comme dans un film expressionniste, entre rêve et cauchemar, réalité et souvenir confus. Les photographies « à la chambre » de Patricia de Gorostarzu, dans leur dominante sépia, explorent des lieux de vie, chambres, salles de bains, couloirs, qui font écho en nous et invitent aux rêveries nostalgiques, imaginant avec émotion les trajectoires de ces existences singulières, au travers des traces qu’elles ont laissées.

Les peintures de Catherine Olivier, présentes et évanescentes à la fois, se jouent des ombres, de la lumière et de la couleur, pour évoquer, au travers de ces portraits en douces silhouettes, un « état d’âme », quelque chose de l’ordre de la nostalgie, un sentiment plus qu’un souvenir, une atmosphère davantage qu’une image : la sensation d’un après-midi au soleil.

Tiphanie Spencer dessine et peint comme s’exprime l’inconscient : non pas à la manière d’une bibliothèque, ordonnée et bien rangée, mais dans un apparent capharnaüm, bien que poursuivant une logique interne qui bien souvent nous échappe, à moins de s’attacher à en décrypter les symboles. Ainsi le travail de Tiphanie Spencer fonctionne-t-il par glissements : glissement sémantique, associations d’idées et d’images. Elle compose et décompose ses figures, nous fait rentrer dans son univers entre cubisme et surréalisme, dans un esprit proche du « cadavre exquis », ou se mélangent l’actuel et l’intemporel, le passé et le présent.

Les sculptures d’Alice Morlon associent un esprit parfois proche de l’Arte Povera et une certaine forme de primitivisme : cavaliers oniriques, éléments de la nature, bestiaire fantastique rappelant celui de César... Attentive à l’« énergie à l’oeuvre » dans ce qu’elle crée, ses figures totémiques semblent vouloir faire entrer en dialogue la nature et la culture, autour de formes vitales ou organiques, suggérant une relation empathique entre l’homme et la nature, une relation nouvelle et apaisée pour le monde de demain.

Légères, fragiles et insaisissables comme l’âme et les airs, les installations, comme les tableaux-reliefs, de Maryline Pomian expriment une infinie poésie au détour de laquelle se déploie délicatement l’imaginaire. Matériau comme un souffle, un « presque-rien », le papier à cigarette, plié, froissé, plissé, modelé, accumulé, empilé se réinvente en

sculptures puissantes et délicates, et l’on rêve de rentrer dans le secret de leurs compositions minimalistes et pures.

Quant à Laurent Pernot, ses vidéos explorent des « espaces aux frontières du réel », des territoires d’un imaginaire silencieux, épuré, contemplatif. Ses images mystérieuses et poétiques surgissent de la nuit et s’évanouissent comme des songes, du visible vers l’invisible, abordant les continents du fantastique et du merveilleux.

L’ASSOCIATION FLORENCE EN QUELQUES MOTS


L’association Florence est née de la volonté de collectionneurs et d’amateurs d’art de défendre et de promouvoir les talents émergents de l’art contemporain depuis plus de vingt ans. Créée en hommage à Florence, artiste et mécène disparue, elle met en avant chaque année une dizaine d’artistes et leur offre pendant dix jours l’occasion de montrer leurs créations au sein du prestigieux Espace Commines à Paris.

www.associationflorence.com

On peut retrouver l'intégralité de ce texte sur les brochures éditées à l'occasion de cette exposition.

IMAGINAIRE- Espace Commines - 17 rue Commines- Paris 3e - Du 19 au 29 novembre 2009- Entrée libre de 11h30 à 19h00 tlj

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13 novembre 2009 5 13 /11 /novembre /2009 22:31

Nous gardons tous de notre enfance des images, un souvenir ou deux, de paysage d’Arizona rougoyant au soleil couchant et d’histoires de poor lonesome cow-boy s’éloignant dans une brume de sable. La liberté, le lointain, la bravoure, des coups de feu peut-être pour de faux, une époque où, encore manichéens, nous étions certains que les bons l’emporteraient toujours sur les méchants.

Et lorsque Laurent Esquerré nous invite à partir avec lui quelque part sous le vent d’Ouest, nous reviennent la mémoire et les émotions de cet ailleurs cinématographique, inséparable de réminiscences enfantines.

 

L’oeuvre de Laurent Esquerré est sans doute traversée de cette sorte de nostalgie de l’enfance, depuis ses personnages fantasques et perpétuellement sur le qui-vive, entre Lewis Carroll et J.M. Barrie, jusqu’au fameux poulet rôti du dimanche, objet autrefois récurrent dans sa production, qu’il traita en céramique, et figea ainsi pendant lontemps dans le souvenir du rituel dominical. Ici, le poulet se fera carcasse, surmontée d’un crâne, autre figure récurrente dans son travail, dont il ne restera que les lignes, l’essentiel, vanité abandonnée dans quelque désert duquel aucun cow-boy ne revient.

 

Si le personnage du cow-boy, figure fondamentale du grand mythe fondateur américain, de Gary Cooper à Clint Eastwood, offre un parangon de virilité, le cow-boy n’a pourtant pas les attributs du super-héros, bien qu´ils participent d’une certaine manière de la même mythologie. Tandis que le super-héros a sa part d’ombre, le cow-boy, éminemment plus humain, possède ses failles et ses faiblesses : sous ses oripaux de chevalier moderne et impitoyable, le cow-boy ombrageux et au fond romantique, cache des sentiments, un coeur...des larmes.

Le portrait de Jesse James, au chromatisme puissant et à la force presque expressionniste, tout comme la sculpture grillagée en cage à oiseau sont l’un et l’autre des radiographies d’un homme, donnant à voir l’envers du décor, ce qui affleure sous la peau, un homme de chair et de sang, dont les larmes pourraient abreuver les oiseaux, et le coeur leur servir de refuge.

Les portraits de Laurent Esquerré affichent souvent un air sauvage et contemplatif, mais laissent deviner un tumulte intérieur, qui n’est pas seulement celui de la rébellion mais aussi les tourments d’une âme sensible. Sans doute l’un et l’autre ne sont jamais loin, d’autant plus quand le cow-boy est amoureux, comme en témoigne ce couple enlacé, entre « gun » et « rose », s’embrassant sous une pluie d’étoiles.

 

Laurent Esquerré se jouera donc bien des clichés du cow-boy solitaire, bien qu’il ne s’agisse pas ici de s’inscrire dans la continuité d’un système pop, dans une sémiotique de l’icône, en s’appropriant les codes, les genres et l’iconographie d’un personnage de légende, à la manière d’un Richard Prince, pas davantage qu’un simple clin d’oeil cinématographique. Souvent traités en autoportraits, ces cow-boys revisités offrent comme l’endoscopie d’un archétype, et semblent demander : qui est le cow-boy aujourd’hui ? Se dessine alors l’image d’un être vulnérable malgré tout, une démythification de la figure masculine, bien loin des héros romanesques et hiératiques de John Ford, Raoul Walsh ou Howard Hawks.

 

Parfois perchés sur son épaule ou sur sa tête, des animaux, singes, oiseaux, semblent prendre corps avec le personnage, lui répondre ou le compléter. Or le cow-boy, héritier populaire et moderne des récits chevaleresques est celui qui, en domptant sa monture symbolise par là même la maîtrise de sa nature animale. Mais la présence de ces animaux,  créatures hybrides plus souvent fantasques que réalistes, renvoient à nos propres ambiguïtés et à nos démons, entre animalité et tentation de l’envolée, entre folie transgressive et sublimée et quelque chose de l’ordre d’une nostalgie d’un monde à la fois plus rude peut-être, plus terrien et plus enraciné, plus authentique, d’une certaine manière plus simple.

Chez Laurent Esquerré se vit intensément ce débat avec la nature, la matière, avec la toile et le papier, la peinture et le crayon, dans son atelier, avec la terre de ses origines qu’il modèle et travaille de ses visions et de ses monstres dans la fabrique centenaire des Frères Not, perdue dans la campagne lauragaise.

 

A l’heure où il n’est plus d’autres territoires à découvrir, le grand ouest est peut-être ailleurs, et le nouveau western se joue peut-être en soi-même, là où subsistent encore, et encore, des frontières à repousser, et une liberté, toujours à conquérir.

Texte réalisé à l'occasion de cette exposition, que l'on peut retrouver sur le site de la galerie
"Les larmes du cow-boy"- Laurent Esquerre- Galerie Charlotte Norberg- Rue Charlot, Paris 3e - A partir du 19 novembre 2009 - www.galeriecharlottenorberg.com


photo: vue d'atelier- courtesy Galerie Charlotte Norberg

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10 novembre 2009 2 10 /11 /novembre /2009 11:40
Il se dit ici et là que c'est une des oeuvres les plus réussies du "Spectacle du quotidien", mis en scène par Hou Hanru pour la Biennale de Lyon 09...

« Ghosting », vaste installation conçue comme la scène d’un spectacle permanent, réactive la réflexion menée par mounir fatmi sur les images médiatiques, la manière dont on les construit, les diffuse, les transforme, les conserve ou les fantasme.

Au fond, un mur de cassettes vidéo, objet de transmission et de copie de l’image aujourd’hui obsolète et réhabilité en matériau plastique récurrent par l’artiste. Les bandes magnétiques tirées des cassettes se répandent au sol comme une marée noire luisante, un tsunami d’images potentielles, copies ou ombres d’images, rampant jusqu’aux photocopieuses disposées en plusieurs endroits de la scène. Ces photocopieuses, qui évoquent le monde du travail, de l’administration, envers du décor commun à toute société qui produit, elles aussi instruments de copie en passe d´être supplantées par d’autres moyens de diffusion, sont laissées à la disposition des visiteurs. En les actionnant, ceux-ci provoquent ce flash de lumière caractéristique, diffusant une lumière blanche et ne saisissant que l’ombre, le spectre, l’envers, de l’image qu’ils auront voulu dupliquer, jusqu’à sa disparition progressive, son absence. Que restera-t-il de leur action ? Que reste-t-il de ce que copient nos mémoires ?

A l’orée de la modernité, Feuerbach prédisait déjà : « Et sans doute notre temps...préfère l’image à la chose, la copie à l’original, la représentation à la réalité, l’apparence à l’être... »*. « Ghosting » est un temple, un temple désuet, voué à la duplication.

 

« Mehr Licht ! » : Plus de lumière ! Tels auraient été les derniers mots de Goethe. Peint à même le mur, ce mot de la fin éclaire cette installation d’un autre jour.

Plus de lumière ! Expression quasiment passée dans le langage courant de la langue de son auteur, pour réclamer plus de savoir et de vérité, savoir que mounir fatmi sait être seule arme contre les préjugés, la violence et les extrémismes, vérité dont il se méfie si elle doit être dogmatique, mais qu’il convoque aussi en choisissant parfois d’user de la violence des images.

Terrorisme de l’image, images terroristes. Mounir fatmi explique : le terrorisme développe une esthétique de l’image-spectacle comme une arme supplémentaire et puissante de manipulation. Il s’agit de se les approprier, de s’y confronter, d’en démonter le mécanisme pour en désamorcer la charge. En créant des images violentes auxquelles il donne une dimension poétique, mounir fatmi tente de déconstruire la mécanique de la peur en leur instillant un autre sens.

 

Il n’y a pas d’image sans lumière et pourtant, dans le maelström médiatique aspirant tout sur son passage, phénoménale puissance d’attraction, tout ne risque-t-il pas de se résoudre à une lumière sans nom et sans signe ? Sur le mur, une vidéo diffuse une série de cercles lumineux calligraphiés, comme arrachés au fond obscur de la pesanteur, se mettant en rotation semblable à un mécanisme chaplinien, mécanisme implacable et nécessaire, dans un sens puis dans un autre, de plus en plus vite, jusqu’à ce que les mots calligraphiés, que la plupart d’entre nous ne comprennent pas, disparaissent sous nos yeux pour laisser place à une sorte d’image universelle, de blanc et de lumière.  Dissolution des signes menant à l’universel ou disparition du savoir dans un néant spectral ?

 

Plus de lumière. Plus de spotlights, d’images, de divertissement, terrorisme pornographique. Plus de spectacle. Mounir fatmi intègre à dessein cette dimension dans son travail en donnant à voir une installation spectaculaire, où se mêlent deux aspects de ce « spectacle du quotidien » décrit par Guy Debord, la sphère de l’audio-visuel et celle de la bureaucratie, qui relèvent toutes deux de la même idélogie de la représentation du monde, comme image et copie. Depuis Debord, nous savons que les sociétés post-modernes, celles là même capables de produire en quantités industrielles des images en même temps que les moyens massifs de les diffuser, sont des sociétés organisées autour et dans le spectacle. Mais le spectacle que l’artiste nous donne à voir est celui de la fin. L’installation est spectaculaire mais obsolète, son semblant d’interactivité, dépassée. L’avènement du numérique nous fait rentrer dans une nouvelle ère médiatique. Le support de l’image devient virtuel. La médiation de la copie est remplacée par l’identique et la transmission des images et des informations devient immédiateté. Artefacts, surfaces sans support. Immédiateté médiatique qui sans doute rend le monde plus spectaculaire encore, mais au risque de réduire à néant le temps du recul critique, de l’indignation et de la riposte.

  

*L. Feuerbach, L’essence du Christianisme-1841

L'installation s'appelle "Ghosting" et elle est à voir jusqu'à la fin de la Biennale.
Retrouver ce texte ainsi que d'autres textes que j'ai signé sur le site de l'artiste:
www.mounirfatmi.com

Photo courtesy mounir fatmi

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