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21 juin 2010 1 21 /06 /juin /2010 22:50

 

 

fatmi-Art-Basel-02.jpg

 

 

voir le site de l'artiste: www.mounirfatmi.com

 

 

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17 juin 2010 4 17 /06 /juin /2010 22:58

 

Marie Denis a répondu à l'invitation du Jardin des Plantes et du Musée des Beaux-Arts de Nantes, pour investir de la manière la plus originale qui soit, en croisant l'art de la coiffure afro à l'horticulture!

 

La-belle-suite---1--marie-denis.jpg

 

"Twist à Cocody", le projet de Marie Denis, évoque et rend hommage aux peuples victimes de la traite négrière qui sévit dans les grand ports maritimes français au 18ème siècle.

Les plantes, à Nantes, sont une ancienne tradition, par laquelle, depuis le 16ème siècle,  bien des végétaux exotiques débarquèrent au port depuis des contrées lointaines pour embellir la ville.

 

Pour tresser le végétal et créer d'étonnants massifs, Marie Denis a fait appel à Davida Nsiah, coiffeuse afro professionnelle.

 

Une manière vraiment singulière de télescoper les pratiques, les histoires et les cultures, au-delà des frontières et avec la poésie un peu folle et décalée qui va si bien au travail de Marie Denis!

 

A découvrir à partir du 22 juin au Jardin des Plantes de Nantes, et jusqu'au mois d'octobre. 

 

Et en Octobre, j'aurai le plaisir de présenter deux vidéos du travail de Marie Denis dans le cadre de l'exposition "Figure Libre" que je prépare actuellement, avec Isabelle Vernhes (Lebaupain), à Guyancourt, dans les Yvelines.

 

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14 juin 2010 1 14 /06 /juin /2010 21:13

 

 

 

Du 19 juin au 31 juillet 2010, le Canton de Cloyes-sur-le Loir invite sur son territoire 14 artistes contemporains en 9 lieux, pour FACE II, 2ème Edition du Festival d'Arts Contemporains dans les Eglises et sur l'Eau.

 

Je suis d'abord particulièrement sensible à cette initiative, de faire venir l'art contemporain en milieu rural, d'autant plus quand il ne s'agit pas de "forcer" un  lieu par la présence d'une oeuvre mais de créer des correspondances -qui peuvent être aussi des oppositions- entre l'oeuvre et le lieu, créant ainsi un tiers-espace passionnant.

Il s'agit d'une des manières de montrer l'art contemporain qui m'intéresse et fait partie des projets que j'espère réaliser un jour.

 

sandrine-ensemble-skg.jpg

 

Il semblerait que cette correspondance sera ici trouvée, avec l'oeuvre de Sylvie Kaptur-Gintz "Madame Sandrine" qui sera idéalement installée dans l'ancien lavoir de la Ferté Villeneuil.

 

Il faut dire que le projet "Madame Sandrine" existe en germe depuis longtemps, a pris différentes formes, et tient particulièrement au coeur de l'artiste, notamment pour sa dimension autobiographique, mais aussi pour la dimension profondément humaniste, de valeur de transmission et de partage, qu'elle recèle.

 

 

detailfilmplastiqueskg-copie-2.jpgC'est aussi une oeuvre forte existentiellement et émotionnellement, qui parle du corps et de l'habit, comme vêtement et comme habitat, qui parle de métamorphose, de devenir soi...

 

Manifestation organisée par l'association Espace Commun

Du 19 juin au 31 juillet 2010 sur 9 lieux du Canton de Cloyes-su-le-Loir, en extérieur ou dans les églises

Avec: Olivier Bernacchi, Charles Bujeau, Amadine Crozat, Nathalie Cunat, François de Verdière, Delphine Dewachter, lotus Engel, Sylvie Kaptur-Gintz, Tai Kazumi, Anais Lelièvre, Bettina Martinez, Alexis Pandellé, Catherine Wintzenrieth-Vernier, Olivier Ziller

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2 juin 2010 3 02 /06 /juin /2010 00:56

 

artbite-a215-louise_bourgeois_et_fillette-49eef-copie-1.jpg

 

 

Pour moi, Louise Bourgeois restera éternellement cette vieille dame facétieuse tenant sous le bras avec ou sans malice une "Fillette" de belle taille!

 

Louise Bourgeois - "Fillette" - 1968

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30 mai 2010 7 30 /05 /mai /2010 23:39

 

Avoir 20 ans, le plus bel âge?

 

La Galerie parisienne Lefor Openo fête dignement ses 20 ans, en invitant tous les artistes qui y ont exposé ces vingt dernières années à montrer une oeuvre sur ce thème.

Plus d'une centaine d'artistes se presseront donc dans l'espace de la galerie, parmi lesquels Robert Combas, Jim Delarge, Hervé Di Rosa, Bernard Pras, Bernard Rancillac, Antonio Segui, Tony Soulié, Topolino...et Yveline Tropéa.

 

yveline-20-ans.jpgYveline a réalisé une oeuvre spécifique pour cette occasion, une forme d'auto-portrait à la fois kitsch et précieux, évoquant l'imagerie religieuse et les objets de dévotion et de ferveur féminine tels qu'on en trouve en Espagne ou en Italie...et j'aime particulièrement l'aura d'étrangeté mystique qui s'en dégage.

 

A découvrir du 3 juin au 10 juillet 2010

"Avoir 20 ans"  - Galerie Lefor Openo 29 rue Mazarine Paris 6ème -  www.leforopeno.com

 

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28 mai 2010 5 28 /05 /mai /2010 00:29

 

Il y a dans la manière qu’a Yassine Balbzioui de cerner en quelques traits bien maîtrisés une réalité qu’il aurait soigneusement détournée de son sens premier, quelque chose de cette « gaîté moderne » dont parlait Breton, une « contradiction à la culture hautaine », le choix d’un expressionnisme de la dérision davantage que de la tragédie humaine.

 

3_hide5.jpgPour Yassine Balbzioui, il n’y a pas d’autre équation que celle de l’art à la vie, et, à la manière de Filliou, sans doute n’hésiterait-il pas à proclamer que dans l’art comme dans la vie, rien n’est sérieux…bien qu’il n’y ait rien de plus sérieux. Alors il lui faut rassembler, permettre la rencontre et l’échange, mélanger les êtres et les genres, tester, en un mot, cuisiner. Ce n’est ni un vain mot ni une anecdote. Si l’artiste aime à employer ce terme pour parler de la manière dont il mixe les inspirations, les rencontres, les techniques, il a parfois réellement organisé des performances autour d’un plat à cuisiner, chacun amenant les ingrédients qui serviront autant au repas commun qu’à l’édification de l’oeuvre. Une partie de la série « Hiding » en est d’ailleurs issue. L’idée d’un art comme « cuisine » est également pour l’artiste une manière d’exprimer son intérêt pour la transversalité des expressions et des médias, la photo, la vidéo, par exemple, pouvant apparaître comme des ingrédients de cette concoction aboutissant le plus souvent à la peinture et au dessin.

 

Car Yassine Balbzioui se définit essentiellement ainsi : il peint et dessine depuis toujours, tout le temps, comme une respiration seconde, un regard porté sur le monde, dans une sorte d’émerveillement un peu naïf face à la plus factuelle des réalités mais aussi le besoin de rester en contact permanent avec l’image. Le dessin, surtout, s’impose à lui comme façon de capter dans son immédiateté une réalité fugitive et évanescente, à laquelle il donnera forme élaborée plus tard. Mais parce que sans doute il est convaincu, comme Filliou avant lui, que l’art exige innocence autant qu’imagination, il sait qu’il ne faut pas perdre cet instant fugace et gratuit, qui est aussi celui de la rencontre et de la relation à l’autre. « Le sujet en face de moi », dit-il « m’impose une position qui m’oblige à improviser (…).Mon regard devient furtif, piquant. Lorsque le  modèle abandonne mon regard, il laisse des traces en moi. »

 

« Hiding » illustre parfaitement le processus par lequel Yassine Balbzioui construit une série, qu’il conçoit d’abord comme il imaginerait le story-board d’un film, cherchant la multiplicité des évocations dans l’image. Mais s’il se raconte une histoire pour « rentrer dans le sujet », une fois dans son atelier devant la toile, il n’y a plus de récit mais le corps au travail, le labeur, et l’image. Dans ces variations autour d’un thème que peut constituer une série, la narration est en réalité évacuée au profit de la saisie de l’image et de la stratification de sens qu’elle insuffle.

Yassine Balbzioui est ainsi un bien étrange portraitiste. Les portraits qu’il réalise se tiennent à la lisière de l’absurde : là où par définition devrait se trouver la représentation d’une personne, voici que tous se cachent le visage ! Alors que traditionnellement le portrait, représentation physique mais aussi et surtout voie d’accès à la psychologie du sujet, pour donner à saisir des « attitudes révélatrices des pensées que les personnages ont dans l’esprit »*, insiste sur le travail du regard, des expressions, ici toute expressivité directe est complètement éludée au profit d’une incongrue nature morte, qui n’empêche pourtant pas une forme de présence.

Cette dialectique entre « montrer » et « dissimuler » parcourt tout le travail de Yassine Balbzioui. Dans des représentations récurrentes, ses personnages se cachent le visage, parfois d’objets aussi dérisoires qu’une laitue ou un poisson, portent des masques, se mettent la tête dans un trou, etc.…Pointant ainsi, dans une certaine posture d’ironie ou de dérision, nos multiples aveuglements volontaires, il renvoie dans le même temps le spectateur à son intrinsèque solitude. Privé du regard de l’autre -celui du portrait- dans lequel il devrait plonger comme en un miroir ou une porte ouverte vers un ailleurs, le spectateur se retrouve donc seul face à lui-même, dans une attitude d’attente circonspecte et une introspection contrainte.

Yassine Balbzioui tisse un lien entre cette question de la dissimulation et celle de la famille, parfois évoquée de manière sous-jacente, parfois plus clairement, avec, par exemple, ces « Portraits de famille », dont tous les membres semblent affublés d’étranges masques. Le masque, la « persona », autrement dit, le personnage que l’on joue n’est jamais qu’une façade qu’on se façonne. Allusion au monde du théâtre, le masque ou toute autre forme de dissimulation employée ici suggèrent cette posture de moi sociale que, dans la famille comme ailleurs, chacun endosse, ou, comme le dit Jung, cette scénographie sociale et familiale dans laquelle chacun s’inscrit d’une manière ou d’une autre. Et, dans cette évidence de faux-semblants, le portrait au visage caché n’offre peut-être alors pas moins de vérité.

 

Autre forme de théâtralisation, l’usage de la représentation animalière. Poissons, canards, corbeaux, autruches… : à l’instar des fables de la littérature classique, Yassine Balbzioui fait appel à un bestiaire figurant selon lui des stéréotypes de caractère, qui pour être humains n’en suggèrent pas moins des attitudes animales. Ainsi, dans la série des « Autruches », il avait su saisir la « vérité » de l’animal, son air farouche, un peu ahuri, stupide et furieux, instillant dans le même temps un « quelque chose » d’humain. S’inscrivant dans sa suite, la série « Down in the hole » montre l’artiste s’auto portraiturant dans une bien étrange posture, la tête en bas, le visage enfoui dans le sable. Une posture un peu idiote. Sacrifiant son amour-propre sur l’autel de la dérision, Yassine Balbzioui n’a peur ni du ridicule ni de l’absurde, et son art est une manière de lutter contre la gravité, dans tous les sens du terme, et l’esprit de sérieux. Il est ainsi une forme de subversion, qui oppose sa force de résistance, au travers de ce geste régressif, de ce retour à la nature, aux idéalismes pédants et aux théories vides d’humanité.

yb.jpgMais ne nous y trompons pas, cette idiotie dont parlait Jouannais** est une attitude jouée, et construite, qui n’empêche pas -au contraire car elle la fonde- la lucidité. Stratégie, elle enracine très certainement l’ironie contemporaine et la modernité du propos de Yassine Balbzioui.

 

 

* Léonard de Vinci – Carnets- Vol. 2- Ed.Gallimard, Paris, 1942

**Jean-Yves Jouannais- L’idiotie-  Ed Beaux-Arts Magazine, 2003

 

Photos: "Hiding", 2009 - "Down the hole", 2009

 

Texte visible sur le site de la galerie de Yassine Balbzioui: Galerie Pottier+Mekouar www.pottier-mekouar.com et sur le site de l'artiste: www.yassinebalbzioui.com

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 01:16

 

 

e-regent-decisif-chez-robert-2-.jpgDans "Une partie d'un monde auquel, dit-il, je ne croyais pas", Emmanuel Régent avait investi une des salles de chez Robert d'une énorme et mystérieuse boule d'argent. "Qu'est-ce que tu ferais sans moi?" (2009)...

 

 

Et voici qu'une de ses consoeurs apparait dans la cour du FRAC PACA à l'occasion de la Nuit des Musées, 1 kilomètre de film aluminium compressé durant deu12-Decisif-Regent-FRAC-15mai-1-.jpgx heures. Une sculpture presque performance, qui est en fait la pièce d'une série , "Décisif", débutée en 2008 dans le cadre de son exposition "La parabole silencieuse", à la Chapelle des Calvairiennes.

 

 

Il se dit que la prochaine étape décisive se fera en juillet à St Rémy de Provence, cette fois avec plusieurs kilomètres d'aluminium...!

 

 

www.emmanuelregent.fr

Voir "un monde auquel, dit-il, je ne croyais pas": rubrique "commissariats", ou suivre le lien:

www.chez-robert.com/temp_regent/regent.php , sur l'invitation de Michel Delacroix, directeur artistique de chez Robert.

 

 

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23 mai 2010 7 23 /05 /mai /2010 00:25

 

Le travail sur "Figure libre", la prochaine exposition dont je suis commissaire, avec Isabelle Lebaupain, avance avec entrain. Rendez-vous en Octobre à la Salle d'exposition de Guyancourt (Yvelines)!

En attendant d'en dévoiler davantage, voici en avant-première quelques mots sur le projet développé en parallèle par le photographe Bertrand Sampeur (alias Ernesto Timor), sur une proposition de la Ville de Guyancourt, dont une restitution prendra place au sein de notre exposition.

 

Dans "Passes et passages", Bertrand se propose d'explorer un nouveau territoire, en réalisant un travail photographique sur le terrain avec des sportifs pratiquants, un travail sur le "rite" de passage que constitue le fait d'endosser la tenue de sport, passage entre la vie courante et le monde de l'effort et de la compétition sportifs, entre le vestiaire et le terrain, entre le moment de concentration et le moment de l'action.

Nous attendons avec impatience le résultat de l'appel à participation et les premiers clichés, où l'on retrouvera sans doute ce qui semble être la marque de fabrique d'Ernesto Timor: cette sorte d'humanisme simple et poétique, ce sens du presque-rien qui n'en est pas moins un bouleversement du cours des choses...

 

1005-passes-passages8532-1-.jpg

 

Françis, ancien joueur de football au Bénin, aujourd'hui agent d'accueil au Stade Maurice Baquet à Guyancourt - Photo: Bertrand Sampeur -

 

Voir le travail d'Ernesto Timor: www.timor-rocks.com

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18 mai 2010 2 18 /05 /mai /2010 23:01

 

 

press-yassine-copie-1.jpg

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comme toutes les grandes biennales, Dak’Art 2010, la 9ème Biennale de l’Art Africain Contemporain de Dakar a aussi son « Off », des dizaines de manifestations satellites dans toute la ville.

 

Parmi elles, le centre culturel Blaise Senghor accueille « Africa Light », un projet d’exposition itinérante en collaboration avec l’association MC2a (Migrations culturelles Aquitaine Afrique) rassemblant installations, vidéos et peintures d’un collectif de cinq artistes originaire d’Afrique et d’Amérique Latine, sous le commissariat de Massamba Mbaye.

Ici, sans doute, sont confrontées à la fois des visions historiques, politiques et sociales, mais aussi des pratiques et des images, des manières de voir, et de rendre compte du monde contemporain.

 

Parmi les artistes présentés, Yassine Balbzioui, que j’ai rencontré récemment et dont j’aurai certainement l’occasion de reparler ici, aura sans doute joué de son sens du non-sens et de la dérision pour montrer quelques uns de ses portraits cachés…

 

« Africa Light » - Centre Culturel Blaise Senghor- 6 bld Dial Diop – rue 10- Dakar- Jusqu’au 22 mai- avec Yassine Balbzioui, Max Boufathal, Badr el Hammami, Fatima Sabri, Rustha Luna-Pozzi Escot

 

photo: Les artistes de Africa Light devant Hiding" - Yassine Balbzioui 

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17 mai 2010 1 17 /05 /mai /2010 22:44

 

 

 

francois-fries-wp-2-copie-1.jpg

 

Du 18 mai au 19 juin 2010, la Galerie Charlotte Norberg expose les peintures récentes de François Fries.

 

Peintre, François Fries l’est absolument, délibérément. Son expérience passée, notamment dans le cinéma, aurait pu le conduire vers d’autres formes de l’image, mais c’est la peinture, la plus traditionnelle, peut-être, la plus riche, encore, qu’il a choisi comme on détermine sa voie. En toute conscience. Une conscience presque politique, un geste de résistance contre une certaine vanité de la reconnaissance qu’il connut, un acte de modestie et de retrait.

 

Après la série des « Mécanique des fluides » (2007-2009), il présente aujourd’hui « Tout s’écoule », jeu nouveau autour de la fluidité de la peinture, ses métamorphoses indéterminées, la manière dont les couleurs fuient et filent sur la toile, s’étreignent ou se répulsent.

Mais comment et dans quel ordre, si jamais ordre il y a ?

 

C’est que le travail de François Fries, s’articulant autour de la série et de la variation, s’inscrit fondamentalement dans l’expérimentation. Une expérimentation, littéralement, comme une mise à l’épreuve de l’essence de la peinture et de l’acte de peindre. Extension des procédures entre l’art et la science – il dirait « la cuisine », qui est aussi de la chimie !-, il s’agit bien pour l’artiste d’élaborer des dispositifs, de se confronter au geste comme à une hypothèse, de contredire, parfois, ses intuitions. C’est en ce sens qu’en « laissant faire, et se faire » le tableau, comme il le dit, François Fries interroge la nature de la peinture et, d’une certaine manière, se met lui même à l’épreuve dans son statut d’artiste. Inlassablement, il explore la peinture comme matière, surface, forme, physicalité, texture, réaffirmant peut-être le manifeste de Support Surface- « l’objet de la peinture c’est la peinture elle-même ».

Une fois sec, achevé, « le tableau », dit l’artiste, « n’est que la mémoire de cette expérience, le souvenir d’une sensation ou d’un mouvement passé »

 

L’aléatoire dans le processus de réalisation et le résultat, la mécanique et le jeu, sous-tendent clairement la démarche de François Fries.

Dans cette dialectique, il suggère l’idée selon laquelle, pour que le hasard advienne, il est nécessaire d’en fabriquer les conditions et c’est dans cet interstice-là, dans cet « entre-deux » entre un processus d’exécution, pensé en amont, et une peinture sur la toile qui n’en est in fine que le résultat a posteriori, que se situe exactement son travail.

Pour autant, la peinture de Fries, si elle questionne l’essence de la peinture, n’est pas une oeuvre intellectuelle, ou didactique. Elle ne contient ni « message » ni sous texte, si ce n’est celui, aussi poétique qu’hermétique, d’un de ces vers de Mallarmé « Un coup de dés jamais n’abolira le hasard ».

 

Ainsi donc il regarde le tableau « se faire » sous ses yeux, il se retire, non dans l’impuissance mais dans l’attente de la surprise, dans la jubilation du rapport de cause à effet, dans ce que ses « règles du jeu » auront produit à la fois grâce et sans lui. Donner quelques directions à la peinture, supprimer le pinceau au profit d’outils peu conventionnels, telle la seringue, pour voir ce que çà fait, piquer la surface dans le vif de la couleur, si on peut dire…

Alors ce qui se détache par-dessus tout, c’est cette joie de peindre, non une joie enfantine, innocente, mais une joie sérieuse, cherchant à défier les lois de la physique et de l’aléatoire. Le plaisir de voir la peinture à l’oeuvre est pour l’artiste un plaisir qu’aucune satisfaction n’épuise, un plaisir sans cesse renaissant dans la matière et l’étonnement, le plaisir de celui qui a trouvé en secret le moyen de produire son propre paysage, son émerveillement et ses beautés.

 

François Fries- Galerie Charlotte Norberg- Du 18 mais au 19 juin 2010-

www.galeriecharlottenorberg.com

 

Texte réalisé pour la galerie Charlotte Norberg à l'occasion de cette exposition

 

Photo courtesy François Fries

 

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