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18 août 2010 3 18 /08 /août /2010 00:11

A Lille, la désacralisation de l'Eglise Sainte Marie Madeleine avait permis de créer un exceptionel espace à investir pour les artistes invités dans le cadre de Lille2004, Capitale Européenne de la Culture.

L'exposition s'appelait "Du côté de chez", et invitait tout au long de l'année 4 artistes à imaginer un univers dans ce lieu patrimonial. Parmi eux, j'ai pu découvrir le travail de l'artiste japonaise Miwa Yanagi, qui, pour l'occasion, avait livré une version parallèle de son projet "Grandmothers" (dans lequel elle métamorphosait des jeunes filles en elles-mêmes, cinquante en plus tard - le parallèle étant frappant avec le célèbre diptyque -qui en fait n'en est nullement un- de Goya, "Les jeunes" et "Les vieilles", visible au Musée des Beaux-Arts de Lille).

 

yanagi elevators 2      J'avais été particulièrement séduite par la démarche de Miwa Yanagi, avec cette sorte de féminisme plutôt rare au Japon, qui parle du culte de la jeunesse et du temps qui passe sur les corps des femmes, des rigidités machistes de la société nippone, notamment avec l'excellente série des "Elevator girls", ces jeunes femmes interchangeables et lisses comme des mannequins de vitrine, occupant l'enviable poste de liftier(e) dans les grands magasins et les tours de bureaux des mégapoles japonaises.

 

Pour Lille 2004, je présentais ainsi le projet en quelques mots:

 

"Pour Lille 2004, Miwa Yanagi, jeune artiste japonaise vivant à Kyoto, renouvelle l’une de ses expériences de référence. « Granddaughters »,comme en 2002 « My grandmothers »,explore de manière très originale et très aboutie les thèmes de la mémoire et de la filiation, mais aussi la place et l’histoire des femmes dans le monde contemporain.

 

yanagi-granddaughters.jpg

 

 

« Granddaughters » se présente comme une installation vidéo complexe, dans laquelle s’entremêlent plusieurs « générations » d’images, de visages, de voix, d’histoires, de récits et de souvenirs. Des femmes âgées, européennes et filmées par Miwa Yanagi spécialement pour ce projet, parlent de leurs grands-mères, s’efforcent de témoigner d’évènements précis et datés de leur enfance. Faisant revivre leurs ailleules à travers l’évocation de ces souvenirs, elles rappellent que la conscience est fondamentalement mémoire, et que chacune est le produit de l’histoire de sa famille et au-delà, de l’Histoire de l’Humanité.

Mais l’écho de leurs voix, de leurs récits, se perd dans les limbes, recouvert par les voix d’une trentaine de jeunes filles, élèves au Collège Carnot de Lille, interprétant la traduction des propos de chacune des vieilles dames.

En une composition vidéo sophistiquée,les visages des grand-mères et des jeunes filles projetées dans les chapelles latérales de l’église se croisent et se renvoient les unes aux autres, brouillant la linéarité des récits, en une sorte de kaléidoscope sonore et visuel, mosaïque rappelant le brouhahaha du monde et des générations."

 

 

 

 

 

 

  Je n'ai pas eu l'occasion de revoir Miwa Yanagi depuis, mais il me semble qu'elle représenta le Japon à la Biennale de Venise en 2009, avec une série intitulée "Windswept women", fort puissante, évoquant à la fois Witkin et l'univers de certains dessinateurs japonais, que je trouve plus "trash" mais aussi plus conforme à l'imagerie underground japonaise et donc, d'une certaine manière, moins poétique et moins originale.

 

 

 Photos courtesy Miwa Yanagi

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12 juillet 2010 1 12 /07 /juillet /2010 11:00

 

et un retour fin août, début septembre.......

 

 

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11 juillet 2010 7 11 /07 /juillet /2010 22:39

Ce n'est pas seulement parce qu'il fait chaud, mais aussi parce qu'on a beaucoup travaillé...qu'il nous tarde que ces été rime avec vacances...car la rentrée sera prometteuse, avec des expositions, des évènements et des publications à l'horizon!

 

Quelques news pour l'été:

 

ZEVS, avec qui je prévoie un bel évènement pour la Nuit Blanche 2010 en octobre, liquide les derniers symboles du communisme à la foisonnante 2nde Biennale "for Young Art" de Moscou, dans le cadre de l'exposition "No limits in the street".

 

                                  zevs moscou live

 

 

Marie Denis, qui a  décidemment une riche actualité, et que nous retrouverons avec plaisir à l'automne dans "Figure libre", à Guyancourt, "occupera" jusqu'au 5 août deux vitrines des Galeries Lafayette avec "Cinérama", hommage au cinéma tel qu'on pourra le savourer en nocturne au Parc de la Villette, qu'elle représente dans le cadre de "Paris & Création".

 

 

                                  OH-LUNDI-.JPG

 

Pour ce projet dans lequel elle poursuit son expérimentation de tressage du végétal, elle collabore cette fois avec Laurent Thauvin, coiffeur-créateur.

Pour la 2ème année consécutive, les Galeries Lafayette témoignent de la créativité foisonnante et de l'énergie de Paris, de ses artistes, créateurs, designers et institutions. A la Galerie des Galeries, on pourra découvrir l'univers de la créatrice Vanessa Bruno. Dans les autres vitrines, des artistes invités par le Centre Pompidou, la Cité de l'architecture & du patrimoine, les Arts Décoratifs, le Lieu du Design, la Maison Rouge, le Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris et le Palais de Tokyo...

www.galeriedesgaleries.com

 

On aura aussi la chance d'exposer dans "Figure libre" des oeuvres d' Emmanuel Régent et de Lionel Scoccimaro.

En attendant, on les retrouvera tous les deux à St Rémy de Provence pour Ap'ARt, Festival international d'art contemporain, du 8 au 13 juillet.

On pourra voir également des oeuvres d'Emmanuel Régent à la Biennale de l'UMAM, au Château-Musée grimaldi, Haut de Cagnes, jusqu'au 06 septembre.

Quant à Lionel Scoccimaro, il passera un été à l'anglaise, avec une participation à la Sotheby's Exhibition, au Sudeley Castle, dans le Gloucestershire, et à l'exposition ""Make Vanitas your own", chez Alexia Goethe Gallery, à Londres. 

 

esquerre-calvaire.jpg  En Bretagne, à Bazouges-la-Pérouse, pas très loin de St Malo, le Village, site d'expérimentation artistique, invite des artistes à exposer dans trois galeries. A la galerie Thébault, on pourra découvrir de nouvelles céramiques de Laurent Esquerré, inspirées des calvaires typiques des bords de routes dans la région - Dans le cadre de "Inventaires #5", jusqu'au 5 septembre.

 

Et pour finir, quelques photos de l'installation de Sylvie Kaptur-Gintz au Lavoir de La Ferté Villeneuil, visible jusqu'au 31 juillet.

 

   lavoir-m2-1-.jpg      lavoir-retraite-1-1-.jpg

 

C'est tout...pour le moment!

 

Photos: courtesy ZEVS - Marie Denis- courtesy l'artiste - Laurent Esquerré - Courtesy l'artiste / Galerie Charlotte Norberg - Sylvie Kaptur-Gintz - courtesy l'artiste

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7 juillet 2010 3 07 /07 /juillet /2010 22:47

 

A l'occasion, les choses, les lieux, les êtres se croisent...

 

L'automne dernier, en allant visiter les ateliers centenaires des Frères NOT, avec qui travaille depuis plusieurs années l'artiste Laurent Esquerré, j'avais découvert la beauté tranquille du Canal du Midi, auprès duquel les NOT sont installés.

 

j'ai dû rencontrer Dimitri Xenakis en 2006, à l'occasion d'un article que j'avais rédigé sur une de ses expositions pour un webzine. Puis, il m'avait confié l'écriture d'un texte sur une de ses installations environnementales, pour le catalogue d'une exposition à laquelle il participait. J'ai eu l'occasion de suivre de loin en loin le développement de son travail, conjuguant essentiellement art et nature dans des installations environnementales toujours surprenantes.

 

                    xenakis.jpg

 

C'est pourquoi j'ai trouvé intéressante "Le long cours", installation cinétique et signalétique sur plus de 650 mètres le long des berges du Canal du Midi, réalisée par Dimitri Xenakis dans le cadre de "Chemin(s) d'eau", manifestation à caractère légèrement commémorative: l'année Riquet, saluant la mémoire du concepteur du Canal du Midi, ingénieur et entrepreneur du 17ème siècle.

 

le Canal du Midi, reliant l'Atlantique à la Méditerranée, est un chef d'oeuvre d'ingénierie, classé au patrimoine mondial de l'UNESCO depuis 1996.

 

"Le long cours" - "Chemin(s) d'eau" - organisé par la Ville de Toulouse- commissaire: Didier Kimmoun -  A partir du 28 juin 2010-

 

 Photo courtesy Dimitri Xenakis

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6 juillet 2010 2 06 /07 /juillet /2010 10:48

 

Le portrait de Karl Lagerfeld réalisé par Luna pour sa très prochaine exposition au Château de la Mothe en Dordogne (voir article) m' a donné l'idée de ressortir de mes archives un article que j'avais écrit pour un webzine en 2004. A l'époque, Lagerfeld venait de lancer une opération retentissante de "masstige" avec H&M, et exposait pour la première fois je crois des photos dans une galerie parisienne.

Depuis, Lagerfeld a monté en grade dans le statut de rock star, peaufinant son personnage à la fois accessible, quand il s'en va claquer la bise à tout le monde le samedi après-midi chez Colette, et éminemment lointain dans l'immensité de son talent, silhouette universellement reconnaissable, maniant avec une grande dextérité le populaire, quand il fait la publicité d'un lave-linge en dernière page du catalogue des 3Suisses ou s'affiche en Coca Light, et l'élitisme le plus précieux.

La comparaison avec Warhol (qu'il trouve "pas très bon") et la Factory ne lui plait guère, pourtant, il est sans doute, plus que n'importe quel artiste contemporain, le néo-Warhol par excellence, manipulant un système dont il est l'épicentre.

 

 

 

"Le toujours sémillant Karl Lagerfeld, plus que jamais dopé au Coca Light et aux chiffons H&M, expose ses photographies pour la première fois à Paris, à la Galerie du Passage. On connaissait déjà la passion de Lagerfeld pour la photographie, au travers de nombreuses séries de photos de mode qu'il a réalisées, moins son engouement pour la représentation de la nature, et encore moins sa collection de vases de Ciboure, objets d'un des thèmes de cette exposition et d'un livre, «  Les vases de Ciboure , l'illusion de l'Idéal ».

 

Essayons d'être objectifs et gardons-nous de ne retenir que l'imagerie people le soir du vernissage, les Caroline de Monaco et autres Amanda Lear posant gaillardement, sanglée comme dans les années 80, près des torses imberbes et musculeux des éphèbes photographiés par le Maître...et tentons de nous intéresser à l'Idéal qu'il propose.


nature-lagerfeld.jpgIntérieur idéal, d'abord, pour cette maison récemment transformée en galerie par le marchand d'Art Pierre Passebon, où se mêlent, avec un souci d'harmonie dans lequel le hasard n'a pas sa place, des meubles art-déco et les photographies de grands formats, tirées sur toile et présentées comme des tableaux. Que de l'élégance...
Elégance aussi de ces « natures mortes » contemporaines, en des prises de vues serrées de végétaux révélant d'étranges paysages. La rigueur de la composition se veut en adéquation avec une certaine vision de la nature, idéalisée, force impassible et immanente dont Lagerfeld rêve peut-être pour lui-même en secret.

 

 

Beauté divine

 

lagerfeld-ciboure-2.jpg

 

Lagerfeld n'est-il qu'un inoffensif gentilhomme, rescapé des humanismes, incongru dandy du troisième millénaire, lettré en suffisance pour faire taire les mesquins et superficiel juste ce il faut pour qu'on ne le soupçonne pas d'être sérieux ? Ou n'y aurait-t-il pas chez lui comme la nostalgie d'idéaux archaïques ? Ses photos mettant en scène de manière académique de très -trop- beaux jeunes hommes tenant artistiquement les fameuses poteries de Ciboure aux décors néo-antiques laissent perplexe.

C'est que l'idéal du « kaloskagathos » (l'homme « beau et bon »), pilier de la civilisation aristocratique grecque, dont semble s'être inspiré Karl Lagerfeld, a traversé les siècles avec plus ou moins de bonheur. Bien sûr, face à nos contemporains mous, il peut être sain de se rappeler le temps ou l'excellence consistait à la beauté du corps et de l'âme, courage et générosité compris. Mais le culte de la beauté, et d'une beauté normée, a aujourd'hui un je-ne-sais-quoi d'inquiétant, comme tout culte d'ailleurs. Laissant à Monsieur Lagerfeld le bénéfice du doute, on peut toujours, à la faveur de cette frivolité qu'il revendique, lui reconnaître un amour sans arrière-pensées pour les dieux grecs, ces dieux dont la beauté tenait à leur essence, jouissant des pouvoirs manquant aux hommes, tels l'absolu privilège de ne jamais perdre leur jeunesse, et d'être immortels. Son interprétation toute personnelle du « Portrait de Dorian Gray » semble procéder du même attachement esthétique. L'histoire ne dit pas (encore) si on reconnaîtra Karl Lagerfeld aux bagues de « biker » qui couvrent ses doigts...

 

 

« L'illusion de l'Idéal »

 

lagerfeld-ciboure-copie-1.jpg       Karl Lagerfeld est trop intelligent pour se laisser surprendre à la tentation dogmatique. En bon esthète, il pose son objectif à la distance suffisante pour qu'il émerge de l'image la sensation du jeu et de la fiction. L'œuvre photographique de Lagerfeld prend alors une dimension pour ainsi dire nietzschéenne, en cette conscience sous-jacente que l'art et la beauté ne sont que des illusions, mais des illusions nécessaires ; en cette présence physique de la nature, des corps, des matières, comme seule puissance.


L'exposition « Karl Lagerfeld, Photographies » a eu lieu du 17 novembre au 23 décembre 2004 à la Galerie du Passage (20-22, Galerie Vero-Dodat - 75001 Paris)
A lire : Karl Lagerfeld - Les Vases de Ciboure- 48 pages, 26 photographies en couleur -Editions  STEIDL

 

Photos courtesy à l'époque Galerie Du Passage

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5 juillet 2010 1 05 /07 /juillet /2010 21:16

 

Que peuvent bien avoir en commun Damien Hirst, Karl Lagerfeld, Frédéric Mitterand, David Bowie, Vladimir Poutine, François Pinault, Woody Allen, jeff Koons, Bernard-Henri Levy et Jean-Jacques Aillagon?

 

Ils seront tous cet été au Château de la Mothe, en Dordogne, portraiturés par Luna, artiste dont je suis le travail depuis un moment, et qui sera à l'automne dans notre exposition "Figure Libre", à Guyancourt.

 

En attendant, le Château de la Mothe, nouveau lieu d'art contemporain, a invité Luna a investir ses lieux, avec cette exposition moins pop qu'elle en a l'air....

 

 

"Née à Paris en 1966, Luna a étudié à l'Ecole Nationale Supérieure des Beaux-arts de Paris et de Toulouse. Elle s’essaie d’abord à la sculpture et à la peinture, avant de commencer à explorer d’autres médias : le son, la photographie, la vidéo, forgeant peu à peu sa démarche artistique.

Elle offre ainsi un travail très personnel sur axé autour d’une réflexion sur le statut et l’autonomie de l’image en même temps que sur la situation de l’auteur contemporain, posant ainsi la question de la dépersonnification de la création.

A partir de travaux d’installations, de vidéos, de photographies au caractère quasi pictural, comme la série de portraits qu’elle présente aujourd’hui, elle opère une déconstruction des images et des codes, notamment par le détournement et la réappropriation. Dans une posture de mise à distance et parfois de dérision, le travail de Luna s’inscrit de manière très contemporaine dans une réflexion critique sur les conventions, les représentations, les postures sociales, les modes d’identifications postulés ou avérés, les mythes collectifs et les aliénations.

Si certaines de ses œuvres peuvent se rapprocher d’un geste actionniste – comme lorsqu’en 2005, elle montre un sexe féminin tatoué d’un code barre sur fond rose bonbon - son travail peut aussi incliner parfois vers une forme de situationnisme, dans cette manière de favoriser l’irruption poétique dans les situations ou les activités les plus banales : dans la série « Gate », elle se représentait, quelque part dans l’espace neutre et banal d’un aéroport, dans des situations d’attente indéterminée. Attitude subtilement engagée en ce sens, dans sa manière de s’emparer, de transformer, de triturer certaines images pour en perturber radicalement la compréhension.

 

                              lagarfeld-luna.jpg

 

En Dordogne, au Château de La Mothe, qui vient d’ouvrir ses portes comme lieu d’art contemporain, Luna présente une série de 10 portraits de personnalités du monde de l’art, du spectacle, de la politique, en grands formats, produits par le lieu pour l’exposition.

Pour Luna, le traitement formel de l’image revêt une importance particulière, qu’elle considère comme indissociable de son approche signifiante.

Ce travail de l’image numérique impose une transversalité entre art, sciences, et mathématique, ressuscitant d’une certaine manière, et cela n’est pas neutre dans sa démarche, l’esprit humaniste et renaissant.

Au travers de l’utilisation des nouvelles technologies, et en particulier les possibilités de l’image numérique – qui interrogent les notions de statut d’auteur et d’image, mais aussi les genres artistiques- elle réinjecte une dimension créative à l’image, dans un travail de réappropriation picturale, de traitement ou de remodélisation de l’image. Les visages des portraiturés subissent une sorte de défiguration numérique : sous le cadrage serré, marques et traits sont lissés, floutés, les formes semblent se déliter, les couleurs, artificielles et comme diluées, se détachant sur le fond monochrome couleur vive, l’accroche au réel se réduisant au regard, distinguant in fine l’homme réel de l’icône.

 

P.2009.jpgEn se réappropriant des images photographiques issus de l’Internet, souvent exploitées à des buts commerciaux ou idéologiques, Luna produit des images-peintures qui, évidemment, ne sont pas sans évoquer Warhol et le Pop. Pourtant, il serait bien réducteur de circonscrire le travail de Luna à un énième avatar de cette culture Pop qui n’en finit pas d’être la notre, dans cette déliquescence du Pop au profit d’un néo-Pop entièrement voué à la trivialité des mass media, à la reproduction en masse des procédés, à ces produits dérivés devenus « brutalement impersonnels » comme le prédisait Warhol, singeant la reproduction-dispersion massive de l’esthétique warholienne jusqu’à saturation, dissolution dans la béance de sens.

Pulvérisé, le fameux quart d’heure de célébrité warholien. Le monde contemporain n’a jamais été aussi fasciné et avide, jusqu’au vertige et à l’écoeurement, de starisation, de glamour préfabriqué, de « peoplisation ». La société de divertissement est à son climax, produisant un brouillage des genres, des hommes politiques traités comme des people, des acteurs musculeux devenus sénateurs, des artistes à la tête de multinationales…

Alors, Damien Hirst ou François Pinault, Jeff Koons ou Frédéric Mitterrand, Vladimir Poutine ou Karl Lagerfeld, BHL ou Jean-Jacques Aillagon, qui sont-ils et pourquoi eux ? Sont-ils quelques unes des véritables icônes pop d’aujourd’hui ? Un administrateur de Monument Historique, un philosophe médiatique et millionnaire sont-ils plus glamour que ne le furent Elisabeth Taylor, Marilyn, Mick Jagger ou Michael Jackson à l’époque de La Factory, du Studio 54 et d’Interview ? Ce que veut pointer Luna ici, c’est que sans doute, l’entertainement n’est jamais qu’une partie du spectacle, ce spectacle dont la «  religion » est, on le sait depuis Guy Debord, « la marchandise ».

Si l’ensemble des portraits de Luna devaient, comme le disait Warhol de ses œuvres, former « un portrait de la société », que verrions–nous ? Les nouvelles icônes d’un monde marchandisé, l’évidente collusion de l’art et de l’économie, de l’économie et du politique, de l’art et du politique…

Les hommes publics choisis par Luna n’incarnent pas à proprement parler le glamour, la manière dont elle les portraiture n’est pas si flatteuse, bien que non plus caricaturale. Et le traitement de leur image à la sauce pop est moins un choix esthétique que de l’ironie, avec leur joli fond acidulé...

Il semblerait alors plus justement que Luna prenne ce mouvement à rebours, jusqu’à revenir aux sources de son cynisme, comme un sorte d’anté-pop salvateur et lucide."

 

"Ils s'invitent au Château de la Mothe" - Luna

Du 24 juillet au 15 septembre 2010

Château de la Mothe

24410 Saint-Privat-des-Près

www.chateaulamothe-dordogne.com

 

Texte réalisé dans le cadre et à l'occasion de l'exposition

Remerciements à Emmanuel Espagnol, Administrateur du Château

Photos courtesy LUNA

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4 juillet 2010 7 04 /07 /juillet /2010 23:54

 

Ceux qui passeront ou séjourneront en pays nivernais durant l'été pourront se rendre à l'Abbaye de Corbigny, Centre d'art bourguignon, pour découvrir "Un monde loin du monde", exposition déclinant différents aspects du travail de Gabriela Morawetz, artiste polonaise résidant en France, et dont le travail est régulièrement présenté un peu partout dans le monde.

 

                             morawetz-corbigny.jpg

 

Edouard Glissant évoquait l'oeuvre de Gabriela Morawetz comme une "élévation bouillonnante d'énergies". Ce sont dans ces énergies que s'immergera métaphoriquement le visiteur, au coeur d'une installation mêlant sculpture, vidéo et photographie, dans une "exploration de la nature multiple des êtres et des choses, du double et de la gémellité (...) entre réalisme magique, allusions au surréalisme par l'usage de l'objet fétiche ou réceptacle de poésie".

 

Cette exposition est conjointement organisée par l'Abéicité, Abbaye de Corbigny, et Anne-Laure Meyer, avec qui je poursuis actuellement un beau projet de commissariat qui devrait voir le jour...l'année prochaine!

 

"Un monde loin du monde"- Gabriela Morawetz

Du 17 juillet au 19 septembre 2010

Abbaye de Corbigny - 58800 Corbigny

www.lepayscorbigeois.fr

 

Abéïcité- Nouvelles Coïncidences/ Anne-Laure Meyer

Photo courtesy Gabriela Morawetz/Anne-Laure Meyer

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3 juillet 2010 6 03 /07 /juillet /2010 22:55

 

Du 18 au 23 juillet , le  18ème Congrès International sur le SIDA se tiendra à Vienne, en Autriche.

Ce congrès bisannuel est le principal point de rencontre des intervenants dans tous les domaines touchant au VIH et au SIDA, accueillant plus de 25000 participants, médecins, chercheurs, militants, associations, responsables d'ONG, Politiques...

 

"Rights here, rights now", des droits ici et maintenant, tel est le "thème" de AIDS 2010, qui devrait donner la voix aux "sans voix".

 

A la Galerie Steinek,  6 artistes viennois exposent , chacun à leur manière, leur vision et leur engagement sur ce sujet, dans une exposition baptisée H. I. V. : Happy In Vienna...

 

gayday.jpg               sodoyousodomy.jpg

 

 

Parmi eux, Michaela Spiegel, avec qui j'ai collaboré de manière très originale sur un ouvrage qui paraitra sans doute à l'automne, montre quelques une des photos retravaillées de sa série "Militaria", avec , comme toujours, cette manière concernée et cinglante, ironique et sans concession, de jouer avec les mots, l'Histoire, et ses représentations.

 

H.I.V. - Galerie Steinek -  Avec Matthias Hermann, Gudrun Kampl, Paul Albert Leitner, Deborah Sengl, Michaela Spiegel, Clemens Wolf

Du 17 juillet au 30 août 2010

Eschenbachgasse 4, 1010 Wien - Autriche

www.galerie.steinek.at

 

Photos: "Have a Gay Day"  et "SO DO YOU SO DO MY" - courtesy Michaela Spiegel-

 

 

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30 juin 2010 3 30 /06 /juin /2010 17:52

 

nuit-blanche-image-355650-article-ratio_450.jpg      Il y a quelques jours, la Mairie de Paris a dévoilé quelques pans de la prochaine édition de la Nuit Blanche, dont la direction a été confiée à Martin Bethenod, directeur du Palazzo Grassi à Venise, et qui se tiendra dans la nuit du 2 au 3 octobre 2010.

 

Les principaux spots de cette 9ème édition se tiendront concentrés dans un rayonnement autour de l'Ile de le Cité et de l'Ile saint-Louis, du Trocadéro et de la place de l'Alma, du quartier Belleville et de La Villette.

 

Mais cette année, la Ville de Paris a invité la Ville de Vincennes à se joindre à la fête. Les évènements, présentés dans cet extraordinaire bâtiment historique qu'est le Château, mériteront que les parisiens fassent l'effort de prendre la Ligne 1 jusqu'à son terminus, arrêt Château de Vincennes!

 

Le thème de l'édition: "intime, spectaculaire et bling-bling"...Pour cette Edition 2010 de la Nuit Blanche, une de mes propositions a été retenue, avec l'artiste ZEVS... Intime, non, bling-bling, je ne le crois pas, mais spectaculaire, le projet "LVX" le sera absolument! Une grande première pour moi, pour l'artiste, et pour un Monument Historique!

 

Plus d'infos très bientôt!

 

 

 

 

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25 juin 2010 5 25 /06 /juin /2010 23:51

 

Dimanche 27 et lundi 28 juin, le Théâtre des Bouffes du Nord accueille la 3ème édition de la plateforme SIWA, qui se définit comme "un champ de réflexion et d'expérimentation artistique sur les modes de création dans le monde arabe contemporain", une "plateforme d'échanges entre artistes issus du "monde arabe" et "d'occident" ".

 

Deux journées pendant lesquelles sont montrés des projets menés par SIWA, de la poésie, du théâtre, des performances, des ateliers et des rencontres.

 

Programme complet sur www.siwa-plateforme.org

 

pour ma part, je me rendrais avec intérêt à la rencontre organisée par Catherine David autour de l'art contemporain dans le monde arabe, le lundi 28 à 16h...

 

Plateforme SIWA - 27 & 28 juin  2010- Théâtre des Bouffes du Nord - 37 bis Boulevard de la Chapelle- Paris 10ème

 

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