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3 septembre 2010 5 03 /09 /septembre /2010 21:20

 

Qui expose encore en ce début septembre?

 

C'est aussi la rentrée chez le désormais culte chez Robert - www.chez-robert.com - et c'est Yvan Fayard qui inaugure la saison avec "Le pavillon des encres oubliées", inattendu hommage en dentelle ajourée sur les murs de la galerie à la pratique du marquage sur le corps, le tatouage, en noir et blanc.

Jusqu'au 30 octobre 2010

 

Marie Denis travaille toujours autant et avant de la retrouver dans "Figure libre", on pourra toujours aller voir son travail à Shangaï, où sa galerie, Kernot Art, présente quelques une des ses oeuvres à l'occasion de l'Asia Pacific Contemporary Art Fair.

Jusqu'au 10 septembre

Sinon, plus près, c'est "Alice et Clara", dans le cadre d'une résidence avec l'école d'art PAC'BO, dans deux communes de Poitou Charentes. "Alice" offre au lavoir de Bouëx, lieu patrimonial de la commune, un cadre doré qui en transcende la perception et l'aura et fait basculer le spectateur dans un monde poétique et onirique. Quant à "Clara", installation mobile d'acier et d'inox inspirée des boules de gui en profusion dans les arbres de la région, elle infuse l' esprit magique et tintinnabulant de la forêt...Sauf erreur de ma part, ces oeuvres sont désormais pérennes dans le paysage.

Et puis on peut toujours aller revoir l'admirable travail de tressage sur la chevelure végétale de l'installation "Cinérama" que Marie avait réalisé pour une vitrine des Galeries Lafayette, et qui se trouve désormais au Parc de la Villette, dans une des Folies de Tschumi .

Jusqu'au 23 septembre.

 

Maribel Nadal Jove et les artistes de sa galerie UNA investissent le 22 de la rue du Cloître St Merri dans le 4ème pour y présenter une sélection d’œuvres réalisées sur support papier - dessins, peintures, volumes et multiples -

Avec Santiago Borja - Daniel Chust Peters – Yolanda Gutiérrez - Miguel Angel Molina

Exposition du 18 au 25 septembre 2010

Tous les jours 14h-19h et sur rendez-vous.

 

Enfin, Sandrine Hayat, collagiste pop que j'avais rencontré l'année dernière, expose à la Galerie 208 de Patricia Chicheportiche, 208 Bld St Germain, dans le cadre de l'expo collective "Des imagistes", à partir du 16 septembre.

 

 

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 22:13

 

J'ai vu la plupart des films d'Alain Corneau. Il disait qu'il faisait des films avant tout parce qu'il aimait les acteurs. Et le meilleur de ses films, ce fut sans doute "Série Noire", avec celui qui est, et reste, à mon sens, le plus grand acteur français de cinéma de tous les temps: Patrick Dewaere.

 

 

serie-noire-1979-tou-01-g.jpg

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31 août 2010 2 31 /08 /août /2010 10:50

 

Au cours de la première saison de Lille2004, il y eut, au Tri Postal, une exposition appelée "Prime Time", que je présentai de la manière suivante:

 

Le titre de l’exposition, « Prime Time », se veut à la fois un clin d’œil à la jeunesse des artistes présentés et l’annonce d’un rendez-vous prometteur en cette première saison culturelle de Lille 2004. « Prime Time », ce sont six artistes européens exposant en France pour la première fois, au cœur de Lille et de ses métamorphoses. Le Tri Postal, bâtiment au format d’usine, offre à ces jeunes artistes 600 m2 pour dynamiter avec une ironie parfois corrosive et une certaine dose de provocation les mythes du monde contemporain. Peintures, photographies, sculptures, installations interactives pointent avec lucidité et humour les errances de notre société : fantasme écologique contre logique consumériste, idéaux domestiques, adulescence, illusion des univers virtuels et icônes à la mode...Mais au-delà du constat cynique d’un monde désenchanté, la poésie, la liberté, l’indiscipline et l’insolite sont aussi au rendez-vous. Surréalisme décalé parfois à la limite de l’absurde et du fantastique ou esthétique pop de comics détournée, l’ambiance tangue entre Jérome Bosch et les Monty Python. « Prime Time » porte un regard fantaisiste, à la fois tendre et grinçant, sur les réalités ambiguës de la vie moderne.

 

LES ARTISTES : Fides Becker (ALL), John Isaacs (GB), Emilio Lopez-Menchero (B), Mooslin (F), John Paul Tiney (GB), Nicolas Wilmouth (F)

 

(Le commissariat était assuré par Caroline David et la scénographie par Ludovic Smagghe)

  

Parmi les artistes présentés, donc, pour la première fois en France, j'avais particulièrement repéré l'anglais John Isaacs, et il semblerait que mon "flair" n'ait pas été démenti (ni celui, évidemment, de Caroline David, commissaire de l'exposition!), puisqu'il est aujourd'hui considéré comme un héritier des YBA, des Damien Hirst et confrères...

Je me souviens en outre avoir vu une très impressionnante sculpture de Isaacs à la Maison Rouge (pièce devant appartenir à la Collection de Galbert mais pas sûre) l'année dernière, qui m'avait confirmé l'évidence de son talent et de son noir humour.

Il semblerait que depuis 2004, le propos et l'esthétique de John Isaacs se soient radicalisés, vers des propositions de plus en plus trash et charnelles, qui me font penser à une transposition sculpturale des chairs baconiennes, mais aussi à certains artistes flamands.

 

2001 voices from the id 01 le bon"Les images de John Isaacs sont souvent crues, mais moins que la réalité du monde, semblent-elles dire. Grandeur et décadence de l’humanité, tels sont les thèmes récurrents de l’œuvre romantique et noire de cet artiste atypique.

Les photographies de John Isaacs ne nous apprennent rien que nous ne sachions déjà : surconsommation tout azimuts, inégalités et injustices, pollutions, triomphe de la raison calculatrice, sous-culture et artifices...Mais avec courage et lucidité, et un peu de la provocation nécessaire au réveil des consciences,il se plait à mettre en scène des vérités que nous préférerions cachées. Il nous rappelle ce que nous aurions aimé que soit le monde. Il nous invite à nous souvenir, à travers l’évocation de la Tour de Babel, que la surpuissance de l’homme n’est pas la toute-puissance.

Idéaliste, il espère par son travail critique à l’ironie cinglante, participer à une nouvelle vision du monde, plus humble et moins rationnelle, plus humaine peut-être."

 

Le monde de l'art contemporain est-il si petit qu'on le dit? Il se trouve que finalement, à la faveur des expositions, les oeuvres et les artistes se croisent. Ici, aux Abattoirs de Toulouse en 2006, "Utopia" de John Isaacs sur fond de "tête dure" de Mounir Fatmi.

 

isaacs-fatmi-abattoirs-2006.jpg

 

Photo 1 - Voices from the Id - 2002 - John Isaacs

Photo 2 - c. le blog des Abattoirs- Toulouse

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27 août 2010 5 27 /08 /août /2010 23:05

Cela ne fera pas deux jours que les enfants auront repris le chemin de l'école, que la saison artistique à Paris démarrera, promettant quelques beaux vernissages!

 

Et d'abord, on parlera Brésil:

 

 

 

ville-en-kit-2-detail-skg-open-art.jpgDans le cadre de "Open Art 2010", organisé par l'Association "Seize Anges" autour des relations France-Brésil, Sylvie Kaptur Gintz présentera pour la première fois une oeuvre inspirée de son séjour brésilien: "Ville en kit 2", installation réalisée sur le support de typiques poupées brésiliennes promet une réflexion comme toujours poétique sur l'urbanisation du monde et les relations nord-sud.

 

"Open Art 2010" - Atelier Grognard 6 av du Château de Malmaison 92500 Rueil-Malmaison - Vernissage jeudi 9 septembre - du 10 septembre au 1er novembre 2010

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il semblerait que le célèbre  Festival International des Jardins de Chaumont sur Loire s'exporte, en proposant une édition à Sao Paulo, au Brésil.

C'est donc là, au Parc Ibirapuera, qu'ont été invités Maro Avrabou et Dimitri Xenakis, pour créer un jardin sur le thème de la nourriture. Ils présenteront donc  "Le conservatoire des goûts et des couleurs", un jardin
d'environ 100 M2, devant la marquise de l'architecte Oscar Niemeyer.
 

Voici ce qu'ils écrivent à propos de ce projet:

 

"L’expression Française « les goûts et les couleurs » pointe l’aspect intime et indiscutable de la perception
individuelle .
Mais au travers de nos containers standardisés et de nos étiquettes caricaturales (l’art de l'identité visuelle),
nous posons la question « comment le goût se forme-t-il ? ».
Dans notre proposition, la représentation (l’image) et le contenant se juxtaposent à la réalité organique du
végétal. Les espèces sont plantées dans des boîtes de conserve et certaines n'atteindront pas le stade de la
fructification, se laissant ainsi regarder comme "des plantes".
Il n'est pas du ressort des artistes d'illustrer des discours idéologiques, catastrophistes ou moralisateurs.
Cependant ces derniers vivent dans leur époque, la regardent et l'interrogent..... Librement.
Par exemple, la boîte de conserve a sans doute révolutionné le transport et la durée d’utilisation des aliments.
Mais étant le support d'une représentation, elle a probablement agit sur la perception de ceux-ci.
Quelles doivent être la couleur et la forme d’une aubergine ?
Nous proposons un conservatoire ; un lieu théoriquement voué au maintient et à l’enseignement de la tradition.
Mais notre jardin se présente sous la forme d’étagères d’archives parmis lesquelles le promeneur circule.
On aurait pu s'attendre à un potager, mais l'on est confronté à un classement.
Cette structure fait bien sûr penser à une approche médicale ou consumériste. Mais surtout elle met en avant
la question de la relation entre l'aliment, son image et le traitement industriel de la nourriture. "

 

Maro Avrabou et Dimitri Xenakis - Parc Ibirapuera, Sao Paulo, Brésil - Inauguration le 22 Septembre 2010.

 

Et à Paris, les galeries présentent leur première exposition de la saison.

 

scocci.jpgChez Olivier Robert, on pourra découvrir le travail de Lionel Scoccimaro, dont on aura le plaisir d'exposer une magnifique pièce dans "Figure libre", en octobre ( j'en parlerai bientôt) - Il semblerait que  "Waiting for the perfect day", le titre choisi pour cette exposition, tienne à la fois de l'univers du surf que Lionel connait bien, que d'une philosophie à la recherche d'un eudémonisme contre, ou tout contre, la vie contemporaine .

 

"Waiting for the perfect day" - Lionel Scoccimaro - Galerie Olivier Robert - 5 rue des Haudriettes - du 4 septembre au 16 octobre 2010 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

A la galerie Kernot art, également à partir du 4 septembre, un artiste que je ne connais pas vraiment mais dont le travail sur l'organique ne semble pas manquer d'intérêt, Michelangelo Penso.

 

"Blue Genetic" - Michelangelo Penso - Galerie Kernot Art - 14 rue Saint-Claude - Du 4 septembre au 30 octobre 2010 

 

Et puis aussi, on aura noté depuis quelques années un regain d'intérêt pour les arts du feu et la céramique dans les arts contemporains. Nous-même, dans "Figure libre", allons montrer une pièce de Luna spécialement réalisée pour l'occasion, en fine porcelaine dite "coquille d'oeuf".

Cet automne, partout dans Paris , vont se dérouler les "Circuits céramiques", à l'initiative des Ateliers d’Art de France,  qui organisent la 44e assemblée générale de l’Académie Internationale de la Céramique (AIC), Sèvres - Cité de la Céramique.

Une quarantaine de galeries et centres culturels à Paris s'associent à l'évènement, en  proposant expositions et rétrospectives afin de révéler la richesse de la création céramique contemporaine, parmi lesquels, j'en reparlerai, la Galerie Charlotte Norberg.

Une très belle exposition aura lieu au Musée des Arts Décoratifs, autour de trois thématiques: « Le corps et ses métaphores » / « Le paysage imaginaire » / « L’objet revisité par le décor ».

On pouura y voir, entre autres, une pièce de Mounir Fatmi, qui s'intéresse depuis peu à ce matériau, ainsi qu'un "perchoir à oiseau" de Laurent Esquerré, artiste familier de cet art, conçu à partir de jarres vernissées.

 

"Le projet Circuit Céramique aux Arts Décoratifs se poursuit sous la forme d’un parcours de sculptures et d’installations contemporaines, disséminées au sein des différents départements du musée. Dans ce circuit, les pièces ont été sélectionnées pour entrer en dialogue avec les œuvres anciennes des collections, du Moyen-Age jusqu’à l’Art-Déco. On y retrouve d’autres jeunes créateurs (Xue Sun, Sylvain Thirouin, Grégoire Scalabre, Marc Alberghina…), ainsi que des grands noms de la céramique actuelle (Philippe Godderidge, Thiébaut Chagué, Kristin Mc Kirdy, Gabrielle Wambaugh, Clémence Van Lunen…), des plasticiens et des designers faisant une incursion ponctuelle avec ce matériau (Mounir Fatmi, Saverio Lucariello, Guillaume Leblon, Olivier Nottellet, Mathieu Lehanneur...) dont les travaux sont réalisés en collaboration avec d’éminents artisans-céramistes, dans des lieux de production spécifiques.

Au total, soixante-cinq créateurs sont invités par le musée pour composer un panorama français permettant d’apprécier le potentiel artistique de ce matériau, en grande part méconnu. Talents émergents et artistes confirmés apportent des preuves stimulantes que la céramique peut répondre de façon émouvante et spectaculaire aux préoccupations artistiques les plus actuelles. En insufflant aujourd’hui à ce matériau ancestral une dynamique conceptuelle, la plupart des créateurs invités s’éloignent des usages purement « décoratifs » et utilitaires appliqués par tradition à ce domaine. Leur pratique de la céramique n’est pas non plus exclusive : elle se trouve souvent associée au dessin, à la peinture, à la photo ou à la vidéo, dont la présence sera également manifeste au sein de ce « circuit ». " (dp de l'exposition)

 

Un catalogue, établi par Frédéric Bodet, commissaire de l’exposition, sera publié par les Editions des Arts Décoratifs.

 

Circuits Céramiques : la scène française contemporaine - Musée des Arts Décoratifs- Du 17 septembre 2010 au 20 février 2011- 107 rue de Rivoli Paris 1er-

 

Du  2 au 11 septembre, la Ville de Paris et L'Institut des Cultures d'Islam organisent "Les Veillées du ramadan" pour la 5ème année. Je ne me pencherai pas sur la programmation, éclectique, de concerts, danses, performances, débats... mais sur la programmation d'expositions en art contemporain qui peut valoir le détour, ne serait-ce que pour voir ou revoir le travail de François Morellet, devenu par la force du temps qui passe, une sorte de patriarche de la scène artistique contemporaine française, et qui, ici, montrera comment l'art arabo-musulman a pu influencer son esthétique.

On pourra voir aussi le travail d'un artiste français d'origine irakienne, Mehdi Moutashar, et le travail graphique de Reza Abedini, hollandais d'origine iranienne.

Parrainée par Martin Parr, qui prépare une exposition à l'invitation de l'Institut des Cultures d'Islam en 2011, l'exposition " The hidden Islam", expose le regard photographique d'un  jeune photographe italien, Nicolo Degiorgis, sur la situation de la pratique du culte de l'autre côté des Alpes.

Enfin, on pourra découvrir le "Diwan orientaloccidental" sorte de cross-over entre l'ambiance souk à Marrakech et tea-time à Londres, sans doute surprenant, réalisé par Hassan Hajjaj, artiste né au Maroc mais ayant grandi dans le pop londonien.

 

Les Veillées du ramadan - Du 2 au 11 septembre 2010 - Institut des Cultures d'Islam - 19 rue Léon - 75018 Paris

www.veillees-ramadan.com

 

 

 

Photo 1 - "ville en kit 2" - Sylvie Kaptur-Gintz - Courtesy l'artiste -

Photo 2 - Collage - 120 x 90 - Lionel Scoccimaro - Copyright Jean Christophe Lett

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25 août 2010 3 25 /08 /août /2010 00:00

Au cours de cette année 2004, on a pu voir parmi les expositions de nombreuses oeuvres d'artistes japonais. Voici, selon le bon vouloir de mes souvenirs, celles qui m'ont, pour une raison ou une autre, intéressée.

 

Yayoi Kusama, bien sûr...j'avoue qu'avant le fameux projet des "Tulipes de Shangri La", qui doit toujours orner le parvis de la Gare Lille Europe à cette heure, je connaissais bien peu cette mythique artiste japonaise et ses pois psychédéliques.

 

kusama---c.nordnet.jpgPour la première fois en Europe,Yayoi Kusama réalisait une œuvre pérenne.

 

Cette vieille dame, née au Japon en 1929, est considérée comme une icône (sur)vivante des sixties psychédéliques. Elle exprime dans ses œuvres, souvent monumentales, autant de préoccupations esthétiques que spirituelles. Là encore, la fleur et ses ornements (couleurs, formes et motifs) sont autant d’allusions aux nourriture terrestres et aux idéaux politiques.

Œuvre monumentale, « Les tulipes de Shangri-La » apparaissent  comme une sorte de synthèse de l’œuvre de Yayoi Kusama: la thématique florale, la polychromie, les motifs symboliques (le pois, forme masculine/féminine, tel le Soleil et la Lune)…Fidèles à ses engagements pacifistes, antimilitaristes et libertaires, Yayoi Kusama avait choisi la tulipe, fleur emblématique de l’Europe du Nord-Ouest et de ses libertés.

 

 

 

 

 

jugle-globe-suzuki.jpg

 

 

 

 

 

 

Dans l'exposition "Cinémas du futur", qui se proposait d'explorer des modes alternatifs, visionnaires ou futuristes de montrer des images, j'avais trouvé intéressant le "Jungle Globe" de Yasuhiro Suzuki, réinventant un jeu que l'on trouve fréquemment dans les jardins d'enfants au Japon.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 Mention spéciale puisque je parle de cette exposition. Il n'est pas japonais mais chinois, mais son travail m'avait intéressé- et amusée, aussi, il faut bien le dire-: les travaux interactifs de Du Zhenjun, et en particulier « On cherche la lumière », dans lequel, grâce à un joystick, le visiteur contrôle un faisceau lumineux.La lumière en nouvement sur le sol provoque des déplacements de foule cherchant à attraper la lumière, poussant ainsi d’autres foules dans l’ombre.Une lutte se livre alors sous les yeux du spectateur…se retrouvant ainsi à la place d’un dieu tout-puissant regardant le monde.

Et « Vent » :Le visiteur passant dans un couloir déclenche des ventilateurs,créant ainsi des effets divers, la direction du vent changeant selon le déplacement du visiteur.

vent-du.jpg 

 

 

 

 

Organisée par le directeur de la Collection Lambert en Avignon, l'exposition "Akimahen" terme emprunté à un dialecte de la région du Kansai, dont est originaire la plupart des artistes, présentait des créateurs contemporains aux univers et aux pratiques croisant traditions ancestrales et modernité extrême. Dans cette exposition, le monde des mangas, partie intégrante de la culture nipponne, rencontrait celui, très présent, de l’enfance. On y découvrait la dualité de la culture japonaise, entre spiritualité et productivité, rites et technologies, couleurs et esthétique pop comme pour adoucir la rigueur de la vie publique.

 

lapins-torimitsu.jpgImpossible de rater les impressionnants lapins gonflables de Momoyo Torimitsu ("Sometimes, I don't feel comfortable"), immenses et malaisés comme les rêves trop grands de l'enfance, prévenant de la dimension enfantine de l'univers dans lequel les visiteurs allaient pénétrer. Oscillant entre critique du monde impitoyable des salary men et du kawai mièvreux, j'aime assez le travail engagé de cette jeune artiste.

 

 

 

 

 

 

Miyakawa Hikaru : Cette jeune artiste réalise des sacs en papier, sorte de contrefaçons au second degré des fameux sacs Vuitton que toutes les japonaises s’arrachent, regard amusé sur le pouvoir des marques et des apparences dans la culture nipponne.

 

article09_ozawa.jpgTsuyoshi Ozawa: Cet artiste exposait une série de photos présentant le résultat d’un projet de « Workshops » réalisés en différentes métropoles mondiales, les « Vegetables weapons ». A Rio, New-York, Istambul, Pékin...et à Lille, il accompagne une femme au marché. Elle y achète les légumes nécessaires à la réalisation d’un plat traditionnel de sa culture. Mais, avant de la laisser les cuisiner, Ozawa réalise avec ces légumes une « sculpture » représentant une arme, et immortalise cette création par une photo mettant en scène la jeune femme et ses légumes métamorphosés en arme de guerre. Un travail de transformation jouant avec humour sur les contradictions des mondes masculin/féminin.

 Tsuyoshi OZAWA  présentait aussi un autre projet, les « Capsules Hotels Project », qui furent montrées à la Biennale de Venise. Cet installation met en avant les problèmes cruciaux de la gestion de l’espace et du coût de la vie quotidienne dans les mégapoles nipponnes, en confrontant deux types d’ « habitats » : les « Capsules » d’hôtel, mini-chambres aux dimensions réduites à l’extrême mais équipées high-tech, qu’utilisent les hommes d’affaires, et les « Homeless Capsules », sortes de tentes modernes, recours des travailleurs sans abri.  Les visiteurs sont invités à pénétrer dans ces capsules, afin de prendre conscience de cette restriction de l’espace vital.

 

Les japonais, spécialistes des mondes flottants, semblent avoir un rapport particulier avec le monde du rêve et du sommeil, et par extension, celui de la mort. C'était déjà le thème de l'installation du Chiharu Shiota à l'Eglise Sainte Marie Madeleine.

takekawa-dream-pillows.jpgIci, on avait pu découvrir Nobuaki Takekawa et son « Dream Pillows », un manège à rêves, dans lequel les oreillers ont remplacé les nacelles. Un évocation poétique du monde du sommeil qui, pour l’enfant, est à la fois source d’apaisement et d’angoisse. Ainsi qu'une oeuvre de Rei Nato : Un délicat et minuscule oreiller minutieusement réalisé en organza de soie comme un oreiller pour l’esprit des morts...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans un tout autre genre, le travail icônique de Yamasama Morimura, que j'ai pu revoir ensuite à plusieurs reprises chez Ropac. (Ici, en Brigitte Bardot??????????)

  morimura3.jpg

 

 

Il y avait aussi l'inévitable Takeshi Murakami...

 

 

LinkoftheMoon_MarikoMori.jpget la princesse intergalactique de Mariko Mori, dont tout le monde connait aujourd'hui le travail.

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 23:28

 

Il y eut l'excellente idée de demander au grand artiste olfactif qu'est Serge Lutens d'imaginer une oeuvre qui rendrait hommage à la fois au Nord de son enfance et à son travail de parfumeur. J'admirais déjà, adolescente, les campagnes de pub d'un raffinement inouï de Serge Lutens pour Shiseido. Je fus fan de longue date de son "Féminité du bois", et voue un culte à ses créations olfactives et en particulier pour des fragrances aussi étranges que "Ambre sultan". bref, autant dire que lorsque j'eus l'occasion de rencontrer Serge Lutens, je fus particulièrement intimidée et en fait, surprise, de l'élégance discrète et de la simplicité de l'homme. Une des rencontres de cette année-là que je ne regrette pas!

 

L'installation, tenant davantage du design que de l'art contemporain - mais ce n'était pas le sujet- fut fort réussie et je la présentai ainsi:

 

"Dédale à l’architecture dépouillée et majestueuse, réalisé par l’architecte japonais Takao Hirai, le « labyrinthe olfactif » propose un parcours de découverte inédit et ludique de l’âme du Nord.

Double expérience que celle de ce labyrinthe :

Expérience sensitive, d’abord : l’odorat, sens généralement peu sollicité et pourtant vecteur extrême d’émotion sera ici célébré par Serge Lutens, maître incontesté des fragrances. Reconnaître les senteurs, sans autre support textuel ou visuel, imaginer, recomposer un univers à partir d’elles constitue déjà un jeu étonnant. Expérience « proustienne », ensuite, pour ceux dont la mémoire olfactive évoque le Nord de la France. Renouant avec ses racines, Serge Lutens a voulu recréer, au travers d’odeurs, les environnements familiers de la vie lilloise, nous ramenant avec lui à l’enfance. Il a reconstitué, uniquement à partir de la subjectivité de sa mémoire, les souvenirs olfactifs les plus forts de ses premières années. Il y a toujours, explique Serge Lutens, de la subjectivité, et dans le souvenir, et dans la manière dont nous (res)sentons les choses. Ainsi, telle odeur rappellera un souvenir fort à l’un, et n’évoquera rien à l’autre. Une odeur, celle du canal de la Deûle, par exemple, paraîtra simplement désagréable pour certains, et « douce » pour celui qui aura passé son enfance près des canaux...

La visite de ce dédale de 150m2 est donc ponctuée de 22 diffuseurs de senteurs, extraites de la mémoire, de l’imagination et du travail de recomposition de Serge Lutens. On pourra reconnaître les odeurs familières du café ou de la chicorée chauds, du nougat, des caramels au beurre ou du chocolat chaud, celles, plus rares, des lilas ou des lys, celles, rappelant l’univers ménager, du parquet ciré ou de la lessive, mais encore odeurs de bière et de moules-frites au grand jour de la braderie, de pluie sur les pavés de silex, d’encens à l’heure des vêpres...Le « labyrinthe olfactif » constitue une expérience sensitive et mnémonique passionnante.

 

Serge-20Lutens_Portrait2-thumb.jpgDans une mise en scène au dépouillement raffiné, Serge Lutens signe pour Lille 2004 une réalisation originale, permettant de découvrir le travail d’un des « nez » les plus doués de sa génération. Très jeune, il est sensible à la beauté, sous toutes ses formes, et réalise que la plupart des choses, et le visage des femmes, recèlent une beauté qu’il désire révéler. Lillois d’origine modeste, il « monte » à Paris dans les années 60 et y crée un salon de beauté. Il  photographie pour Vogue et Harper’s Bazaar des femmes à l’esthétique étrange, inspirées du Nô et de Modigliani .. Puis il se lance, pour Dior puis pour le groupe japonais Shiseido, dans l’univers de la beauté et de la parfumerie, avec un succès jamais démenti, créant la marque à son nom en 2000. Vivant secrètement entre Marrakech et Paris, Serge Lutens continue de travailler, tel un alchimiste passionné, à ses « gestations de parfum », tout en continuant de photographier, de filmer, d’écrire la beauté."

 

 

 Photo courtesy Parfums Serge Lutens

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24 août 2010 2 24 /08 /août /2010 00:33

 

Durant l'année 2004, de nombreuses installation urbaines, parfois monumentales, furent installée dans la ville de Lille. Certaines, pour l'intention parfois davantage que pour la réalisation finale, ont plus particulièrement retenu mon attention.

 

"La forêt suspendue" de Lucie Lom.

 

Foretsuspendue--jefrabillon.jpg "Avec Lucie Lom, la Grand Place se métamorphose en une féérique et mystérieuse rambla sylvestre.

« Après l’été, les arbres ont fait du chemin et les voici qui, sans bousculer l’apparence de la rue, la chamboulent par une juxtaposition singulière. La tête en bas, ils composent une forêt inversée et avec elle, des rêves pour un début de XXIème siècle qui renouerait avec la nature ou retrouverait avec elle ses propres repères . » (Lucie Lom)

Mise en scène raffinée, la scénographie de « la forêt suspendue » joue à la fois du décor, du son et de la lumière.Châtaigniers, chênes rouge, aulnes et érables sycomore, fabriqués à partie de feuillages synthétiques importés de Chine et fixés à plus ou moins dix mètres du sol créent des effets de surface et de couleur, donnant à l’ensemble la variété d’une vraie forêt.Une musique, spécialement écrite par Patrice Grupallo, inspirée de chants d’oiseaux et de sonorités éoliennes, s’éleve au-dessus du tumulte du trafic urbain. Ainsi le promeneur pourra, dans ses déambulations, entendre, ici ou là , un pépiement d’oiseau ou le bruit des feuilles se froissant dans le vent. Enfin,la « forêt suspendue » s’habillera d’ombres et de lumière, soleil à travers les feuillages ou lucioles vacillantes, selon les heures du jour ou de la nuit.

L’installation « forêt suspendue » laisse au spectateur une grande liberté d’interprétation et de sensation. Elle fait délibérément appel à la sensibilité et à l’imaginaire, suggérant plus que montrant ce que la forêt porte de rêveries, de contes et de légendes, romantique ou mystérieuse…En passant sous elle, le temps d’un instant, le temps de traverser la rue, le quotidien de chacun se verra enchanté, les pensées vagabondes,s ous les ramures de la « forêt suspendue ».

Que chacun puisse librement trouver en soi les ressources pour interpréter ce qui lui est donné de voir, tel est le principe directeur du duo Lucie Lom, anagramme inspiré de leurs noms : Philippe Leduc et Marc-Antoine Mathieu. Graphistes et scénographes, ils mettent régulièrement en scène expositions et manifestations culturelles depuis 1985, guidés par la constante exigence de « mettre en valeur le contexte de création des œuvres », sans se reposer sur la pure technicité. Poésie, fantaisie, sensibilité font donc toujours partie de leur vocabulaire, décliné dans tous les registres de leur travail :affiches,théâtre,spectacles,muséographie,salons…et pour Lille 2004, une rue toute entière métamorphosée !"

 

le résultat était assez réussi.

 

Pour le principe également, je fus intéressée et intriguée par la démarche du designer Vincent Dupont-Rougier et sa "Cage-nature".

 

dupont-rougier.jpg"Variation sur les notions de paysage et de mobilier dans l’espace urbain,Vincent Dupont-Rougier propose pour Lille 2004 une sorte de « jardin renversé ».

Une structure métallique accueilllant une abondante végétation arbustive s’élève au-dessus d’un banc circulaire, favorisant l’intimité et la conversation.Vincent Dupont-Rougier se donne pour vocation de recréer notre rapport avec la nature et plus particulièrement avec le « jardin » en tant que nature maitrisée. Ainsi, acier galvanisé et béton, matériaux urbains par excellence, se combinent aux végétaux pour des créations esthétiques et modernes, mêlant la nature à l’artifice. Dans les « cages-nature », l’enchevêtrement des tuyaux d’arrosage volontairement visible souligne l’artifice radical de ce « bouquet d’arbustes », petit morceau de nature surgie du béton.

Pensionnaire de la Villa Medicis (Rome) en 2000 pour le design,Vincent Dupont-Rougier participe de manière originale au renouveau de la création paysagère par ses inventions esthétiques et techniques, donnant ainsi un nouveau rôle aux objets et aux espaces typiques du jardin.Soucieux de l’implication de plus en plus forte du jardin, espace clos et préservé, dans son environnement social, il imagine des moyens de réconcilier au quotidien l’homme des villes avec la nature. Son « potager nomade », réalisé en 1992 pour les jardins de Chaumont-sur-Loire en constitue un parfait exemple.

La « cage-nature », espace intime au coeur de la ville, pose aussi un regard sur l’urbanisme et sur la place, physique et social, que l’homme accorde, dans la cité, à la nature."

 

Photo 1 - Copyright Jef Rabillon

 

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21 août 2010 6 21 /08 /août /2010 00:07

 

Parmi les nombreuses propositions d'installations urbaines mises en oeuvre pour Lille2004, celle de Daniel Buren fut sans doute, et de manière inattendue, une des plus ludiques.

Clin d'oeil à la dimension flamande de la ville de Lille, à l'histoire du "Vieux Lille" et de l'Hospice Comtesse tout proche, par le biais d'une référence au maître hollandais du clair-obscur, l'oeuvre s'intitulait "Ronde de nuit".

 

 ronde_de_nuit_2004_Buren_6.jpg

 

"Inscrire le plus grand cercle possible à l’intérieur de la cour à « trois côtés et demi » que forme l’ilôt Comtesse, rendant plus évidente l’idée de « place » en créant une fermeture visuelle, tel est le projet de Daniel Buren pour Lille 2004. Au cœur d’un ensemble architectural plus que tricentenaire, à l’atmosphère de tableau flamand, il a imaginé un serpent de lumière au mouvement perpétuel.

 

Un cercle de plexiglas translucide blanc, soutenu à quelques mètres du sol par des poteaux simplissimes, sur lequel des bandes de couleur rouge sont enroulées tous les 8,7 cm ,forme la trame familière de l’œuvre de Daniel Buren. Festive, « La ronde de nuit » de Daniel Buren se parera de lumière et de mouvement, tel un manège, et métamorphosera l’ilôt Comtesse dès la nuit tombée."

 

Et ce fut vraiment un manège. La lumière, programmée pour circuler dans le cercle de plexiglas à des vitesses et des rythmes différents fascinaient les enfants qui, à force de courir en rond après la lumière, finirent par creuser des tranchées dans le gazon de l'Ilot Comtesse!

 

En 2005, j'eus l'occasion de voir au Musée Guggenheim de New-York "The eye of the storm", qui acheva de me convaincre, si besoin était encore, de l'évident intérêt de l'oeuvre, et particulièrement quand il s'intéresse à l'architecture, mais aussi du parcours, de l'histoire, de Daniel Buren.

J'avais alors raconté pour un webzine les tribulations de Daniel Buren à New-York

 

« Daniel Buren dans l’œil du cyclone »

 

Plus de trente ans après s’être fait éjecté du Guggenheim sans même avoir pu montrer sa pièce, Daniel Buren, pas rancunier mais pugnace, revient à New-York. A l’assaut de la célèbre spirale de Franck Lloyd Wright, il crée « in situ » « The Eye of the Storm », installation surprenante à plus d’un titre.

 

Pour la petite histoire...

 

En 1971, le Musée Guggenheim de New-York organisait sa sixième exposition internationale. A cette occasion, Daniel Buren avait été invité à réaliser une pièce, intitulée « Peinture-Sculpture », sorte de kakémono de 200m2. Se déroulant au centre de la spirale, de la verrière au sol, elles devait révéler, par sa taille et les rayures qui rendirent Buren célèbre, une sorte de verticale virtuelle, axe de rotation invisible au milieu de cette architecture qui en est totalement dépourvue.

Mais, sous la pression de Donald Judd et Dan Flavin, l’œuvre fut retirée de l’exposition avant même que celle-ci ne soit ouverte au public. Ne reste de cette mésaventure que les quelques photos prises par Buren qui, revanchard mais pas trop, les utilise aujourd’hui pour le catalogue de « The Eye of the Storm », modestement titré « The Buren Times » (Typo du « New-York Times » comprise).

 

Wright déconstruit et restitué

 

db-eye-of-storm.jpgC’est précisément à l’architecture du musée que s’est cette fois encore intéressé Daniel Buren, instaurant une sorte de dialogue avec l’auteur du lieu. Une série d’interventions déconstruisent, subliment ou révèlent cette construction autrefois contestée et aujourd’hui sur les cartes postales de New-York au même titre que la Statue de la Liberté ou l’Empire State Building.

« Around the Corner » réinvente l’idée de cette fameuse « verticale virtuelle » auquel Buren tenait déjà il y a plus de trente ans. Mais cette fois, l’intervention est beaucoup plus complexe. Une construction de toute la hauteur du bâtiment aménagée sur un quart de la spirale fait passer le spectateur alternativement devant puis derrière un jeu de miroirs. Devant : le quart manquant de la spirale est virtuellement restitué par la réflexion des miroirs . L’effet dramatique est saisissant. Se jouant de notre perception, les limites de l’installation se confondent avec la spirale réelle, et serait presque invisible si...on ne se voyait pas dedans, à l’autre bout de l’hélice. Une étrange démultiplication qui met le spectateur au cœur de l’œuvre.Quand à la verticale virtuelle, l’angle à 90° du miroir indique précisément l’œil de ce parfait cyclone, mais aussi l’angle de la 89ème rue et de la 5ème Avenue : une manière de renverser les proportions en introduisant New-York au centre du musée. Derrière : En montant ou descendant la spirale, le spectateur passe derrière l’œuvre, découvrant sa structure (panneaux de bois, échaffaudages). Autre hommage à la ville et à son architecture (brownstones, cast-irons, railroads)

La verrière en rosace dessinée par Wright, au sommet de la rotonde, les fenêtres des galeries Thannhauser se transforment en vitraux aux couleurs primaires chromatiques, contrastant avec le blanc épuré du lieu. Ainsi, de la verrière, la lumière zénithale prend différentes teintes de rose selon l’heure et le temps new-yorkais et transforme la perception de l’installation de manière aléatoire. « Pour moi, a dit Daniel Buren, il y a peu d’autres choses indicibles dans l’art que la couleur (…) et la combinaison des sensations et du jeu avec l’espace. »

 

 

Buren by Buren

 

Cà et là, des  « videos-souvenirs » offrent le moyen de connaître ou de se remémorer les quarantes années de création de l’artiste français. Depuis toujours, Daniel Buren fait de la ville un terrain privilégié d’interventions artistiques : « J’ai décidé que la ville toute entière serait mon atelier et aussi le support de mon travail. » (Les Inrockuptibles – 2000), dans une recherche de cohérence entre l’œuvre éphémère et le lieu pérenne. De nombreuses oeuvres « in situ » donc, affichage urbain plus ou moins sauvage, à New-york, Chicago ou Paris, colonnes rayées dans un lieu patrimonial (le Palais Royal à Paris, bien sûr !), architectures revisitées dans des tas de MAC de France... partout il zèbre l’espace public de ses rayures radicales.

Et ses rayures, justement ? Le long de la spirale, tous les 8,7cm exactement (son nombre d’or ?), s’inscrit une courte rayure verte du plus bel effet, comme un ouvrage de dame, un jour échelle consciencieusement placé pour habiller la chose..et parce que Buren sans les rayures, ce n’est pas concevable ! Un « Mur de peintures » se chargera de nous le rappeler, en même temps que la dimension conceptuelle de son œuvre."

 

 

db-sans-titre-Copyright-maxime-dufour.jpgEt puis, en 2006, j'eus à nouveau l'occasion de m'intéresser au travail de Daniel Buren, lorsque Lille3000 (émanation de Lille2004) me commanda les textes de l'exposition artistico-scientifique "Futurotextiles", pour qui Buren réalisa une pièce assez extraordinaire de soierie lumineuse à fibres optiques avec la Maison Cédric Brochier, ..à rayures rouges et blanches évidemment!

 

 

 

Photo 1: "Photo-souvenir" - Daniel Buren- Photo 3: copyright Maxime Dufour

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 23:41

 

Rencontrer et voir travailler Annette Messager est sans doute un des souvenirs les plus marquants de mon expérience lilloise. Invitée par Lille2004 à investir l'ancienne salle des malades de ce magnifique endroit qu'est l'Hospice Comtesse, Annette Messager y présente pour, je pense, la première fois, une oeuvre cinétique, c'est-à-dire mettant en jeu une mécanique introduisant un mouvement, une chorégraphie, une histoire. Il y eut ensuite Pinocchio/Casino, oeuvre pour laquelle Messager reçut le prix de la Biennale de Venise l'année suivante, et la rétrospective à Pompidou, qui montra d'autres oeuvres "mécaniques", et permit au plus grand nombre de découvrir le travail de Messager dans toute son intensité émotionnelle.

 

j'ai eu le plaisir, et l'honneur, de rédiger un texte, dont voici un extrait, présentant l'installation aux visiteurs de l'Hospice Comtesse

 

messager-copie-2.jpg"D'abord, il y a le lieu: l'ancienne salle des malades de l'Hospice Comtesse, dont l'atmosphère évoque encore une histoire emprunte d'émotion...(...)"Les spectres de l'Hospice Comtesse" n'est pas une reconstitution de l'univers hospitalier, mais une évocation symbolique et métaphorique d'un monde où se côtoient les paradoxes: la promiscuité et la solitude, le soin et la souffrance, l'espoir et la déréliction, le silence et les cris, les rêves et le cauchemar...

 

Annette Messager nous plonge dans une atmosphère dans laquelle la tension se fait visible; au sol, de gros tas de kapok blanc enserrés de filets figurent les spectres des lits qui s'y trouvaient, objets immobiles et rassurants, lieux maternants. Suspendus aux poutres, des fragments de corps humains (main, pied, oreille, buste féminin...), gigantesques, caoutchouteux et presque difformes se meuvent en un étrange ballet. L'un chute brutalement au sol, tandis qu'un autre se relève lentement, dans une sorte de danse fantomatique; d'autres encore restent suspendus au plafond et oscillent lentement...Angoisse de la maladie, de la séparation, de la mort, fantasmes de corps sensuels ou malades, rêveries que permet le repos...

 

Il y a, dans ces morceaux de corps démesurés, un clin d'oeil à la tradition flamande des géants. Mais il s'agit aussi, pour Annette Messager, d'évoquer les rêves et les obsessions de ces vieillards et de ces orphelins qui occupèrent jadis ce lieu: les bruits familiers et/ou inquiétants de l'hôpital propices à tous les débordements imaginaires, espoir de visite, angoisse de l'inconnu, de la disparition d'un autre...

Les lumières, étudiées pour "sculpter" les formes, projetant sur les murs des ombres floues, expriment d'une autre manière encore ces désirs d'amour et de rassurance, cette peur de l'inconnu.

Et puis il y a les souris de tissu, petites ou grandes, enfouies et plus ou moins visibles sous les spectres de lit. Ce sont leurs "fantômes", leurs hôtes, provoquant la tendresse ou l'aversion, le rire ou l'effroi.

 

(...) Exorciste des peurs contemporaines, Annette Messager manifeste le souci constant de questionner le monde, toujours de manière métahorique et poétique, souvent de manière dérangeante. (..) "

 

Cette installation d'Annette Messager n'a, je crois, pas reçu l'accueil public qu'on pouvait escompter. Beaucoup de visiteurs, la plupart ne connaissant pas le travail de cette "colporteuse de chimères", n'ont pas ressenti avec la force suffisante la charge émotionnelle de l'oeuvre telle que je la décrivais dans le texte. Cela m'a confortée dans l'idée qu'appréhender l'art contemporain nécessitait souvent une bonne médiation, ce que beaucoup de conservateurs et de curateurs ignorent encore superbement (à dessein). On pouvait pourtant penser qu'une telle oeuvre ne nécessitait rien autre chose que de se laisser guider par son émotion. Mais peut-être l'émotion aussi demande à être éduquée pour s'ouvrir.

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19 août 2010 4 19 /08 /août /2010 00:08

Voir débarquer Peter Greenaway et son équipe dans l'Eglise Sainte-Marie Madeleine fut en soi une expérience. Hermétique. Je n'ai pas compris tout ce qui se tramait ici, entre mise en scène, installation, performance, et chorégraphie.

"Wash and Travel" devait à la fois être une installation théâtrale-performance chorégraphique avec Saskia Bodekke, qui avait d'abord été monté dans la Rotonda della Bassana de Milan. L'oeuvre prenait aussi appui sur le projet cinématographique "Tulse Luper", l'histoire en plusieurs épisodes d'un criminel récidiviste qui aurait traversé le siècle en traversant le monde, laissant ça et là quelques 92 valises mystérieuses au contenu non moins mystérieux.

 

Le résultat fut à la hauteur de l'esthétique maniérée de l'auteur: une oeuvre totale, grandiose, mystique, et, à mon sens, une réussite.

 

Je rédigeai quant à moi ce court texte pour présenter l'installation:

 

   

 

"Pénétrer dans l’univers de Peter Greenaway peut paraître difficile, tant ses oeuvres, cinématographiques et picturales semblent nourries de références abondantes, complexes et érudites.

 

Le cinéaste gallois à la filmographie hors du commun offre ici aux visiteurs l’occasion d’approcher son monde, ses obsessions, sa réflexion sur la numération du monde, en recréant l’atmosphère de « Drowning by numbers ».

Dans ce film de 1988, une mère et ses deux filles faisaient disparaître leurs maris respectifs en les noyant, entrainant le spectateur dans un jeu de piste sur le mode de l’inventaire, de 1 à 100.

Les deux éléments fondamentaux du film, l’eau et le nombre, sont au cœur de l’installation :l’eau, s’écoulant en paysage sonore, mais aussi remplissant des baignoires ; le nombre, dans le choix du nombre de baignoires (12) et de valises, 92, chacune étiquetée et remplie d’objets divers : charbon, jouets, photos, lettres, stylos usés, outils…

 

greenaway2.jpg

 

 

 

Cette installation, apparemment hermétique, révèle en réalité les préoccupations philosophiques et esthétiques de Peter Greenaway. Ainsi, le contenu hétéroclite des valises marque l’intérêt de l’auteur pour l’inventaire, la collection, le catalogue, le recollement, dont Diderot et D’Alembert sont, pour Peter Greenaway, les maîtres.

Puis importe le nombre, comme instrument de construction et de narration, ou plus exactement, comme moyen d’ « évacuer la narration » : « Compter représente la forme de narration la plus simple et la plus primitive.1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8, 9, 10. Un récit avec un début, un milieu et une fin, un sens dans la progression - parvenir à deux chiffres- un but réalisé, un dénouement atteint. »

Bien que Peter Greenaway affirme ne pas « penser les nombre en termes mystiques », il a choisi 92 valises, 92, comme le nombre atomique de l’uranium, 92, comme autant de manières dont le monde pourrait finir, en référence à son film de 1980, « The Falls ». 

Avec cette installation, on pénètre donc dans un univers extrêmement symbolique qui, pour être compris, demande un travail de déchiffrement, suscitant par là même une réflexion sur le processus de construction d’un univers artistique."

 

Le cinéma de Greenaway fut et reste pour moi une fascination, évidemment esthétique,  depuis Zoo, le Ventre de l'architecte, The Baby of Macon ou the Pillow Book, jusqu'à la Ronde de Nuit. Le projet multimedia Tulse Luper Suitcases atteignant peut-être les limites de la complexité d'un propos, et d'une certaine forme de maniérisme, n'a, me semble-t-il, pas reçu l'accueil que Greenaway espérait.

 

Photo Lille2004 

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