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21 octobre 2010 4 21 /10 /octobre /2010 22:10

 Dans tout ça, figurez-vous que je viens de me rendre compte que j'ai oublié une autre foire nouvelle, au nom que je qualifierai de...un peu..m'as-tu-vu, non? Access and Paradox, donc.

 

Access and Paradox se fixe néanmoins un objectif plutôt démocratique et populaire, celui de rendre accessible le doux monde des foires d'art contemporain à des galeries émergentes qui ne pourraient y accéder autrement, mais encore de rendre accessible l'ambiance des foires, par la gratuité de l'entrée (contre 28 euros à la FIAC! scandaleux...cela dit, qui paye son entrée à la FIAC?). Parallèlement, des institutions sont invités à y montrer leurs acquisitions et il y aurait aussi des projets curatoriaux.

Et puis l'Islande est à l'honneur...

Bref, la nouveauté aiguisant ma curiosité, j'irai voir ce qui se passe rue Vieille du Temple, à l'Espace des Blancs-Manteaux, à partir de vendredi, jusqu'à lundi 25...

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18 octobre 2010 1 18 /10 /octobre /2010 21:01

 

Une fois n'est pas coutume, une petite pause hors du monde de l'art contemporain...

 

Depuis quelques mois, je collabore avec la Galerie Schoffel Valluet, galerie historiquement dédiée aux Arts Primitifs, et qui va ouvrir sous peu un département dévolu à l'art contemporain. Première étape de cette diversification, une incursion du côté de l'art moderne, avec une exposition rare, réalisée en association avec la Galerie Samy Kinge: "Dialogue des mondes: Victor Brauner et les Arts Primitifs". 

 

 

brauner_civilization.jpg

 

 

« Dialogue des mondes: Victor Brauner et les arts primitifs »

 

La galerie Schoffel Valluet et la Galerie Samy Kinge présentent conjointement « Dialogue des mondes : Victor Brauner et les arts primitifs », double exposition mettant en regard une vingtaine d’œuvres sur papier de Victor Brauner et une trentaine de pièces d’art primitif, provenant d’Afrique, mais aussi d’Océanie et d’Amérique du Nord.

Victor Brauner, né en Roumanie en 1903, tient une place particulière dans l’histoire de l’art du 20ème siècle. D’abord proche du constructivisme, sa peinture est ensuite formellement dominée par « l’illusionnisme onirique » propre au surréalisme  même si on peut aussi y reconnaitre « un goût prononcé pour le portrait-charge et la caricature, et une fascination pour la ligne "prenant librement ses ébats" des dessins de Paul Klee. »* Après-guerre, il s’éloigne du surréalisme et à partir des années 50, son art peut être qualifié de « primitiviste », bien que l’on puisse déceler dès 1934 dans son travail des emprunts à l’art primitif, comme les cubistes et certains expressionnistes ont pu le faire avant lui.

C’est donc logiquement que les galeries Schoffel-Valluet et Samy Kinge ont choisi de montrer des dessins des années 50 et 60, en même temps qu’une sélection d’œuvres primitives principalement africaines, océaniennes et amérindiennes leur faisant écho. Victor Brauner lui-même possédait une collection d’art primitif, à l’instar de Breton ou d’Eluard, collection désormais conservée au Musée des Beaux-Arts de Saint Etienne.

Si ces correspondances rendent sensibles les proximités de formes, le propos de cette exposition cherche aussi et surtout à montrer comment l’art primitif a pu ouvrir les artistes de cette époque à un « nouveau territoire de rêve », et comment l’attirance de Brauner pour ces formes d’art tenait autant sinon davantage de la fascination pour les forces magiques de ces objets tribaux que du pur intérêt plastique.

Breton aurait dit de Brauner qu’il était l’artiste magique par excellence. Particulièrement sensible à l’ésotérisme et à l’alchimie, Brauner, en artiste « médiumnique », s’est ensuite nourri de la dimension spirituelle et céleste de l’art et de la pensée tribale, réalisant une sorte de syncrétisme entre chamanisme, magie, animisme, mythologie, psychanalyse et pouvoir des fétiches.

Ainsi, si les œuvres sur papier exposées ici permettent de découvrir un aspect de l’œuvre de Victor Brauner, elles contribuent aussi à dessiner les contours d’une figure typique de l’artiste du 20ème siècle, en prise avec l’exploration de nouveaux continents et de nouveaux pouvoirs, ceux de la « pensée sauvage » et ceux de l’inconscient.

 

Un catalogue est édité à l’occasion de cette exposition, avec un texte de Didier Semin, historien de l’art et conservateur, et une préface de Jeanne Brun, conservatrice du Musée d'Art Moderne de St Etienne.

 

*Didier Semin

 

A voir, avant de découvrir une programmation alternant art primitif et art contemporain, du 21 octobre au 4 décembre 2010 à la Galerie Schoffel Valluet - 14 rue Génégaud, Paris 6è -

Et aussi à la Galerie Samy Kinge, 54 rue de Verneuil, Paris 7è

 

Texte réalisé pour la Galerie Schoffel Valluet

 

Photo: Prelude to civilization, Victor Brauner

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16 octobre 2010 6 16 /10 /octobre /2010 15:34

fatmi-Aime-Amerique-copie-1.jpg

 

Pas mal, hmmm? La proposition de mounir fatmi dérange avec force et subtilité le parfait ordonnancement architectural du Louvre et des Jardins, déstabilisant l'harmonie du lieu et créant une sorte de malaise, dans le vertige de ces lignes désaxées.

On pourra trouver le texte sur la première version de cette pièce, datant de 2007, sur le site de l'artiste. Quant à moi, j'avais écrit le texte suivant, pour l'artiste, à propos des "Pièges" ou "Obstacles", forme d'installation récurrente depuis plusieurs années chez l'artiste.

 

 

"Les barres de saut d’obstacles, appartenant initialement au monde hippique, sont des signes récurrents, matériel détourné en matériau plastique, du vocabulaire formel de mounir fatmi.

Plusieurs versions des Obstacles ont ainsi été présentées, dans des configurations contextuelles variées, comme une sorte de sculpture polymorphe. Bien droites entre leurs échelles , au sol, en équilibre précaire, brisées, les barres de saut d’obstacles permettent un jeu de construction-déconstruction ouvrant à un entrelacs de points de vue, offrant une richesse d’angles d’approche, esthétique, perceptif et physique, conceptuel, existenciel, socio-politique.

Si les Obstacles peuvent évoquer tout à la fois le ready-made, le pop ou le constructivisme, c’est qu’ils portent en eux l’affirmation d’une esthétique de la densité et de l’enchevêtrement , dans laquelle les représentations esthétiques de l’histoire de l’art s’inscrivent comme autant de partitions alphabétiques avec lesquelles joue l’artiste.

Présence à la fois massive et fragile, le contournement d’un tel obstacle révèle, comme en un objet cinétique, une réalité mobile-immobile de l’objet, un univers de formes incarnées, signifiantes et inachevées, dans lequel la matière et l’espace, l’équilibre et l’effondrement, le chaos et la faille, le triomphe et l’échec se manifestent comme les différentes faces du même objet.

Installés de telle sorte qu’ils entravent la progression physique du visiteur, les Obstacles fonctionnent alors comme un « piège ». Littéralement « obstacles », ils opposent au corps la résistance et la complexité du monde, réinvestissent la conscience du « corps propre », matérialise le système de l’être-au-monde, entre lutte, dialogue et engagement.

Les récentes installations d’obstacles, placée à l’entrée du lieu d’exposition se veulent, explique mounir fatmi, « catalyseurs de conversation, propositions pour engager le dialogue ».

Dans cette mise à distance toujours critique, les Obstacles confirme la vision d’une humanité nécessairement inachevée, pour laquelle seul un état permanent de précarité permet de déconstruire les certitudes, une existence humaine dans laquelle la constitution de son identité, la coïncidence avec soi-même, la saisie de l’altérité, la liberté exige de s’affranchir de bien des déterminismes.

A cette question des déterminismes qu’il s’agit de dépasser, parmi lesquels ceux du contexte socio-culturel -celui de l’artiste, celui de l’étranger- se juxtapose la question, plus cruciale encore, des frontières et des nations et, pour reprendre le mot de Merleau-Ponty, tous les « déraillements de l’Histoire »."

 

 

 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 22:16

Si on veut aller jusqu'au bout des programmations liées à la FIAC, on pourra pousser les portes luxueuses de chez Guerlain, sur les Champs Elysées. Ici, à l'étage, une sélection d'artistes ont travaillé autour de l'abeille, petite bête en voie de disparition et chère à Guerlain, en une quinzaine de propositions contemporaines. Parmi elles, Anne et Patrick Poirier, Araki, Candido Romero, Thomas Monin ou...Marie Denis, décidemment très prolixe et on peut imaginer que sa proposition sera douce et précieuse!

 

Bee Natural - Chez Guerlain, sur les Champs Elysées, jusqu'au 9 novembre

 

 

La Galerie Charlotte Norberg accueille "De Natura",  la nouvelle exposition de Juliette Jouannais, entre papiers découpés et céramiques aux teintes rares -

Jusqu'au 20 novembre - 74 rue Charlot - Paris 3è

 

 

visuel-regent-parpler-pour.jpg"Parler pour ne rien dire/  Beating round the bush", est le titre énigmatique de la nouvelle exposition personnelle de Emmanuel Régent à la Galerie Le Cabinet.

Parler pour ne rien dire, c'est peut être le blanc comme une page blanche des banderoles que portent ses manifestants silencieux. C'est peut-être le vide qui comble le vide, celui là même qu'Emmanuel laisse advenir sans crainte dans son travail, appelant à une forme de contemplation, de lente montée de la conscience du temps. Le "décalage", dans le travail de Emmanuel Régent , ne tiendrait alors pas tant à ses matières et ses parti-pris esthétiques qu'à cette manière inhabituelle aujourd'hui d'aborder la question de l'épaisseur du temps, dans sa pratique comme dans ce qu'il donne à voir. Sans bruit et sans fureur, dans un monde où la précipitation est prescriptrice. 

 

A la Galerie Le Cabinet- 62 rue St Sabin - Paris 11è- jusqu'au 27 novembre 2010 

 

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15 octobre 2010 5 15 /10 /octobre /2010 16:25

 Dès mercredi prochain, le Tout-Paris (expression snobissime qu'on aimait déjà à l'époque de Napoléon III, matiné du doux parfum suranné des années 60, et qu'il convient donc de remettre à la mode), le Tout-Paris, donc, de l'art contemporain connait une sorte de transe frénétique, parcourant la capitale en tout sens, badge VIP au vent...c'est le temps des foires, et d'année en année, cela devient la foire aux foires, tant l'offre s'est démultipliée (et quelque chose me dit, peut-être inversement proportionellement à la demande...)

 

Il serait donc vain de tenter une sélection ou un parcours, entre les galeries évidentes et les galeries émergentes, les artistes côtés par ArtPrice et ceux qui "font la foire" pour la première fois ou presque. Et puis les uns et les autres nous réservent, on l'espère, quelques belles surprises, alors attendons de voir!

 

A priori, on pourra trouver:

 

A la FIAC, côté Grand Palais: j'ai assez confiance en la programmation, et en l'oeil pertinent de Morgane Desailly, pour la Galerie Frédéric Giroux, et bien envie de voir quelles oeuvres de Damien Deroubaix et de l'incontournable Subodh Gupta (que l'on retrouvera aussi dans le jardin des Tuileries) la Galerie Insitu/Fabienne Leclerc va montrer. Si la Galerie Patricia Dorfmann ne montre pas une ou des oeuvres de Zevs, elle ressortira peut-être de ses réserves des pièces du toujours subversif Michel Journiac.

Côté Cour Carrée, la Galerie Loevenbruck présentera des oeuvres de Jean Dupuy (qui a fait Chez Robert récemment), et de Bruno Peinado (dont nous montrons une très belle pièce empruntée au FMAC dans notre exposition "Figure Libre").

C'est aussi dans Figure Libre que quelques pièces bien senties de Cyril Hatt font écho à celles que montrera la Galerie Bertrand Grimont, jeune et dynamique galerie, entre autres artistes de la galerie. Et puis Mounir Fatmi sera comme toujours bien présent, sur le stand de la Galerie Hussenot et sur le stand de la galerie new-yorkaise Lombard-Freid Project, mais aussi au Jardin des Tuileries.

 

Aux Tuileries, donc, dans la désormais traditionnelle promenade d'oeuvres monumentales, entre Subodh Gupta et l'assez rare, finalement, Yayoi Kusama, dont j'ai parlé récemment dans ces pages, on trouvera une installation de Jean-François Leroy, pour la Galerie Bertrand Grimont, mais aussi une reconfiguration de l'oeuvre de Mounir Fatmi qui avait été présentée à la Maison Rouge il y a quelques temps. Ce "I love América", qui est aussi un "tribute to Jacques Derrida" changera-t-il de sens Obama oblige? L'installation, quoiqu'il en soit, est elle-même variation autour des "Pièges-Obstacles", oeuvres réalisées à partir d'obstacles de course hippique (on en a vu en divers endroits du monde mais aussi au Centre Pompidou). Je remettrai ici bientôt le texte que j'avais fait à ce sujet.

 

Nouvelle arrivée et émanation de SLICK, voici CHIC ART FAIR, qui investit la Cité de la Mode et du Design dont on aura enfin le plaisir de découvrir l'architecture!

A l'intérieur, on retrouvera la School Gallery, et sa "team" d'artistes, de Ghyslain Bertholon à Naji Kamouche en passant par, parait-il, Emilie Benoist. On verra aussi la sélection de la Galerie Charlotte Norberg, avec Soizic Guézennec, Juliette Jouannais, Sylvain Polony ou Eric Derack, qui, semble-t-il, rejoint la galerie. Anne Guillotel, quant à elle, sera visible chez Charlotte Norberg, mais aussi sur le stand de l'Espace 2.13PM, espace d'art très atypique aux portes de Paris.

A l'extérieur, une oeuvre de Ghyslain Bertholon, que nous avions exposé l'année dernière dans "Seconde peau, seconde vie", dans le cadre des Docks de Chic. Sur la terrasse, une proposition d'Adrien Pasternak, Docks en Ciel, montrera Shigeko Hirakawa, que j'avais rencontré il y a quelques temps et dont j'apprécie le travail, Michelangelo Penso, de la Galerie KernotArt, mais aussi Marie Denis et Emmanuel Régent (dont chacun sait qu'ils sont aussi à "Figure Libre"! :))

 

Allez, courage, ce n'est pas fini!

 

SLICK n'est pas morte, et reprend vie sur l'esplanade du Palais de Tokyo. On pourra y retrouver la Galerie ESTACE, spécialisée dans les oeuvres numériques, ainsi que la sélection de la Galerie Isabelle Gounod.

 

SHOW OFF non plus n'est pas morte...toujours amarrée sur le Port des Champs Elysées, la foire s'est recentrée sur le concept du one man show. On pourra par exemple voir David Casini pour la galerie genevoise Analix Forever, ou Hassan Mussa pour la galerie bruxelloise Pascal Polar.

 

ART ELYSEES, j'avoue, j'y vais rarement. Cette année, on y trouvera quand même la Galerie ArtJingle Contemporary, qui présentera peut-être des collages photographiques d'Hervé Perdriel, la Galerie Olivier Waltman, avec des photographies de Jean-Pierre Attal (dont je me souviens du travail lorsque je collaborais avec (feu) la JungleArt Galerie), la Galerie Alexis Lartigue et des oeuvres du culte street artist Jon One.

 

Et pour finir, on est content de savoir que la foire CUTLOG a survécu. Deuxième édition donc, toujours à la Bourse du Commerce, avec une sélection de galeries à découvrir...L'année dernière, le vernissage était gratuit et ouvert à tous. je crains que cette échappée démocratique ne soit pas reconduite. Dommage!

 

FIAC - Grand Palais et Cour Carrée du Louvre + Jardin des Tuileries - Du 21 au 24 octobre

CHIC- Cité de la Mode et du Design (près de la Gare d'Austerlitz) -  Du 22 au 25 octobre

SLICK - Esplanade du Palais de Tokyo et du MAMVP- Du 21 au 24 octobre

SHOW OFF- Port des Champs Elysées- Du 21 au 24 otobre

ART ELYSEES- Champs Elysées- Du 21 au 25 octobre

CUTLOG- Bourse du Commerce - Du 21 au 26 octobre

 

C'est fini? Eh bien non! A chaque année sa naissance! Voici "YIA" pour Young international Artists, légèrement inspirés sans doute des fameux YBA, et ça ne serait pas mal en effet que les artistes sélectionnés dans YIA aient la même trajectoire que certains des YBA...!:)

Alors de quoi s'agit-il? Quelques galeries pour certaines aussi prestigieuses que Perrotin ou Lambert, choisissent deux artistes sur lesquels elles misent...Donc, c'est ici que la Galerie Olivier Robert montrera le travail de Lionel Scoccimaro, artiste dont nous avons pu montrer une magnifique pièce dans Figure Libre, et en lequel Olivier Robert a de bonnes raisons de croire!

Cà se passera du 22 au 25 octobre à La Cartonnerie, rue St Maur dans le 11ème.

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11 octobre 2010 1 11 /10 /octobre /2010 19:49

Détournement d’icônes

 

Mélanger l’art et la vie : devenir l’espace d’un instant une star du football, prendre la place des nouvelles icônes que sont devenus les sportifs de haut niveau, réfléchir sur le pouvoir des logos...

 

Chloé Ruchon est davantage designeuse que plasticienne, même si son rapport à l'objet s'en rapproche et que les frontières entre art et design sont parfois ténues. Ce BarbieFoot, montré autant chez Colette qu'à la Biennale de Lyon, connait un succès international. Pour les connaisseurs, il faut savoir qu'il s'agit d'un vrai Babyfoot, fabriqué chez Bonzini, référence du genre!

 

arton2189.jpg"Pièce quasi-monumentale, le Barbie Foot de Chloé Ruchon est un baby-foot dont les traditionnels joueurs en aluminium ont été remplacés par les mythiques poupées Barbie, en tenue de footballeuse. Ce Barbie Foot oppose et réunit deux univers a priori inconciliables.

D’un côté, l’univers du football, viril, parfois violent, peu enclin à la sophistication et au glamour à paillettes. Et puis le monde du baby-foot, qui, s’il est aussi un sport, symbolise l’atmosphère des cafés, l’adolescence et le lycée.

De l’autre, le monde rose bonbon, lisse et joli, de la poupée Barbie mondialement connue, rêve de séduction et d’ultra-féminité pour des millions de petites filles.

En remplaçant les joueurs par de jolies poupées, Chloé Ruchon fait voler en éclat les stéréotypes du masculin/féminin et les codes qui les régissent. Mais elle induit aussi une réflexion plus fine sur la notion de compétition, non seulement entre les sexes, mais au cœur même de l’image de la féminité que véhiculent des icônes telles que la poupée Barbie.

 

Chloé Ruchon est une jeune designer free lance, diplômée en design d’objet de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg. Le Barbie Foot a constitué son projet de fin d’étude, réalisé en partenariat avec la société Bonzini et la marque Barbie - Mattel. Cette oeuvre a déjà été présentée au DMY, Festival International de Design à Berlin, au magasin Colette à Paris, à Metz lors de la Nuit Blanche 2009, ainsi qu’à Lyon, dans le cadre de la Biennale Off d’Art Contemporain.

Le travail de Chloé Ruchon est axé autour d’une réflexion sur les codes et les fonctions des objets caractéristiques de la société contemporaine, et sur la manière de les manipuler ou de les détourner, toujours avec humour ou ironie, en connectant des mondes hétérogènes."

 

(texte extrait du catalogue)

Oeuvre réalisée en collaboration avec Bonzini et Mattel

 

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10 octobre 2010 7 10 /10 /octobre /2010 15:28

Détournement d’icônes

 

Mélanger l’art et la vie : devenir l’espace d’un instant une star du football, prendre la place des nouvelles icônes que sont devenus les sportifs de haut niveau, réfléchir sur le pouvoir des logos...

 

J'avais découvert le travail de Cyril Hatt à Slick l'année dernière, et j'avais retenu de ses étonnants volumes photographiques une impression d densité qui était trompeuse, car il n'y a rien de plus léger que ces objets, et cela renforce l'étrangeté de ces oeuvres au réalisme malmené.

Nous avons choisi de montrer plusieurs oeuvres de Cyril Hatt dans l'exposition, et, en particulier dans cette première partie, un ensemble de "chaussures à logo", comme une interrogation sur cette sorte de hiatus entre le fantasme du logo, et la réalité de l'objet.

 

hatt-shoes.jpg"Une fois passé le moment de perplexité et d’étonnement face aux objets réalistes mais étrangement usés de Cyril Hatt, on saisit à quel jeu sculptural, autour de l’illusion de l’image, de la matière, de la densité et des volumes, l’artiste nous convie. Cyril Hatt s’approprie des objets du quotidien, souvent issus de la culture populaire - une bicyclette, un tee-shirt - ou de l’univers de la rue - comme le skate-board -, à la fois ordinaires et anodins, si quotidiens qu’on ne les voit plus. Il les fait renaître sous notre regard, dans la reconnaissance troublée de cette réalité, à la fois étrange et familière.

Avec ses chaussures de sport « à logo », il présente des objets de désir « presque » à l’identique, mais qui, contrairement à une contrefaçon, se trouvent vidés de leur substance, de leur valeur marchande. « Peau » de l’objet ou simulacre, l’artefact, avec ses sutures visibles, se trouve privé d’une certaine manière de son pouvoir de séduction, montrant comme l’envers de son décor, sa métaphore négative.

 

Travaillant depuis longtemps sur la matière photographique, Cyril Hatt produit des « volumes photographiques » depuis 2003. Pour lui, la photographie est un matériau et un moyen de détournement de l’image de l’objet. Prenant des dizaines de clichés d’un objet sous tous les angles, il en découpe les contours puis le réassemble en volume à l’aide de simples rubans adhésifs et d’agrafes. Il le recrée alors dans ses trois dimensions, opérant ainsi un glissement des dimensions. Appliquant à n’importe quel objet ce procédé de « stéréophotographie »*, Cyril Hatt peut réaliser des objets aussi impressionnants qu’un bus ou une voiture à l’échelle 1 et même des intérieurs d’appartement entiers ! Il questionne ainsi la perception de la réalité, des volumes et de la densité par des effets d’illusion. Mais dans le même temps, cette mise en volume inhabituelle de l’image photographique n’est pas une duplication hyperréaliste de l’objet. Les photographies-sculptures de Cyril Hatt, altérées et fragiles, à la fois « bricolées et sophistiquées », semblent avoir vécu. Artefacts dotés d’une certaine étrangeté, réalités sublimées, les objets sont théâtralisés, comme des reliques, devenant simulacres de notre monde quotidien, dont le réassemblage paraît en dévoiler une forme de vérité intrinsèque.

 

 

*Depuis 2003, Cyril Hatt travaille autour du procédé de stéréophotographie. « La stéréophotographie est un procédé qui permet de créer l’illusion du relief en superposant deux photographies prises d’un même objet ou lieu, mais à partir de points de vue légèrement différents, recréant la distance entre les deux yeux. C’est de centaines de points de vue qu’a besoin Cyril Hatt pour recréer le relief sans passer par l’illusion d’optique », François Bazzoli"

 

(Texte extrait du catalogue de l'exposition)

Oeuvres Courtesy Galerie Bertrand Grimont

 

On retrouvera prochainement la Galerie Bertrand Grimont et Cyril Hatt à la FIAC, cour carrée du Louvre

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9 octobre 2010 6 09 /10 /octobre /2010 22:16

Détournement d’icônes

 

Mélanger l’art et la vie : devenir l’espace d’un instant une star du football, prendre la place des nouvelles icônes que sont devenus les sportifs de haut niveau, réfléchir sur le pouvoir des logos...

 

Dans cette partie, nous avons choisi de présenter la vidéo-performance "Numéro 10" de Massimo Furlan, dans une ambiance "jour de match au salon" qui, à l'instar du propos de Furlan, rappelle notre enfance.

 

furlan.jpgDans Numéro 10, Massimo Furlan rejoue le match de la demi-finale de la Coupe du Monde de 1982, entre la France et l’Allemagne de l’Ouest, en se glissant dans la peau du numéro 10 de l’époque, Michel Platini, qui représente pour l’artiste une figure héroïque. Ce match est resté mythique en raison de l’intense suspens qui régna jusqu’à son terme, avec ses tirs au but, et de ce qui fut qualifié d’« agression » du gardien de but allemand sur le joueur français Battiston. « Aucun film au monde, aucune pièce, ne saurait transmettre autant de courants contradictoires, autant d’émotions que la demi-finale perdue de Séville », dira Michel Platini de ce match d’anthologie.

Cette performance ramène l’artiste à une période de son enfance dans laquelle il se prenait pour un champion de football. L’artiste rejoue seul et sans ballon la partie, au Parc des Princes, dans un stade vide à l’exception d’un public restreint. Il doit donc, comme un enfant le ferait lorsqu’il joue un match imaginaire, se remémorer les phases de cette rencontre historique. Ballet quelque peu fantomatique, ce n’est pas une victoire que rejoue Furlan mais une défaite, qui peut aussi être vue comme une forme de deuil des images de l’enfance, moins dans la nostalgie que dans une forme de réminiscence proustienne. Cet acte dans lequel se (re-)jouent l’absence et le grandiose, le rituel et l’absurde, semble exprimer la puissance des idoles sur l’enfance et la manière dont se construit l’imaginaire et l’identité dans ces identifications et ces admirations.

 

Massimo Furlan, artiste suisse d’origine italienne, a d’abord pratiqué la peinture, la photographie et la sculpture, pour ensuite se consacrer aux installations, à la vidéo, à la scénographie et à la performance. Il fonde d’ailleurs, en 2003, Numero 23 Prod, sa propre compagnie de production liée à cette nouvelle orientation. Furlan collabore aux scénographies de plusieurs compagnies de danse et de théâtre. Il a récemment mis en scène, en Avignon, une de ses créations théâtrales, dans laquelle il « rejoue » le concours de l’Eurovision de 1973. Ainsi, son travail repose essentiellement sur les notions de mémoire et d’oubli, liées à son enfance et à la « banalité », dit-il, de son histoire personnelle, en parallèle de l’histoire collective. Que fait-on de ses souvenirs d’enfance? Comment nourrissent-ils ce que nous devenons, qu’a-t-on perdu de nos enfances ? Si Massimo Furlan a réalisé plusieurs performances autour du football, il a aussi convoqué de nouveau les héros de son enfance, de Superman (dans le costume duquel il se promena dans les rues de Zurich ou au Parc de la Villette à Paris) à Mike Brant ou Patrick Juvet, vedettes de la chanson populaire ou de la variété, qui incarnent des figures auxquelles, petit garçon, il rêvait de s’identifier. Ainsi, ce sont toujours des éléments de sa propre vie qui, mêlant humour sans cynisme, poésie, fantasme, réinterprétation de la biographie et de la mémoire, nourrissent sans cesse son travail.

 

(Texte extrait du catalogue de l'exposition)

 

Vidéo Courtesy TutuProduction, Genève, Suisse

 

 

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8 octobre 2010 5 08 /10 /octobre /2010 22:21

C'est ironique évidemment...

L'exposition Figure Libre a ouvert ses portes depuis mercredi 6 octobre, le vernissage a eu lieu jeudi, et, comme le veut la tradition, la télévision locale, TVFil78, est venu faire un petit reportage:

 

http://www.tvfil78.com/journal/article-journal-07-10-2010.html

 

(vers 9'50)

 

 

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4 octobre 2010 1 04 /10 /octobre /2010 12:33

 Je ressors ce texte que j'avais écrit pour Wela il y a quelques temps, à l'occasion de son exposition à Chartres dans le cadre de "Art Pologne Aujourd'hui"

 

Elisabeth--WELA--Wierzbicka-3541-1.jpg"Lignes et traits, formes et couleurs parfois, l’œuvre de Wela nous surprend d’abord, car contre toute attente, nous sommes en présence… de papier et de crayon. Wela dessine, depuis toujours, perpétuant ainsi la traditionnelle excellence pour les arts graphiques des artistes venant de l’Est de l’Europe. Aux Beaux-arts de Cracovie, au cœur de sa Pologne natale, Wela étudia donc la peinture, la sculpture, tout comme la gravure, et le dessin.

 

Mais après quelques détours par la gravure –qu’elle pratique toujours à l’occasion-, l’art de la mine de plomb l’emporte sur les autres formes d’expressions, privilégiant la liberté, la spontanéité du geste créatif et le contact direct avec la matière. Wela choisit la simplicité du trait noir sur le blanc du papier, auquel vient parfois s’ajouter un ocre profond, en même temps que la puissance des lignes, travaillées dans l’épaisseur, denses, profondes. L’artiste sait à merveille en entretenir la tension dramatique : fluides ici, là enchevêtrées, précises parfois, floues jusqu’à l’effacement, ailleurs. Sur la surface plane, le dessin prend toute sa matérialité, et l’on pressent le rapport organique, charnel, qu’elle entretient avec lui.

 

Loin d’être anecdotique, confiné aux travaux préparatoires ou aux fonds d’atelier, le dessin se déploie alors dans des dimensions spatiales et poétiques inhabituelles. Car tandis que celui-ci connaît aujourd’hui un renouveau, et un regain d’intérêt, le travail graphique de Wela s’inscrit avec force dans une volonté très contemporaine de montrer le dessin autrement.

 

D’abord le sortir du cadre, au propre comme au figuré ! Des polyptiques où le dessin se poursuit de tableau en tableau à ses œuvres les plus monumentales, Wela porte le dessin ailleurs, autrement, le descend des cimaises, l’extrait de l’exiguïté de la galerie. Le voici tridimensionnel, sculptural. Le voici s’invitant dans l’espace public, haut de six mètres, multiplié en cinq cent colonnes, accroché aux arbres ou flottant au vent !

On ne regarde pas une œuvre de Wela, on y pénètre, on s’y engage. Ses installations puisent sans ambiguïté dans le mythe de « l’œuvre totale », dans le désir de l’artiste de produire des univers immergents, l’espace d’un instant. Naissent ces «œuvres à vivre », dans lesquelles les spectateurs sont pris à parti, invités, enveloppés.

 

Ainsi l’impressionnant « Passage suspendu »*, où, pénétrant dans le dessin, dont l’image se répète, se déforme, se diffracte grâce à une colonne d’acier que l’on peut tourner sur elle même, le spectateur devenu acteur entre dans un monde aux contours inconnus et mouvants. Un monde fictionnel, bien que non narratif, un monde imaginaire, au sens propre, intrinsèquement lié à la sensibilité, celle d’une perception à la fois libérée et hypnotique.

 

Wela aime en effet à emmener le spectateur dans un entre-deux, subtil déséquilibre entre réalité et irréalité, présence et fugacité, décomposant la vision pour mieux la recomposer.

 

Ainsi ses colonnes -forme récurrente chez Wela-, à la verticalité visuellement très suggestive, composent des installations combinatoires ouvrant sur des manières nouvelles d’expérimenter l’œuvre dans le déplacement. Amenant le spectateur à se promener dans le dessin, Wela lui offre le moyen de créer perceptions, perspectives et points de vue nécessairement inédits : la déambulation se fait appropriation de l’œuvre, le contexte se mue en subjectivité. Il y a chez Wela une sorte de générosité, un sens du partage, dans cette manière qu’elle a, au travers de ses œuvres métaphores, d’inviter à une interprétation vécue, ressentie.

 

Car la démarche de Wela ne saurait se réduire à une poétique de la forme. Certes le dessin est plutôt abstrait, dans le mouvement et l’impression davantage que dans la figuration – parfois, Giacometti dessinateur n’est pas loin-, jouant sur les contrastes, les formes, les plans et les espaces. Mais tout cela est sous-tendu par une densité, une épaisseur émotionnelle, une sorte de sérénité emprunte d’une mélancolie qu’on pourrait parfois prendre pour de la solennité mémoriale, mais on aurait –un peu- tort.

 

Installations urbaines ou environnementales, architecturales ou sculpturales, parfois en contrepoint de la nature…Le charme opère. Avec, au fond, une assez belle économie de moyen et un remarquable sens de la mise en espace, Wela parvient à montrer le dessin, dans une troisième dimension complètement novatrice, et toujours profondément intelligente, efficace, et poétique."

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