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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 15:11
Quelques jours à soi, au Centre Pompadour, laboratoire néoféministe et résidence créative

Pourquoi ne pas commencer l'année en projetant de prendre, quelques jours, quelques semaines, le temps pour soi nécessaire pour avancer sur l'oeuvre que l'on a en cours, commencer un nouveau projet?

Le Centre Pompadour, créé à l'initiative de l'artiste autrichienne Michaela Spiegel, est un lieu unique en son genre: petit château de style Empire niché dans la campagne picarde, il est le seul lieu de résidence pour artistes et chercheurs spécifiquement féministes en Europe.

La première saison de résidence fut intense et très internationale. L'application pour la deuxième saison est ouverte.

En tant que vice-présidente du Centre Pompadour, je serai ravie d'y voir séjourner quelques artistes et chercheu(r/ses)s français.

Au delà de la mise à disposition des espaces et ateliers, des moments de débats et de discussions, des rencontres, des lectures, des dîners...sont prévus tout au long de la saison, de mai à octobre.

Plus de renseignements ici: 

et là:

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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 14:56

L'année dernière, j'y avais organisé "Venus Vesper", une riche exposition autour de la multiplicité des figures féminines. C'est à cette occasion qu"Eliette Nekert, la directrice de l'Espace d'Art de Mitry Mory, a pu découvrir le travail de Mai Tabakian, et l'inviter aujourd'hui à réaliser ce solo show, "La théorie du tout", qui ouvre en beauté et en couleurs la saison 2018.

Vernissage le samedi 20 janvier 2018, à 11h30!

Concert et cocktail en vue...

 

Et jusqu'au 16 février 2018

LA THEORIE DU TOUT- Un solo show de Mai Tabakian à l'Espace d'Art de Mitry Mory
LA THEORIE DU TOUT- Un solo show de Mai Tabakian à l'Espace d'Art de Mitry Mory
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8 janvier 2018 1 08 /01 /janvier /2018 14:44
Bienvenue 2018!

Cher tous, 

Une occasion d'espoir, de projets, de remise à zéro ou de nouveaux départs, que 2018 soit la belle année!

J'espère avoir le plaisir de continuer à vous informer ici de mon actualité et de celles des artistes et amis de l'art avec qui j'ai la joie de collaborer!

A très vite!

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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 12:39
Brankica Zilovic chez Miniartextil, à Côme (Italie)

Sublime installation de Brankica Zilovic à Côme, dans le cadre de la traditionnelle exposition d'art contemporain textile Miniartextil.

On reverra très probablement cette installation en février, à Montrouge, dans le cadre de la tournée internationale de Miniartextil!

Une belle saison italienne pour Brankica, qui a aussi montré une autre installation à Turin, dans le cadre de la foire Parartissima, foire off d'Artissima ("Beyond the Map" - Soriana Stagnitta)

 

Brankica Zilovic chez Miniartextil, à Côme (Italie)
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3 novembre 2017 5 03 /11 /novembre /2017 12:25

Sous le parrainage de Bruno Putzulu, l'opérette Croquefer, d'Offenbach, ouvre à tous, gratuitement, les portes du Théâtre Déjazet!

La représentation, montée par l'association Operacting, et financée en grande partie par le crowdfounding, aura lieu le lundi 6 novembre, à 20h!

Encore un petit geste?

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1 octobre 2017 7 01 /10 /octobre /2017 17:52

Il y a quelques semaines, alors que je venais de rencontrer, dans un dîner, un jeune chanteur lyrique, et que je m'en ouvrais à quelques artistes de mes ami(e)s, la conclusion fut: on adore l'art lyrique mais les places sont affreusement chères et inabordables. Ce qui est hélas vrai dans la plupart des cas. 

Quelques jours plus tard, j'ai découvert Operacting, une association fondée par le metteur en scène Alexandre Camerlo, et qui, justement, se donne pour mission de redonner à tous libre accès à l'opéra, dont on a oublié la dimension originelle populaire, de mettre en avant et de promouvoir de jeunes artistes lyriques et de moderniser l’opéra en y intégrant les nouvelles technologies numériques.

L’année dernière, grâce au soutien des donateurs du crowdfunding, Operacting avait réussi la production complète de l’opéra-comique L'Île de Tulipatan d'Offenbach, à la Halle Pajol.  

 

 

Cette année, Operacting se lance pour la seconde fois dans une opération de crowdfunding avec Hellocoton, afin de permettre à tous, le 6 novembre, d'assister, en néophyte ou en amateur, à la représentation de l’opéra bouffe Croquefer, ou Le dernier des paladinsd'Offenbach :

Operacting prévoit une première à 15h, destinée aux scolaires auprès desquels Opéracting s’est engagé à assurer l’accueil et la rencontre avec les artistes à l’issue du spectacle...puis, le soir EN ENTREE LIBRE!!!! une seconde représentation pour le grand public, à 20h, ouverte à TOUS, sans condition, dans la limite des places disponibles.

Le tout dans le sublime écrin du Théâtre Déjazet, Place de la République!

 

 

OPERACTING: une belle initiative pour l'art lyrique, à soutenir!

Chers amis, si vous voulez soutenir de votre don la diffusion de l'art lyrique, n'hésitez pas à le faire ici:

https://www.helloasso.com/associations/operacting/collectes/saison-d-operacting-2017-2018

et si vous n'avez pas un rond et que vous aimez l'opéra, vous pourrez venir le 6 novembre découvrir Croquefer!

Moi, j'y serai!

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15 septembre 2017 5 15 /09 /septembre /2017 12:18

Double impact en cette rentrée artistique pour Corine Borgnet, qui présente, avec la complicité de Isabelle de Maison Rouge, une exposition personnelle à la Galerie de la Voûte, qui sera aussi l'occasion du lancement d'un ouvrage publié aux Editions Courtes et Longues. 

"Sans foi ni Particule" présente, entre autres, un entretien avec l'artiste mené par Isabelle de Maison Rouge et moi-même, des textes sur un choix d'oeuvres, également signés de nos deux plumes respectives, et un beau panorama de photographies d'oeuvres.

A découvrir le 21 septembre à la Galerie de la Voûte, pour le vernissage, avec une performance de la désormais incontournable Tata Jacqueline!

Sans foi ni Particule: une exposition, et un ouvrage, de Corine Borgnet

Sans Foi Ni Particule - L'exposition - Galerie de la Voûte, 42 rue de la Voûte, Paris 12

Vernissage le 21.09 - Exposition jusqu'au 14.10

Sans Foi Ni Particule - Le livre -

Avec des textes de Isabelle de Maison Rouge, Marie Deparis-Yafil et Mony Vibescu - Ediions Courtes et Longues - ISBN 978-2-35290-185-3 - 24 €- EN vente aussi sur Internet: Fnac et autres sites de ce genre..- cle.editions.com 

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14 septembre 2017 4 14 /09 /septembre /2017 10:43

Ce fut une performance, dans tous les sens du terme, que ce projet de Faten Rouissi dans le plus important monument romain d'Afrique!

A El Jem, ce soir-là, les aboyeurs avaient pris le pouvoir, avant de s'éclipser au profit de la musique.

Un évènement largement repris et commenté par les médias locaux et nationaux, que nous remercions!

L'aventure de l'aboyeur peut continuer ailleurs, en d'autres lieux emblématiques de la politique et du divertissement!

L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie

Pour la première fois dans l’histoire de l’Amphithéâtre d’El Jem, le Festival International de Musique Symphonique a donné carte blanche à l’artiste tunisienne FatenRouissi. Elle y présente « L’Aboyeur », une exposition et un concept autour d’un personnage à la fois fictif et réel, né de l’observation des médias de masse de la jeune démocratie tunisienne. Performance, mapping, exposition explorent les différentes facettes de ce « contestataire professionnel » qui ici, fera silence pour laisser la place à la musique.
For the first time in the history of the El Jem Amphitheatre, the International Festival of Symphonic Music offered a « carte blanche » to the Tunisian artist FatenRouissi.

She presents « L’Aboyeur », an exhibition and a concept about a character that is both fictitious and real, raised from her observation of the mass media of the young Tunisian democracy. A performance, a mapping, and an exhibition explore the different facets of this « professional protestor » who, here, will hold his tongue to let the music play.

لأول مرةفي تاريخ المسرح الأثري بالجم، يقدم مهرجان الموسيقى السمفونيةالدولي عمل الفنانة التشكيليّة التونسيّة فاتن الرويسي حول شخصيّة » الخطيب المحتجّ « . L’Aboyeur وهو معرض إبداعات في الفنّ المعاصر حول ذاتية حقيقية ووهمية في الآن نفسه. إنجازات فنّية عدة نتيجة متابعة أداء وسائل الإعلام بعد الثورة لاستكشاف جوانب هذا « المحتجّ المحترف » الذي يصمت هنا في المسرح الأثري بالجم لفسح المجال للموسيقى.

L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
Faten et ses Aboyeurs

Faten et ses Aboyeurs

L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie
L'Aboyeur de Faten Rouissi: retour en images sur la belle performance à El Jem, Tunisie

Faten Rouissi et moi-même remercions chaleureusement toute l'équipe de l'Aboyeur!


Asma Drissi-  Attaché de Presse
Najoua Klibi El kamel - Chargé de Communication
Nour Bouden - Communication du spectacle sur les réseaux sociaux
Ghada Boukhris -  Hôtesse d’accueil de l’expo à l’intérieur de l’amphithéâtre
Farah Bouden - Photographe
Bedis Hafiane et Mahdi Kerrit- Agence Zoopolis -  Vidéo et communication
Skander Dhaoui -  Photographe
Omar -  Responsable du site d'El Jem


Performance


Mahdi Ben khalifa -  Coordinateur de la Performance
Sarra Hakima - Suivi technique de la performance
1-Fahd Khayat Performer/Aboyeur
2-Fraj Arfa Performer/Aboyeur
3-Hédi Achour Performer/Aboyeur
4-Lyna Boussaada Performer/Aboyeur
5-Syrine Mehdaoui Performer/Aboyeur
6-Amira Rached Performer/Aboyeur
7-Ghaith Rekhais Performer/Aboyeur
8-Oussema Elabed Performer/Aboyeur
9-Hiba Badreddine Performer/Aboyeur
10-Samar Braham Performer/Aboyeur
11-Mohamed Zid Performer/Aboyeur
12-Maram Chaaba Performer/Aboyeur
13 Raouf Zaghouani Performer/Aboyeur
14 Yessine Zaghouani Performer/Aboyeur
15 Olfa Mahdaoui Performer/Aboyeur


Mapping


Karim Belhaj Ali - Responsable du Mapping


Traduction


Fakher Rouissi
Habib Belhédi

Faten Rouissi est née en 1967 à Tunis. Elle vit entre Tunis et Bruxelles. Son travail,
protéiforme, fait appel à différents médiums, notamment la peinture, la sculpture, le textile mais
aussi l'installation, la vidéo, la performance ou le happening. Avec un sens critique aiguisé,
une certaine ironie, et toujours un peu de poésie, elle développe une réflexion engagée autour
de l'exercice du pouvoir, de la vie citoyenne ou des excès médiatiques, de ce qui transforme
et régule la société contemporaine, en Tunisie et ailleurs.
Fondatrice de l'Association « 24H Pour l’Art Contemporain -24HPAC », elle a été à l'initiative
de plusieurs actions participatives dans l'espace public: « Art dans la rue - Art dans le quartier
» (2011), « De Colline en Colline » (2013) et « Bye-Bye Bakchich Système» (2014), visant à
infuser l'action artistique contemporaine dans les territoires locaux.
En 2013, le Badisches Landes museum de Karlsruhe en Allemagne a fait acquisition de son
installation « La Grande Lessive» (2010), évoquant avec poésie et humour la nécessité des
changements politiques radicaux dans son pays.
En 2014 pour son oeuvre « Le Fantôme de la liberté », Faten Rouissi a reçu le Prix de la Ville
de Dakar au Sénégal, dans le cadre de la 11ème Biennale de l'Art Africain Contemporain
DAK'ART.

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11 septembre 2017 1 11 /09 /septembre /2017 11:05

L'artiste au passeport marocain mounir fatmi n'ira pas au vernissage de son exposition à la Jane Lombard Gallery, à New-York...Il explique pourquoi dans cette lettre ouverte que je trouve poignante et pleine de vérité...une des innombrables conséquences de l'adminstration Trump qui, rappelons-le, nous a fait avancer de 30 secondes sur l'horloge apocalyptique

Mounir Fatmi, Alif 05, 2015, black and white ink on baryté paper, 11.81 in x 17.72 in

Mounir Fatmi, Alif 05, 2015, black and white ink on baryté paper, 11.81 in x 17.72 in

SURVIVAL SIGNS à la JANE LOMBARD Gallery, jusqu'au 21 octobre 2017 - 518 West 19th Street - NY

An Open Letter from Mounir Fatmi: 
 
As you can see, it’s been hard for me to write this letter. I had to wait until the last minute. I needed an emergency - the same emergency that drives me to create art in any circumstance, like an ambulance that takes every possible risk in order to save a life. In this case, it’s my life I’m talking about.
 
I left Morocco for good in 1999 in search of a freedom of speech I couldn’t find at home. I had to cut off all ties with my father, my family, my neighborhood and ultimately my country. I wanted to take a step back, to get as far as possible from my cultural context. I wanted to experience the world. Meet people. Read the forbidden books. Discovering the Beat generation and its authors allowed me to get away. My encounter with Paul Bowles in Tangiers was decisive. Reading Kerouac, Ginsberg, Burroughs, discovering Brion Gysin’s calligraphy… All this nourishment allowed me to live, to hope and to dream of a better world.
 
While I was studying in Rome, I discovered Fra Angelico’s small painting from the 15th century, The Healing of the Deacon Justinian. In the painting, the brothers Damian and Cosmas graft the leg of a black man onto the white body of Deacon Justinian. After just one look at this painting, I understood that I was that black leg. I was surprised that everyone around me only saw the perspective, the light and the composition in the painting. I was the only one to see this black leg. This alien element has been living within me and made me who I am today. A survivor. An immigrant worker. A permanent exile.
 
I haven’t changed nationalities. I still travel with my Moroccan passport, which is a work of art in itself. That passport is filled with visas from several countries where I’ve shown my work these last few years. Traveling with a Moroccan passport is an adventure. I’m never sure I’ll get through customs. In addition to the fatigue of traveling, I have to face the stressful interviews by customs agents. One of the most traumatizing experiences I’ve had was with American customs, a few years back. After three hours of questioning and getting my fingerprints and my picture taken, the agent presented me with a bible and asked me to swear that everything I had told him about me and my relatives was the truth. I told him that the reason I was in this situation in the first place was because I’m supposed to be a Muslim and therefore I didn’t see why he was giving me a bible to swear the truth.
 
Without acknowledging the remark I had just made, he asked me again to swear on the bible, looking straight at me this time. I put my hand on the bible. He asked me to raise the other hand and say: I swear. I swore. I just didn’t want him to send me off to Guantanamo under any pretense. That instant was for me a moment of extreme lucidity. No more illusions. I live in a world I am not able to understand.
 
Of course the customs agent was only doing his job, and his job required him to be afraid of me. His fear wounded me, and I carry it like a scar to this day. I wanted to help him, but I couldn’t. The more I tried to reassure him, the more suspicious I grew to him.
 
I know  that I am just a speck of dust in this machine. A black leg grafted on the body of another man. What I’m relating in this letter is nothing compared to what thousands of refugees endure, dodging death as they hope for a better world for them and their children. I’ve always believed that America could be a part of that world. That heart capable of welcoming us all and warming us. My illusions were shattered the night the result of the latest election was announced. My disappointment was huge. I realized that we may never see again this free world we dreamed of so much.
                                            
Today, I don’t have the strength nor the courage to offer myself to a terrorized customs agent faced with a poor Arab artist. I know the situation of immigrants in the USA has gotten worse since the latest immigration laws. That getting through the border is more and more difficult. This time I would be incapable of swearing on any holy book or of accepting any more humiliations. I must protect whatever little hope I have left. That hope is my survival.
 
I trust you in presenting my work to the gallery’s public. I hope one day I can find the courage to come and see you.

Mounir Fatmi, August 18th, 2017
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4 septembre 2017 1 04 /09 /septembre /2017 12:03

Dans le cadre du Latin Arab Internatiional Film Festival (https://www.facebook.com/LatinArab/?fref=mentions&pnref=story.unseen-section), l'Alliance Française de Buenos Aires a invité Sadek Rahim à développer un  nouveau travail, une exposition intitulée "Continuum", qui tente d'établir des ponts, au travers de l'universalité de l'enfance, entre les trajectoires historiques, et ses drames, de l'Algérie et de l'Argentine.

J'ai ainsi été invitée à rédiger un texte, que je publie ici:

"Continuum", Série de diptyques, Photographie et dessin à la mine de plomb, 2017

"Continuum", Série de diptyques, Photographie et dessin à la mine de plomb, 2017

Continuum

 

...Quelqu'un raclant

les murs du monde

avec ses os ?...


Silence des yeux, Juan Gelman, 1981

 

Quelque part sur l'étroite bande côtière qui sépare la « montagne des lions » de la Méditerranée, entre Oran et le village portuaire de Kristel se dressent, face à la mer, les ruines d'une ancienne colonie de vacances, haut lieu de villégiature des petits Algériens de la région dans les années 70 et 80. 
Sadek Rahim passa un ou deux étés, enfant, dans une colonie de ce genre, dans une ambiance qui tenait davantage du camp militaire que des plaisirs balnéaires. Peut-être que cette rigueur, dans l'organisation des loisirs enfantins comme dans la tenue exigée d'eux avait quelque chose à voir avec la forte influence, militaire, politique économique et culturelle du « modèle soviétique », qui prévalut dans l'Algérie post-coloniale jusqu'à la fin des années 80. Ici, sans doute, s'agissait-il de modeler, pour reprendre l'expression du philosophe français Michel Foucault, les « corps dociles »* nécessaires à toute société disciplinaire. Parmi les ruines, certains murs sont restés bien debout ; sur l'un d'entre eux, on peut distinctement lire le mot « administration ». L'architecture parle, elle organise la violence en la « territorialisant », elle matérialise les dispositifs de contrôle et de domination des corps par les règlements, les fonctions, en un mot, le pouvoir.
De temps à autre, au cours de ses pérégrinations, Sadek Rahim revient sur ces lieux le ramenant à des souvenirs d'enfance pas si heureux, regardant l'horizon depuis ces édifices aujourd'hui à l'abandon, comme s'ils avaient laché prise.
Puis il a appris que ces bâtiments avaient plus tard été occupés par l'armée nationale populaire algérienne, pendant la « décennie noire ». « J'ai trouvé fascinant », dit-il, « que ce lieu, supposé être un lieu de joie, de paix, un des rares échappatoires pour les enfants, soit lui aussi finalement lié d'une façon ou d'une autre à l'histoire tragique récente de notre pays ». 

Au travers du projet « Continuum », comprenant une série de diptyques photographie-dessin à la mine de plomb, Sadek Rahim poursuit une réflexion de près de dix ans sur les échecs de l'histoire contemporaine de son pays, et notamment les questions si sensibles de la migration et de l'exil, et en particulier de l’immigration clandestine des jeunes algériens vers l’Europe. Ainsi, Faces, Leaving paradise, Changing dreams ou encore Facing horizon étaient des projets dans lesquels photographies et vidéos, prises dans des villages côtiers, offraient le portrait de jeunes algériens potentiellement candidats à l’émigration clandestine. Souvent, la Méditerranée a été au centre de son travail. Cette fois, il l'a délibérément placée à l'arrière-plan des images. Puis, dans le dessin, les trouées bleues de la mer – l'échappatoire, l'espoir- se trouvent comme obturées par le crayon noir, manière de dire que si la mer est toujours là, elle représente pour beaucoup aujourd'hui l'immensité d'un drame dont l'origine a un rapport avec ce que fut cette colonie de vacances : une orientation politique, économique, sociale, l'exercice d'un pouvoir...
Aussi, au-delà du continuum des espaces et des temps, se dessine une continuité sous le terme d'universalité. Ce que pointe Sadek Rahim, c'est le rapport de causalité qui est à l'oeuvre dans l'histoire, de manière parfois subtile, sous-jacente, symbolique. Autrement dit, ces bâtiments, dans ce qu'ils ont été et ce qu'ils sont aujourd'hui, matérialisent cette déréliction, cette difficulté à réformer, à sortir de l'émergence, qui, pour l'artiste comme pour beaucoup d'Algériens, sont liées aux choix politiques des pouvoirs successifs depuis l'après indépendance. 

Sur la plage près de Kristel, Sadek Rahim photographie ces murs qui hantent sa mémoire ; à Buenos Aires, il en superpose l'image à un autre mur. Ainsi, sur un mur de la galerie, est posée la reproduction au format réel d'un des murs de la colonie. « Comme une seconde peau », dit l'artiste, comme une manière de lier intimement, d'entrelacer les deux histoires tragiques que ces deux pays partagent dans leur histoire contemporaine. Mur contre, tout contre mur. Ceux de ce centre de vacances abandonné font écho à l'histoire de l'Algérie, mais aussi à celle de l'Argentine, ne serait-ce que parce que la liberté de l'enfance, sa joie pure, son ignorance et son innocence, est universelle. 
Le 24 mars 1976, Sadek Rahim fêtait ses cinq ans. En Argentine, à ce moment là, les lieux dévolus à l'enfance seront bientôt transformés en espaces militaires, en centres de détention...D'une partie à l'autre du monde, les soubresauts de l'histoire, ses errements, et ses erreurs semblent parfois se reproduire comme un continuum de la tragédie, dont les enfants sont souvent les premières et plus innocentes victimes.
Ici, à Buenos-Aires, Sadek Rahim a voulu que l'exposition soit un hommage aux familles meurtries, désossées, aux enfances arrachées, aux enfants volés, aux femmes, enfin, de la place de Mai.
Partout où ont régné la violence et l'arbitraire, il faut tout reconstruire : les identités, fragmentées, éclatées, les « mondes communs »** comme disait Hannah Arendt, reconstruire, donc, les mémoires et les projets d'avenir.
Réinventer aussi. Repousser les murs, les faire tomber, rouvrir le paysage...au bleu de la Méditerranée. 


*Surveiller et punir - Naissance de la prison (1975),- Michel Foucault - 1975
**Condition de l'homme moderne - Hannah Arendt – 1958

Continuum - Un solo show de Sadek Rahim, Buenos Aires, Argentina
Continuum - Un solo show de Sadek Rahim, Buenos Aires, Argentina
Continuum - Un solo show de Sadek Rahim, Buenos Aires, Argentina

Le vernissage, c'est aujourd'hui, lundi 4 septembre!

Sous la direction de Caroline Coll, Direction du Service Culturel

INFORMACIÓN
04/09 - 18.30hs -> Inauguración de la Exposición
Microcentro, Av. Córdoba 946 (Galería de arte, 1º piso)
Entrada Libre y Gratuita
--
Exposición del 04 de septiembre al 20 de octubre
Microcentro, Av. Córdoba 946
Horario de atención: De lunes a viernes: 09hs - 20hs / Los sábados: 9hs - 13hs
Entrada Libre y Gratuita

Texte publié dans la revue Transverse

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