Overblog
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
28 juin 2018 4 28 /06 /juin /2018 17:18
Rejected - Sophie Bachelier et Djibril Diallo - Pavillon de l'Exil 03, Saint-Louis, Sénégal

Sophie BACHELIER et Djibril DIALLO – Rejected – Vidéo, 12 x 1'00'', 2017 – Avec l'aimable autorisation des artistes

Réalisé pour l'exposition-performance « The Absence of Paths », pour le Pavillon Tunisien de la 57ème Biennale de Venise, en 2017, qui abordait le statut du migrant dans le monde, Rejected est une série de douze portraits vidéo d'une minute chacun, filmés au camp de Choucha, dans le sud de la Tunisie. Ce camp, proche de la frontière lybienne, avait été ouvert en 2011 pendant la guerre en Lybie et a acueilli jusqu'à 18 000 personnes,

Ces douze portraits réalisés en 2013, presque immobiles et silencieux, nous mettent avec force et simplicité face à ces hommes, femmes, enfants, en survivance, dans l'attente, dans cette sorte d'hétérotopie, lieu hors de la réalité commune, qu'est le camp de réfugiés.

Sophie Bachelier est photographe et cinéaste, diplômée des Arts décoratifs de Paris et titulaire d’un DESS d’ethnologie. Elle s’intéresse aux destins singuliers bouleversés par l’histoire collective. Son travail sur la mémoire, l’errance, l’exil, privilégie la parole directe, ou le silence, des personnes rencontrées, plutôt que le commentaire. Son film "MBËKK Mi, le souffle de l’océan", ou l’émigration clandestine au Sénégal vue par les épouses ou mères qui restent au pays, a obtenu la mention spéciale du meilleur long métrage documentaire du Jury Anna Politovskaïa du 30e festival de films de Femmes de Créteil, en 2013. "CHOUCHA, une insondable indifférence", coréalisé avec le journaliste Djibril Diallo, a reçu le prix du meilleur documentaire du festival Vues d'Afrique à Montréal, en 2016.

Djibril Diallo est journaliste, écrivain, spécialiste de l'Afrique et du monde arabe. Militant des Droits de l'Homme, il a coordonné et présenté nombre d'émissions sur Radio Citoyenne, en Mauritanie, son pays d'origine. Il est aussi le co-auteur de la série “Génocide et délits de complicité en Mauritanie”. Il a mené des enquêtes d’investigation en langue arabe pour Nawaat, le site d’actualité le plus lu en Tunisie. Il réside et travaille aujourd'hui en France, correspondant notamment du journal émirati Al Itihad.

Photo: Sophie Bachelier, Saint-Louis, Mai 2018

Photo: Sophie Bachelier, Saint-Louis, Mai 2018

Rejected - Sophie Bachelier et Djibril Diallo - Pavillon de l'Exil 03, Saint-Louis, Sénégal
Rejected - Sophie Bachelier et Djibril Diallo - Pavillon de l'Exil 03, Saint-Louis, Sénégal

Le Pavillon de l'Exil 03- Escale à Saint-Louis, Sénégal

Du 28 avril au 3 juillet 2018

Institut Français de Saint-Louis – Galerie du Fleuve

Commissaires : Marie Deparis- Yafil et mounir fatmi

Rejected - Sophie Bachelier et Djibril Diallo - Pavillon de l'Exil 03, Saint-Louis, Sénégal
Partager cet article
Repost0
27 juin 2018 3 27 /06 /juin /2018 17:20
Flaming - Zevs - Encore "Sur les murs" du Château de Vincennes

A l'occasion de la sortie de l'ouvrage "Sur les murs, histoire(s) du graffiti", qui accompagne une saison du graffiti dans les Monuments du Centre des Monuments Nationaux, on reparle de Noir Eclair, et de l'étonnante fresque en "Graffiti propre" de Zevs dans les douves du Château de Vincennes.

Une occasion pour moi de me souvenir de cette belle aventure partagée il y a maintenant presque deux ans avec l'artiste et mon co-commissaire.

 

"Sur le glacis des douves du donjon, le motif de « flaming » qui n’est pas sans faire penser à l’esthétique « custom », apparait comme un tatouage sur la surface : il s’agit d’un graffiti « inversé », ou « graffiti propre ». C’est à la fin des années 90 que Zevs réalise ses premiers Graffitis propres, technique dont il est précurseur. Opération de révélation bien particulière, le tag propre consiste à utiliser la puissance du Karcher pour réaliser un graffiti en ôtant, et révélant, la saleté du mur qui l’accueille. Une sorte de nettoyage créatif, devenu instrument d’une relecture poétique de l’architecture. Ici, à l’échelle monumentale du glacis est du donjon, la réalisation de cette oeuvre est aussi une prouesse technique.
Dans la palette idiomatique plastique de l’artiste, le feu, et le motif de la flamme, reviennent de manière régulière, sous différentes formes. Evoquant un embrasement des douves, « Proper Graffiti » rappelle l’affiche de l’exposition, et convoque l’imaginaire guerrier qu’inspire le bâtiment."


Oeuvre réalisée grâce au mécénat de Korrigan

Extrait du catalogue Noir Eclair, publié  aux Editions Silvana Editoriale

 

A découvrir, donc,également, cet ouvrage, et des expositions attenantes dans plusieurs monuments du CMN, dont le Fort Saint André, où on retrouvera une oeuvre de mounir fatmi

 

Photo: 

Zevs, Flaming, graffiti "propre" par hydrogommage, Château de Vincennes , 2016 / Basquiat de Julian Snabel, 1996; miramax Film; Jeffrey Wright dans le rôle de Jean- Michel Basquiat. / Keith Haring, Tous ensemble nous pouvons arrêter le sida, peinture réalisée à Barcelone en 1989 , détruite puis réalisée à nouveau en 2014./ Bertolotti 1956 , graffiti sur la colonne de Juillet, place de la Bastille, Paris.
 

Flaming - Zevs - Encore "Sur les murs" du Château de Vincennes

PAGES : 192ILLUSTRATIONS : 240FORMAT : 22 X 28ISBN : 9782757705827

Et donc, deux ans après Noir Eclair, le Château de Vincennes accueillera entre juin et spetembre une exposition sur l'Histoire du Graffiti.

Merci à Robert Schwarz pour le relais de l'information.

Partager cet article
Repost0
25 juin 2018 1 25 /06 /juin /2018 12:41
Lampedusa Checkpoint - Ali Assaf / Pavillon de l'Exil 03 à  Saint-Louis, Sénégal

Ali ASSAFLampedusa checkpoint - vidéo, 11'17'', 2004 – Avec l'aimable autorisation de l'artiste

 

Lampedusa Checkpoint se déploie comme une tragédie, avec sa dramaturgie et son sens de la fatalité. La vidéo s'ouvre sur l'image devenue symbolique du Radeau de la Méduse de Géricault et semble ainsi relier d'emblée la tragédie méditerranéenne au fleuve Sénégal, que nous pouvons voir par un des hublots de la mezzanine.

Puis l'artiste apparaît, tel un naufragé, cherchant désespérément à faire sécher des linges détrempés. L'eau coule, ruisselle ; l'image en split screen démultiplie la sensation du naufrage malgré son épure sculpturale. La voix d'Asmahan, célèbre chanteuse syrienne du début du 20ème siècle, s'élève, probablement un air populaire...La vie entière de cette femme, née sur un bateau de refugiés et morte noyée dans le Nil fait écho à l'exil et à la nostalgie.

Lorsque Ali Assaf créa cette performance, en 2004, Lampedusa, île en amont de la Sicile, elle-même porte d'entrée de l'Europe pour de nombreux réfugiés, n'était pas encore le tragique checkpoint qu'elle est devenue, laissant chaque année plus de 2000 victimes au fond de ses eaux.

 

Ali Assaf est né en 1950 à Al Basrah, en Irak. Il est diplômé de l'Institut des Beaux-Arts de Bagdad (1973) et des l'Académie des Beaux-Arts de Rome (1977).

Ses œuvres se confrontent aux problèmes du monde contemporain, comme les questions de la migration, de l'identité, de l'exil et le rôle des artistes dans un contexte multiculturel, au travers de photographies, d'installations, de performances, de vidéos et de peintures.

Depuis la fin des années 60, son travail a été montré dans de nombreuses expositions collectives mais aussi personnelles, en Italie ( Centro Internazionale d’Arte Contemporanea – Rome, 54th Biennale Internazionale d’Arte di Venezia, Palazzo Stozzi – Florence...) et ailleurs : Paris (ICI Institut des Cultures d’Islam, Museum Archives Nationales...), Bruxelles, Dubaï, le Caire, Berlin...

Il vit et travaille à Rome, en Italie.

 

 

Le Pavillon de l'Exil 03- Escale à Saint-Louis, Sénégal

Du 28 avril au 3 juillet 2018

Institut Français de Saint-Louis – Galerie du Fleuve

Commissaires : Marie Deparis- Yafil et mounir fatmi

 

Lampedusa Checkpoint - Ali Assaf / Pavillon de l'Exil 03 à  Saint-Louis, Sénégal
Partager cet article
Repost0
24 juin 2018 7 24 /06 /juin /2018 20:22
L'entresol - It's all so dark - Deux pièces sonores de Younes Baba Ali - Pavillon de l'Exil 03, Saint-Louis, Sénégal

Younes BABA-ALI – L'entresol - Oeuvre sonore, 5'00'', 2011 – Produit par The Island pour le projet Studio Dispatches, ArtDubaï – Avec l'aimable autorisation de l'artiste – It's all so dark – Oeuvre sonore, 20'29'', 2011 – Produit par Kunst Radio, Autriche – Avec l'aimable autorisation de l'artiste et de Anna Raimondo

 

La première pièce sonore présentée ici, L'entresol, est une métaphore du rapport de l'artiste avec son territoire d’origine, le Maroc, et le territoire dans lequel il a grandi, la France, un passage imaginaire entre Marseille et Tanger, deux portes d'accès à deux cultures à la fois proches et lointaines. Il s'agit, dit l'artiste, de « confronter ces deux univers sonores, l’un lié à la culture populaire française et l’autre à la culture musulmane, tous les deux dans un même espace temps. L’entresol est bien un paysage sonore, je dirais même un paysage mental, né de ma situation ayant vécu et grandi entre deux cultures, deux éducations, ou la matière sonore à pu me bercer et me nourrir. Pour moi ces deux villes, ces territoires, font partie de moi même, de mes déambulations, de mes inspirations, je ne peux les distinguer. »*

La seconde œuvre sonore, It's all so dark, réalisée avec Anna Raimondo, dont on peut découvrir une œuvre aux abord d'une autre tente, est une expérience auditive particulière, à la fois immersive et intérieure, un « labyrinthe sonore, un guide pour se perdre » dans un voyage qui ne mène nulle part.

* Interview avec Paola Bommarito

 

Younes Baba-Ali est né en 1986 à Oujda au Maroc. Son oeuvre se présente souvent sous la forme de ready-made, mais cette apparente simplicité dissimule un délicat exercice d’équilibre. À la manière d’un alchimiste, l’artiste dose et combine les techniques, les objets du quotidien, les sons, la vidéo et la photographie et adresse des questions politiques, sociales et écologiques.

Diplômé de l’Ecole Supérieure des Arts Décoratifs de Strasbourg en 2008, et de l’Ecole Supérieure d’Art d’Aix-en-Provence en 2011, il a été récompensé par le prix Léopold Sédar Senghor lors de la Biennale de Dakar en 2012 et par le prix “Boghossian” à Bruxelles (Belgique) en 2014. Son travail est présenté dans de nombreuses expositions internationales et biennales, notamment Documenta 14, SAVVY Contemporary, Berlin (Allemagne), WIELS Art Center, Bruxelles (Be), Fondazione Pastificio Cerere, Rome (Italie), Palais de Tokyo, Paris (France), plusieurs lieux d'art à Londres (GB) ou encore en Espagne.

Younes Baba-Ali vit et travaille entre Bruxelles (Belgique) et Casablanca (Maroc)

Vues de l'exposition
Vues de l'exposition

Vues de l'exposition

Le Pavillon de l'Exil 03- Escale à Saint-Louis, Sénégal

Du 28 avril au 3 juillet 2018

Institut Français de Saint-Louis – Galerie du Fleuve

Commissaires : Marie Deparis- Yafil et mounir fatmi

L'entresol - It's all so dark - Deux pièces sonores de Younes Baba Ali - Pavillon de l'Exil 03, Saint-Louis, Sénégal
Partager cet article
Repost0
11 juin 2018 1 11 /06 /juin /2018 16:43
"Cactus Painting" - Ghada Amer au CCCOD, à Tours

"Cactus Painting" - Ghada Amer au CCCOD, à Tours

Au CCCOD, Centre de Création Contemporaine Olivier Debré, au coeur de Tours, Ghada Amer revient exposer après plus de 18 ans d'absence. Une présentation complète, avec, dans la grande salle, l'impressionnante installation "Cactus Painting", réactivation d'une oeuvre que l'artiste avait présenté en 2000 sur l'ancien site du centre d'art. 15 000 cactus et plantes grasses pour former un immense tableau affichant la claire intention de rivaliser avec la peinture comme "activité masculine", mais aussi, dans ce parterre de cactus protubérants et de gazénias épanouis, quelque chose qui n'est pas très éloigné du désormais célèbre jardin de Mai Tabakian, aux  formes inspirées des Lingam et Yoni asiatiques, sous leur aspect coloré  et malicieux. 

Cà  tombe bien, ceux qui passent dans la région  pourront pousser non loin de là, sur le parvis de la scène musicale du Temps Machine, à  Joué  les Tours. Ici, la Borne, concept nomade d'exposition initié par le collectif Le Pays Où  le Ciel est Toujours Bleu, Mai Tabakian présente une version de son "Garden Sweet Garden", jusqu'au 29 juin.

"Garden Sweet Garden" - Mai Tabakian  à  la Borne du POCTB, au Temps Machine, à  Joué  les Tours
"Garden Sweet Garden" - Mai Tabakian  à  la Borne du POCTB, au Temps Machine, à  Joué  les Tours

"Garden Sweet Garden" - Mai Tabakian à la Borne du POCTB, au Temps Machine, à Joué les Tours

Pendant ce temps, on peut aussi découvrir au CCCOD "Dark Continent", référence au fameux supposé "continent noir" de Freud, exposition dans laquelle broderies en compositions picturales, mais aussi sculptures poursuivent son exploration de la figure féminine, contre, tout contre, le regard masculin.

Quelques jours plus tard, Ghada Amer, accepta de devenir la "marraine" , et ma "collègueé" de jury, de la première promotion du DNA mention textile du TALM- Beaux-Arts d'Angers. Une belle journée d'échanges et de découvertes..

CCCOD, POCTB, TALM : Entre sigles et acronymes, de Tours à  Angers, avec Ghada Amer et Mai Tabakian
CCCOD, POCTB, TALM : Entre sigles et acronymes, de Tours à  Angers, avec Ghada Amer et Mai Tabakian
CCCOD, POCTB, TALM : Entre sigles et acronymes, de Tours à  Angers, avec Ghada Amer et Mai Tabakian
CCCOD, POCTB, TALM : Entre sigles et acronymes, de Tours à  Angers, avec Ghada Amer et Mai Tabakian

Quelques jours plus tard, Ghada Amer, accepta de devenir la "marraine" , et ma "collègue" de jury, de la première promotion du DNA  mention textile du TALM- Beaux-Arts d'Angers. Une belle journée d'échanges et de découvertes..

CCCOD, POCTB, TALM : Entre sigles et acronymes, de Tours à  Angers, avec Ghada Amer et Mai Tabakian
Partager cet article
Repost0
7 juin 2018 4 07 /06 /juin /2018 12:59

L'émission Metropolis, sur la deuxième chaine de la Télévision espagnole, consacre un long reportage en deux volets sur la Biennale de Dakar. Dans ce cadre, Maria Pallier a choisi, parmi les dizaines d'évènements en "off" officiel, le Pavillon de l'Exil à Saint Louis. Noous sommes donc ravis de pouvoir y présenter le concept et les artistes invités dans cette escale du Pavillon. A voir à  partir de la minute 24.

On y trouve aussi des entretiens avec les commissaires invités du "In", dont Alya Sebti, dont j'ai particulièrement apprécié  la proposition  (on y retrouve d'aillleurs des oeuvres de Younes Baba Ali et de Anna Raimondo, également présents au Pavillon)

Et dans le volet I de l'émission un entretien avec Simon Njami.

Merci à toute l'équipe de Metropolis!

A voir et à revoir en replay!

 

Partager cet article
Repost0
17 mai 2018 4 17 /05 /mai /2018 11:39

Deuxième présentation du Pavillon de l'Exil  à Saint-Louis, après celle du 28 avril. Cette fois, le casting a changé: on a "perdu" Younes Baba Ali et Sadek Rahim et "gagné" Anna Raimondo et Omar Victor Diop! C'est toujours avec un grand plaisir que nous présentons l'exposition aux journalistes et au public, cette fois avec un public particulier: des enfants venus visiter l'exposition et aux réactions passionnantes!

Partager cet article
Repost0
18 avril 2018 3 18 /04 /avril /2018 17:12

Pavillon de l'Exil 03

Escale à Saint-Louis

Galerie du Fleuve- Institut français de Saint-Louis

28 avril – 3 juillet 2018

commissaires : Marie Deparis-Yafil et mounir fatmi

 

Mona Hatoum - Roadworks, 1985 - Live action with Doctor Martens boots- Performed for ‘Roadworks’, Brixton Art Gallery, London- 50 to 60 minutes - © Mona Hatoum. Courtesy the artist (Photo: Patrick Gilbert)

Mona Hatoum - Roadworks, 1985 - Live action with Doctor Martens boots- Performed for ‘Roadworks’, Brixton Art Gallery, London- 50 to 60 minutes - © Mona Hatoum. Courtesy the artist (Photo: Patrick Gilbert)

Dans le cadre de la Biennale de Dakar - Dak'Art 2018 - Le Pavillon de l'Exil 03 - Escale à Saint-Louis du Sénégal

Après des escales à Paris et Marseille et avoir été présenté à l'Institut français de Tanger et à la Biennale de Venise, le Pavillon de l'Exil s'installe à Saint-Louis, du 28 avril au 3 juillet 2018. Avec près de 30 artistes internationaux, cette étape du Pavillon déploie une quarantaine d'oeuvres de tous médias autour des questions de l'exil, du déplacement, de la situation des exilés, de l'histoire de l'exil et des diasporas.

 

Le Pavillon de l'Exil est un concept d'exposition imaginé par l'artiste marocain mounir fatmi, co-commissaire, avec Marie Deparis-Yafil, de cette édition à Saint-Louis.

A propos du Pavillon de l'Exil, mounir fatmi écrit : « De cette nécessité, de cette urgence permanente de penser l’exil, est né le projet du Pavillon de l’Exil, comme un projet itinérant, proposant une cartographie parallèle, une géographie libre d’expositions temporaires, sous la forme d’escales dans différents pays.(...)Le projet pose la question de l’exil comme un nouvel espace à réinventer, à repenser et finalement à investir. »

Ainsi, en une sorte de mise en abîme, les œuvres choisies pour le Pavillon de l'Exil, un peu à la manière de la « valise » de Marcel Duchamp, se transportent, ou se recréent aisément, se déployant dans l'espace pour l'investir physiquement.

 

Le fleuve Sénégal, au bord duquel se tient la galerie de l'Institut français, symbole de l'exil, du départ et du lointain, s'est d'enblée imposé comme une source importante d'inspiration pour conduire cette nouvelle étape du Pavillon. Par son histoire, intimement lié à la traite humaine durant plus de deux siècles, la question de la diaspora africaine se réactive, et se superpose aux exils d'aujourd'hui, nourissant ainsi le parallèle que fait Achille Mbembé entre l'Atlantique du 15ème siècle, au fond duquel gisent les restes de milliers d'hommes et de femmes, et la Méditerranée du 21ème siècle.Mais lefleuve évoque aussi, à l'image de cette embarcation créée par le plasticien ivoirien Jems Robert Koko Bi, installée non loin de la galerie au bord de l'eau, et des visages sculptés de ses passagers tournés vers l'horizon, l'ouverture aux possibles, une forme de l'espoir, une liberté, un droit – celui de vivre ailleurs- et parfois une chance, comme l'écrit l'auteur martiniquais Patrick Chamoiseau. Une chance, peut-être davantage encore pour ceux qui accueillent que pour les candidats au départ. « On peut voir », écrit ce théoricien de la créolité, « les flux migratoires comme un réveil du sang de la terre » dessinant les paysages réels de notre destin commun. Parler de l'exil, ce n'est pas, comme le souligne le philosophe français Michel Foucault, « gratter la terre pour retrouver quelque chose comme des ossements du passé, un monument aux morts, des ruines inertes auxquelles il faudrait péniblement et par les moyens du bord redonner vie et date », mais à la fois « retrouver la voix disparue derrière le silence » et esquisser les fondements de la mondialité. La possibilité de l'exil, et plus généralement du déplacement, suggère « que la terre n'appartient à personne. Elle exprime que la terre est en partage pour tous, et que l'on devrait s'y déplacer librement, sans contraintes. », écrit encore Chamoiseau.

Si cette idée nourrit le besoin du monde contemporain d' « identités ouvertes », d'un monde « ensemble-monde », elle ressurgit de l'histoire entière de l'humanité. Les cultures, les civilisations, les langues ont toujours été des surgissements causés par des contacts, des chocs et des rencontres. Par l'enraciment et par l'exil, nous sommes tous concernés. Nous l'avons toujours été. De même qu'il y a des frontières et des territoires , l'apatride, l'exilé, sont des figures permanentes de l'histoire des hommes et des peuples, autant que l'espérance – le mythe- du retour.

Alors la question de l’exil est-elle vraiment contemporaine ? Ou simplement nous apparait-elle aujourd’hui plus tragique et plus rude? Elle est, quoiqu'il en soit, une réalité vive du monde que nous habitons. Le « monde commun » dont parlait Hannah Arendt, celui que nous avons perpétuellement à construire, et à l'édification duquel l'oeuvre d'art participe, est peut être de toujours un monde dans lequel l'exil est la condition ordinaire, et aujourd'hui, un monde globalisé qui peut se définir non plus par le fait que certains errent là où d'autres sont enracinés mais où personne n'est « chez lui » de toute éternité.

Les artistes de ce Pavillon de l'Exil, chacun à leur manière, abordent ces questions, oscillant de l'histoire individuelle à l'histoire collective, du drame à l'espoir, de l'arrachement à la réappropriation, de la nostalgie à la réinvention de soi.

 

Marie Deparis-Yafil

Co-commissaire de l'exposition

 

 

Pour cette troisième escale du Pavillon de l'Exil, les commissaires ont invité près de 30 artistes d'Europe, d'Afrique, d'Amérique, d'Asie et d'ailleurs. Si certains d'entre eux ont déjà montré leur travail au Sénégal, notamment à l'occasion d'une Biennale de Dakar, d'autres y présentent leur travail pour la première fois. Le Pavillon de l'Exil se dévoile ainsi comme un lieu de croisements, d'échanges et de découvertes.

 

Avec

 

Ali Assaf – Irak / Younes Baba-Ali – Maroc / Sophie Bachelier – France et Djibril Diallo – Mauritanie Philippe Cazal – France / Gohar Dashti – Iran / Omar Victor Diop – Sénégal / Mohamed El Baz – Maroc / Dimitri Fagbohoun – France/ Bénin / mounir fatmi – Maroc / Kendel Geers- Afrique du Sud / Marco Godinho- Portugal / Mona Hatoum – Liban / El Hadji Keita – Sénégal / Farah Khelil – Tunisie / Esmeralda Kosmatopoulos – Grèce / Jamila Lamrani – Maroc / Ndari Lo – Sénégal / Anna Raimondo – Italie / Sadek Rahim – Algérie / Groupe Untel – France / Yara Saïd – Syrie / Curtis Santiago – Trinidad / Canada / Hank Willis Thomas, Chris JohnsonBayeté Ross et Kamal Sinclair  – USA / Brankica Zilovic- Serbie

 

Pavillon de l'Exil 03

Commissaires de l'exposition : Marie Deparis-Yafil, mounir fatmi, assistés de Nabil Chraa

 

REMERCIEMENTS

 

Marie Deparis-Yafil et le Studio Fatmi remercient :

 

Les artistes

 

Analix Forever, Genève (Suisse)

Galeria ADN, Barcelone (Espagne)

Galerie Kallenbach, Amsterdam (Pays- Bas)

Galerie Laure Roynette, Paris (France)

Goodman Gallery, Johannesburg ( Afrique du Sud)

Officine dell'Immagine, Milan (Italie)

Magnin-A, Paris (France)

White Cube, Londres (Grande-Bretagne)

 

Helen Banach

Silvia Cirelli

Sophie Greig

Albane Ménoret

Sylvain Sankalé

Will Sylvester

Janey Xuereb

 

et tous les assistants des studios des artistes invités

 

Institut français de Dakar

 

Bricodecor

Calaoprint , Anne Foulquier

Grain d'images

Lamine Thiam

Moctar Diop

 

Et toutes les équipes de l'Institut français de Saint-Louis

 

 

www.exilepavilion.com

 

Partager cet article
Repost0
16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 14:39
Ce qui coule n'a pas de fin - Massinissa Selmani , prix SAM Art Projects, au Palais de Tokyo

Je me souviens l'année dernière d'une belle soirée au Palais de Tokyo, durant laquelle Massinissa Selmani avait reçu le prix SAM Art Projects, lui permettant de réaliser une expo solo au même Palais de Tokyo. 

Voici chose faite, avec "Ce qui coule n'a pas de fin", le solo show de Massinissa a ouvert hier et il ne faut pas hésiter à aller voir son projet autour de la figure de Louise Michel, jusqu'au 13 mai 2018, sous le commissariat de Yoann Gourmel.

Extrait du communiqué de presse:

 

« J’ai découvert l’existence des conférences de Louise Michel par hasard dans la presse. J’ai décidé d’entreprendre un travail de recherche allant de l’origine de sa rencontre avec les Algériens en Nouvelle-Calédonie jusqu’à son périple en Algérie, et de retrouver les lieux des conférences ainsi que leur contenu. L’enjeu est de me plonger dans une partie de l’histoire commune entre l’Algérie, la Nouvelle-Calédonie et la France en résonance avec l’actualité récente. » Massinissa Selmani

 

Pour son exposition au Palais de Tokyo, Massinissa Selmani s’est rendu sur les traces de Louise Michel en Algérie et en Nouvelle-Calédonie, où cette figure légendaire de l’anarchisme fut déportée de 1873 à 1880, après la défaite de la Commune de Paris. Elle y côtoya non seulement les Canaques, dont elle soutint la révolte, mais également des Algériens qui y avaient été envoyés au bagne après les insurrections de mars 1871 en Kabylie. De cette rencontre, Louise Michel noua des amitiés avec les Algériens déportés et leur promit de leur rendre visite. Entre octobre et décembre 1904, quelques mois seulement avant sa mort, elle entreprit ce voyage en Algérie où elle donna de nombreuses conférences dénonçant les religions, le militarisme et la violence coloniale. S’inspirant de cet épisode historique méconnu, Massinissa Selmani réalise une installation, où, si le dessin est omniprésent, il déborde de la page pour investir l’espace sous des formes variées. L’artiste y étend par ailleurs ses questionnements au contexte actuel, à la diffusion de la révolte et au positionnement « devant la douleur des autres », selon l’expression de Susan Sontag.

 

 
L’exposition de Massinissa Selmani poursuit un travail d’expérimentation autour du dessin, mêlant une approche documentaire à des constructions fictionnelles, prenant pour points de départ les actualités politiques et sociales issues de coupures de presse. Par la confrontation, la juxtaposition voire la superposition d’éléments réels dont le contexte est systématiquement occulté, Massinissa Selmani crée des scènes énigmatiques et ambiguës témoignant de l’absurdité des comportements humains ou de l’architecture comme instrument de pouvoir.
Partager cet article
Repost0
16 février 2018 5 16 /02 /février /2018 10:43
"Interstices", Xavier Brisoux, pirx Miniartextil- Montrouge 2018

"Interstices", Xavier Brisoux, pirx Miniartextil- Montrouge 2018

Cela fait plusieurs années que je collabore, d'une manière ou d 'une autre, à "Miniartextil", concept d'exposition né à Côme, en Italie, il y a plusieurs décennies et qui est accueillie à Montrouge depuis maintenant 14 ans!

Cette année, j'aurai en outre, comme l'année dernière, participé comme membre du jury au Prix Montrouge, qui a choisi l'oeuvre "Interstices" du français Xavier Brisoux, une oeuvre en résine et coton qui rejoindra les collections municipales de Montrouge.

Une exposition, cette année intitulée "Borderline",  à découvrir jusqu'au 25 février!

On pourra également y voir la belle installation de Brankica Zilovic "Embrace again"...

"Embrace again" - Brankica Zilovic

"Embrace again" - Brankica Zilovic

Partager cet article
Repost0

Recherche

Liens