La question de la censure dans l'art contemporain, implicite ou explicite, reste une question récurrente - et de plus en plus souvent à l'ordre du jour- comme les récents évènements autour de l'oeuvre de Mac Carthy Place Vendôme le montrent.
Il est des artistes qui régulièrement se trouvent en bute à cette situation, mounir fatmi en fait partie. Sans doute la dimension clairement engagée de son oeuvre, sa manière de mettre en avant de manière délibérée et esthétique des pans obscurs et non résolus de l'Histoire y est pour beaucoup.
Ainsi aura-t-il eu le plus grand mal à faire entendre sa voix - et sa voie- lors de l'ouverture du Musée Mohammed VI, pour laquelle il avait prévu une installation conprenant une vidéo autour de Ben Barka et qui, pour des raisons ne devant très certainement rien au hasard, à la négligence, ou à la pénurie de matériel, ne put être vue par les premiers visiteurs du musée, dont bien entendu ceux du vernissage qu'on imagine en grandes pompes.
La censure, si elle est avérée, est subtile; le musée n'a pas refusé l'oeuvre proposée par mounir fatmi, mais...elle ne marchait pas. Oeuvre passée sous silence, l'artiste face au silence des organisateurs...qui aura eu ainsi l'assurance, s'il n'en était déjà convaincu, que le silence, lui aussi, peut être une arme.
Parallèlement d'une campagne d'information menée par l'artiste via sa page Facebook
https://www.facebook.com/mounir.fatmi.7?fref=ts , de nombreux médias ont relayé l'affaire, qui aura fini par se
résoudre:
http://www.alaraby.co.uk/culture/a6a002b1-bd11-4633-9e0e-bc9bd3935e75
http://telquel.ma/2014/10/22/censure-au-musee-mohammed-vi-dart-moderne-contemporain_1420332