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11 mai 2020 1 11 /05 /mai /2020 16:13
Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

Dernière salle, et étape, de l'exposition, que j'ai baptisé ici "Emporter le paysage", à l'instar de l'installation de Catherine Burki, présentée bientôt.

Ici, l'installation de Pauline Bastard ma semblé très intéressante, avec cette sorte de bricolage en trompe l'oeil ou en attrape touriste, qui met en scène le mythe des images de retour de vacances, ou ce que l'on emporte avec soi du paysage...accéléré par l'instantanéité des photos et des réseaux sociaux.

Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

Pauline BASTARD

Sunset – Installation vidéo- dimensions variables- 2009 – Courtesy l'artiste

 

Quoi de plus magique, quelle photo plus « instagramable » et plus désirable peut-on espérer ramener de ses voyages qu'un beau coucher de soleil, sur une plage de rêve, au sommet d'une montagne mythique ou d'un incontournable monument ? En apercevant de loin l'installation de Pauline Bastard, on pense à ce moment opportun où on aura eu la chance de s'approprier, puis de partager non seulement la beauté du moment mais aussi...la preuve qu'on y était!

Mais «Sunset» est un piège. Un piège à touriste. A y regarder de plus près, le coucher de soleil tant convoité n'est qu'un effet spécial, un «trucage de pacotille»: un bout de celluloid, un sac plastique et un ventilateur génèrent l'illusion, du moins le croit on... Par cette installation presque minimaliste, Pauline Bastard interroge notre rapport à l’image comme outil de communication en la détournant de son sens tout comme elle détourne les objets de leur fonction première. De façon décalée et poétique, mais aussi avec humour et une pointe d'ironie, Pauline Bastard interroge ainsi nos représentations, la question du pittoresque, mais aussi notre imagination, nos attentes, nos désirs. Le piège du coucher de soleil, c'est la désirabilité d'une image, comme gage d'un voyage réussi, dans lequel nous tombons tous. Car tous nous voulons emporter avec nous ce moment, pourtant si banal (le soleil se « couche » tous les jours!), où le regard rivé sur l'horizon, enfin contemplatif, on se réjouit de l'existence, et de la beauté du monde.

 

 

TOURISTE! Visite guidée 23 - Emporter le paysage...avec Pauline Bastard

Le travail protéiforme de Pauline Bastard mêle fiction et réalité et s’articule autour du quotidien pour créer un univers poétique, parfois empreint d’une certaine dérision. Elle crée des systèmes en utilisant des matériaux pauvres extraits du quotidien. Par son usage des images (papier, numérique, vidéo…) ou d'objets et outils ordinaires, Pauline Bastard interroge notre rapport à l’image comme outil de communication en la détournant de son sens tout comme elle détourne les objets de leur fonction première, faisant émerger un second degré qui lui est propre. Travaillant souvent en collaboration avec des scénaristes, anthropologues ou psychanalystes, l’artiste invente des situations et des univers qui mêlent réalité et fiction, comme dans le projet « Alex » (2014) ou encore « Timeshare » (2018), jouant avec l’imagination et les attentes des «regardeurs» qui deviennent de véritables champs d’exploration.

Née en 1982, Pauline Bastard vit et travaille à Paris.

The travelers – Vidéo, 14 mn – 2011 – Courtesy l'artiste

The travelers – Vidéo, 14 mn – 2011 – Courtesy l'artiste

The travelers – Vidéo, 14 mn – 2011 – Courtesy l'artiste

Dans la première salle de l'exposition, comme une prologue et une manière de boucler la boucle, se trouvait également cette vidéo de Pauline Bastard, présenatnt une série de cartes postales en loop.

Avec « The travelers », Pauline Bastard s'adonne à une autre expérience, également simple mais tout aussi parlante. Aux paysages de carte postale, au sens propre, défilant sur l'écran, sont ajoutés en sous-titres les textes rédigés par les expéditeurs. D'autant plus savoureux qu'ils se trouvent confrontés aux images idylliques, comme un sous-texte prosaïque plus ou moins édifiant et explicite, ils dévoilent l'irréductible hiatus entre rêve et réalité, entre illusion et banalité.

 

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