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15 janvier 2015 4 15 /01 /janvier /2015 10:37

 

François Fries vient d'entrer à la Galerie Laure Roynette et son travail y fait déjà l'objet d'une exposition personnelle. Dès le 5 février, on pourra donc découvrir "Que vois-tu du Mont Fuji?", une proposition entre fiction et abstraction, de la peinture avant toute chose...

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Paysages glissants, acrylique sur toile, 146 x 114 cm - 2014​

A cette occasion, on pourra lire un extrait du texte qui sera publié prochainement dans le cadre d'un catalogue monographique, et qui sera accompagné d'un entretien avec l'artiste, faisant ici office de communiqué de presse:

 

La Galerie Laure Roynette présente à partir du 5 février 2015 les oeuvres récentes de François Fries dans sa première exposition personnelle à la galerie «Que vois-tu du Mont Fuji ?»

«Ce que je fais m’apprend ce que je cherche». Cette phrase de Pierre Soulages, que François Fries cita un jour lors d’un entretien pourrait résumer -s’il le fallait- toutes les heures passées depuis bientôt dix ans par l’artiste dans ses ateliers successifs. Car en peignant, François Fries, inlassablement, cherche. Pourquoi y a t-il quelque chose et pas plutôt rien ?

Mais toute métaphysique et méditative qu’elle puisse être, la question s’enracine chez François Fries dans toute son emprise réelle, dans l’affrontement que le peintre connaît bien, avec la toile, la matière, physique. Car c’est dans le faire («ce que je fais...») que sa recherche nait, s’épanouit, s’exécute sans jamais s’achever ni se dissoudre.François Fries cherche, sait-il seulement quoi?

Une quête personnelle, donc, une sorte de mantra, qui finit par se passer du discursif. On le sait, François Fries aime la fiction: celle que produit le cinéma -son autre territoire-, auquel il se réfère souvent pour parler de «manières de faire» mais aussi pour installer l’atmosphère d’une série qu’il commence. Les titres de ses oeuvres, souvent, étonnent, par leur dimension fictionnelle au regard de ce que montre la toile. Mais raconter ou se raconter une histoire, l’histoire d’un train traversant à toute vitesse un paysage dont, passager, on ne retiendrait qu’une fugitive image, ou l’errance d’un touriste dans un musée, les yeux glissant de toile en toile, sans vraiment en regarder aucune, conservant dans sa mémoire quelques bribes, souvenirs fugitifs de formes et de couleurs, ou encore imaginer la manière dont «tout s’écoule, même les montagnes»... Tout cela n’est peut-être qu’artefact d’un phénomène rendant les mots provisoirement obsolètes. Je fais, je peins, et en peignant, les mots se dissolvent.

On pense à ce mot de Harold Rosenberg, à propos de l’ « action painting », qui pourrait, d’une certaine manière, s’appliquer au travail de François Fries, pour qui, sans aucun doute, la toile restera toujours cette « arène dans laquelle agir » dont parlait le critique américain, cet espace auquel toujours se confronter, et dont le résultat, la peinture, ne sera jamais un « produit fini » mais une pratique complexe, nécessaire et toujours « in progress »...

 

François FRIES

«Que vois-tu du Mont Fuji ?»

Du 5 février - 31 mars 2015

Galerie LAURE ROYNETTE

20, rue de Thorigny

75003 Paris

contact@laureroynette.com

Tel : +33 (0)6 08 63 54 41

www.laureroynette.com

Published by Marie Deparis-Yafil - dans Artistes - Galeries
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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:38

Une belle actualité pour Mai Tabakian qui vient à peine de clore sa première exposition personnelle à la MH GAllery à Bruxelles et poursuit avec la présentation de l'intégralité de la série des "Flower Power" dans le cadre de l'exposition "Say it with Flowers" au Musée Bellerive de Zürich!


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"Say it with Flowers"

Du 21 novembre 2014 au 29 mars 2015  au Museum Bellerive - Höschgasse 3, CH-8008 Zürich / Phone: +41 43 446 44 69

Published by Marie Deparis-Yafil - dans Actu des uns et des autres
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21 novembre 2014 5 21 /11 /novembre /2014 15:20

Dans le cadre de l'exposition "Mutation obligatoire", l'artiste Christophe Lambert présente sa nouvelle oeuvre-concept, "Superphénix", réflexion sur le myhthe de la renaissance, à l'occasion de laquelle j'ai rédigé un texte...

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Qu'est-ce que « Superphénix »? Un « concept global », un opéra tragi-comique, un ouvrage de développement personnel à l'usage des candidats -nombreux, plus nombreux chaque jour- à la renaissance, une accroche mi-artistique, mi-marketing pour les fidèles de la résurrection... ? Un précis de survie en attendant, pour dire que malgré tout, « après les emmerdes, les radiations, la mort, le cancer, l’AVC, la trahison sentimentale, il faut fiévreusement traverser les flammes et renaître de nos cendres »parce qu'il y va, pour soi comme pour les autres, de la suite déjà incertaine de notre humanité, en vertu de ce « vouloir-vivre » qui nous tenaille quoi qu'on fasse, déborde de toute chose, en raison de cette tension à l’œuvre dans l’univers tout entier, principe unique, aveugle, anonyme, universel, de cette volonté d'être, qui ne découle pas du monde mais dont le monde est issu, « l’initiale et l’inconditionnée », « la prémisse de toutes les prémisses. » *

Un manifeste pragmatique et esthétique, parce que, comme dirait Schopenhauer, « si le monde est mauvais à être, il peut être beau à voir. »

 

Pour Christophe Lambert, « Superphénix » est le troisième épisode de la série « Au troisième jour », un épisode « prétentieusement abscons » de son propre aveu, dans lequel, transfiguré en « Captain White », meilleur ami d'un Michael Jackson réincarné et à nouveau plus que vivant, il s'évertue à rassurer ses contemporains sur l'existence réelle du futur et du bonheur domestique. Ainsi, par glissement, il en appelle aux techniques contemporaines, peintures numériques et sculpture à l'imprimante 3D, auxquelles s'ajoutent une série de vidéos et un ouvrage, colonne vertébrale de son projet.

Dans ce fatras visuel et sonore, au sens médiéval du terme, les mots et les images se superposent, s'entrechoquent, s'explosent mutuellement façon « Street Fighter », entre satire et parodie, avec une haute dose de lucidité, de dérision, et d'autodérision.

 

 

Revivre malgré les flammes et le temps qui passe, le nucléaire et les amours trahies ? Même les héros de notre enfance sont mortels, même le Phénix finit en cendres sans s'en remettre, à l'instar de Christopher Reeves pour qui l'artiste nourrit une tendresse particulier et dont le destin, au-delà de l'ironie du sort, rendu paraplégique celui qui incarna le parangon du superhéros, le Übermenschnietzschéen selon la légende : Superman.

Au delà de la feinte surprise et de l'amer mais convenu constat d'un monde en déliquescence – ce que Christophe Lambert n'ignore pas, lui qui place sa réfléxion dans un mouvement traversant toute l'histoire de l'humanité depuis ses antiques mythes- revivre, renaitre, se rédimer, resurgir, rebondir est un défi dont on a tous l'illusion de la nécessité, et l'artiste le premier.

Christophe Lambert semble vouloir tout bruler sur son passage, nos espoirs et nos désirs de certitude, avec un entrain de kamikaze, si ce n'était l'acte créatif lui même qui le trahit : vouloir vivre encore, et produire, créer, jeter hors de soi des images et des mots, fussent-ils rageurs et même plus désespérés, c'est encore être vivant. Alors ses vidéos un peu foutraques, ses peintures fabriquées à coup de pinceau Artpad, son ouvrage qui tient autant du recueil d'artiste que d'un digest qui compilerait de manière très personnelle Histoire de l'Antiquité et recettes de self-coaching, se livrent en réalité à nos yeux comme autant de gestes de résilience, de tentatives d'un artiste – d'un homme- pour « persévérer dans son être »**.

 

Mais, depuis l'usage de la parodie jusqu'à l'ironie infuse dans tout son travail, c'est aussi peut-être pour l'artiste une stratégie de subversion, un moyen d'éveiller – de réveiller- les consciences, une tentative pour marquer « la fin de l'inconscience », une forme de sagesse pour parer à l'inévitable désillusion. Car l'ironie, nous le savons, est surtout lucidité : c'est savoir ce qui est et savoir que ça finira. " Nous savons bien comment tout cela finira, et le jour même où le sentiment se déclare, nous prenons nos dispositions pour n'être pas surpris par son déclin "***. Le travail de Christophe Lambert n'est pas un travail désenchanté pour la bonne raison que l'ironie, toujours selon les mots de Jankélévitch, « se refuse à l'enchantement, devançant ainsi toujours le désespoir »***. « Pour ne pas mourir de sincérité » ***, l'ironie est un jeu, un jeu nécessaire comme le sont la plupart de nos illusions, que l'ironie démasque mais ne détruit pas. Car Christophe Lambert comme tous les « ironistes » est un grand romantique, et, derrière le spleen nourri de la « triste opulence » et de la « vide plénitude » qui marquent la vie contemporaine, probablement amoureux des plus grands idéaux. Jankélévitch encore : « L'ironie (…) nous exerce à ne respecter que l'essentiel ; elle simplifie, dénude, et distille ; épreuve purifiante en vue d'un absolu jamais atteint, l'ironie fait semblant afin de ruiner les faux-semblants ; elle est une force exigeante et qui nous oblige à expérimenter tout à tour toutes les formes de l'irrespect, à proférer toutes les insolences, à parcourir le circuit complet des blasphèmes, à concentrer toujours d'avantage l'essentialité de l'essence et la spiritualité de l'esprit. L'ironie, en somme, sauve ce qui peut être sauvé. "***

 N'est-ce pas cela, exactement, qu'incarne ce « Superphénix » ?

  *Arthur Schopenhauer- Le Monde comme Volonté et comme Représentation-, 1819 - chap. XXVIII ** Baruch Spinoza – Ethique, 1677 - Ethique III, Propo VI ***Vladimir Jankélévitch – L'ironie, 1964  

 

"Mutation Obligatoire" - Avec Rodolphe Baudoin, Corine Borgnet, Jean-Luc Caradec, Christophe Lambert sur un commissariat de Anne-Claire Plantey

DU 13 au 29 novembre 2014 -

Espace Galeria Area - 50 RUE D’HAUTEVILLE 75010 PARIS 
2EME ETAGE AU FOND DE LA COUR
TEL : (+33) 1 45 23 31 52 
DU MERCREDI AU SAMEDI, DE 15H A 19H ET SUR RENDEZ-VOUS

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25 octobre 2014 6 25 /10 /octobre /2014 12:30

La question de la censure dans l'art contemporain, implicite ou explicite, reste une question récurrente - et de plus en plus souvent à l'ordre du jour- comme les récents évènements autour de l'oeuvre de Mac Carthy Place Vendôme le montrent. 

Il est des artistes qui régulièrement se trouvent en bute à cette situation, mounir fatmi en fait partie. Sans doute la dimension clairement engagée de son oeuvre, sa manière de mettre en avant de manière délibérée et esthétique des pans obscurs et non résolus de l'Histoire y est pour beaucoup. 

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Ainsi aura-t-il eu le plus grand mal à faire entendre sa voix - et sa voie- lors de l'ouverture du Musée Mohammed VI, pour laquelle il avait prévu une installation conprenant une vidéo autour de Ben Barka et  qui, pour des raisons ne devant très certainement rien au hasard, à la négligence, ou à la pénurie de matériel, ne put être vue par les premiers visiteurs du musée, dont bien entendu ceux du vernissage qu'on imagine en grandes pompes.

La censure, si elle est avérée, est subtile; le musée n'a pas refusé l'oeuvre proposée par mounir fatmi, mais...elle ne marchait pas. Oeuvre passée sous silence, l'artiste face au silence des organisateurs...qui aura eu ainsi l'assurance, s'il n'en était déjà convaincu, que le silence, lui aussi, peut être une arme.

Parallèlement d'une campagne d'information menée par l'artiste via sa page Facebook

https://www.facebook.com/mounir.fatmi.7?fref=ts , de nombreux médias ont relayé l'affaire, qui aura fini par se

résoudre:  

  http://www.libe.ma/%E2%80%8BUn-probleme-technique-ou-une-censure-deliberee-au-Musee-d-art-moderne-et-contemporain_a55292.html

http://www.alaraby.co.uk/culture/a6a002b1-bd11-4633-9e0e-bc9bd3935e75

http://telquel.ma/2014/10/22/censure-au-musee-mohammed-vi-dart-moderne-contemporain_1420332

 

 

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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 15:40

A partir du 18 octobre, on pourra découvrir, dans le nouvel espace de la galerie de Mathilde Hatzenberger, à Bruxelles, "Cyclo", l'exposition personnelle de Mai Tabakian.


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Cette exposition sera l'occasion pour Mai et la galerie de présenter le catalogue monographique de l'artiste, édité par la MH Gallery, dans lequel on trouvera une version raccourcie du texte présenté ici.

 

« La vie des formes »

Depuis plusieurs années, Mai Tabakian développe une œuvre textile particulièrement novatrice, dans une technique – gardée secrète ! -  dont elle est l’initiatrice. Les formes géométriques -héritant parfois de la rigueur des mathématiques-, les compositions colorées, franches ou acidulées, le souci des volumes et des surfaces semblent résulter d’un brassage de références historiques, de l’abstraction géométrique à l’op art, de l’orphisme à l’art concret (parce que « rien n’est plus concret, plus réel, qu’une ligne, qu'une couleur, qu’une surface », comme dirait Theo van Doesburg), de Stilj, donc, à l’abstraction américaine – Sol Lewitt, Frank Stella, Ellsworth Kelly-. Plus près de nous, on pensera aussi, peut-être, aux jeux de couleurs et de formes du new pop superflat aux rondeurs colorées de Kusama…Mais tout dans l’œuvre de Mai Tabakian laisse supposer un pas de côté, une fuite libre hors de ces sentiers déjà battus.

Car dans cette œuvre à la dimension a priori délibérément décorative, et plastiquement hautement désirables, au-delà de ce rendu matelassé, reconnaissable comme une signature, de ces formes à la fois lisses, brillantes, rebondies, de la richesse des motifs, la dimension sculpturale -voire architecturale- offre une alternative inédite, à la fois à ces entendus de l’histoire de l’art moderne et contemporain, mais aussi aux actuelles productions d’œuvres textiles. L’artiste construit des objets finalement complexes, résistants aux catégories, ni tableau ni sculpture au sens traditionnel du terme, ni couture ni broderie, ni tapisserie. Son travail, flirtant constamment avec l’hybride et la mutation,  s’apparente presque à une sorte de « marqueterie textile », le tissu étant embossé sur des pièces de polystyrène extrudé. Ici émergent, assurément, des formes et des expressions nouvelles.

Après un premier temps d’expérimentation de tableaux-sculptures, privilégiant le plan et la surface, les plus récents travaux de Mai Tabakian prennent leur liberté dans l’espace, quittant la notion de « tableau », oscillant désormais le plus souvent du haut-relief, formes saillantes sculptées se détachant du fond au mur (« Trophées », 2013), à l’installation (« Garden, sweet garden », 2012-2013).

De manière générale, Mai Tabakian tire la richesse formelle de son travail de son intérêt pour les formes mathématiques et la géométrie, mais aussi pour le biologique et l’organique, pour l’architecture, ou encore pour l’esthétique numérique (les « Haikus codes », 2011, reprenant l’esthétique des QR codes). Les croisements de ces territoires, ces interactions, relevant toutes de principes d’organisation, de manière d’ordonner le monde, participent activement à cette dimension hybride de l’œuvre,  faisant appel à d’autres domaines de la pensée et de la création. Les liens ainsi tissés, inhérents à la production de l’œuvre, renvoient d’une certaine façon à une conception goethienne[1] d’un art évoluant de manière organique, dans la transformation et la métamorphose, et, peut-être, d’une origine commune de l’art et de la nature.

Dès lors nous pressentons qu’au travers de l’abstraction, s’esquisse une « vie des formes », des récits, des mythes. Et lorsque le géométrique s’allie à une forme sculpturale figurative (objets, fleurs, champignons..) une histoire, plus profonde qu’il n’y parait, peut naitre.

 

La plupart des œuvres de Mai Tabakian ouvre à une réjouissante pluralité des interprétations, l’artiste entretenant à plaisir les ambigüités, tant dans ce qu’il nous est donné à voir qu’à comprendre, lorsque nous en découvrons les titres.  Que dire, par exemple, de ce qui compose son mystérieux « sweet garden » : s’agit-il de fleurs dévorantes, de champignons vénéneux ? De visions hallucinatoires ou de plantes psychotropes susceptibles de les provoquer ? De confiseries géantes dignes de l’imagination de Willy Wonka, le héros du conte de Roald Dalh ? Ou bien…de métaphores sexuelles pour rêves de jeunes filles, comme un délice freudien? La multiplicité des interprétations possibles, si ce n’est leur duplicité, se rapportant donc à l’intention, à la disposition d’esprit de celui qui regarde, suggère par là même l’idée freudienne d’une « rencontre inconsciente » entre l’artiste et le regardeur, dont l’œuvre fait médiation, rencontre qui, comme dans la rencontre amoureuse, opèrerait en amont de la conscience…Autrement dit, jouant des écarts entre l’explicite et l’implicite, dans ses entre-deux, ses allers retours, ses retournements, ses doutes, ses ellipses, Mai Tabakian s’amuse autant du non-dit que du déclaratif, de la représentation symbolique comme de la métaphore. Ainsi de sa « Cinderella » (2013) dont l’emboitement des deux parties (« en plein dans le mille ») doit davantage à l’analyse psychanalytique de Bruno Bettelheim[2] et du sens métaphorique de l’expression « trouver chaussure à son pied » qu’au sport de cible à proprement parler ! Ainsi, de la turgescence de la pointe du casque de soldat de « retour à la vie civile » (2014), de cet haltère mesurant le « Poids de l’adultère » (2013), duel et léger. Ainsi, enfin, de ces « Wubbies » (2012-2013), doudous tendres et colorés, qui, sous des allures faussement ingénues, voire enfantines, manifestent une sensualité évidente.

Un parfum d’érotisme affleure donc dans toute l’œuvre récente de Mai Tabakian, une sensualité, contenue dans ses formes, célébrant l’union du masculin et du féminin. Mais au-delà de la simple évocation de l’amour en son sens le plus prosaïque, c’est, dans une inspiration constante vers les sciences de l’organique, les sciences physiques au sens propre (du grec φύσις, phusis : la nature), que l’artiste s’interroge sur ce qui préside aux rapprochements humains, à l’amour, à la quête de l’amour, à la fusion, à l’interaction entre les personnes, à la manière dont se créent les affinités. Un questionnement qu’elle exprimait déjà dans la série « Atomes crochus ou les affinités électives » (2011), se référant à la fois aux théories atomistes des philosophes grecs, Démocrite, Epicure, puis plus tard du latin Lucrèce, et aux « affinités électives » de Goethe[3]. « Cette installation », explique l’artiste, « met en image l'analogie entre les attirances amoureuses qui font et défont les couples et les opérations chimiques qui règlent les liaisons et les précipitations des substances chimiques. L'affinité devient loi de la nature produisant aussi bien ses effets en chimie que chez les êtres vivants. » Le bon sens populaire ne parle-t-il pas d’ailleurs de chimie, voire d’alchimie amoureuse ?

C’est encore à ce type de questionnement que renvoie l’installation des « Trophées «(2013), ensemble de haut-reliefs de fruits exotiques et étranges en coupe, comme les deux moitiés d’un même fruit : un couple. Cette œuvre se rapporte explicitement au célèbre « mythe d’Aristophane », discours développé par le personnage d’Aristophane dans le Banquet[4] de Platon, et  que le dicton populaire formule par l’expression « trouver sa moitié ». Retrouver sa moitié originelle perdue, dans les limbes du mythe et de l’histoire anté-séculaire, afin de (re)former l’unité primitive et ultime, tel est le sens de ce mythe qui donne à Eros une dimension particulière, celle d’un « daimon », intermédiaire liant ou reliant ce qui a été déchiré, séparé. Il est alors intéressant de noter, en parenthèse sur laquelle nous reviendrons, que Mai Tabakian voit son travail, précisément, comme un travail de séparation puis de « suture ». « Pour fabriquer l’œuvre » dit-elle, « il faut fendre, inciser le support pour ensuite remplir, colmater la blessure avec le tissu. »

Mais les formes que produit l’artiste, et notamment les formes phalliques que l’on retrouve, par exemple, dans la série « Champions league » (2012) ou encore « Les petits soldats» (2013), Mai Tabakian les fait émerger aussi et surtout depuis son rapport intime avec la culture asiatique, et en particulier avec le Vietnam dont elle tient une partie de ses origines. Ces œuvres évoquent les formes des « lingam »[5], pierres dressées et érectiles, symboles ouvertement phalliques qui, parfois enchâssés dans leur réceptacle féminin, le « yoni » -formes que l’on retrouve aussi fréquemment associées chez Mai Tabakian-, symbolisent à la fois la nature duelle de Shiva (physique et spirituelle) et la notion de totalité du monde. C’est donc également dans ces formes incarnées et « signes » de Shiva, entre puissance créatrice et « lieu », accueil, que Mai puise nombre de ses représentations, et le sens profond de sa recherche.

Elle nous emmène ainsi bien au-delà d’un simple jeu de formes et de sous-entendus érotiques tels que nous pouvons les comprendre au premier abord.  Nous comprenons alors que sa démarche repose in fine sur une sorte de recherche de l’ « archè », de ce qui préside à la fondation même des choses et des êtres, d’un principe qui, pour reprendre les mots de Jean-Pierre Vernant, « rend manifeste la dualité, la multiplicité incluse dans l'unité »[6], principe que l’artiste, à l’instar de la tradition grecque, place dans ce que nous pourrions appeler avec elle « l’Eros », principe créateur et ordonnateur du chaos. C’est encore Platon, dans le Banquet, qui verra Eros « dans les corps de tous les animaux, dans les productions de la terre, en un mot, dans tous les êtres ».

Le combat d’Eros, fondamentalement puissance vitale, puissance de création, d’union et de totalité, se poursuit inlassablement contre les forces de la déliquescence, de la destruction et de la mort.

Aussi, dans ses œuvres les plus récentes (la série « Aux âmes »- 2014), Mai Tabakian s’est attelée à une réflexion liée à sa connaissance des temples bouddhiques ainsi que de la pratique culturelle vietnamienne des autels domestiques voué au culte des ancêtres familiaux, aux travers d’attention et de dons divers. « Aux âmes » oscillent entre une forme de la vanité, engageant le lien avec les morts, la couronne mortuaire et l’offrande.

Emergent alors de manière plus visible ce qui était souvent sous-jacent dans son travail : une conscience de la mort et de son rapport au vivant, une sorte d’effroi devant le mystère de l’organique, comme devant l’indépassable de la destruction, le sentiment du lien étroit entre la beauté et la mort, dans sa dimension inquiétante et une relation d’attraction-répulsion.

L’œuvre peut alors être lue, parfois, comme une manière de mise à distance de l’effroi par l’acte de réparation, et par la transvaluation. Comme souvent chez les artistes qui travaillent autour du textile, les notions de blessure, et de suture sont manifestes, usant de la double fonction du tissu qui protège et répare. Voici donc le geste qui fabrique -revit- la blessure et qui la soigne, la colmate, rend lisse ce qui fut déchiré. Puis, s’exprime une démarche de l’ordre de la catharsis, en vue de transcender le négatif, les sources d’angoisse et d’effroi dans une expression plastique et esthétique douce, opaque et consistante, harmonieuse et mouvante, abstraite et suggestive, aspirante et impénétrable à la fois. Transformer la laideur et la mort en art. Retourner ce qui, dans l’organique, peut paraître impur et déliquescent, en essayant de rendre beau et apaisant ce même organique, qu’il se fasse géométrique ou qu’il soit délesté de sa dimension « intestinale », dans un subtil jeu d’entre-deux entre attraction et répulsion. Comme une forme de lutte contre une cruauté dont nous ne savons pas tout mais que nous connaissons tous, Mai Tabakian donne ainsi mystérieusement figure à son histoire intime.

Alors il se peut que chacune des œuvres de Mai Tabakian soit une pierre à l’édifice d’un temple et que, à l’image de ces lieux en hommage aux morts où l’on mange dort et prie, toutes puissent devenir pour nous des lieux d’accueil et de vie, dispensant une joyeuse et spirituelle sérénité.

 

1- J.W. Goethe, La métamorphose des plantes, 1790

2-Bruno Bettelheim, Psychanalyse des contes de fées, 1976

3-Goethe ayant lui-même puisé, dit-on, dans le Dictionnaire de Physique de Gehler et le phénomène chimique d'échange moléculaire, renvoyant à la doctrine et aux travaux d’Etienne-François Geoffroy en 1718, théorie dominante dans la chimie du XVIIIe siècle.

4- Tò sumpósion - Le Banquet, (190 b- 193 e),  Platon, env. -380 AVJC

5- signifiant aussi « le signe », en sanskrit लिङ्गं

6- Jean-Pierre Vernant, L’individu, la mort, l’amour. Soi-même et l’autre en Grèce ancienne, 1989

 

 

"CYCLO" - Mai TABAKIAN

MH GALLERY - 11 rue Léon Lepage - 1000 Bruxelles

Du 18 octobre au 22 novembre 2014

www.mathildehatzenberger.eu


Published by Marie Deparis-Yafil - dans Publications
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25 septembre 2014 4 25 /09 /septembre /2014 15:39

Une belle exposition à voir sur les deux lieux de l'Institut des Cultures de l'Islam, autour des oeuvres de 6 artistes marocains, dont Jamila Lamrani, que nous connaissons bien ici.

On y trouvera une variante de l'oeuvre "entre deux rêves" qui avait été présentée au Monastère royal de Brou, dont la belle profondeur renouvelle le mystère et l'onirisme

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mais aussi ce paysage abstrait fait d'une multitude d'ombres de gazes, également oeuvre de Jamila Lamrani...

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ce que "le peuple veut"..une psalmodie textile et sonore...

(au premier plan, une oeuvre de Badr El Hammami)

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ainsi que cette impressionnante et poétique installation...

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à découvrir, à la dérobée, par la fenêtre...

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Egalement, une intéressante, et ironique, série photographique récente d'Hicham Benohoud, "Ânes situ"

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ainsi que, entre autres, des oeuvres de Badr El Hammami, une fascinante vidéo de Younès Rahmoun...

A découvrir à l'ICI Goutte d'Or 56 rue Stephenson et à l'ICI Léon 19 rue Léon, jusqu'au 21 décembre 2014

Plus d'informations: www.ici.paris.fr

Published by Marie Deparis-Yafil - dans Actu des uns et des autres
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22 septembre 2014 1 22 /09 /septembre /2014 22:58

Une jolie surprise que cet hommage -inattendu?- à la beauté du Monastère royal de Brou, à Bourg-en-Bresse...

Et une grande joie pour moi d'y réaliser une deuxième exposition en 2015. Après "Au-delà de mes rêves", "A l'ombre d'Eros" réunira, entre juin 2015 et janvier 2016, une quarantaine d'artistes de tous horizons et de tous médias...

Stay tuned!

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Published by Marie Deparis-Yafil - dans Humeurs...
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16 septembre 2014 2 16 /09 /septembre /2014 11:07

Ils se reconnaitront (eux): ceux et celles qui ont permis à cette exposition d'exister et de perdurer durant ces 3 jours, dans la Halle Nina Simone...

 

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Premier plan gauche: Kamel Yahiaoui, au fond: Sandra Krasker, à droite: Dalila Dalléas, premier plan droit: Mat Collishaw

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Premier plan; Kamel Yahiaoui, derrière: Mat Collishaw, au fond: Sandra Krasker

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Premier plan: Gastineau Massamba, Mat Collishaw, et Kamel Yahiaoui

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Premier plan gauche: Ernest Pignon-Ernest, au fond: mounir fatmi, premier plan droit: Anne Bothuon

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Mur "Burn Baby Burn", mounir fatmi

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Dalila Dalléas, Ernest Pignon-Ernest

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Premier plan: Jean-Marc Forax

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Performance de Gastineau Massamba

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Performance des Soirées Dessinées

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Devant les photographies de Estelle Lagarde

Published by Marie Deparis-Yafil - dans Commissariats
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13 septembre 2014 6 13 /09 /septembre /2014 11:35

Dans le cadre des 3 jours d'exposition de "Liberté mon amour" à la Fête de l'Huma, des performances sont prévues.

D'abord, le retour du collectif des Soirées Dessinées dans un happening au long cours durant les trois après midi de la Fête, aux alentours de l'espace de l'exposition.

« Liberté et solidarité »

Les Soirées Dessinées / Fête de l'Huma"

 

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Pour la seconde année consécutive, le collectif Les Soirées Dessinées rejoint  l’exposition.

 

En trois sessions de « happening » dessiné, les artistes des Soirées Dessinées offrent leur regard immédiat, et leur coup de crayon, sur le thème « Liberté et Solidarité », thème connexe à celui de l’exposition.

 

Une « soirée dessinée » (ici, une après-midi..), réunit plusieurs artistes qui dessinent publiquement le temps d’une soirée sur un immense rouleau de papier tendu sur le mur.
Les visiteurs affluent, regardent les dessins évoluer, dans une ambiance curieuse et festive.


Lancées en janvier 2013, « Les Soirées Dessinées » est un concept développé par une équipe composée de jeunes artistes / graphistes / vidéastes originaires de la banlieue parisienne. Désireux de promouvoir le dessin au sein de l'art contemporain, ils sont réunis pour répondre à leur volonté de donner plus de visibilité aux artistes contemporains.
Grâce à ces performances régulièrement organisées en divers lieux, ils créent leur propre espace d’exposition, et contribuent à la promotion d’autres artistes qu’ils accueillent à chaque nouvelle édition.

Si « Les Soirées Dessinées » permet à l’artiste de sortir de son univers personnel, de son atelier solitaire afin de le confronter au public, mais aussi aux autres artistes, et de créer ainsi une dynamique de type «atelier» de travail ou de beaux-arts, il offre aussi au public une approche directe et privilégiée à la création artistique, au travers de ce médium simple et spontané qu’est le dessin.


L'artiste Gastineau Massamba organise deux sessions de performance,

En complément de « 46664 Robben Island », Gastineau Massamba présente, au cours de l’exposition deux performances en collaboration avec Stephanie Bintou Mbaye.

Mounir Fatmi proposera, dans le cadre du projet "Mutation", une performance filmée à laquelle chacun peut participer, sur le stand de la section Montrouge du PCF.


"Liberté mon amour" - Le prisonnier politique et son combat

Fête de l'Humanité

Parc Départemental Georges Valbon - La Courneuve

12, 13, 14 septembre 2014

http://fete.humanite.fr/

Published by Marie Deparis-Yafil - dans Commissariats
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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 11:33

Dans l'espace de documentation sera présenté samedi et dimanche à 14h30 le film documentaire de Christophe Cognet « Parce que j’étais peintre, l’art rescapé des camps nazis », réalisé en 2013

Samedi en présence du réalisateur


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Ce film mène une enquête inédite parmi les oeuvres réalisées clandestinement dans les camps nazis. Il dialogue avec les rares artistes déportés encore vivants et avec les conservateurs de ces œuvres : des émotions qu’elles suscitent, de leur marginalisation, leurs signatures ou leur anonymat, de leur style, ainsi que de la représentation de l’horreur et de l’extermination. Surtout peut-être, il contemple longuement les dessins, croquis, lavis, peintures, conservés dans les fonds en France, en Allemagne, en Israël, en Pologne, en Tchéquie, en Belgique, en Suisse... Dans ce voyage parmi ces fragments d’images clandestines et les ruines des anciens camps, il propose une quête sensible entre visages, corps et paysages, pour questionner la notion d’œuvre et interroger frontalement l’idée de beauté. L’enjeu en est dérangeant, mais peut-être ainsi pourrons-nous mieux nous figurer ce que furent ces camps, appréhender les possibles de l’art et éprouver ce qu’est l’honneur d’un artiste – aussi infime et fragile que soit le geste de dessiner. 

 

L’objet de ce film concerne les œuvres réalisées dans les camps sous administration nazie (« camps de concentration » et « camps d’extermination »), où il était rigoureusement interdit de dessiner, sous peine de mort immédiate. Dans une enquête menée à la fin des années 70, les historiennes anglaises Janet Blatter et Sybil Milton estimaient le nombre des œuvres effectuées de 1933 à 1948 en Europe dans l’ensemble des ghettos, camps d’internement, camps de transit et dans les camps nazis à 100 000. Elles estimaient que 30 000 d’entre-elles seraient parvenues jusqu’à nous. Mais ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution. Chaque institution, chaque mémorial, chaque musée, procède de sa propre logique pour circonscrire ses corpus – sans oublier les collections privées, difficiles à quantifier.

À l’aide de ces estimations  et au vu des collections, on peut affirmer que plusieurs milliers d’œuvres ont été réalisées clandestinement dans les camps nazis. Ce nombre est à mettre au regard des millions de personnes qui ont été assassinées, déportées et emprisonnés dans ces endroits – combien d’artistes parmi elles ?

 

Après des études de cinéma à la Sorbonne Nouvelle, Christophe Cognet devient auteur et réalisateur, essentiellement de documentaires mais aussi d’essais filmés, courts et moyens métrages. Attentifs aux traces et au travail de la mémoire, sensibles, ses films interrogent le cinéma, les formes de pouvoir et de surveillance, les mécanismes de la création et la puissance des images. Depuis 1993 il mène une méditation filmique sur l’art aux limites de l’expérience humaine – une réflexion qui s’est accompagnée de la publication d’articles, d’ouvrages et de conférences sur ce thème.

(Source : dossier de presse du film)

Sont également présentés un ensemble de carnets de Boris Taslitsky, à qui Christophe Cognet a également consacré un film ( « L’Atelier de Boris », 2004). Les carnets de dessins de Boris Taslitzky sont très nombreux ; l’un après l’autre, des débuts à 2005, année de sa mort, ces objets l’ont accompagné tout au long de sa carrière, comme un journal. L’unique période durant laquelle Boris Taslitzky est contraint d’abandonner ce support est celle des années d’emprisonnement dans les geôles françaises de Vichy puis, en Allemagne, au camp de concentration de Buchenwald. Il ne renonce alors cependant pas au dessin et, grâce à l’aide de camarades comme lui déportés, trouve les moyens de dessiner sur des fragments de papier de fortune. Réunissant une suite de ces précieux feuillets en un album, dès 1946, Aragon fait publier « 111 dessins de Boris Taslitzky, faits à Buchenwald », compensant peut-être de cette manière l’impossibilité matérielle du carnet durant ces années noires.

« Si je vais en enfer, je ferai des croquis, d’ailleurs, j’ai l’expérience, j’y suis allé, et j’ai dessiné » (B. Taslitsky)

Peintre français, d'origine russe et de renommée internationale, Boris Taslitzky (1911-2005) est né à Paris où il a toujours vécu. Il n'a que quinze ans lorsqu'il commence à fréquenter les académies de Montparnasse, puis l'École Nationale des Beaux-arts de Paris. Il est notamment soutenu par George Besson, Francis Jourdain ou Louis Aragon ; son atelier est un lieu où se croisent des personnalités du monde de l'art et de la culture. Son parcours est fortement marqué par les grands bouleversements de l'histoire du XXe siècle. A la fois témoin et acteur de cette histoire, ses engagements artistiques et politiques sont à la mesure de la conscience particulièrement aiguë qu'il a de sa responsabilité d'homme et d'artiste. En 1933, il entre à l'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.É.A.R) dont il devient secrétaire général de la section des Peintres et Sculpteurs, puis en 1935, il adhère au Parti communiste. Autour de la question du réalisme, il participe activement aux débats de la Maison de la Culture qui préfigurent la politique culturelle du Front Populaire. En France et à l'étranger, l'œuvre de Boris Taslitzky est conservée dans de nombreuses collections privées mais aussi dans de prestigieuses collections publiques comme par exemple à Paris (Musée National d'Art Moderne, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Musée des années 30), à Moscou (Musée Pouchkine) ou à Londres (Tate Modern).

"Liberté mon amour" - Le prisonnier politique et son combat

Fête de l'Humanité

Parc Départemental Georges Valbon - La Courneuve

12, 13, 14 septembre 2014

http://fete.humanite.fr/

 

 

 

 

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