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7 mars 2013 4 07 /03 /mars /2013 10:15

 

pilar

 

Œuvre présentée

« Quiosco N°3 », 2010- Photographie, tirage direct sur Dibond – 90 x 60

 

 

Pilar du Breuil se consacre à la photographie retravaillée numériquement depuis 2007. Cette transformation de l’image par l’outil informatique donne à cette image de kiosque surgi de nulle part une dimension particulièrement onirique, comme dans un no man’s land détaché de toute réalité, la sensation d’une sorte de monde flottant, évoquant tout à la fois l’incertitude de la mémoire et le souvenir évanescent des images du rêve au réveil.

 

Pilar du Breuil, à propos de cet étrange kiosque, raconte :

 

« Dans mon enfance, en Espagne, les kiosques faisaient partie de mes rêves quotidiens : des bonbons, des jouets et, plus tard, des cigarettes que je ne pouvais pas toujours acheter, s’y affichaient. Ces kiosques, je les ai redécouverts, avec mon appareil photo, bien plus tard. (…)… J’en ai photographié  quelques-uns à Valladolid et à Madrid, et j’ai en travaillé plus particulièrement trois. Pour cette photographie, après avoir isolé le kiosque de son contexte urbain, je l’ai vidé de toutes les revues et autres objets que j’ai remplacés par des éléments qui font partie de mon passé récent : photos de bois, de graffitis et de briques. Ainsi ce kiosque est-il passé d’un rêve d’enfance à un rêve-mémoire. »

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

  Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

• tél : 06 08 30 94 90 • 09 52 77 76 41 •

 

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6 mars 2013 3 06 /03 /mars /2013 10:00

 

 

Œuvre présentée

« R#1 », 2011 - installation vidéo/son, « borne » 120 X 40 X 40, 4 casques audio

Avec la complicité de Marc Amyot

 

 

Pour « Beyond my dreams », Jessy Deshais explore la matière de ses propres rêves, avec cette « sculpture- vidéo », accompagnée d’une création sonore, hypnotique et hallucinatoire, mettant en abîme un mouvement itératif rotatif et circulaire, obsédant comme peuvent l’être parfois les images dans les rêves-ou les cauchemars-.

 

Une certaine violence du corps et des « petites merdes du quotidien » s’exprime, toujours avec un certain humour, au cœur du travail de Jessy Deshais. Ses œuvres  témoignent en tout cas d'une humanité qui n'a peur ni des mots ni des images, se joue des bienséances, des codes et des réalités, fussent-elles organiques. Elle porte un regard à la fois décalé et sans détours sur la trivialité de la réalité, regard critique et parfois acerbe sur le monde dans lequel nous vivons, nous suggérant que la vulgarité n'est pas toujours là ou on croit.

 

Cela n’exclut pas un onirisme à sa façon, à mi-chemin entre Méliès et David Lynch, à l’instar de la série de films courts « .363 », que Jessy Deshais réalise avec Daniel Ablin.

Car pour Jessy Deshais, toute œuvre est toujours une contribution, si ce n’est à changer le monde, au moins à nous tirer un sourire, ce qui peut toujours être un début de révolution…

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

  Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:30

 

affiche futurotextiles 300

 

Si j'ai le temps (ça ne manque pas de boulot par ici ces temps derniers, et ce n'est pas fini...), j'irai voir avec grand plaisir la dernière version de Futurotextiles à la Cité des Sciences de La Villette.

Cette exposition avait été imaginée et conçue par Lille3000, en 2006, à la suite de Lille 2004, Capitale Européenne de la Culture.

Cette exposition me laisse le souvenir d'un été particulièrement studieux, car j'avais travaillé sur l'exposition inaugurale, chargée de rédiger tous les textes, cartels, guides de visite et catalogue, de cette exposition à la fois artistique, scientifique et pédagogique! Un travail énorme sur un sujet certes passionnant mais qui a réclamé de rencontrer moultes personnes et de lire des quantités impressionnantes de documentation!!

L'exposition a eu un tel succès que depuis 2006, elle a voyagé partout en Europe,, la voici maintenant à Paris, dans une version nouvelle, nouvelles pièces, nouveaux textiles!

 

FUTUROTEXTILES

Cité des Sciences- Paris La Villette

Jusqu'au 14 juillet 2013

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4 mars 2013 1 04 /03 /mars /2013 10:03

chemise-combelles.jpg

Œuvre présentée

« Sous les jupes de la future mère », 2013 - Robe de mariée, tulle, plumes, peinture à l'huile, corde et plombs -  dimensions variables 

 

Le travail de Claire Combelles explore à la fois la peinture comme média et des matériaux divers mais toujours simples, souvent « pauvres » ou bruts, comme supports.

 

 

 

 

 

 

"Ma peinture est faite de strates et de sutures qui fonctionnent comme une archéologie de la peinture, mettant à jour des éléments profonds et racinaires de notre humanité et de notre existence au monde.

Parallèlement à ces éléments plutôt primitifs, un vocabulaire extrêmement féminin est présent au travers du textile, de la couture, de l'usage d'une certaine gamme colorée. »

 

« Sous les jupes de la future mère » appartient au cycle de création « Chambre nomade » inspiré par le texte de Virginia Woolf « A Room of one’s own ». Chambre nomade comprend plusieurs installations, conçues comme des refuges, des espaces de liberté face à l’adversité. « Parfois, écrit Claire Combelles, « la poésie peut devenir un ultime moyen de survie. »

 

Ici, entre terre et ciel, cette robe devenue chemise de nuit tente de prendre son envolée, retenue malgré tout par les cordes et les plombs.

Robe de rêve, au propre comme au figuré, elle symbolise la candeur et la fantasmagorie de la robe de bal, de princesse ou de mariée qui nourrit parfois les songes des petites filles.

Mais le bas de la robe est comme tâché par de l’herbe et de la terre ; peut-être en rêve sera-t-elle allée traîner en forêt ? Ou alors se nouent autour d’elle des intrigues aux confins du rêve et du cauchemar, de l’amour et de la mort.

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

  Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 10:13

A l'occasion de l'exposition de Majida Khattari à la galerie Atelier 21, à Casablanca, Maroc, un catalogue a été publié.

 

Expo-20khattari-201000.jpg

 

En 2010, Majida Khattari présentait « Orientalismes », série photographique, à la Galerie L’Atelier 21. Elle y revient aujourd’hui, avec une nouvelle proposition, une nouvelle invitation au voyage, sous le titre baudelairien mais détourné de « Luxe, désordre et volupté ».

 

D’emblée, les photographies de Majida Khattari apparaissent comme éminemment picturales. Tandis qu’aujourd’hui de nombreux peintres font usage de la photographie comme outil préparatoire à la représentation peinte, ce pendant que d’autres artistes s’emploient à saisir par l’objectif une forme de la réalité que la peinture ne saurait rendre, Majida Khattari s’attache à créer ici une œuvre photographique qui ne cherche pas à se substituer à la peinture, mais qui s’inscrirait plutôt dans une sorte de continuité, dans une différence de processus engendrant néanmoins un rendu volontairement pictural.

D’une certaine manière, ces photographies, dans la richesse de leur composition, offrent à la fois l’effet de surréel propre à la précision photographique et cette possibilité contemplative spécifique à la peinture. Captant ainsi le regard, elles induisent très certainement une identification entre les images qu’elles donnent à voir et les référents de l’Histoire de l’Art, renvoyant à notre mémoire iconographique, créant une sorte d’immédiate proximité.

Ce parti pris pictural n’implique pourtant pas l’intention de « pastiche », de peinture au second degré, ou d’artefact, car il ne s’agit pour Majida Khattari ni de rivaliser avec la peinture, ni de tromper l’œil, ni de simuler le réel. Les images qu’elle produit ne sont guère manipulées, elle n’use pas de techniques numériques ou de photomontage. Il s’agit bien plutôt de composer les conditions d’une photographie de la même manière qu’un peintre préparerait dans son atelier les conditions de sa représentation d’une scène picturale.

En ce sens, le travail de Majida Khattari relève d’une véritable performance, tant la mise en œuvre technique et scénographique de telles photographies requiert un très long et très minutieux travail de recherche et de mise en scène, proche de celui d’un Jeff Wall par exemple.

Si, dans cet entre-deux photographique et pictural, se pose nécessairement la question du rapport au réel, de la vraisemblance picturale, de la manière dont l’iconographie classique s’intègre dans le champ d’un réel contemporain, l’essentiel du  propos de Majida Khattari ne se réduit cependant pas à ce choix formel, qui est pour elle, plus que tout autre chose, hommage passionné à l’histoire de l’art, hommage qu’elle poursuit depuis de nombreuses années, et qui prend ici clairement une dimension allégorique, moyen et vecteur d’un exercice critique.

 

Avec la série « Luxe, désordre et volupté », Majida Khattari poursuit donc  son exploration de l’Histoire de l’Art occidental. En appelant subtilement à l’Ophélie préraphaélite de Millais autant qu’aux ingresques Odalisques, à la sensualité des modèles de Boucher ou Gérôme autant qu’à Delacroix, Manet ou encore Goya, elle continue dans le même temps d’interroger l’iconographie du corps féminin dans l’histoire de la peinture, la représentation féminine restant, comme en attestent les défilés-performances qu’elle produit régulièrement, une de ses préoccupations récurrentes.

 

Comme elle l’avait fait déjà en 2010, la plupart de ses photographies convoque l’Orientalisme, ce vaste mouvement artistique dont on perçoit les prémices dès la fin de la Renaissance et qui trouve sa forme la plus connue chez les peintres français du 19ème et du début du 20ème siècle.

Cette fascination occidentale pour l’exotisme supposé de ces contrées nouvelles et lointaines, pour le fantasme de sensualité débridée qu’il distille -images de harems peuplés d’odalisques lascives, atmosphères d’oisiveté hédoniste…-, et dans une moindre mesure pour le mystère du désert et la violence sublimée du tyran…excitent les imaginaires romantiques et le « sentiment antique », pour reprendre le mot de Delacroix, des peintres, des poètes et des écrivains.

Un Orient fantasmé, rêvé et fantaisiste, sans doute... Une vision de l’Orient plus tard analysée et déconstruite par Edward Saïd. « L’Orient », écrivait-il, «  a presque été une invention de l’Europe depuis l’Antiquité, lieu de fantaisie, plein d’êtres exotiques, de souvenirs et de paysages obsédants, d’expériences extraordinaires »*. Majida Khattari partage à sa manière la relecture politique de l’orientalisme que fit Saïd, vu comme construction d’une identité-repoussoir, d’une figure de l’altérité « menaçante, exotique, barbare, primitive et soumise »* à la fois -ou selon les époques-, modèle inversé de la culture européenne qui s’est, affirme encore Saïd, « renforcée et a précisé son identité en se démarquant d’un Orient qu’elle prenait comme une forme d’elle-même, inférieure et refoulée. »*

Car le « post-orientalisme » des photographies de Majida Khattari ne relève ni de la citation picturale ou de l’exercice de style, ni encore moins d’une étrange nostalgie folklorique. Il s’agirait bien plutôt d’une tentative de retournement du regard occidental sur l’Orient : hier fascination romantique pour la « splendeur orientale » et ses promesses de volupté, pour reprendre le mot de Baudelaire, il se nourrit aujourd’hui d’un fantasme de violence et se fait hâtif synonyme de danger extrémiste, de guerre et de terreur. Ici, imposant une autre vision, critique, Majida Khattari fait se renvoyer les préjugés occidentaux sur l’Orient en en mettant en lumière les paradoxes historiques.

 

Luxe des étoffes, soies damassées et organzas, matières précieuses, raffinement des motifs floraux et des dentelles, extrême souci du détail et de la mise en scène, volupté  de jeunes femmes alanguies dans des intérieurs somptueux et baroques, dont on devine les corps drapés, enfouis sous les robes et les voiles, atmosphère d’élégance et douce sensualité…A peine distingue-t-on les visages, comme une mise à distance, un flou posé sur les identités, juste suggérées. Evitant ainsi toute frontalité, l’image se présente davantage comme un appel à l’imaginaire que comme une réalité recréée, comme un accès possible à l’universalité de l’altérité plus que comme une galerie de portraits.

Car c’est aussi et surtout à la beauté que rend hommage Majida Khattari, autant à celle des femmes qu’à celle que l’art peut produire, dimension esthétique que l’artiste revendique ici comme valeur possible de l’art contemporain. La beauté objective des images est un choix délibéré et assumé. Cela pourrait paraître surprenant, de la part d’une artiste reconnue pour son souci du politique et pour qui le processus discursif pourrait l’emporter sur l’harmonie visible. Et puis, depuis l’avènement duchampien, on sait combien les catégories du beau et du laid sont obsolètes et comme l’universalité du beau telle que la concevait Kant a perdu de son sens. La subjectivité esthétique,  la relativité du goût ou de l’interêt l’emportant, le beau, dit-on souvent à propos de la production plastique contemporaine, s’est réduit à un caractère annexe, un accident, une éventuelle plus-value de l’œuvre, un cosmétique. On connaît en outre la méfiance induite pour la séduction de la forme, le plaisir esthétique que pourrait provoquer une « belle œuvre », soupçonnée de détourner l’observateur du sens et du discours, appauvrissant les enjeux par trop de flatterie des sens. Une telle œuvre, qu’on qualifiera volontiers d’ « esthétisante », est immédiatement suspecte quant à la profondeur de ses intentions.

Or Majida Khattari, par ce choix délibéré du beau, que l’on retrouve par ailleurs de manière très évidente dans ses installations, en fait un enjeu essentiel, un piège visuel en même temps qu’une arme discursive. La beauté formelle de ses images est une stratégie, une double stratégie même, par laquelle elle met en abîme critique la séduction de la belle image et la vanité qui en émane.

 

On se doute alors que dans les œuvres de Majida Khattari, tout ne peut être « ordre et beauté », pour filer la métaphore baudelairienne. Dans la tradition romantique, mais activée par l’état actuel du monde, Majida Khattari semble suggérer l’idée d’un luxe vaniteux, d’une fissure enfouie au coeur la belle harmonie des apparences, et le motif floral qui parcourre les images pourrait être celui de fleurs maladives.

Le propos, on l’aura compris, n’est pas celui de la beauté maléfique de la femme fatale, de Pandore, d’Hélène, ou de Salomé, de cette beauté redoutable dont userait la femme corruptrice comme d’un piège maléfique, « référentiel séculaire » de l’imagerie féminine, pour reprendre le mot de Gilles Lipovestsky**, hantant les imaginaires.

Mais de manière plus universelle, et contemporaine aussi, il s’agit d’une métaphore d’un monde dans lequel l’amour-propre***, cette passion que Rousseau déjà envisageait comme cause de la barbarie civile au bord de laquelle nous nous tenons aujourd’hui, et la séduction (manière esthétique de parler du pouvoir et de la domination) l’emportent sur toute moralité des intentions.

Sous la beauté le désordre du monde, le désenchantement, la perpétuelle menace d’implosion, une promesse de chaos à venir, des libertés qui se conquièrent dans la douleur.

A l’instar du tableau de Delacroix, « La mort de Sardanapale », parangon de la tyrannie de la jouissance, et dont s’inspire librement Majida Khattari pour évoquer la chute, on serait tenté de penser que la chute des idéaux, comme d’ailleurs la résurgence de certaines idéologies totalitaires, est indéfectiblement liée à l’idée qu’un individualisme sans bride exige que rien ne survive à son propre plaisir ni à ses propres lois.

Une possibilité, un risque imminent, un danger, qui n’épargne évidemment pas le monde d’aujourd’hui.

 

*Edward Saïd - L’orientalisme – L’Orient créé par l’Occident – 1978

**Gilles Lipovestski – La troisième femme – 1995

***Jean-Jacques Rousseau – Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes – 1755 : « L’amour propre, ce sentiment relatif, factice, et né dans la société, qui porte chaque individu à faire plus de cas de soi que de tout autre, qui inspire aux hommes tous les maux qu’ils se font mutuellement ». Mais aussi : L’Emile- Livre IV – 1762 : « L'amour-propre, qui se compare, n'est jamais content et ne saurait l'être, parce que ce sentiment, en nous préférant aux autres, exige aussi que les autres nous préfèrent à eux, ce qui est impossible. Voilà comment (…) les passions haineuses et irascibles naissent de l'amour-propre. »

 

 

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1 mars 2013 5 01 /03 /mars /2013 09:58

 

REPOS-clem-de-chaban.jpg

Œuvres présentées

« Repos », 2010- Dessin, 30 x 40

« Conversation secrète », 2013 – installation, mixed media - Bande sonore: Pierre Boscheron 

 

 

«Mes histoires sont des sculptures », dit Clémentine de Chabaneix. « Histoires universelles ou intimistes, angoissantes ou poétiques. La matière première est une émotion, un geste, un  souvenir ». Ici se dessine un univers poétique et fantasque d’où naissent de petites sculptures, des dessins racontant des histoires d’enfance, éternellement liées à la mémoire et au souvenir, de ceux qu’on a et de ceux qu’on se fabrique, de ceux dont on rêve - beaux ou effrayants-, aux accents parfois magrittiens, de ceux, nostalgiques, qui résonnent en nous d’échos familiers mais lointains.

 

Dans une installation in situ à découvrir, Clémentine de Chabaneix cherche à évoquer le dédoublement du corps et de l'esprit  pendant le moment de rêve :
« Le corps et l'esprit  ne se consultent plus ou peu, mais restent menottés l'un à l'autre. »
Un personnage féminin lévite au dessus de son lit, immobile.
Autour d'elle,  comme des ombres, des images apparaissent et s'évanouissent.
Ces images, comme les idées pendant le rêve, ne sont pas reliées entre elles. Elles se suivent, se conjuguent ou se contredisent et forment un langage que ni le corps ni la conscience ne contestent.

Une bande sonore évoque tantôt la présence du corps, par des sons concrets (respirations lente, étoffe froissée...) tantôt le langage du rêve avec des sons plus abstraits (nappes répétitives, hypnotiques, lancinantes, sons du quotidien déformés...)

Une scène qu’on observera comme par effraction….  

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

  Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

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28 février 2013 4 28 /02 /février /2013 11:03

 

paysage-oublie15.jpg

 

Oeuvre présentée

 « Paysage oublié » - Série Paysages oubliés, résine, peinture acrylique, roulettes, 35 x 35 x 40 cm., 2012, avec le soutien du CNAP, Centre national des arts plastiques (soutien pour le développement d’une recherche artistique), ministère de la Culture et de la Communication.

Courtesy Galerie Sémiose

 

 

Les « paysages oubliés » d’Anne Brégeaut sont comme des monde en soi, des microcosmes,  des bulles d’imaginaire en suspension à quelques centimètres du sol, des espaces mentaux détachés de la réalité. « Montées sur roulettes, qui ressemblent à des jouets, (ils) nous transportent vers un ailleurs onirique et imaginaire. » (Antoine Marchand)

 

Une œuvre d’Anne Brégeaut est toujours une brèche, un passage, une trouée, une échappée vers cet envers de soi qui n’a cure de la cohérence et de la logique, un espace de liberté peut-être, de contestation de l’ordre établi, un territoire régi par d’autres lois que celles de la comptabilité.

Un envers où l’impossible devient possible, pour que, tel Alice in Wonderland, chacun d’entre nous puise de quoi nourrir ses propres mondes fantasmatiques et ses rêveries.

 

« Nos souvenirs ont-ils jamais existé ? », a récemment écrit Anne Brégeaut sur un mur de la Maison des Arts de Malakoff. Sans doute, et davantage encore, il en est de même de nos rêves.

Le « paysage oublié » posé là est une apparition.

 

Les mondes que propose Anne Brégeaut sont-ils des réminiscences enfantines ? Sans doute, s’il nous faut entendre par là ce que le moment de l’enfance a ancré en nous d’angoisses indélébiles, d’immémoriales inquiétudes et de monstres secrets sous les couleurs acidulées.

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

 

 

 

Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

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25 février 2013 1 25 /02 /février /2013 23:23

 

 

Corine-3-b.jpg

 

Oeuvres présentées

« Deep down », 2007 – dessin au fusain – 66 x 84

« Le gant de l’ogre », 2007 – Résine acrylique, cheveux, terre, fleurs – Long. 30

« Pince X » Série Les outils, 2007 – Résine, acrylique et silicone – 40 x 40

 

Le monde « enfantin » de Corine Borgnet n’est pas un monde infantile, et n’est jamais qu’un fragile vernis posé sur le sombre et l’étrange, l’inquiétant, le sans nom, sans visage, dévoré par les peurs enfantines et les angoisses adolescentes, une mince protection contre la beauté envoûtante de l’ombre.

Elle dessine des apparitions, au fusain, suggérant le visage de la blanche Ophélie « sur l'onde calme et noire où dorment les étoiles », pour reprendre le vers de Rimbaud, dans un esprit expressionniste et symboliste, ou celui d’un Narcisse, figure parabolique de l’adolescence fascinée de soi, de l’expérience de la sensibilité et de la souffrance, qui ne pourra vieillir que s’ « il ne se connaît pas » aura prédit Tirésias. Ce sont des histoires de solitude, des mondes de mystère et d’étrangeté pure, d’associations libres et de glissements poétiques et inattendus, à la fois qu’une sorte de quête de pureté…

L’oeuvre de Corine Borgnet, sous des dehors ludiques et insolites, est donc tout entier tourné vers le monde de l’enfance, territoire de liberté, espace-temps privilégié dans lequel la double emprise du principe de plaisir et des peurs de l’enfance, source de tous les imaginaires, ne se sont pas encore heurtés à la rationalité, au principe de réalité et aux nécessités économiques.

 

Dans « Beyond my dreams », le dessin de Corine Borgnet, « Deep down », augure de la plongée dans l’inconnu qui est en soi, celui qui advient au moment du rêve et dont on n’attend jamais les contours.

Et puis ici et là, dans des endroits tenus secrets et qu’il nous faudra découvrir, d’étranges objets, comme tout droits sortis d’un film de Lynch ou de Burton, ou de n’importe quel cauchemar dans lequel, glissement fantasmatique, plus rien n’étonnerait malgré l’effroi.

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 22:32

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EXPOSITION « LUXE, DESORDRE et VOLUPTE »

MAJIDA KHATTARI

Galerie L’Atelier 21, Casablanca, MAROC

A partir du 26 février 2013

 

En 2010, Majida Khattari présentait « Orientalismes », série photographique, à la Galerie L’Atelier 21, à Casablanca (Maroc). Elle y revient aujourd’hui, avec une nouvelle proposition, une nouvelle invitation au voyage, sous le titre baudelairien mais détourné de « Luxe, désordre et volupté ».

 

Avec ces photographies éminemment picturales, Majida Khattari poursuit son exploration passionnée de l’Histoire de l’Art occidental. Si la référence à la peinture orientaliste y est une évidence, l’artiste en appelle subtilement à l’Ophélie préraphaélite de Millais autant qu’aux ingresques Odalisques, à la sensualité de Boucher ou Gérôme autant qu’à Delacroix, Manet ou encore Goya.

 

Pour autant, ce « post-orientalisme » ne relève pas seulement de la citation, de l’exercice de style, et encore moins d’une nostalgie folklorique. Il s’agirait bien plutôt d’une tentative de retournement du regard occidental sur l’Orient : hier fascination romantique pour la « splendeur orientale » et ses promesses de volupté, pour reprendre le mot de Baudelaire, il se nourrit aujourd’hui d’un fantasme de violence et se fait hâtif synonyme de danger extrémiste, de guerre et de terreur. Ici, imposant une autre vision, Majida Khattari fait se renvoyer les préjugés occidentaux en en mettant en lumière les paradoxes historiques.

 

Luxe des étoffes, soies damassées et organzas, matières précieuses, raffinement des motifs floraux et des dentelles, extrême souci du détail et de la mise en scène de jeunes femmes alanguies dans des intérieurs somptueux et baroques, dont on devine les corps drapés, enfouis sous les robes et les voiles, à peine les visages, comme une mise à distance, un flou posé sur les identités, faisant davantage appel à l’imaginaire que réalité recréée… : c’est aussi et surtout à la beauté que rend hommage Majida Khattari, autant à celle des femmes qu’à celle que l’art peut produire, dimension esthétique que l’artiste revendique ici comme valeur possible de l’art contemporain.

 

Mais tout n’est-il qu’« ordre et beauté », pour filer la métaphore baudelairienne? Dans la tradition romantique, mais activée par l’état actuel du monde, Majida Khattari semble suggérer l’idée d’un luxe vaniteux, d’une fissure enfouie au coeur la belle harmonie des apparences, et le motif floral qui parcourre les images pourrait être celui de fleurs maladives. Le propos n’est pas celui de la beauté maléfique de la femme fatale, de Pandore, d’Hélène, ou Salomé, mais métaphore d’un monde dans lequel l’amour-propre et la séduction l’emportent sur les intentions. Sous la beauté le désordre du monde, le désenchantement, la perpétuelle menace d’implosion, une promesse de chaos à venir. A l’instar du tableau de Delacroix, « La mort de Sardanapale », parangon de la tyrannie de la jouissance, et dont s’inspire librement Majida Khattari pour évoquer la chute, on serait tenté de penser que la chute des idéaux est indéfectiblement liée à l’idée qu’un individualisme sans bride exige que rien ne survive à son propre plaisir. Une possibilité qui n’épargne évidemment pas le monde d’aujourd’hui.

 

 

"Luxe, désordre et volupté" - Majida Khattari

A partir du 26 février 2013

Galerie Atelier 21

21 rue Abou Mahassine Arrouyani

Casablanca

20100 MAROC

www.atelier21.ma

 

Un catalogue, préfacé par un texte que j'ai signé, sera publié à l'occasion de cette exposition.

 

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Published by Marie Deparis-Yafil - dans Publications
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19 février 2013 2 19 /02 /février /2013 22:18

 

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« Beyond my dreams » Galerie Mondapart

5 avril – 4 mai 2013

 

Vernissage le jeudi 4 avril 2013 à partir de 18h30

 

Un commissariat de Marie Deparis-Yafil sur l’invitation de Isabelle Lefort, Galerie Mondapart

 

Avec

 

Corine Borgnet, Anne Brégeaut, Clémentine de Chabaneix, Claire Combelles, Jessy Deshais, Pilar du Breuil, Vanessa Fanuele, Pascal Frament/Sayaka Shoji, Hervé Ic, Sylvie Kaptur-Gintz, Sandra Krasker, Sébastien Lambeaux, Jamila Lamrani, Gabriela Morawetz, Julie Perin, Mai Tabakian, Yveline Tropéa

 

 

 

« Mon tourment à moi,

c’est le sommeil,

si j’avais bien dormi toujours,

j’aurais jamais écrit une ligne »

(LF Céline – Mort à crédit)

 

 

Prenant le contre-pied de cette phrase de Céline, mise ici en exergue, « Beyond my dreams » se propose, au travers d’installations, de peintures, de photographies, de sculptures ou de vidéos, de montrer combien les domaines du sommeil et du rêve recèlent de richesses propres à éveiller la créativité des artistes contemporains.

 

Physique du sommeil…

 

Il y a toujours dans l’exploration de la représentation physique du sommeil et de ses « outils » une forme d’ambiguïté. L’espace protégé du lit est à la fois celui de nos rêves et de notre finitude, du plaisir et du chagrin, ainsi que le suggèrent Yveline Tropéa ou Sylvie Kaptur-Gintz. Et le dormeur, pour trouver son nécessaire repos, devra pourtant se sentir en suffisante confiance pour s’abandonner, abandonner le « dehors » pour le « dedans », livrant ainsi sa fragilité, sa vulnérabilité, ici, à nos regards, comme le couple peint par Hervé Ic, ou encore les corps assoupis de Sandra Krasker.

Voici venu le parfois redouté moment du sommeil, la traversée du miroir, à la manière d’Alice, peut-être vêtue de la chemise de nuit imaginée par Claire Combelles

 

Métaphysique du dormeur…

 

Le rêve est « la voie royale de l’inconscient » disait Freud, cette boîte de Pandore, à l’instar des « objets secrets » de Vanessa Fanuele, là où s’expriment, sans considération de logique et de rationalité, les désirs et les effrois les plus profonds, là où se transforme la réalité et se condensent les images.

Plongeon dans l’inconnu qui est en soi, comme peut l’exprimer le dessin de Corine Borgnet ou la mini-installation de Clémentine de Chabaneix.

 

« Ainsi la difficulté de raconter un rêve vient-elle en partie de ce que nous avons à traduire des images en paroles. Je pourrais vous dessiner mon rêve, dit souvent le rêveur, mais je ne saurais le raconter." (S. Freud - Introduction à la psychanalyse, 1922).

 

C’est cet espace-temps paradoxal et fascinant du rêve, où tout devient possible, où les images font fi du réel et des mots pour les dire, que les artistes peuvent tenter d’appréhender, voire de reproduire, comme Jessy Deshais dans sa vidéo hypnotique, cherchant parfois à « dessiner leur rêve », ainsi pour Pilar du Breuil, ou à produire des images de rêve, qui sont parfois cauchemardesques !

 

Poétique du rêve

 

Du sommeil de l’artiste, produisant ses rêves, à l’acte créateur, il n’y a peut-être qu’un pas, un glissement…Le rêve est espace poétique, au sens étymologique propre, « poiêsis », espace de création. De là peut-on aisément lier le domaine intime du rêve à celui de la création artistique. Soit que l’artiste puisse puiser dans ces strates obscures de quoi nourrir sa créativité, comme a pu le faire la violoniste Sayaka Shoji et le vidéaste Pascal Frament. Soit que d’une manière plus générale, on puisse élaborer des analogies entre le processus imaginaire à l’oeuvre dans la production artistique et ce qui se joue dans nos visions oniriques : perturbations alogiques, spatiales ou temporelles, enchevêtrements des registres visuels, ambivalences des émotions, condensation des représentations, intrusions… Les oeuvres de Anne Brégeaut, de Gabriela Morawetz, de Julie Perin ou de Jamila Lamrani tiennent, chacune à leur manière, de ces différents registres.

 

Les étranges champignons de Mai Tabakian ressortent-ils d’un symbolisme onirique freudien ou d’un passage vers une transe psychédélique, ouvrant des portes inconnues ? Participant d’un acte chamanique, les photographies de Sébastien Lambeaux témoignent de cette possible dimension « prophétique » du rêve.

 

Dans les espaces labyrinthiques de la galerie, « Beyond my dreams » invite à une déambulation poétique et onirique, un voyage dans un territoire instable, entre inquiétude et enchantement.

 

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

 

Galerie Mondapart

80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt

M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

 

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

 

• tél : 06 08 30 94 90 • 09 52 77 76 41 •

 

Visuel de l’exposition : Sandra Krasker

 

Avec nos remerciements pour leur précieuse collaboration :

 

Galerie Exit Art Contemporain, Boulogne-Billancourt (pour Pascal Frament)

Galerie Eric Mircher, Paris (pour Hervé Ic)

Galerie Sémiose, Paris (pour Anne Brégeaut)

Galerie Thessa-Herold, Paris (pour Gabriela Morawetz)

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