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10 juin 2013 1 10 /06 /juin /2013 21:44

A l'occasion de la quasi première exposition personnelle de Sasha Ferré, j'édite ici le texte que j'ai rédigé sur son travail.

Pour découvrir le travail de Sasha Ferré, rendez-vous du 21 au 30 juin 2013 chez SPARK - Interphone SPARK – 1er étage gauche - Ouvert du lundi au vendredi de 9h à 18h et le week-end sur rdv- 06 14 56 40 34 - 

6 rue du Sentier, Paris 2éme-

Vernissage le 20 juin à partir de 18h30

 

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Le travail de Sasha Ferre s’esquisse comme une intuition poétique qui se déploie d’œuvre en œuvre, s’écrivant en douceur comme un manifeste contestant la frénésie productrice et démonstrative et l’esprit de spectacularisation d’un certain art contemporain.

 

Bien sûr, par sa pratique de la broderie et du travail du fil, Sasha Ferre s’inscrit dans une mouvance d’artistes plasticiens privilégiant ces médiums et répond à l’intérêt grandissant ces dernières années que suscite l’art textile. Cependant, la notion de « tendance » lui est étrangère, tant son ouvrage, évoquant tout à la fois la dimension artisanale des travaux d’aiguilles et la dimension domestique de l’ouvrage de dame,  se joue dans une dimension intime, dans lequel prime résolument le travail de la main.

 

Car pour l’artiste, un peu à la manière de Louise Bourgeois, la notion de domesticité, le monde familier et familial de la maison, la maternité, apparaissent comme des préoccupations essentielles dans son univers. Elle choisit ainsi de travailler sur les pièces d’une sorte de trousseau, linge de maison, mouchoirs précieux, napperons délicats, draps anciens, même en lambeaux, qu’elle rebrode de mots, de phrases aussi poétiques qu’énigmatiques, de signes, de dessins.

Cet intérêt est lié à la notion d’héritage, de transmission d’histoire et de mémoire, de celle empreinte au cœur de ces linges fins du passé que l’artiste récolte ça et là – qu’on lui confie parfois-, linges qui ont vécu et en portent les traces, tissus auxquelles elle va insuffler une vie nouvelle, non pas en rupture avec l’ancienne mais dans un souci de continuité, de réappropriation spatiale et temporelle, de passage ou de passation.

Ce souci du sens de la transmission et de la filiation se retrouve jusque dans la technique choisie, lorsqu’elle dessine à la « broderie blanche » le corps nu et offert d’une promise, technique apprise auprès de l’atelier Malbranche, à Paris, et qu’on utilisait traditionnellement pour chiffrer le linge, matérialisant ainsi l’union de deux familles.

Expérimentant en outre toutes sortes de techniques à l’aiguille, le choix du fil et de la broderie comme médium privilégié n’est donc évidemment nullement anodin. Sasha Ferre est particulièrement sensible à ce que le fil peut receler de symbolique, en termes de poursuite de la filiation, lignée, ligne de vie, mais aussi de fragilité intrinsèque.

 

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Car c’est fondamentalement le temps, dans sa double dimension objective et intime, qui transparait en arrière-fonds de tous ses travaux. Le temps de l’œuvre, tout d’abord, dont l’acte de broder à la main est manifestation, impliquant une sorte de matérialisation, de spatialisation du temps : le temps de l’œuvre à faire. Cette attention au temps, qui lui parait quelque peu désuète au regard de la précipitation du monde contemporain, exprime son appréhension à le saisir dans sa fuite et son caractère irrésolu, sans jamais, elle le sait bien,  y parvenir, sa tentative d’en saisir l’épaisseur tout au moins. C’est donc au cœur même de la condition humaine, dans son essentielle temporalité, que touche Sasha Ferre lorsque sous ses doigts elle s’ingénie à faire naître une œuvre entière avec un seul et unique fil, dont la fragilité et le risque permanent de rupture évoque le caractère périssable et éphémère de la vie.

 

Pour autant, cette conscience de la fragilité augure davantage d’un regard bienveillant et serein que d’un désespoir existentiel. Sensible à la spiritualité orientale, Sasha Ferre, dans un retournement de point de vue inhabituel, délaisse la verticalité anthropocentrique qui régit la culture occidentale, pour envisager de manière plus horizontale la relativité de l’existence humaine dans son rapport au monde. Tel est le sens de la « légèreté » souhaitée des ses interventions : quelques mots brodés issus d’un poème d’Emily Dickinson, une subtile cartographie de points courant sur un mouchoir ancien, une fine fontaine de laine comme une rivière héraclitéenne jaillissant de l’étoffe diaphane…ses appropriations se jouent toujours dans une sorte de respect du « déjà là », et le geste qu’elle produit se veut vivant, vibrant, comme un souffle de vie qui parcourt, léger, presque rien mais présent, l’objet déjà-encore vivant.

C’est ce souffle encore qu’elle cherche à capter dans ses micro-installations, ses « espaces intérieurs », petites bouteilles de verre renfermant quelque délicat échantillon de papier de Chine ou de fil de laine, symbolisant une sorte d’espace mental, de conscience intime, mises en mouvement malgré elles par le moindre souffle de vent, la vie…

 

Dans son approche créatrice comme glissement poétique et processus de sédimentation sensible autant qu’intellectuelle, Sasha Ferre se veut aussi proche du verbe, du texte, du mot, de la littérature et de la poésie, du sens des mythes. Dans son panthéon personnel, fait de rencontres poétiques et de hasards littéraires, on croise la poésie d’Henri Michaux, avec qui elle partage un certain sentiment de la vie : « …dessiner les moments qui bout à bout font la vie, donner à voir la phrase intérieure, la phrase sans mots, corde qui indéfiniment se déroule sinueuse »*, l’esprit de la mythologie grecque et de la philosophie chinoise. Dans son arbre généalogique rêvé, elle a choisi d’hériter de la solitude de Louis Soutter et de l’humilité de Pierrette Bloch, de la radicalité chromatique de Pierre Soulages ou encore de la puissance émotionnelle d’Annette Messager.

Elle développe ainsi peu à peu un univers nourri de références, sans tutelle cependant, cherchant à « se parcourir », pour reprendre le mot de Michaux. Dans cet univers qu’elle construit pièce après pièce, chaque intervention aussi apparemment légère soit-elle, est toujours longuement méditée, dans une grande pureté des intentions, et une recherche permanente de sincérité dans le geste et la création.

 

* Henri Michaux – Passages – 1950 – Ed. Gallimard - Imaginaire, 1998

 

Issue d’une famille d’intellectuels et d’artistes, Sasha Ferré (née à Paris en 1975) étudie à HEC puis à la Sorbonne, l’Histoire de l’Art. Elle commence à travailler au musée du Louvre et au Centre Pompidou. Après la naissance de ses 3 enfants, elle se consacre à son art. Elle fréquente l’Académie de peinture et de dessin de la Grande Chaumière et suit des cours de broderie chez R. Malbranche. 
www.sashaferre.com
 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 22:08

Merci à tous d'être venus si nombreux découvrir "A nos pères" à la Galerie 2.13 pm ce samedi! Par bonheur, rare, le temps était avec nous, pas une goutte de pluie et vous tous débordant sur le trottoir!

L'exposition dure jusqu'au 18 juillet. N'hésitez pas à en parler autour de vous, à venir si vous n'avez pas pu venir samedi, à revenir si vous voulez revoir l'expo dans des conditions moins encombrées, et prendre le temps de découvrir la programmation vidéo! Bref, c'est ouvert et you're welcome!

 

 

vernissage-anp.jpg(Photo: Aristophane Deparis) 

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3 juin 2013 1 03 /06 /juin /2013 17:12

Dans le cadre de l'exposition déambulatoire "Je sème à tous vents", sur l'initiative du commissaire David Rosenberg, présentant plus de cent artistes dans 11 galeries autour du thème floral, la galerie arsenicgalerie présente la nouvelle production de dessins du désormais célèbre artiste japonais Daisuke Ichiba.

 

 

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Pour clore la saison en (sombre) beauté, arsenicgalerie accueille les œuvres nouvelles de Daisuke Ichiba, sous l’égide printanière de la fleur- « Hana » en japonais-.

 

Ici, les fleurs seront forcément « ambigües », car le travail du dessinateur japonais, héraut de la contre culture otaku et  désormais internationalement reconnu (son travail a récemment été présenté au MoMA de New-York dans le cadre de l’exposition Tokyo 1955-1970 : A New Avant-Garde“)  exige de pénétrer dans un monde aux tensions multiples, entre violence et subversion.

 

La fleur, le motif floral ou végétal, dans leurs dimensions ornementales et symboliques, entrent de manière récurrente dans le travail de Daisuke Ichiba. C’est pourtant pour la première fois et à l’occasion de l’évènement « Je sème à tout vent »* à laquelle participe arsenicgalerie, qu’Ichiba a produit 4 œuvres focus sur les fleurs, 3 petits formats dans un esprit proche de l’esthétique de l’estampe japonais. Belles et vénéneuses, étrangement vivantes et voraces, délicates et d’une élégance noire, elles semblent distiller leur parfum empoisonné, fidèles à l’univers délétère que développe Ichiba dans ses compositions plus complexes.

 

Il suffit cependant d’observer avec attention les travaux d’Ichiba pour reconnaître que le motif floral s’y retrouve partout, en fond de trame, en motif ornemental, en environnement, bien évidemment de manière très éloignée du décoratif kawaï. De même que l’introduction récente de la couleur, notamment dans ses derniers travaux revisitant le « dessin d’enfants » dans lesquels, au-delà de l’encre de Chine, il use du pastel gras, parfois écrasé en trace colorée, parfois en transparence comme un lavis,  ne contribue pas à apaiser le trait et les représentations tourmentées de l’artiste japonais, les fleurs d’Ichiba sont toujours plus inquiétantes qu’apaisantes, les motifs végétaux pouvant même parfois se faire dévorateurs ou, à l’instar du nénuphar de Vian, pousser dans la poitrine de leurs hôtes tels des aliens poétiques, des Yokaï elles aussi, dont se nourrissent peut-être les jeunes filles d’Ichiba, sorte de Ko-no-hana-no-sakuya (princesses-fleurs dans la mythologie japonaise) délicates mais cruelles.

 

Dans cette œuvre fascinante, dans laquelle la beauté et la jeunesse frayent avec la corruption, la mort, la violence, la folie et la monstruosité, révélant les contradictions morales et les pans refoulés d’une société japonaise ambiguë et complexe, la présence récurrente du motif floral ne peut qu’être emprunt de symbolisme critique. Ainsi, à l’instar des sakura (fleurs de cerisiers), les fleurs d’Ichiba symbolisent une pureté et une beauté fragile et éphémère, en même temps que, de manière plus équivoque, un motif iconique dans l’histoire et la culture nippone, dans leur dimensions martiales, depuis les bushi ancestraux jusqu’aux policiers d’aujourd’hui, en passant par les kamikazes de la seconde guerre mondiale.**

Dans ce balancement perpétuel entre l’amour et la cruauté, la beauté et la destruction, les œuvres d’Ichiba sont, pour reprendre le titre du chef d’œuvre de Kitano, Hana-Bi, un feu d’artifice entre la vie et la mort.

 

*« « Je sème à tout vent… », 11 galeries parisiennes en fleur » est une proposition curatoriale de David Rosenberg.

Cabinet de curiosités, expositions collectives ou personnelles d'artistes de différents horizons, performances, poésie, ikebana, art d'aujourd'hui et arts premiers… Le parcours "Je sème à tout vent" explore à travers la sensibilité de onze galeries parisiennes la place de la fleur dans l'imaginaire artistique contemporain.

Avec la participation des galeries : Galerie 1900-2000, A2Z Art Gallery, Galerie Alberta Pane, Arsenicgalerie, Galerie Da-End, Galerie Martine & Thibault de la Châtre, L'Inlassable Galerie, Galerie de Nobele, Galerie Ilan Engel, Galerie Maïa Muller, Galerie Odile Ouizeman

Du 16 mai au 15 juin 2013

 

** Pendant la Seconde Guerre mondiale, les pilotes nippons peignaient le motif du sakura sur les flancs de leur avion avant de partir pour une mission suicide, en tant que symbole de beauté et de nature éphémère. Le gouvernement encourageait les Japonais à croire que l'âme des soldats morts au combat se réincarnait en fleurs de cerisier. Aujourd'hui encore, les militaires et les policiers utilisent ces fleurs comme emblèmes, drapeaux et insignes à la place d'étoiles (d’après source : Wikipedia)

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30 mai 2013 4 30 /05 /mai /2013 21:43

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Oeuvre présentée

 

Les revenants, 50 x 125, 2013 – Installation, Livres brodés, fils, bois

 

 

 

Spécialement conçue pour « A nos Pères », Les Revenants est une installation en forme de totem constitués de livres, envahis par les fils, fils brodés à même les pages des livres, amas et enchevêtrements complexes de fils, manifestant ce qui lie intimement Brankica Zilovic à sa propre histoire, à celle de son père, à celle  du pays d’où elle vient.

 

« J’ai choisi des livres qui dessinent des « contours » de mon père, comme des fragments intimes, politiques et spirituelles.

Un échantillon complexe et contradictoire :

L’œuvre militaire de Tito, 100 ans d’école de notre village en Serbie, NATO crimes (document édité par le Ministère de la Justice et des Affaires Intérieures de Serbie), Architecture traditionnelle de Serbie de 19e siècle ( livre dont mon père s’est inspirée pour construire sa seconde résidence, et qui en même temps correspond à sa maison natale),   Monastère de Studenica, inscrit au patrimoine de l’Unesco, le haut lieu de la spiritualité serbe , construite au 12e siècle par Stefan Nemanja, fondateur de l’Etat serbe et de la dynastie des Némanides ; page expliquant un schéma typique  iconographique des fresque orthodoxe ( 12e siècle), Considérations salutaires sur le désastre de Srebrenica, Yves Laplace chez Seuil ( le grand opposant de Peter Handke , qui écrit un très long article controversé, dans lequel l'écrivain autrichien accusait notamment les journalistes et intellectuels occidentaux d'avoir calomnié la Serbie…)

 

Evoquant ici le désenchantement idéologique de mon père, les injustices et les crimes non éclairés et obsolètes, le poids d’inculpations dites « génocidaires » mais aussi le regard presque nostalgique d’une Serbie rurale en voie d’émancipation culturelle, je tente ici de dénouer des mécanismes de transmission mnésique,  et  d’admettre  qu'un sentiment étrange de responsabilité  persiste en moi se rattachant à une faute tellement ancienne que ni mon père ni moi ni des générations  inferieurs,  ni personne ! ne s’en souvient plus…

Un profond sentiment de culpabilité qui nous revient inéluctablement.

 

L’interrogation, c’est à dire la lecture,  passe par l’acte de la broderie, plus précisément la suturation, comme une sorte de rituel obsessionnelle névrotique…C’est peut être une façon pour moi d’assumer une part de mon héritage plein de traumatismes et ruptures…de l’accuser, de l’éclairer, de  l’honorer, d’une certaine manière…ou tout simplement une tentative pour faire le deuil de moments qui ne reviendront jamais… »

 

Brankica Zilovic

 

Brankica Zilovic-Chauvain est une artiste franco-serbe, née en Serbie en 1974. Diplômée de l’Ecole des Beaux-Arts de Belgrade et de l’ENSBA de Paris, elle expose régulièrement son travail de peinture, dessin, installations et broderies en France, dans le cadre d’expositions personnelles et collectives.

Elle est pour la première fois commissaire d’exposition, avec Marie Deparis-Yafil, pour « A nos pères ».

 

 

 

 

 

"A NOS PERES"

Galerie 2.13 pm

Du 1er Juin au 18 juillet 2013

Vernissage le 1er Juin à partir de 18h

 

GALERIE 2.13 pm

22 rue Hector Malot

75012 Paris

(près de la Galerie Claude Samuel)

Métro Gare de Lyon L 1 ou 14, sortie 10 - RER A ou D

01 44 75 36 23

06 15 18 14 24

E-mail :  fpaumier-moch@213pm.com

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29 mai 2013 3 29 /05 /mai /2013 22:35

Dernière ligne droite avant le vernissage (demain je passe chez sainte rita, un cierge contre la pluie samedi): on monte à la Galerie 2.13pm!

 

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(Brankica Zilovic, Frédérique Paumier-Moch et Sandrine Elberg)

 

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Tout sera prêt bien sûr, et on vous attend samedi 1er juin, à partir de 18h!

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28 mai 2013 2 28 /05 /mai /2013 21:36

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Oeuvres présentées

 

Anna Freud, vidéo, 12 mn, 2006 – Série « Female Facets » - Son : « Sur le fil », Yann Tiersen, retravaillé

As time goes by, installation audio, 2013 – Cadre ancien 19 x 14, statuette de saint en pierre à chaux remodelée, feuille d’or – MP3, casque – Son : « As time goes by » - Herman Hupfeld,1931, interprété par Michaela Spiegel

 

 

La vidéo « Anna Freud » fait partie d’une série de cinq vidéos intitulée « Female Facets », dans laquelle Michaela Spiegel a choisi de dessiner à sa manière le portrait de cinq femmes célèbres: Alma Mahler, Anna Freud, Joséphine Baker, Wallis Simpson et Marie Bonaparte. Elle les a choisit pour ce que chacune d'elle représente de mythe féminin : la séductrice, la femme fatale, la fille à papa, la femme fantasme, l'intellectuelle frigide, la femme entretenue, l'intrigante...Mais à l'évocation archétypale, à l'attitude hagiographique conventionnelle, Michaela Spiegel opte pour un prisme inattendu ou inhabituel, peu connu et pourtant révélateur. En revisitant l'histoire, en désacralisant l'imagerie de manière radicale, l'artiste semble affirmer qu'aucune de ces femmes n'est typique ou atypique sitôt que l'on considère qu'il n'y a pas de typologie de la femme.

Son travail est en outre soutenu par une mise en scène ne laissant rien au hasard dans laquelle chorégraphie, objets, symboles, signes et musiques offrent, en deçà de l'image,  un sous texte psychanalytique aussi signifiant que réjouissant.

Voici donc la douce Anna Freud, fille de son illustre père, prisonnière de cette écrasante figure paternelle et du secret de ses amours féminines. Ce portrait, né d'un travail de l'artiste sur les correspondances entre Anna Freud et Lou Andréas Salomé, dévoile la relation masturbatoire d'Anna avec le tricot dont les fils filent la métaphore de la parenté...et de la filiation. Fil de laine qu'elle roule, déroule, enroule autour de son corps, avec lequel elle se bat, se libère et s'emprisonne, inlassablement, exutoire entre protection et enfermement, dans une violence narcissique qui peine à se contenir et un mal-être palpable. Une évocation sur le fil entre douceur et tension.

 

Conçue spécialement pour « A nos pères », l’œuvre « As time goes by » se veut une sorte d’hommage mélancolique et nostalgique au souvenir du père, une évocation volontairement pacifiée des relations parfois conflictuelles d’une fille avec son père, de l’artiste elle-même avec son propre père. Le père disparu, avec le temps qui passe – As time goes by- se pare de vertus, s’idéalise, les rancoeurs s’apaisent, la colère s’est tue et ne restent que des images muettes et sanctifiées, des souvenirs comme une mélodie douce amère du temps passé : « Play it, Sam. Play As time goes by ».

 

Né en 1963 à Vienne en Autriche, Michaela Spiegel vit entre Vienne et Paris. Formée à l’Université des Arts Appliqués de Vienne et à l’ENSBA de Paris, ses œuvres sont entrées dans de nombreuses collections publiques et privées (en France, la Fondation Francès, en Autriche, le Freud Museum ou le Musée Albertina. Son travail est régulièrement montré en Autriche en en France mais aussi, par exemple, en Russie ou en Allemagne)

 

 

"A NOS PERES"

Galerie 2.13 pm

Du 1er Juin au 18 juillet 2013

Vernissage le 1er Juin à partir de 18h

 

GALERIE 2.13 pm

22 rue Hector Malot

75012 Paris

(près de la Galerie Claude Samuel)

Métro Gare de Lyon L 1 ou 14, sortie 10 - RER A ou D

01 44 75 36 23

06 15 18 14 24

E-mail :  fpaumier-moch@213pm.com

 

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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 21:44

 

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Oeuvres présentées

 

Vidéo / Performance  « Un Seul Héros, le Peuple… mon Père », performance réalisée dans le cadre de l’exposition  « Amnésia» le 1er novembre 2012, à la Galerie Karima CELESTIN, Marseille. Vidéo, 3 mn, format DVD-MPEG.2, 2013

« Un Seul Héros, mon Père », Dessin, inscription sur papier d’arche, 65 cm x 50 cm, encadré sous verre, 2013

 

 

La vidéo montrée ici témoigne d’une performance en deux actes, réalisée par Mustapha Sedjal le 1er décembre 2012 sur les murs de la galerie Karima Célestin, à Marseille, dans le cadre d’une interférence avec l’exposition « Amnésia ».

 

Acte. I / Inscription du slogan sur le mur.

Mustapha Sedjal réactive, 50 ans plus tard, le slogan «UN SEUL HÉROS, LE PEUPLE» inscrit sur les murs d’Alger à la veille de l’indépendance en juillet 1962, sur les murs de la galerie Karima Célestin. Il l’analyse comme « phrase prise et reprise par le nouveau pouvoir en place pour construire cette utopie collective, mobilisatrice, pour arracher la révolution à ses héros et pour l’attribuer au peuple seul héros reconnu, marginalisant ainsi l’individu et sa mémoire. Une devise dans laquelle le peuple algérien devenue une pâte à modeler aux mains du nouveau pouvoir, l’enferme dans le moule de «la pensée unique». L’Algérie demeure otage d’une « Histoire bafouée » et moi, privé d’une part de notre vérité historique. »

 

Acte. II / « D’un trait, je barre le mot « Peuple » pour le remplacer par « mon père ».

Avec ce slogan, le système avait confisqué l'indépendance et a justifié la mise à l'écart des vrais « Héros » de la révolution algérienne.

Au travers de cet «Acte Plastique», je re-convoque «l'Histoire(s)» à travers mon histoire familiale et je revisite la mémoire individuelle de mon père entre le réel et l’imaginaire.

Face au silence et les non-dits de l’histoire officielle, une quête s’imposait devant la perte de « re-père », afin de reconstruire un « territoire / mémoire » ou les paradoxes de nos identités cohabiteront dans l’harmonie et la paix.

 

J’exprime aussi par cet acte plastique, la difficulté d’existence des artistes post-indépendances qui peine à s’extraire du carcan politique définit par la doxa de "l’art pour l’art" » annihilant par la voie de l’exclusion - la non-visibilité - tout pluralisme de la création artistique. »

 

(Mustapha Sedjal)

 

Complétant cette œuvre avec une proposition nouvelle, Mustapha Sedjal a réalisé spécialement pour l’exposition un dessin, intitulé « Un seul héros, mon père », fragile et épuré.

 

Mustapha Sedjal est né à Oran, en Algérie. Plasticien et vidéaste, il a été formé à l’Ecole des Beaux-Arts d’Alger et de Paris, mais aussi à l’Ecole Nationale Supérieure des Arts Décoratifs de Paris. Son travail a fait l’objet de plusieurs expositions personnelles et est régulièrement montré dans le cadre d’expositions collectives. Il a en outre participé à de nombreux festivals d’Art Vidéo en France et à l’étranger. Il vit et travaille à Paris.

 

 

"A NOS PERES"

Galerie 2.13 pm

Du 1er Juin au 18 juillet 2013

Vernissage le 1er Juin à partir de 18h

 

GALERIE 2.13 pm

22 rue Hector Malot

75012 Paris

(près de la Galerie Claude Samuel)

Métro Gare de Lyon L 1 ou 14, sortie 10 - RER A ou D

01 44 75 36 23

06 15 18 14 24

E-mail :  fpaumier-moch@213pm.com

 

 

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 23:07

On est le 24 mai mais dehors, tout ressemble à la Toussaint? 10 heures par jour devant un écran à travailler sans grand espoir de vacances à l'horizon?

Une seule solution:

 

 

Merci à Antonio Carlos Jobim, Vinicius de Moraes, Joao Gilberto, Toquinho...de me soutenir dans ma tache quotidienne!

SARAVAH!

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24 mai 2013 5 24 /05 /mai /2013 21:06

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Oeuvre présentée

 

КРАСНАЯ ЗВЕЗДА/ Red Star, video, 2’49, 2009

 

(Remerciements à Laurent Quenehen, Les Salaisons, Romainville)

 

 

Sur fond d’une musique traditionnelle que connaissent tous les enfants de l’ex-Yougoslavie, Milica Rakić fait défiler des images en noir et blanc, images d’archives qui résonnent aussi en elle comme des archives personnelles. Dans une esthétique volontairement minimaliste, elle y ajoute un sous-titre – un sous-texte- mettant en évidence, avec ironie et parfois provocation, les contradictions d’une mémoire qu’elle juge sélective.

 

On y voit des hommes au travail, et beaucoup d’images de femmes, engagées dans des travaux de production que l’on comprend mortifère, à mille lieux d’une certain image traditionelle de la femme tenue éloignée, par son genre et son rôle, de la guerre. C’est que dans l’idéal social socialiste, l’égalité entre hommes et femmes était, au moins sur le plan théorique, un principe central. Mais pour Milica Rakic, d’une certaine manière, une continuité existe entre ce passé et le présent, entre ces « héroïnes nationales » du passé et les héroïnes que sont censées incarner les femmes d’aujourd’hui. Une sorte d’idéal, plus ou moins renouvelé, d’une femme d’un nouveau genre, d’une femme « armée ».

 

 

Milica Rakić est née en 1972 en République Fédérale Socialiste de Yougoslavie. Diplômée de L’Académie des Beaux-Arts de Belgrade, son travail a été montré dans plus de 350 expositions, film et vidéo festivals, en Serbie et ailleurs (France, Grèce, Allemagne, Turquie, Etats-Unis, Chine…), et son travail a reçu de nombreux prix. Elle vit et travaille à Belgrade, en Serbie.

 

 

"A NOS PERES"

Galerie 2.13 pm

Du 1er Juin au 18 juillet 2013

Vernissage le 1er Juin à partir de 18h

 

GALERIE 2.13 pm

22 rue Hector Malot

75012 Paris

(près de la Galerie Claude Samuel)

Métro Gare de Lyon L 1 ou 14, sortie 10 - RER A ou D

01 44 75 36 23

06 15 18 14 24

E-mail :  fpaumier-moch@213pm.com

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22 mai 2013 3 22 /05 /mai /2013 21:02

 

 

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Œuvres présentées

 

Série « Relics »: Fields of glory, Write me a drawing, Art &fact, 30x40cm chaque, 2013

 

« Les reliques (du latin reliquiae, « restes »), sont les restes matériels qu'a ou qu'aurait laissé derrière lui un personnage Saint en mourant : soit des parties de son corps, soit d'autres objets qu'il a ou avait, pour les croyants, sanctifié par son contact. À partir du Siècle des Lumières qui voit les philosophes et écrivains de l'Encyclopédie combattre l'obscurantisme religieux, il y a un glissement des reliques saintes vers les reliques profanes de grands personnages historiques …» WIKIPEDIA

 

 La disparition du père est certainement un moment dans la vie ou l’être doit se confronter avec, d’une part le caractère éphémère de la vie, et de l’autre, avec l’approche de sa propre mort.

En élargissant la notion du mot « relique » (avant réservé à un personnage Saint ou historique) j’ai essayé de trouver le lien entre la vie et  les objets qui ont été utilisés ou crées par trois personnes, dont mon propre père ainsi que ceux de mes amis proches, Eugenio Pozzolini et Jean Deleuze. Il s’agit de photos faites  d’après des assemblages de différents objets ou images suite à une recherche dans les archives héritées de nos pères. Dans ce contexte, la notion « relique » ne concerne  pas un objet en soit mais une relation éphémère et poétique entre différents segments de leurs vie.

« Fields of glory » est dédié au père d’Eugenio, Monsieur Pozzolini, qui était vétéran de la deuxième guerre mondiale. Il s’agit ici d’une superposition de son portrait de jeunesse sur un dessin qu’il a réalisé dans son adolescence bien avant la guerre. Cette image est une apologie à un héros méconnu, mais c’est aussi une apologie à l’imagination de notre enfance.

Mon père était artiste, historien et critique d’art. De son vivant il a beaucoup aimé utiliser une vieille machine à écrire de marque « Remington ». La photo intitulée « Write me a drawing » lie les deux axes de sa vie professionnelle, artistique et théorique. Elle  représente un de ses dessins des années 60 dans la machine à écrire, qui apparait comme un message ancestral où à la place des signes, ce sont les traits et les formes qui surgissent.

Monsieur Deleuze était médecin à Casablanca. Il ne se séparait jamais de son gilet. Bien après sa mort son fils Jean a passé une commande à un photographe pour réaliser une photo de ce gilet. Il s’agit ici d’une photo artistique volontairement surexposé. L’enjeu conceptuel était de  passer  d’un monde artistique basé sur un fait – le gilet-, à travers une réalité souligné par le doigt qui montre la photo pour arriver à l’œuvre photographique finale qui englobe les deux.

Le point commun des photographies du triptyque « Relics » est la « dématérialisation » des objets qui ont marqué ou accompagné la vie de nos prédécesseurs. A travers un jeu d’association visuelle des faits  matériels  deviennent des clés  poétiques  de lecture de leurs existences. »

Bogdan Pavlovic

 

Né en 1969 à Belgrade, en Serbie, Bogdan Pavlovic vit et travaille à Paris. Il est diplômé de l’ENSBA de Paris et son travail est régulièrement montré dans le cadre d’expositions personnelles et collectives ( Fondation Atelier de Sèvresn Paris - Villa St-Cyr, Bourg-la-Reine - Zeppter Foundation Gallery, Florence - Touber Gallery, Paris - Villa di Bivigliano, Florence - OZON Gallery, Belgrade - Centre d’Art Plastiques Albert Chanot, Clamart, Karlskrona Kunsthall, Sweden…)

 

 

"A NOS PERES"

Galerie 2.13 pm

Du 1er Juin au 18 juillet 2013

Vernissage le 1er Juin à partir de 18h

 

GALERIE 2.13 pm

22 rue Hector Malot

75012 Paris

(près de la Galerie Claude Samuel)

Métro Gare de Lyon L 1 ou 14, sortie 10 - RER A ou D

01 44 75 36 23

06 15 18 14 24

E-mail :  fpaumier-moch@213pm.com

 

 

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Published by Marie Deparis-Yafil - dans Commissariats
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