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10 août 2015 1 10 /08 /août /2015 16:45
A l'ombre d'Eros- Visite guidée - Première salle capitulaire - Dimitri Fagbohoun (1)
Vierge noire à l'enfant – 2015 – Sculpture céramique émaillée noire, couronne en bronze – 85 x 35 x 30

Vierge noire à l'enfant – 2015 – Sculpture céramique émaillée noire, couronne en bronze – 85 x 35 x 30

Vierge noire à l'enfant – 2015 – Sculpture céramique émaillée noire, couronne en bronze – 85 x 35 x 30

 

 

Dans la première salle de l'exposition, une Vierge noire à l'enfant, trône, mise en jeu auprès d'un masque ventral gravide Gelede Fon, parure utilisée dans le cadre de mascarades dédiées aux femmes dans leur dimension maternelle chez les Yoruba du Bénin et du Nigéria. 

Dimitri Fagbohoun, lui-même originaire du Bénin, s'intéresse depuis longtemps à la production de ces objets et au-delà, à la manière dont les occidentaux, au travers de l'histoire du colonialisme et de l'histoire de l'art s'y sont attachés, comme forme d'art mais aussi comme commerce. En produisant à son tour des objets dits “fétiches”, dans une techniques différente, la céramique émaillée, il cherche à se “réapproprier” ces objets culturels et rituels pour leur donner un autre aura, une autre charge, en ré interrogeant l'histoire. Ici, ce fétiche de fécondité, par les effets de l'histoire et ses croisements, se retrouve évangélisé, vierge noire à l'enfant, au sens propre, à mi chemin entre la Vierge chrétienne et ces “Vierges noires” qui émaillent l'iconographie religieuse, la plupart des Vierges noires étant liées à des rites de fertilité, de fécondité ou de sexualité.

 

Dimitri Fagbohoun est né en 1972 d’un père béninois et d’une mère ukrainienne à Cotonou, au Benin. Ayant grandi au Cameroun avant de s’installer en France ou il vit et travaille désormais, les thèmes et les questions qu’il aborde sont à l’image de son parcours et son histoire, à cheval sur les frontières géographiques et artistiques. Son travail, parfois autobiographique, est ainsi indissociable de sa propre expérience, de son identite plurielle. Protéiforme, par les formes hétérogènes qu’il utilise -video, photographie, installation-, il conçoit son travail artistique comme un champ de propositions, son oeuvre fonctionnant par “corpus”, autour de questionnements à la fois distincts et liés, depuis la question des identités à celle du père, depuis une réflexion sur les croyances à une confrontation à l'expérience de la mort, dans une relation constante et comme circulaire de l'histoire intime à celle du monde dans laquelle elle s'inscrit.

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30 juillet 2015 4 30 /07 /juillet /2015 16:58
La vie, l'amour, la mort...

Il y a un an aujourd'hui, j'étais en train d'écouter çà:

Et puis le téléphone a sonné. Mon frère...Il m'a dit que c'était la fin...La fin de quoi?...Je n'ai pas voulu dormir cette nuit-là, car je savais que c'était la dernière nuit. La dernière nuit...Le sommeil a fini par vaincre et le lendemain matin, papa était parti. Pour nulle part car il n'y a pas d'arrière-mondes. Parti du fond de son lit d'hôpital, avec de la musique, encore...

Plus tard, une de mes tantes m'a envoyé cette photo.

Eté 1973, Canet en Roussillon.

Une image de bonheur et d'amour. Une image d'avant...

Quand je regarde cette photo, la rage m'étreint autant que la joie et la tristesse. La rage d'une enfance volée, d'une vie de famille pervertie. Pour toujours.

Si je devais faire aujourd'hui un voeu pieux et naïf, je voudrais que jamais aucune folie d'adulte ne vienne entraver la marche libre de l'enfance, ni s'interposer entre un père et sa fille...

Nous méritions une autre vie.

Soyez responsables. Veillez sur vos enfants.

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29 juillet 2015 3 29 /07 /juillet /2015 11:53
Masque de ventre de maternité Gelede Fon, Nigéria – Bénin, Fin 19ème/début 20ème siècle, Auteur anonyme , Bois sculpté, Hauteur: 50 cm – Origine: Collection Jacques Kerchache – Courtesy Galerie Schoffel-De Fabry, Paris

Masque de ventre de maternité Gelede Fon, Nigéria – Bénin, Fin 19ème/début 20ème siècle, Auteur anonyme , Bois sculpté, Hauteur: 50 cm – Origine: Collection Jacques Kerchache – Courtesy Galerie Schoffel-De Fabry, Paris

Masque de ventre de maternité Gelede Fon, Nigéria – Bénin, Fin 19ème/début 20ème siècle, Auteur anonyme , Bois sculpté, Hauteur: 50 cm – Origine: Collection Jacques Kerchache – Courtesy Galerie Schoffel-De Fabry, Paris 

 

Dans la première salle de l'exposition, une Vierge noire à l'enfant, trône, mise en jeu auprès d'un masque ventral gravide Gelede Fon, parure utilisée dans le cadre de mascarades dédiées aux femmes dans leur dimension maternelle chez les Yoruba du Bénin et du Nigéria. Le culte Gelede naît dans la seconde partie du 18ème siècle, reflétant le passage d’une société matriarcale à un système patriarcal. Ayant dérobé le pouvoir aux femmes, les hommes décidèrent de consacrer un culte à la toute puissance de la mère ancestrale Iya Nla, la « Grande Mère » qui, dans la culture Yoruba, assure l’ordre du monde tout en menaçant sa stabilité. Pour apaiser la colère des femmes âgées nommées awoniya wa (« nos Mères »), les communautés rurales des Yoruba-Nago et des Fon organisent des mascarades rituelles après les moissons, ou à l’occasion de calamités (sécheresse, épidémie) et d’événements importants (funérailles…). Les cérémonies religieuses Gelede mettent donc en scène des danseurs masculins, parés d’attributs et de vêtements féminins. En adorant les «Mères», le Gelede célèbre le pouvoir des femmes et leur rôle central dans l'organisation de la société Yoruba, tant sociale que spirituelle. En donnant la vie, elles maîtrisent ses mystères, insondables pour les hommes. En devenant sorcières, elles peuvent aussi semer le désordre, reprendre la vie. Le culte gelede rend hommage au pouvoir spirituel des femmes, les apaise, les divertit, conjure leurs forces négatives, cherche à obtenir d’elles fécondité dans la procréation comme dans la terre…

Cet objet, provenant de la collection de Jacques Kerchache, qui fut un des plus importants collectionneurs français d'art premier et à l'origine du musée du Quai Branly, exprime l'universalité de ce mouvement et de cette quête d'énergie vitale, incarnée par le corps maternel et le pouvoir d'enfantement.

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28 juillet 2015 2 28 /07 /juillet /2015 10:51
A l'ombre d'Eros - Visite guidée - Première salle capitulaire - Ghyslain Bertholon (2)
A l'ombre d'Eros - Visite guidée - Première salle capitulaire - Ghyslain Bertholon (2)
General Motoeurs, white and black versions – résine laquée – 100 x 60 x 50 cm– 2012 - Courtesy l'artiste et School Gallery, Paris

General Motoeurs, white and black versions – résine laquée – 100 x 60 x 50 cm– 2012 - Courtesy l'artiste et School Gallery, Paris

General Motoeurs, white and black versions – résine laquée – 100 x 60 x 50 cm– 2012 - Courtesy l'artiste et School Gallery, Paris

 

 

(...) On retrouve dans la première salle de l'exposition cette représentation organique du cœur, comme siège réel autant que symbolique de l'Eros, à la fois comme puissance vitale et comme organe hautement symbolique de l'amour. General motoeurs blanc, et noir, deux cœurs surdimensionnés, luisants comme de neuves mécaniques. Noir et blanc, tout un symbole, l'un tourné vers l'autre comme, dit-on, le visage du gisant de Marguerite vers celui de Philibert pour l'éternité. Deux cœurs qu'on imagine ardents, bien que figés dans leur matériau, qui augurent de tout ce que l'homme peut alors produire, point de départ de la vie, et de l'amour.

 

En 1999 Ghyslain Bertholon intègre, à l’invitation de l’urbaniste Jean-Pierre Charbonneau, l’Atelier de Conception, rassemblement d’une quinzaine d’artistes, architectes et designers pour des actions dites de proximité, dans l’espace public. Jusqu’en 2004, il multiplie les collaborations artistiques et réalise dans le même temps plusieurs commandes publiques pour des installations pérennes dans l’espace public.

A partir de 2005, il écrit sa propre «Poézie» (mise en place du programme artistique Diachromes Synchromes et Poézies) et multiplie les expositions et résidences en France et à l’étranger.

Le travail de Ghyslain Bertholon se structure depuis 2005 autour de deux pôles distincts et complémentaires. Le premier l’entraîne dans une analyse des flux d’images et d’informations (programme de recherches donnant naissance aux Diachromes et aux Syn­chromes) tandis que le second regroupe, sous le nom de Poézies, l’ensemble de ses réflexions et de son approche sensible sur ce qui constitue notre environnement social et culturel.

 

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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 12:13
A l'ombre d'Eros- Visite guidée - L'Eglise - Tarik Essalhi

Gisant 3 – Béton – 80 x 19 x 15 – 2009 – Courtesy l'artiste et Galerie Mariska Hammoudi, Paris

 

Sur le jubé, seul et rayonnant, ce gisant de Tarik Essalhi subjugue par l'émotion qu'il dégage, dans sa simplicité et son dénuement.

Réalisée en béton, l'oeuvre s'inscrit d'emblée dans cette ambiguité de la douceur et de la dureté, de la chair et de l'inanimé. « Le but", écrit Pascal Beausse, "n’est pas d’atteindre à un hyperréalisme, mais bien plutôt de retrouver dans l’usage de cette matière paradoxale, qui construit les murs de nos enfermements, l’idée de la "morbidezza" formulée par les Italiens. Avec toute la richesse de l’ambiguïté du terme et de sa traduction : la morbidesse en art, c’est la mollesse et la délicatesse de la figure, la souplesse du modelé de l’anatomie. Une forme de sensualité du corps mort ou souffrant. Les vertus d’un alliage entre misère physique et puissance sensuelle permettent à l’artiste d’affirmer la dureté de sa vision. Ce corps rejeté, les mains liées dans le dos, a une chair, douce et mouvante : le traitement des plis de son ventre le dit, en lui restituant une individuation qui lui fut niée par la cruauté de son exécution."

 

La facture d’apparence néoclassique de la sculpture renforce le trouble, semblant surligner l'écart entre une forme apaisée et une image de la pénitence, de l'enchainement, de la domination et de la barbarie. De même, la réduction de l'échelle, nous éloignant d'un frontalité trop évidente, crée une sorte d'empathie transcendant la dureté du sujet et du matériau, nous laissant revenir vers une étrange sérénité...

 

Tarik Essalhi s'intéresse à l'imagerie de la barbarie, dans ses dessins comme dans ses sculptures, réfléchissant sur l'iconographie de la pénitence, de la "martyrologie", très présentes, notamment dans les représentations bibliques de l'histoire de l'art occidental, depuis le 15ème siècle. On reconnait aussi sans peine son inclination pour la statuaire classique, et "dans ce mélange de force et de sensualité"*, son regard sur l'oeuvre de Michel Ange. Ainsi le travail de l’artiste culmine-t-il "avec la dépouille de Saint-Barthélémy ( écho de celle qu’a peinte Michel-Ange dans son Jugement Dernier ) : une surface sans volume comme un oripeau de la pratique du sculpteur, une enveloppe pendante qui nous questionne sur son contenu éphémère."*


 

Né en 1981 à la Réunion, Tarik Essalhi vit et travaille à Mazens dans le Tarn.Il est diplômé de l’école nationale supérieure des Beaux art de Paris et a remporté plusieurs prix pour son travail de dessin, une de ses deux expressions majeures, avec la sculpture. Tarik Essalhi, dessine à la plume, et sa manière, et ses sujets de prédilection, sont imprégnées d'une vision du classicisme, bousculées dans leur fond par un regard très contemporain sur la brutalité du monde. Le travail de Tarik Essalhi semble ainsi s'isncrire dans la droite ligne des artistes de la Renaissance, humanisme compris, "usant des représentations du corps pour dire sa vulnérabilité et la permanence de la brutalité collective."

 

*D'après Bruno Dubreuil

A l'ombre d'Eros- Visite guidée - L'Eglise - Tarik Essalhi
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27 juillet 2015 1 27 /07 /juillet /2015 12:06

...même à la FNAC (ici, FNAC De Châtelet - Les Halles)!

Amis parisiens, si vous êtes encore là, vous n'avez donc aucune excuse pour ne pas vous le procurer!

Le catalogue de A l'ombre d'Eros, en vente partout...
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21 juillet 2015 2 21 /07 /juillet /2015 12:06
Meute de loups – Loups en moutons de poussière, structures métalliques – Dimensions variables – 2011 – Courtesy de l'artiste et collection privée

Meute de loups – Loups en moutons de poussière, structures métalliques – Dimensions variables – 2011 – Courtesy de l'artiste et collection privée

Lionel Sabatté - Meute de loups – Loups en moutons de poussière, structures métalliques – Dimensions variables – 2011 – Courtesy de l'artiste et collection privée

 

Dans les hauteurs de l'église désacralisée, au détour de l'escalier montant au jubé, retenus dans l'Oratoire supérieur de Marguerite, une meute de loups. Ils sont l'oeuvre de Lionel Sabatté, artiste qui transforme poussière, peaux et ongles morts, cheveux et autres rebus en fascinantes œuvres d'art.

Ces loups, fabriqués en moutons de poussière agglomérés, récupérés durant plusieurs mois à la station de métro Châtelet, à Paris, suggèrent au premier abord, installés ici dans l'Oratoire, dans cette lutte de l'amour contre la destruction et la mort, la métaphore religieuse du « loup dans la bergerie»: «Gardez-vous des faux prophètes. Ils viennent à vous déguisés en brebis, mais au-dedans ce sont des loups féroces»*

Mais la voracité de ces loups, qui ne sont ici nullement déguisés, si ce n'est recouverts de leur peaux de moutons de poussière, peut être interprétée de multiples façons. Ce peut être la soif de pouvoir autant que la faim d'argent de l'impérialisme politique ou économique, et la tentation de pactiser avec eux. Nous ne pouvons pénétrer dans la salle aux loups, restant séparés d'eux comme d'un danger potentiel, notre folie, notre miroir. «Homo homini lupus est», de Plaute à Freud en passant par Hobbes.

Le lien entre l'homme et les loups relève d'une longue histoire. Déjà à l'ère paléolithique dessinait-on des loups sur les parois des cavernes. Présent dans presque toutes les mythologies européennes, il représente le plus souvent l'état de nature brute, la puissance de la nature à l'oeuvre dans la destruction, à l'instar de Fenrir le loup annonciateur de l'apocalypse de la mythologie germanique. La culture judéo-chrétienne va ainsi développer de très nombreuses croyances et légendes autour de cet animal, y compris au travers des contes de fées, de la littérature.

Catalyseur de nos peurs, et de notre violence, il incarne ce contre quoi l'homme doit lutter en lui et hors de lui, lorsque, comme le préconise Descartes, nous devons nous rendre «maîtres et possesseurs de la nature»**

Pour l'artiste, le loup de poussière, un peu comme L'élevage de poussière de Marcel Duchamp (1920) manifeste aussi le passage du temps, l'irréversibilité et la part d'indéterminé du monde que matérialise le mouvement brownien de la poussière qui toujours se déplace et couvre toute chose de sa masse presque imperceptible mais présente.

 

 

* Evangile selon St Matthieu - ( 7-15)

** René Descartes - Discours de la méthode, 1824, tome I, sixième partie.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 10:55
"A l'ombre d'Eros et de Psyche" - Joel Paubel - Installation in situ - Miroirs sur chassis mobile, 2015

"A l'ombre d'Eros et de Psyche" - Joel Paubel - Installation in situ - Miroirs sur chassis mobile, 2015

A l'ombre d'Eros - Visite guidée - l'Eglise - Joël Paubel (1)

A l'ombre d'Eros et de Psyche- 2014-2015

Deux miroirs de 200 x 200 cm, sur châssis de bois mobile, 220 x 200 x 100 chaque, et deux éléments lapidaires provenant de l'église en contrepoids

 

L'idée de l'installation À l’ombre d’Éros et de Psyché, faisant appel aux miroirs, s'enracine loin dans les souvenirs de l'artiste. Il raconte: «En sixième, j’étais élève interne au Lycée Lalande. Nous avions droit de sortie accompagnée le jeudi après-midi. Un surveillant bien inspiré nous emmenait assez régulièrement au Monastère royal de Brou. Impressionnés par la monumentalité de l’église, des tombeaux et des gisants des deux Marguerite et de Philibert, nous suivions avec intérêt notre conférencier. Visiblement familier du lieu, le pion forçait le respect et plus encore le jour où il sortit un miroir de sa poche. Les pleureuses sculptées dans la partie basse du mausolée de Marguerite de Bourbon ont de longs capuchons qui empêchent de voir les visages. Le surveillant déplaça son miroir sous chacun des capuchons, le reflet tourné dans notre direction. Nous vîmes alors, dans ce carré magique, les visages baignés de larmes presque transparentes. »

Pour Brou, et pour réactiver le regard sur les tombeaux ce Marguerite d'Autriche et Philibert II de Savoie, Joel Paubel a donc imaginé ce dispositif dans l'église, deux miroirs psychés dupliquent à l’infini les mausolées royaux, et leur mobilité permet plusieurs angles de réflexion. Puis, dans le second cloître, deux autres miroirs, sur lesquels ont été imprimées les photographies des gisants, sont installés devant les sculptures Philibert et Marguerite de Richard Serra. 

 

Joel Paubel se définit comme « médiateur ». Responsable d’un master médiation culturelle et d’un enseignement de culture design à l'ÉSPÉ de Versailles, il est membre du groupe de recherche ECARTS (Ecole, culture(s), arts : patrimonialisation, médiation et autres transmissions) de l’université de Cergy. Joël Paubel fait partie d’un groupe de plasticiens enseignants chercheurs qui travaillent essentiellement dans les lieux patrimoniaux. Les objets et les environnements créés tentent de poser la question du lien avec le passé, l’ambition étant de réanimer l’art du passé avec l’art contemporain.

 

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 12:08
Fountain of Love (to mister JH Fragonard), white version – Sculpture en pierre de taille et résine – 2010/2011 - Courtesy de l'artiste et School Gallery/Olivier Castaing, Paris

Fountain of Love (to mister JH Fragonard), white version – Sculpture en pierre de taille et résine – 2010/2011 - Courtesy de l'artiste et School Gallery/Olivier Castaing, Paris

La première oeuvre de Ghyslain Bertholon que découvrent les visiteurs est une fontaine à vasque rappelant le style Medicis, surmontée d'un cœur. Un « vrai » cœur. Avec ses sorties veineuses et artérielles, ses valves et ses ventricules. Un vrai cœur presque palpitant, en hommage romantico-organique aux amours galantes dont Jean-Honoré Fragonard fut le peintre privilégié, et auquel Ghyslain Bertholon rend hommage ici. Placée à l'entrée de l'église où reposent Marguerite et Philibert, la fontaine de Ghyslain Bertholon connecte d'emblée la force d'une représentation contemporaine avec l'histoire du monument, et le cœur séparé du corps de Marguerite.

D'autres interprétations sont toujours possibles...Fontaine de Jouvence, elle renferme peut-être aussi le secret de l'amour, rapporté, présume-t-on, par Saint Bernard de Clairvaux : «Du secret de la poitrine de Jésus sortent quatre fontaines, où l'on puise quatre sortes d'eau, et d'où est arrosée toute l'Eglise répandue dans le monde. Ces quatre sources sont : la vérité, la sagesse, la force et l'amour. Elles fournissent de l'eau, et chacune une eau particulière. A la fontaine de la vérité, on puise l'eau du jugement, à celle de la sagesse, l'eau du conseil, à la fontaine de la force, l'eau du secours, et à celle de l'amour, l'eau des désirs ». *

 

 

En 1999 Ghyslain Bertholon intègre, à l’invitation de l’urbaniste Jean-Pierre Charbonneau, l’Atelier de Conception, rassemblement d’une quinzaine d’artistes, architectes et designers pour des actions dites de proximité, dans l’espace public. Jusqu’en 2004, il multiplie les collaborations artistiques et réalise dans le même temps plusieurs commandes publiques pour des installations pérennes dans l’espace public.

A partir de 2005, il écrit sa propre «Poézie» (mise en place du programme artistique Diachromes Synchromes et Poézies) et multiplie les expositions et résidences en France et à l’étranger.

Le travail de Ghyslain Bertholon se structure depuis 2005 autour de deux pôles distincts et complémentaires. Le premier l’entraîne dans une analyse des flux d’images et d’informations (programme de recherches donnant naissance aux Diachromes et aux Syn­chromes) tandis que le second regroupe, sous le nom de Poézies, l’ensemble de ses réflexions et de son approche sensible sur ce qui constitue notre environnement social et culturel.

 

 

 

* Saint-Bernard de Clairvaux - Sermon 96, de diversis-

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15 juillet 2015 3 15 /07 /juillet /2015 12:02
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