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17 avril 2013 3 17 /04 /avril /2013 11:07

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« C’est un travail de juste mémoire,

cernée de noir comme la douleur des

pierres »

Jean-Yves MALLAT

 

 

Pour cette première exposition de l’année, l’Espace 111 a choisit de rendre un hommage à l’artiste franco-israélien, et montreuillois, Ben-Ami Koller. En présentant quelques uns de ses dessins et peintures de la dernière période, l’Espace 111 met en avant la dimension profondément humaniste de ce dessinateur virtuose, dont le trait sûr, au crayon, à la pointe d’argent, à la pierre noire, à la sanguine, à l’encre de chine, ou à la peinture, et la puissance de représentation de l’humain, ici dans ses plus profondes souffrances, ont fait la renommée.

Cette dernière série est unanimement considérée comme le chef d’œuvre et le point d’orgue de sa longue et prolifique carrière d’artiste.

 

Il se passa de nombreuses années, presque quarante ans, entre le jour où, à 19 ans, Ben-Ami Koller écouta sa mère lui raconter plus de sept heures durant les crimes que les nazis commirent sur sa famille déportée et décimée à Auschwitz, et celui où, après avoir magnifié la sensualité des corps et des visages dans leurs courbes solaires et exploré les abysses de l’abstraction, il prit, enfin, ses huiles et ses encres, ses pierres noires et ses pastels, pour accoucher de cette série, « Corps en souffrance », la plus poignante de toutes, sans doute, qu’il montrera pour la première fois en 2008 sous le titre « A tous les miens que je n’ai pas connu ».

Dès lors, les œuvres jaillissent de lui, comme mû par une force extérieure et, confie-t-il « je ne peux rien faire d’autres que de peindre, de peindre, de peindre… ». Manière d’exprimer ce qui procède pour lui désormais d’une absolue nécessité, celle de la mémoire de l’indicible, celle, comme l’écrit son amie Evelyne Artaud, de cette conscience « d’appartenir à un siècle de barbarie, de violence et de mort », lui qui affirmait tant aimer la vie.

 

« Depuis plus de deux ans déjà, j’ai orienté ma démarche vers le corps en souffrance… J’ai résolument tourné le dos à la couleur et à l’abstraction, et je suis revenu vers le corps et le visage exclusivement. Cette orientation a été en grande partie déterminée par l’histoire de ma famille ; le déclencheur fut le drame de la Shoah et de la déportation, puis mes recherches se sont étendues à un questionnement plus général sur la souffrance infligée au corps et à l’esprit. Cette préoccupation était déjà inscrite en filigrane dans mon travail depuis longtemps sans que je l’aie appréhendée clairement et sans que j’en aie fait la charnière de mon travail au point où je l’amène actuellement. Je pense que mon âge et mon vécu ont une importance énorme dans cette prise de conscience », expliquait Ben-Ami Koller en 2008.

 

Son expressionnisme grave et nourri des figures de la douleur et de la destruction le range au côté de Goya, de Picasso, de Bacon ou de Zoran Music. Les corps des suppliciés qu’il dessine, sans spectacle mais sans concession*, donnent à son œuvre une dimension sacrée.

 

Loin d’exorciser l’horreur, il semble qu’il faille oser montrer, et regarder, ces œuvres à la violence émotionnelle dense, qui nous exhortent à ne pas croire que le temps des crimes contre l’humanité est révolu, qu’ « il ne faut pas nous chanter victoire, il est encore trop tôt : le ventre est encore fécond, d'où a surgi la bête immonde. »**

 

 

* d’après Jean-Noël Cuenod

** Bertolt Brecht - « La Résistible Ascension d'Arturo Ui » (trad. Armand Jacob) (1941), dans Théâtre complet, vol. 5, éd. L'Arche, 1976

 

 

 

 

 

Ben-Ami Koller (dont le prénom signifie « fils de mon peuple », en hébreu) est né en 1948 à Oradea en Transylvanie, une région de Roumanie, qui fut hongroise avant la guerre, et disparu brutalement en 2008. A l'âge de 7 ans, Ben-Ami Koller est distingué par un premier prix d'aquarelle dans le cadre d'un concours international organisé par la Chine. Après des études d’arts plastiques à l’Académie des Beaux Arts de Bucarest, il émigre en Israël en 1974, avant de choisir de s’installer en France, à Montreuil, en 1981. 

Internationalement reconnu, ses œuvres ont été montrées dans plus de 200 expositions personnelles et collectives en Europe, en Amérique, en Israël et au Japon. Ses œuvres figurent dans des collections publiques - Fonds national d’art contemporain, Bibliothèque nationale, Conseil général des Hauts-de-Seine, Fonds d’art contemporain de Seine-Saint-Denis, etc. - et privées : Narodni Galerie (Prague), Novotel et Axa. Le travail de Ben-Ami Koller a fait l’objet de plusieurs films, dont deux de l’Institut national de l’audiovisuel (INA).

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 22:12

 

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A l’occasion de la semaine du dessin contemporain à Paris et en marge des salons, Constance Lequesne et la Little Big Galerie présentent « Saints Suaires », la première exposition personnelle de Christophe Lambert.

Les « saints suaires » exposés ici font partie d’un triptyque, « Au troisième jour », qui, entre la mort et la résurrection, s’attache à célébrer la sainte dimension  de l’amour.

Référence délibérée aux fameuses reliques iconiques et dans un esprit d’emblée iconoclaste, les « saints suaires » de Christophe Lambert ont moins à voir avec quelque figure christique qu’avec une exploration in et ex corpus du souvenir de femmes aimées.

Dans un ensemble d’œuvres dessinées teintées de romantisme « mastroiannien », il revisite sous les traits de son stylo parfois rehaussés d’encres et de feutres les corps désormais absents de femmes et reconstruit comme en un rébus quelque fragment de leurs histoires.

 

Ce sont donc autant d’histoires d’amour qui se dessinent, sur la peau délicate des longs gants de cuir, les robes blanches empreintes des formes de celles qui les portèrent jadis, contre, tout contre la peau, surface aimante que l’artiste n’effleurera plus. De la même manière que le « saint suaire » porte la marque, le dessin, du corps divin évanoui, il entend ainsi transcender les corps féminins comme médiums sacralisés de l’amour. Y a t il tant de différence entre l’amour du corps du Christ et celui du corps d’une femme si tout amour est bien, pour reprendre le mot de Baudelaire, « aspiration vers l’infini » (1) ?

Capturant donc la forme du corps de la femme aimé, dessinant ses contours sous/sur la robe, il exprime dans le même temps le véritable sens de ces « suaires », destination finale et véritablement linceuls de ses amours défuntes, et fixe for ever les traces –les preuves- que l’amour eut lieu, fort de cette « conviction amoureuse quasi religieuse [que ce] qui nous animait n'a pas été un leurre. » (2). Le souvenir d’ « avoir été » est sans doute « presque-rien », comme dirait Jankélévitch (3), mais aussi proche qu’il puisse être aujourd’hui du néant, il ne s’y réduira jamais.

 

 

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Et quoi de plus marquant qu’un tatouage ?, qui inscrit l’évanescent à même la peau, et, de manière indélébile, manifeste la conscience que vivre, c’est perdre, essayant de renverser cette entropie existentielle en arrachant à l’indépassable éphémère quelque chose comme un trésor, une œuvre, un signe, une image. Tentative de conjuration de l’évidence et nostalgie, comme s’il fallait par la trace se rappeler à la vérité jankélévitchienne : rien ne pourra jamais faire que ce qui a eu lieu n’ait pas eu lieu.

Se sur-imprime donc à la silhouette, sur le tissu des robes, une sorte de « cartographie » anatomique et fantaisiste, empruntant pour beaucoup à l’esthétique du tatouage contemporain, « foisonnant d’os, d’entrailles, de veines et de lianes... », produisant ainsi une sorte d’inversion du visible, un envers des choses radiographique. Ce rapport entre le dedans et le dehors, le visible et l’invisible, cette inclination pour le mystère du « sous la peau » se trouve récurrent dans le travail de Christophe Lambert, et pourrait s’interpréter comme une volonté de pénétrer dans une intimité qu’il sait pourtant inatteignable, malgré l’amour.

 

Ainsi, les représentations d’os et de squelettes, que l’on retrouve un peu partout dans les sinuosités de ses dessins, ne se cantonnent-elles pas à ce que l’on pourrait estimer comme une allégeance un peu facile à une imagerie symbolique –celle, désormais plus que mainstream et vidée de toute substance, de la Vanité -. Sans doute elles s’enracinent bien davantage dans l’inquiétude pour l’être aimé qui est un corps, avec sa fragilité, sa finitude, son intimité organique. L’amour total, et sublime, y compris dans sa trivialité. Hilda dira à Goetz : « Je t'ai soigné, lavé, j'ai connu l'odeur de ta fièvre. Ai-je cessé de t'aimer? Chaque jour tu ressembles un peu plus au cadavre que tu seras et je t'aime toujours. Si tu meurs, je me coucherai contre toi et je resterai jusqu'à la fin, sans manger ni boire, tu pourriras entre mes bras et je t'aimerai charogne: car l'on n'aime rien si l'on n'aime pas tout. »(4)

 

Mais, sans doute par pudeur autant que par goût, Christophe Lambert aura bien fait de se détourner de toute tentation de dramaturgie expressionniste, en optant pour cette esthétique inspirée du tatouage, donnant à ses œuvres une sorte d’élégance décalée punk-rock, s’amusant aussi à subvertir l’iconographie religieuse qu’il fréquenta, enfant. Les corps érotisés se présentent dans des postures mystiques d’offrande ou de don, paumes des mains tournées vers, au choix, le Ciel, ou le désir des autres. Il ose avec humour la transgression ou la dissidence. Ainsi cette paire de gants, dont la première main de cuir, tatouée d’un « God’s gift » un brin ironique, montre la lascive Emmanuelle de Just Jaeckin, tandis que l’autre se pare d’un éloquent serpent tout droit sorti du Jardin d’Eden. Dans cet univers où l’amour et la douleur vont de paire, la liberté parfois se tatoue au dessus d’un pubis avec rage : « Only god can judge me ».

 

Comme sur une peau couverte de tatouages, les dessins de Christophe Lambert se composent par glissement, télescopage, condensation, disruption, dans une sorte de cadavre exquis dont le sens, in  fine, n’appartiendrait qu’à lui, et le « suaire » se fait palimpseste de son histoire. Il procède aussi par clash visuel, samples d’univers qui avec le temps se sont rendus connexes. Dans cette dérive des continents culturels, se côtoient des putti italiens et Léonard de Vinci, Bob l’éponge et Gregory Peck en Captain Achab, des cœurs percés d’une flèche façon voyou sentimental et des têtes de mort ou les ailes d’un ange qu’on trouve aussi bien sur des pulls à la mode que dans le dos d’un Hell’s Angel ; et les ornementations, sur le fil de la beauté ou du mauvais goût, flirtent avec le baroque autant qu’avec la culture pop. Synesthésie de l’inspiration, chaque œuvre porte le titre d’un morceau de musique écouté pendant sa réalisation. Cette sélection très éclectique, de James Brown à JS Bach, en passant par Michael Jackson ou Ryuchi Sakamoto rappelle, s’il fallait le dire encore, combien nos références relèvent désormais d’une culture commune à plusieurs générations et milieux socioculturels, et comment les supposées frontières entre culture de masse, subculture, et culture traditionnelle tendent à se dissoudre, dans une porosité des catégories esthétiques largement ancrée dans notre époque.

Il y a, pensera-t-on peut-être, quelque chose de suranné à parler ainsi d’amour, et d’impudique à le déclarer de la sorte, livrant son intimité, le récit de ses ruptures sentimentales. L’ostension de ces suaires, c’est un peu « le soulagement de mon propre cœur qui se berçait de ses  propres sanglots » de Lamartine. (5) Pour éclairer ce qui l’anime, cette fièvre, Christophe Lambert parle de l’« ivresse intérieure » du faire, cet acte libérateur, pour l’inspiration créatrice,  mais aussi, ici, acte cathartique. Cependant, en choisissant de dévoiler des pans d’intimité d’une époque de sa vie, Christophe Lambert, à la façon de Baudelaire mais homme de son temps sensible à ses codes, ambitionne sans doute de "dégager de la mode ce qu'elle peut contenir de poétique dans l’historique, [...] tirer l'éternel du transitoire."(6)

 

 

1- Et aussi, comme le dira Céline plus tard, « l’infini à la portée des caniches » (Voyage au bout de la nuit, 1932)

2-  Entretien avec Solange Maulini, journaliste

3- Vladimir Jankélévitch – Le je-ne-sais-quoi et le presque-rien, 1957 – PUF

4-  J.-P. Sartre- Le Diable et le Bon Dieu, Paris, Gallimard, 1972, p. 225

5- Alphonse de Lamartine – Méditations poétiques, 1820

6- Charles Baudelaire – Le peintre de la vie moderne, 1863

 

 

Texte réalisé à l'occasion de l'exposition de l'artiste

 

 

 

 

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5 avril 2013 5 05 /04 /avril /2013 22:05

 

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Merci aux artistes, amis, soutiens, curieux et habitués, professionnels et collectionneurs -et pas merci aux voleurs à la petite semaine- d'être venus si nombreux malgré le réchauffement climatique et le périphérique au vernissage de "Beyond my dreams".

N'hésitez pas à revenir, l'exposition dure jusqu'au 4 mai.

Et très bientôt, des informations sur le joli évènement qu'on vous prépare pour le dimanche 21 avril après-midi.

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 23:36

Je n'ai pas encore dignement ouvert l'exposition "Beyond my dreams" à la Galerie MondapArt à Boulogne-Billancourt, qu'il est déjà largement temps de commencer à annoncer "A nos pères", une exposition en co-commissariat avec l'artiste Brankica Zilovic, qui se tiendra à partir du 1er juin, à la Galerie 2.13 pm, à Paris.

 

Les infos arrivent incessamment, mais je peux déjà présenter la liste des artistes avec qui nous aurons la joie de collaborer:

 

Des oeuvres de:

 

Dalila Dalléas Bouzar, Nathalie Déposé, Sandrine Elberg, Dimitri Fagbohoun, , Nandan Ghiya, Bogdan Pavlovic, Mustapha Sedjal, Michaela Spiegel et Brankica Zilovic

 

Et une programmation vidéo avec:

 

Marcell Esterhazy, Roland Furhamn, Soheila Golestani, Bogdan Pavlovic, Milica Rakic, Mustapha Sedjal, Michaela Spiegel

 

 

« A nos pères » - Galerie 2.13 pm

 1 juin – 27 juillet 2013

 

Vernissage le 1er juin 2013 à partir de 18h

 

Un commissariat de Marie Deparis-Yafil et Brankica Zilovic,

Sur l’invitation de Frédérique Paumier-Moch

  

 

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1 avril 2013 1 01 /04 /avril /2013 23:23

Puisqu'on vous dit que le sommeil et le rêve, c'est In!

 

Puisque la hypissime Tilda Swinton s'endort dans une cage de verre au MOMA, à New-York, performance qui m'en rappelle une autre, non? (Notre Nuit blanche avec Stefano Cassetti à la Galerie Talmart en octobre dernier!)

Mais rendons à César  Tilda... Tilda Swinton garde résolument la paternité de cette idée, puisqu'il s'agissait, ce samedi 25 mars à NY, de la suite d'une performance, "The Maybe",  qu'elle avait commencé il y a vingt ans à la Serpentine Gallery à Londres, avec l'artiste Cornelia Parker.

 

Tilda si tu me lis, il y a une exposition avec des oreillers et des lits, des gens qui dorment et des rêves...à la Galerie MondapArt à partir du 4 avril! Ok, Boulogne-Billancourt, ce n'est pas Manhattan, mais vu de là-bas, ce pourrait avoir le charme de l'exotisme made in France, non?

 

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29 mars 2013 5 29 /03 /mars /2013 20:01

 

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Œuvre présentée :

« Ma couche », 2010 – Installation, Lit recouvert de tissu damassé, brodé – 150 x 90

 

Cette œuvre, entre sculpture et installation, occupe une place particulière dans le travail d’Yveline Tropéa, tout en recelant, comme à l’accoutumée, d’éléments autobiographiques masqués et de représentations symboliques.

 

Ici, un lit de jeune fille rappelle le style baroque presque rococo, avec la fantaisie de ses lignes courbes, ses teintes pures de blanc et d’ivoire, et ses broderies riches et délicates. Sur les montants, la tête et le pied du lit, il s’agit davantage de scènes que de motifs, scènes d’inspiration clairement religieuses, résonnant avec le travail de l’artiste sur la figure de la madone.

 

Si au premier regard, ce lit semble être la couche d’une jeune vierge, lieu d’innocence et de pureté, dans le sommeil et la chasteté, des éléments iconographiques nous renvoient d’emblée vers des zones d’ombres. De sa pureté initiale, le lit peut se faire lieu de la trahison, de l’adultère, du mensonge…

L’artiste le vit alors comme une « empreinte de mémoire » : le temps passé, le rêve, les espoirs, la vie, mais aussi la désillusion, les amours égarées, la colère... Il est enfin premier et dernier lieu de vie.

 

Peu de pièces usuelles de mobilier sont si chargés émotionnellement et symboliquement. A la recherche d’une innocence perdue, cet hôtel, magnifié et en quelque sorte « sacralisé », tient lieu d’autel.

 

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

  Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

• tél : 06 08 30 94 90 • 09 52 77 76 41 •

 

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27 mars 2013 3 27 /03 /mars /2013 19:58

 

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Œuvres présentées :

Série « Champions’league », 2012 – Ensemble de 4 sculptures, dimensions variables, textiles sur polystyrène

Série « Flower Power », 2012 – Ensemble de 4 sculptures, dimensions variables, textiles sur polystyrène

« Cendrillon (trouver chaussure à son pied) », 2013 – 19, 5 x 19 x 19, textiles sur polystyrène

 

 

Fleurs dévorantes et champignons vénéneux ? Visions hallucinatoires ? Plantes psychotropes ? Confiseries géantes  de chez Willy Wonka ? Métaphores sexuelles pour rêves de jeunes filles, délice freudien ? C’est peu de dire que les deux ensembles d’œuvres de Mai Tabakian présentées ici ouvrent à bien des interprétations possibles !

Un peu avant, on aura découvert, en explorant les recoins de la galerie, une « Cendrillon » dont la cible – trouver chaussure à son pied- est sans ambigüité  malgré la métaphore.

 

Mai Tabakian aime décidemment prendre à rebours, avec humour et malice, les mythes et les contes de fées qui nourrissent les rêves des petites filles !

 

Sur le plan formel, ces pièces, objets hybrides à la dimension sculpturale, voire architecturale, offrent une intéressante alternative aux productions d’œuvres textiles contemporaines. Ni couture, ni broderie, ni tapisserie, son travail s’apparente presque à une sorte de « marqueterie textile », le tissu étant embossé sur des pièces de polystyrène extrudé.

 

Avec beaucoup de finesse et de savoir-faire, Mai Tabakian produit ainsi des œuvres plastiquement hautement désirables, mais dont les apparences pop et colorées ne doivent pas occulter les forces obscures qui s’y cachent, inquiétantes ou douloureuses réalités, sentiments ou pensées, comme une forme de lutte contre une cruauté dont nous ne savons pas tout.

 

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

  Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

• tél : 06 08 30 94 90 • 09 52 77 76 41 •

 

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25 mars 2013 1 25 /03 /mars /2013 19:50

 

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Œuvre présentée :

« Réminiscence »  2013, installation in situ, volumes en plâtre blanc, dimensions variables, écriture in situ, crayon gris

Photo ci-dessus : Max Torregrossa

 

Extrait du texte « Fais de beaux rêves ma douce … »

 

« Recouverte d’un drap blanc, elle attend que la nuit vienne la prendre. S’endormir doucement et paisiblement voilà ce à quoi elle aspire.

En mode veille, l’esprit vagabonde, les traits se détendent, le corps s’abandonne.

Elle lâche prise … »

 

« Réminiscence » est un travail autour du rêve, de ce qu’il reste en mémoire dans le réveil des yeux mi clos.

 

C’est dans l’obscurité de la nuit que nous jetons nos coups d’œil. Nous pénétrons sans cris égards les rêves et les cauchemars d’un Autre, à pas de velours des sensations parfois indéfinissables et tangibles se mettent en œuvre.

 

La machine est alors en mouvement et nous embarque malgré nous sur un chemin sinueux, où la conscience laisse place aux incontrôlables inconvenables convenues de l’esprit.

 

Du ressenti au ce que j’ai cru voir, Réminiscence fait appel de part ses volumes en plâtre blanc, vierges, tramés comme une peau habillés d’une écriture où les mots unis et désunis se débattent du cauchemar au rêve.

 

C’est dans l’empreinte, la trace que tout se joue.

 

(Julie Perin)

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

  Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

• tél : 06 08 30 94 90 • 09 52 77 76 41 •

 

 

 

 

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 22:59

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Pendant ce temps, à Paris...

 

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La success story continue pour Bertrand Grimont qui inaugure son nouvel espace, bel espace lumineux au 203 bis rue St Martin, dans le 3ème, avec une exposition bien-nommée "Espace augmenté", avec Guillaume Constantin, Grégory derenne, Jean-François Leroy, Thomas Mailaender, Vincent Mauger, Olivier Metzger, Nathalie Brevet _ Hughes Rochette

 

Jusqu'au 4 mai!

 

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La talentueuse Claire Tabouret, aussi, poursuit sa belle ascension avec cette jolie exposition à l'étage de la boutique Agnès B rue du Jour.

 

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Parmi les artistes présentés dans cette exposition à l'Espace Immanence, on pourra retrouver Michel Delacroix, le chef d'orchestre du désormais très célèbre "Chez Robert", qui poursuit son aventure.

"Intervalle ouvré" - avec Romain Cattenoz, Michel Delacroix, Bruno Persat, Pierre Tectin, Kirill Ukolov - Immanence - 21 avenue du Maine, Paris 15ème - Jusqu'au 13 avril

 

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La Galerie Talmart reçoit un collectif d'artistes tunisiens pour "Politiques", avec Shadi Al Zaqzouq, Matthieu Boucherit
Nidhal Chamekh, Ymène Chetouane , Fakhri El Ghezal, Maher Gnaoui , Malek Gnaoui, ismaël, Atef Maatallah, Ibrahim Màtouss, Ibrahima Wan

22 rue du Cloître St Merri-Paris 4ème - Jusqu'au 20 avril

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22 mars 2013 5 22 /03 /mars /2013 19:45

 

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Œuvre présentée :

« J’ai rêvé que… », 2008 – Photographie, jet d’encre pigmentaire sur papier Hahnemhule – 1 pièce 160 x 110 x 512 et 6 pièces dimensions variables sur socle 50 x 110 x 12

Remerciements Galerie Thessa Herold

 

 

Le travail de Gabriela Morawetz se situe « dans ce champ entre la poésie et la sorcellerie, et vise à révéler que l’autre face des choses ne saurait être une, ni totalement celle du rêve. A la manière d’Alice, c’est par l’image qu’elle nous conduit en un lieu intérieur, personnel, au bord de ce qui préside à l’invention des mots. » (Alin Avila)

 

Nombreuses sont les œuvres de Gabriela Morawetz qui nous mènent ainsi aux confins du rêve, de la poésie pure et de l’irrationnel.

Ici, un lit sans dormeur, qui, dans la simplicité de sa couche, semble exsuder de bulles, un bouillonnement peut-être, de souvenirs oniriques, et des images de dormeuse, repliée sur son monde, renvoyée dans l’agitation  de son sommeil.

Il subsiste toujours quelque chose de mystérieux et d’inexplicable dans la fait de ce double monde dans lequel tous nous vivons, une partie ici, l’autre moitié ou presque sur cette « autre rive » toujours aussi étrange que familière.

 

La sensibilité néoromantique de Gabriela Morawetz sait merveilleusement tirer le parti le plus poétique de ce genre d’ambigüité et de cet état de suspension.

 

 

 

« Beyond my dreams » - Galerie Mondapart

  Du 5 avril au 4 mai 2013 – Vernissage le jeudi 4 avril à partir de 18h30

Galerie Mondapart 80 rue du Château 92100 Boulogne Billancourt M° Boulogne-Jean Jaurès (10)- Bus n°52 - Vélib

Horaires de la galerie

Jeudis de 12h à 20h

Vendredis de 11h à 19h Samedis de 15h à 19h

et sur rendez-vous

• tél : 06 08 30 94 90 • 09 52 77 76 41 •

 

 

 

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