Lundi 18 octobre 2010 1 18 /10 /Oct /2010 21:01

 

Une fois n'est pas coutume, une petite pause hors du monde de l'art contemporain...

 

Depuis quelques mois, je collabore avec la Galerie Schoffel Valluet, galerie historiquement dédiée aux Arts Primitifs, et qui va ouvrir sous peu un département dévolu à l'art contemporain. Première étape de cette diversification, une incursion du côté de l'art moderne, avec une exposition rare, réalisée en association avec la Galerie Samy Kinge: "Dialogue des mondes: Victor Brauner et les Arts Primitifs". 

 

 

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« Dialogue des mondes: Victor Brauner et les arts primitifs »

 

La galerie Schoffel Valluet et la Galerie Samy Kinge présentent conjointement « Dialogue des mondes : Victor Brauner et les arts primitifs », double exposition mettant en regard une vingtaine d’œuvres sur papier de Victor Brauner et une trentaine de pièces d’art primitif, provenant d’Afrique, mais aussi d’Océanie et d’Amérique du Nord.

Victor Brauner, né en Roumanie en 1903, tient une place particulière dans l’histoire de l’art du 20ème siècle. D’abord proche du constructivisme, sa peinture est ensuite formellement dominée par « l’illusionnisme onirique » propre au surréalisme  même si on peut aussi y reconnaitre « un goût prononcé pour le portrait-charge et la caricature, et une fascination pour la ligne "prenant librement ses ébats" des dessins de Paul Klee. »* Après-guerre, il s’éloigne du surréalisme et à partir des années 50, son art peut être qualifié de « primitiviste », bien que l’on puisse déceler dès 1934 dans son travail des emprunts à l’art primitif, comme les cubistes et certains expressionnistes ont pu le faire avant lui.

C’est donc logiquement que les galeries Schoffel-Valluet et Samy Kinge ont choisi de montrer des dessins des années 50 et 60, en même temps qu’une sélection d’œuvres primitives principalement africaines, océaniennes et amérindiennes leur faisant écho. Victor Brauner lui-même possédait une collection d’art primitif, à l’instar de Breton ou d’Eluard, collection désormais conservée au Musée des Beaux-Arts de Saint Etienne.

Si ces correspondances rendent sensibles les proximités de formes, le propos de cette exposition cherche aussi et surtout à montrer comment l’art primitif a pu ouvrir les artistes de cette époque à un « nouveau territoire de rêve », et comment l’attirance de Brauner pour ces formes d’art tenait autant sinon davantage de la fascination pour les forces magiques de ces objets tribaux que du pur intérêt plastique.

Breton aurait dit de Brauner qu’il était l’artiste magique par excellence. Particulièrement sensible à l’ésotérisme et à l’alchimie, Brauner, en artiste « médiumnique », s’est ensuite nourri de la dimension spirituelle et céleste de l’art et de la pensée tribale, réalisant une sorte de syncrétisme entre chamanisme, magie, animisme, mythologie, psychanalyse et pouvoir des fétiches.

Ainsi, si les œuvres sur papier exposées ici permettent de découvrir un aspect de l’œuvre de Victor Brauner, elles contribuent aussi à dessiner les contours d’une figure typique de l’artiste du 20ème siècle, en prise avec l’exploration de nouveaux continents et de nouveaux pouvoirs, ceux de la « pensée sauvage » et ceux de l’inconscient.

 

Un catalogue est édité à l’occasion de cette exposition, avec un texte de Didier Semin, historien de l’art et conservateur, et une préface de Jeanne Brun, conservatrice du Musée d'Art Moderne de St Etienne.

 

*Didier Semin

 

A voir, avant de découvrir une programmation alternant art primitif et art contemporain, du 21 octobre au 4 décembre 2010 à la Galerie Schoffel Valluet - 14 rue Génégaud, Paris 6è -

Et aussi à la Galerie Samy Kinge, 54 rue de Verneuil, Paris 7è

 

Texte réalisé pour la Galerie Schoffel Valluet

 

Photo: Prelude to civilization, Victor Brauner

Par Marie Deparis-Yafil - Publié dans : Artistes, Galeries
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