Mardi 27 septembre 2 27 /09 /Sep 10:35

Les « Portes Ouvertes » des artistes et lieux d’art de Montreuil sont devenus des rendez-vous incontournables de l’automne montreuillois. Cette année, elles auront lieu les 15 et 16 octobre.

 

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L’Espace 111 participe donc naturellement à ce week-end d’octobre dédié aux arts visuels, avec « Urgent », une exposition montrant une sélection de 5 artistes.

Lili Bel, Corine Borgnet, Christine Coste, Jessy Deshais, Dorianne Wotton : 5 regards de femmes, 5 messages forts et intimes, 5 visions du monde sans concession.

 

A chacune de ces artistes, s’impose l’expression d’un état d’urgence : la nécessité de dire quelque chose de soi et du monde, de son rapport au monde, le besoin de confronter son

intimité à la réalité du monde contemporain.

Cette urgence, c’est aussi celle de créer, de produire, de faire oeuvre. De se réapproprier, comme pour Lili Bel et Corine Borgnet, des modes d’expression dits « féminins » – les fameux travaux d’aiguilles, opposant la minutie, la patience et la lenteur de ces ouvrages à la fulgurance du message délivré dans un monde où règnent la

performance, la vitesse et l’instantanéité. Il s’agit de marquer une pause – le temps de l’oeuvre -, de marquer une distance.

Chacune à leur manière, avec un humour parfois acerbe, avec lucidité, avec tendresse, elles se détournent de l’évidence de la beauté donnée ou normative, pour s’intéresser à ce que le quotidien, dans sa banalité, son imperfection voire sa laideur, recèle de beauté ou de poésie cachée. Parce qu’il est urgent de se défaire des stéréotypes et de

penser à réinventer notre regard.

 

LILI BEL

 

Le travail de Lili Bel, axé sur une démarche introspective, est essentiellement autobiographique, bien que traitant de thèmes à la portée universelle. « Le temps qui passe, la nostalgie du paradis perdu, l’enfance, la quête amoureuse, le deuil, le quotidien... autant de sujets liés à la condition humaine. J’emprunte ma technique aux ouvrages dits de patience, les travaux d’aiguilles, tels le crochet, le canevas ou la couture. Cette technique lente, faisant écho aux travaux familiers des femmes

d’antan, confère à l’ensemble une note obsessionnelle, aliénante. Maille après maille, ma pensée se révèle, l’ouvrage prend forme. »

 

CORINE BORGNET

 

L’ « Office art » de Corine Borgnet résulte d’une réflexion sur le monde du travail, ses codes et ses contraintes, le glissement bureaucratique et souvent désenchanté du monde contemporain contre la liberté de l’enfance. Le détournement du « Post-it », pris comme symbole du monde de l’entreprise, s’offre alors comme une alternative, une ligne de fuite ludique et poétique hors de cette ultime manifestation de la société du spectacle, comme dirait Guy Debord.

 

CHRISTINE COSTE

 

Travail singulier sur le corps, l’oeuvre de Christine Coste explore les formes de l’énergie vitale, aux travers de

représentations organiques et viscérales, entre attraction et répulsion, Eros et Thanatos, dans lequel le corps, ses blessures, ses souffrances, ses exultations et ses désirs s’affirment comme autant d’expressions de la puissance de la

« persévérance de l’être ». Coutures et coulures, plaies et cicatrices participent d’un vocabulaire qui cherche ainsi à

sonder l’humain dans son essence et ses profondeurs.

 

JESSY DESHAIS

 

Travail exprimant une féminité à la fois complexe et décomplexée, l’oeuvre de Jessy Deshais témoigne en tout cas d’une humanité qui n’a peur ni des mots ni des images, se joue des bienséances, des codes et des réalités, fussent-ils organiques. Elle porte un regard à la fois décalé et sans détours sur ces « petites merdes du quotidien », regard critique et parfois acerbe sur le monde dans lequel nous vivons,

et nous suggère que la vulgarité n’est pas toujours là où on croit. Elle affirme aussi que si « le monde est affreusement déprimant », il suffira qu’elle « tire un sourire de (n)os faces » pour avoir « participé à un petit quelque chose ici-bas. »

 

DORIANNE WOTTON

 

Entre émotion et sensation, son travail photographique tente de capter « la profonde complexité des êtres, des choses et des situations », au-delà des corps qui ne sont pour elle que surfaces et symptômes, et au plus près d’une réalité intime qui dévoile sa noirceur, son non-sens, sa laideur, sa banalité ou sa cruauté. Elle exprime alors cette « douce déception » que rend évident tout regard lucide sur le monde, en proie à l’élan de ses désirs intrinsèquement mêlés d’imaginaire se heurtant à la nécessité d’un renoncement, qu’elle définit et manifeste en une « esthétique de la désolation ».

 

"URGENT" - L'Espace 111 - 111 rue de Stalingrad - 93100 Montreuil - Les 15 et 16 Octobre 2011 de 14h à 20h

 

Textes réalisés à l'occasion de l'exposition, pour l'Espace 111

Par Marie Deparis-Yafil - Publié dans : Artistes, Galeries
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