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21 février 2013 4 21 /02 /février /2013 22:32

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EXPOSITION « LUXE, DESORDRE et VOLUPTE »

MAJIDA KHATTARI

Galerie L’Atelier 21, Casablanca, MAROC

A partir du 26 février 2013

 

En 2010, Majida Khattari présentait « Orientalismes », série photographique, à la Galerie L’Atelier 21, à Casablanca (Maroc). Elle y revient aujourd’hui, avec une nouvelle proposition, une nouvelle invitation au voyage, sous le titre baudelairien mais détourné de « Luxe, désordre et volupté ».

 

Avec ces photographies éminemment picturales, Majida Khattari poursuit son exploration passionnée de l’Histoire de l’Art occidental. Si la référence à la peinture orientaliste y est une évidence, l’artiste en appelle subtilement à l’Ophélie préraphaélite de Millais autant qu’aux ingresques Odalisques, à la sensualité de Boucher ou Gérôme autant qu’à Delacroix, Manet ou encore Goya.

 

Pour autant, ce « post-orientalisme » ne relève pas seulement de la citation, de l’exercice de style, et encore moins d’une nostalgie folklorique. Il s’agirait bien plutôt d’une tentative de retournement du regard occidental sur l’Orient : hier fascination romantique pour la « splendeur orientale » et ses promesses de volupté, pour reprendre le mot de Baudelaire, il se nourrit aujourd’hui d’un fantasme de violence et se fait hâtif synonyme de danger extrémiste, de guerre et de terreur. Ici, imposant une autre vision, Majida Khattari fait se renvoyer les préjugés occidentaux en en mettant en lumière les paradoxes historiques.

 

Luxe des étoffes, soies damassées et organzas, matières précieuses, raffinement des motifs floraux et des dentelles, extrême souci du détail et de la mise en scène de jeunes femmes alanguies dans des intérieurs somptueux et baroques, dont on devine les corps drapés, enfouis sous les robes et les voiles, à peine les visages, comme une mise à distance, un flou posé sur les identités, faisant davantage appel à l’imaginaire que réalité recréée… : c’est aussi et surtout à la beauté que rend hommage Majida Khattari, autant à celle des femmes qu’à celle que l’art peut produire, dimension esthétique que l’artiste revendique ici comme valeur possible de l’art contemporain.

 

Mais tout n’est-il qu’« ordre et beauté », pour filer la métaphore baudelairienne? Dans la tradition romantique, mais activée par l’état actuel du monde, Majida Khattari semble suggérer l’idée d’un luxe vaniteux, d’une fissure enfouie au coeur la belle harmonie des apparences, et le motif floral qui parcourre les images pourrait être celui de fleurs maladives. Le propos n’est pas celui de la beauté maléfique de la femme fatale, de Pandore, d’Hélène, ou Salomé, mais métaphore d’un monde dans lequel l’amour-propre et la séduction l’emportent sur les intentions. Sous la beauté le désordre du monde, le désenchantement, la perpétuelle menace d’implosion, une promesse de chaos à venir. A l’instar du tableau de Delacroix, « La mort de Sardanapale », parangon de la tyrannie de la jouissance, et dont s’inspire librement Majida Khattari pour évoquer la chute, on serait tenté de penser que la chute des idéaux est indéfectiblement liée à l’idée qu’un individualisme sans bride exige que rien ne survive à son propre plaisir. Une possibilité qui n’épargne évidemment pas le monde d’aujourd’hui.

 

 

"Luxe, désordre et volupté" - Majida Khattari

A partir du 26 février 2013

Galerie Atelier 21

21 rue Abou Mahassine Arrouyani

Casablanca

20100 MAROC

www.atelier21.ma

 

Un catalogue, préfacé par un texte que j'ai signé, sera publié à l'occasion de cette exposition.

 

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Published by Marie Deparis-Yafil - dans Publications
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