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12 septembre 2014 5 12 /09 /septembre /2014 11:33

Dans l'espace de documentation sera présenté samedi et dimanche à 14h30 le film documentaire de Christophe Cognet « Parce que j’étais peintre, l’art rescapé des camps nazis », réalisé en 2013

Samedi en présence du réalisateur


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Ce film mène une enquête inédite parmi les oeuvres réalisées clandestinement dans les camps nazis. Il dialogue avec les rares artistes déportés encore vivants et avec les conservateurs de ces œuvres : des émotions qu’elles suscitent, de leur marginalisation, leurs signatures ou leur anonymat, de leur style, ainsi que de la représentation de l’horreur et de l’extermination. Surtout peut-être, il contemple longuement les dessins, croquis, lavis, peintures, conservés dans les fonds en France, en Allemagne, en Israël, en Pologne, en Tchéquie, en Belgique, en Suisse... Dans ce voyage parmi ces fragments d’images clandestines et les ruines des anciens camps, il propose une quête sensible entre visages, corps et paysages, pour questionner la notion d’œuvre et interroger frontalement l’idée de beauté. L’enjeu en est dérangeant, mais peut-être ainsi pourrons-nous mieux nous figurer ce que furent ces camps, appréhender les possibles de l’art et éprouver ce qu’est l’honneur d’un artiste – aussi infime et fragile que soit le geste de dessiner. 

 

L’objet de ce film concerne les œuvres réalisées dans les camps sous administration nazie (« camps de concentration » et « camps d’extermination »), où il était rigoureusement interdit de dessiner, sous peine de mort immédiate. Dans une enquête menée à la fin des années 70, les historiennes anglaises Janet Blatter et Sybil Milton estimaient le nombre des œuvres effectuées de 1933 à 1948 en Europe dans l’ensemble des ghettos, camps d’internement, camps de transit et dans les camps nazis à 100 000. Elles estimaient que 30 000 d’entre-elles seraient parvenues jusqu’à nous. Mais ces chiffres sont à prendre avec beaucoup de précaution. Chaque institution, chaque mémorial, chaque musée, procède de sa propre logique pour circonscrire ses corpus – sans oublier les collections privées, difficiles à quantifier.

À l’aide de ces estimations  et au vu des collections, on peut affirmer que plusieurs milliers d’œuvres ont été réalisées clandestinement dans les camps nazis. Ce nombre est à mettre au regard des millions de personnes qui ont été assassinées, déportées et emprisonnés dans ces endroits – combien d’artistes parmi elles ?

 

Après des études de cinéma à la Sorbonne Nouvelle, Christophe Cognet devient auteur et réalisateur, essentiellement de documentaires mais aussi d’essais filmés, courts et moyens métrages. Attentifs aux traces et au travail de la mémoire, sensibles, ses films interrogent le cinéma, les formes de pouvoir et de surveillance, les mécanismes de la création et la puissance des images. Depuis 1993 il mène une méditation filmique sur l’art aux limites de l’expérience humaine – une réflexion qui s’est accompagnée de la publication d’articles, d’ouvrages et de conférences sur ce thème.

(Source : dossier de presse du film)

Sont également présentés un ensemble de carnets de Boris Taslitsky, à qui Christophe Cognet a également consacré un film ( « L’Atelier de Boris », 2004). Les carnets de dessins de Boris Taslitzky sont très nombreux ; l’un après l’autre, des débuts à 2005, année de sa mort, ces objets l’ont accompagné tout au long de sa carrière, comme un journal. L’unique période durant laquelle Boris Taslitzky est contraint d’abandonner ce support est celle des années d’emprisonnement dans les geôles françaises de Vichy puis, en Allemagne, au camp de concentration de Buchenwald. Il ne renonce alors cependant pas au dessin et, grâce à l’aide de camarades comme lui déportés, trouve les moyens de dessiner sur des fragments de papier de fortune. Réunissant une suite de ces précieux feuillets en un album, dès 1946, Aragon fait publier « 111 dessins de Boris Taslitzky, faits à Buchenwald », compensant peut-être de cette manière l’impossibilité matérielle du carnet durant ces années noires.

« Si je vais en enfer, je ferai des croquis, d’ailleurs, j’ai l’expérience, j’y suis allé, et j’ai dessiné » (B. Taslitsky)

Peintre français, d'origine russe et de renommée internationale, Boris Taslitzky (1911-2005) est né à Paris où il a toujours vécu. Il n'a que quinze ans lorsqu'il commence à fréquenter les académies de Montparnasse, puis l'École Nationale des Beaux-arts de Paris. Il est notamment soutenu par George Besson, Francis Jourdain ou Louis Aragon ; son atelier est un lieu où se croisent des personnalités du monde de l'art et de la culture. Son parcours est fortement marqué par les grands bouleversements de l'histoire du XXe siècle. A la fois témoin et acteur de cette histoire, ses engagements artistiques et politiques sont à la mesure de la conscience particulièrement aiguë qu'il a de sa responsabilité d'homme et d'artiste. En 1933, il entre à l'Association des Écrivains et Artistes Révolutionnaires (A.É.A.R) dont il devient secrétaire général de la section des Peintres et Sculpteurs, puis en 1935, il adhère au Parti communiste. Autour de la question du réalisme, il participe activement aux débats de la Maison de la Culture qui préfigurent la politique culturelle du Front Populaire. En France et à l'étranger, l'œuvre de Boris Taslitzky est conservée dans de nombreuses collections privées mais aussi dans de prestigieuses collections publiques comme par exemple à Paris (Musée National d'Art Moderne, Musée d'Art Moderne de la ville de Paris, Musée des années 30), à Moscou (Musée Pouchkine) ou à Londres (Tate Modern).

"Liberté mon amour" - Le prisonnier politique et son combat

Fête de l'Humanité

Parc Départemental Georges Valbon - La Courneuve

12, 13, 14 septembre 2014

http://fete.humanite.fr/

 

 

 

 

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Published by Marie Deparis-Yafil - dans Commissariats
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