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19 février 2016 5 19 /02 /février /2016 16:38
Ask – vidéo – 2 ' - 2002 – Courtesy l'artiste et Galerie Aline Vidal, Paris

Ask – vidéo – 2 ' - 2002 – Courtesy l'artiste et Galerie Aline Vidal, Paris

On entend les bruits de la nuit, un chien aboie, une voiture passe, un fantôme squelletique danse à la lueur pâle d'un réverbère... Surréaliste, onirique, Ask est une vidéo étrange ; l'image, un peu tremblotante, pourrait être celle d'un vidéaste amateur, saisie au téléphone portable, ou celle captée par une de ces caméras de vidéo-surveillance qui surplombent nos rues et les scrutent la nuit. Le squelette tourne, dans un mouvement continue et ample, opère sa danse macabre avec tranquillité. Mettant en question la réalité quotidienne, Stéphane Thidet nous entraîne vers une sorte de quatrième dimension, dans laquelle se côtoient angoisse et imaginaire. Ask, à l'image de son univers sombre et fantaisiste, exprime un rapport inquiet au monde, sous la menace perpétuelle de la fugacité des éléments et de al disparition.

 

Au travers d'installations, de vidéos ou de photomontages, Stéphane Thidet évoque des univers liés à l'enfance, mais une enfance, dit-il “revisitée”, dans laquelle ses objets emblématiques – balançoire, zoo, fête foraine, cinéma- semble dans un état de latence ou de déliquescence, sur le fil, des objets comme en péril, ou en échec. Et dans une perpétuelle et infime distorsion du réel, sourd une sensation de vide et de mélancolie, comme les restes d'une fête, une fin de partie.

Partout, semble exprimer l'oeuvre de Stéphane Thidet, la ruine menace: entre déluge et effondrement (Le refuge (2007)), barque engloutie par son propre matériau (La crue (2010)), parc d'attraction à l'abandon (Park (2005)), chaises s'émiettant en copeaux (Chair(2009))...”La familiarité confortable de ces éléments se retrouve mêlée à une certaine angoisse, une fragilisation. Finalement, je crée des situations qui ne tiennent pas leur promesse. “, dit-il. *

Ce faisant, il crée des objets ou des territoires fictionnels, en de perpétuels allers retours entre fiction et réalité, décrivant l'instabilité face à l’érosion du temps et de l’action qui mène à leur disparition ou plutôt à une “amnésie” qui “reconstruit les choses et les situations”.

 

* “Déranger l'ordinaire”, entretien avec Valérie Da Costa, 2009 

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Published by Madame De - dans Commissariats
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