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15 février 2016 1 15 /02 /février /2016 16:34
Bailaré sobre tu tumba  Vidéo performance– couleur – 7'04'' – 2004 – Courtesy Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris

Bailaré sobre tu tumba Vidéo performance– couleur – 7'04'' – 2004 – Courtesy Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris

Pour cette vidéo performance, Pilar Albarracín, artiste andalouse, a demandé au célèbre danseur Andrès Marin d'exécuter contre, tout contre elle, cette danse d'amour et de guerre, un flamenco revisité dans lequel, comme dans la plupart de ses soeuvres, elle se met en scène avec folie et énergie.

Plusieurs œuvres de Pilar Albarracín mettent l'accent sur le folklore et, plus précisément , sur le flamenco, expression artistique de la douleur d'un peuple. Mais si le chant donne voix au chagrin, la danse, emportant le corps dans le rythme, entremêle l'érotisme et la mort, la passion et la lutte pour libérer ce qui est réprimé. Bailaré sobre tu tumba exprime une réflexion critique récurrente chez l'artiste, sur la lutte entre les sexes, et la nécessité de “décodifier” les rôles de chacun dans la société, qui s'exprime ici par un duel sans merci que rythme le "zapateado" (frappé des pieds) qui, dans la codification de la danse flamenco symbolise la dispute, jusqu'à la chute, jusqu'à la fin, préférable, pour l'artiste, à la soumission.

Pilar Albarracín, née à Séville à la fin des années 60, est l'un des artistes les plus importants de la scène contemporaine andalouse. Ses productions, fondées sur une anthropologie du quotidien, analyse les “récits dominants” et, en particulier, les clichés qui représentent l'identité andalouse à travers une immersion émotionnelle et subversive. Folklore et traditions populaires, rituels alimentaires, mythes religieux, mais aussi partition des pouvoirs entre les hommes et les femmes sont déconstruits avec un humour et une ironie corrosive.

Selon la critique espagnole Rosa Martinez, « Pilar Albarracín passe avec aisance de la vidéo à la sculpture, de la photographie à l’installation et du dessin à la couture. La performance demeure toutefois son mode d’expression privilégié, en lui offrant un territoire où crier sa révolte d’un ton aussi brutal que radical. L’art de Pilar Albarracín est une métaphore de l’insoumission. L’univers de Pilar Albarracín est fait de parodies et de tragicomédies qui confinent au paroxysme cathartique. »

Ses oeuvres, dans lesquelles elle se met souvent en scène dans une confusion des genres ou des rôles, se font l’écho des luttes et des théories féministes, et notamment la réflexion sur le genre menée par Judith Butler. Pilar Albarracin crée “des narrations visuelles qui démasquent les implicites sur lesquels la différence sexuelle a été construite”*.

Son travail s'inscrit dans une “poétique de l'excès”, une esthétique dans laquelle au baroque, au kitsch, ou au pop se mêle un certain sens du grotesque, inspiré de Goya ou de l'oeuvre littéraire de Valle-Inclàn.

* selon le texte de Xavier Arakistain & Lourdes Méndez

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Published by Madame De - dans Commissariats
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