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10 février 2016 3 10 /02 /février /2016 13:28
Flower Power N°8 - découpe sur poster militaire - 70 X 55 cm – 2010 – Courtesy Galerie Odile Ouizeman, Paris

Flower Power N°8 - découpe sur poster militaire - 70 X 55 cm – 2010 – Courtesy Galerie Odile Ouizeman, Paris

« Faites l'amour, pas la guerre », tel pourrait être le slogan de la partie de l'exposition dans laquelle se trouve l'oeuvre de Brigitte Zieger, slogan emprunté à la contre-culture des années 60, en réaction à la guerre du Viet-Nam. Le titre de l'oeuvre Flower Power renforce cette accointance historique, l'expression symbolisant le Summer of Love de 1967, et l'idéologie non-violente des hippies de l'époque.

Pour Brigitte Zieger, le Flower Power relève probablement autant d'un combat encore d'actualité que d'une illusion d'optique. Comme nombre de ses œuvres, ce Flower Power est une « image piégée »*, une embuscade tendue au spectateur : séduit par la belle image, il ne comprend qu'ensuite ce que celle-ci révèle de violence, sous les apparats de la sérénité.

« Avec Flower power, l'artiste emprunte le medium traditionellement féminin dans la culture allemande du découpage floral, genre mineur décoratif. Or lorsqu'on se rapporche de ces grandes fleurs, on constate qu'elles sont taillées dans des posters militaire squi présentent des images idéalisées de la guerre en Irak, la fonction d'embellissement du décoratif reproduit ironiquement l'esthétisation d la guerre à des fins militaristes commandées par un nationalisme myope. Les cracatère articficiel des images, qui visent à recouvrir la réalisté de la guerre, est à la fois redoublé par la production de l'artefact artistique et mis en pièce par le geste créateur qui devient geste destructeur par l'action du ciseau, laissant voir les failles de la réthorique militariste en créant littéralement des trous dans les posters. En même temps, le choix d'un médium féminin vise directement le machisme sous jacent de ces représentations héroiques. »**

 

« Dangereusement décorative », l'oeuvre de Brigitte Zieger use régulièrement du charme ornemental pour introduire des perturbations critiques, et produit de subtils dispositifs pour inquiéter notre conscience du monde. Elle «articule les symboles du pouvoir et de l'autorité masculine (iconographie guerrière) avec les stéréotypes liés au genre féminin (maquillage, ornementation) pour construire un discours profondément engagé dans une relecture sociales, politique et historique des images. « ***

Dans The shadow (2010), elle projettte l'ombre d'un B52, grandeur nature, comme un ombre menaçante planant sur le paysage, d'autant plus menaçante que l'objet est invisible.. Ses vidéos, dessins, installations, comme ses papiers peints dissimulant des chars ( Tank wallpaper (2009)) ou les nuages d'explosion réalisés avec du fard à paupières (Eye-Dust (2009)) opèrent comme un procédé de camouflage, interrogeant notre capacité « à ne pas voir ».

Née en 1959 à Stuttgart en Allemagne, Brigitte Zieger vit it et travaille à Paris depuis 1990.

 

* D'après Philippe Fernandez

**D'après Vanina Géré – Le Beau, arme politique, Oct. 2012

** Julie Crenn- Pieces of possible history


 

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Published by Madame De - dans Commissariats
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