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7 décembre 2015 1 07 /12 /décembre /2015 17:11
Sans titre – Dessin à l'encre sur papier – 32 x 42 encadré – 2004 – Courtesy Collection Francès

Sans titre – Dessin à l'encre sur papier – 32 x 42 encadré – 2004 – Courtesy Collection Francès

Sans titre – Dessin à l'encre sur papier – 32 x 42 encadré – 2004 – Courtesy Collection Francès

 

 

« Chaque jour, la mort frappe partout

et pourtant nous vivons comme si nous

étions immortels. Voilà le plus grand mystère. »

 

Damien Hirst, citant le Mahabharata

 

Ce dessin simple, réalisé comme à main levée, permet de découvrir un pan différent du travail de Damien Hirst, loin de l'image de dérive médiatique et financière, et de l'atelier employant plus de cent personnes, d'un des artistes les plus célèbres, riches et controversés du monde.

Depuis toujours, la mort, réelle et représentée, est une obsession pour Hirst, et irrigue puissamment son œuvre, construite autour de représentations inspirées de la nature morte, de la vanité, et de la tradition du Musée d'Histoire Naturelle, tels que crânes, squelettes, insectes, symboles de la corruption, papillons, vivants ou morts, symboles de l'éphémère et, bien sûr, ses célèbres animaux dans le formol. Ses œuvres autour de la « Pharmacy », presque minimalistes, qu'il réalise dès 1992, boîtes de médicaments et pilules multicolores, ses Spot paintings, alignements de points colorés dont les titres évoquent le monde médical, procèdent de la même obsession, explorant les rapports entre l'art, la vie, la science, et la mort.

Fasciné par la corruption du corps dès son plus jeune âge, il fréquente, enfant, les musées d'Histoire Naturelle, puis adolescent, le département d'anatomie de l'école médicale de Leeds, puis travaillera dans une morgue, une manière de se confronter à la mort dans ce qu'elle a pour nous, vivants, de plus réel. "Nous n'aimons pas être mis en face de notre propre décomposition", dit-il, pour justifier les nombreuses controverses que son œuvre, et notamment les animaux coupés en morceaux et plongés dans le formol, a pu susciter.

Grand admirateur de Francis Bacon, son œuvre, comme celle du peintre irlandais, montre « la terrible beauté tapie derrière la mort et l'inévitable décrépitude inhérente à la beauté. », le rapport fragile entre l'homme et la nature, et la place de l'homme dans le monde.

Cette fascination esthétique pour tout ce qui touche à la décomposition et à la mort reste pourtant, selon l'artiste « une célébration de la vie plus que quelque chose de morbide.»

Damien Hirst est né à Bristol en 1965. En 1989, au sortir du Goldsmith's College of Art, il monte, dans des entrepôts désaffectés du sud-ouest de Londres, une exposition baptisée Freeze, qui restera légendaire, marquant les débuts des Young British Artists.

En 1991, pour « que l'art soit plus réel que ne l'est une peinture », il imagine The Physical Impossibility of Death in the Mind of Someone Living, un requin de 4 mètres, coupé en tronçons et conservé dans un réservoir de formaldéhyde. Cette oeuvre devient, dans la culture populaire des années 90, l'une des images les plus emblématiques de l'art contemporain. D'autres oeuvres dans le formol suivront, et l'oeuvre Mother and Child, Divided permit à Hirst de remporter le prestigieux prix Turner en 1995. En 2007, Damien Hirst bat un record dans l'histoire des enchères, en cédant pour 100 millions de dollars une pièce intitulée For the Love of God, réplique en platine du crâne d'un homme décédé au xviiie siècle, incrustée de 8 601diamants.

Après plus de 80 expositions solo et des centaines d'expositions collectives, l'oeuvre de Damien Hirst a fait l'objet d'une importante rétrospective à la Tate Modern en 2012.

Hirst vit et travaille à Londres, Gloucestershire et Devon.

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Published by Madame De - dans Commissariats
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