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14 novembre 2015 6 14 /11 /novembre /2015 13:53
The welcoming hands – Sculpture bronze patiné argent poli - Ed 2/3 - 17, 7 x 88,9 x 43,1 cm-  1996 - Courtesy Galerie Karsten Greve, Köln, Paris, St Moritz - Inv. BOUR- 10429 –

The welcoming hands – Sculpture bronze patiné argent poli - Ed 2/3 - 17, 7 x 88,9 x 43,1 cm- 1996 - Courtesy Galerie Karsten Greve, Köln, Paris, St Moritz - Inv. BOUR- 10429 –

Si la maternité, la féminité, le corps, le couple, la sexualité, l’enfance sont les thèmes universels, et obsessionnels, autour desquels gravite l'oeuvre de Bourgeois, plus crucial encore est celui, qui lui est intimement lié, de la peur de l'abandon, de la séparation, de la crainte de ne plus être aimé. « Le travail artistique agit comme une réparation, une restauration au sens propre comme figuré », écrit à ce sujet Marie-Laure Bernadac*. The Welcoming hands, ce sont ces mains que rien ne viendra plus dénouer dans l'éternité du bronze, une sculpture d'une infinie douceur, montrant des mains jointes, que l'on peut imaginer celle d'un enfant dans celles d'un de ses parents, mains tenues, mains tendues, mains affectueuses et protectrices...ici, l'Eros peut être entendu au sens du lien fondamental à autrui, de ce qui ouvre à l'autre et l'accueille, comme Emmanuel Lévinas le dirait du visage.

"Les mains de bienvenue : ce sont des mains amicales. Vous voyez ces mains ouvertes, cet entrelacement de formes et cette prise ferme. Les mains sont vulnérables et accueillantes. C'est le désir de toucher et d'être touché, de bercer et de caresser. Elles expriment la manière dont un adulte tient la main d'un enfant, avec un sentiment de protection et d'affection. Les mains sont généreuses, elles révèlent "nous aimons, quoiqu'il arrive". Chacun à son importance, chacun à un rôle, chacun est bienvenu." dira Louise Bourgeois à propos de cette oeuvre, dont on trouve un ensemble au Jardin des Tuileries, à Paris, près du Jeu de Paume.


 

Louise Bourgeois, née à Paris en 1911, disparaît à l'âge de 99 ans à New-York où elle s'était installée en 1938 après avoir épousé l'historien d'art américain Robert Goldwater. Elle se consacre à la sculpture à partir de 1949, mais son œuvre protéiforme (peinture, sculpture, dessin, installation...) traverse toute la seconde moitié du 20ème siècle et le début du 21ème sans jamais souscrire à aucun des mouvements artistiques qu'elle aura cotoyé .

Depuis ses premiers dessins, peintures et gravures, son œuvre se centre sur les thèmes de la sexualité, du couple, de la famille, de la maternité et de la domesticité. L'artiste est surtout connue pour ses sculptures, qu'elles soient intimes ou monumentales, dans lesquelles elle emploie diverses matières comme le bois, le bronze, le latex, le marbre et le tissu. Son œuvre entièrement autobiographique, se réfère de manière récurrente à une enfance douloureuse marquée par un père infidèle et une mère affectueuse. Fondée sur la mémoire, l’émotion, la réactivation des souvenirs d’enfance, elle obéit à une logique subjective, usant de tous les matériaux et de toutes les formes. Le langage personnel de Louise Bourgeois rejoint les pratiques les plus contemporaines, et exerce son influence sur de nombreux artistes. Pour Louise Bourgeois, L'art est au service de l’inconscient de l’artiste qui met en forme ses peurs et ses affects les plus anciens et les plus refoulés. L’art devient, dans cette perspective, une abréaction cathartique. Louise Bourgeois répètera souvent que « L'Art est une garantie de santé mentale ».

En 1982, à l'âge de 71 ans, elle devient la première femme à être honorée d'une rétrospective au MoMA, à New York. En 2008, le Centre Pompidou lui consacre une grande rétrospective.

* D'après Marie-Laure Bernadac in Louise Bourgeois, cat. exp., M.-L. Bernadac et J. Storsve (dir.), Paris, Centre Pompidou, 2008.

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Published by Madame De - dans Commissariats
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