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12 août 2015 3 12 /08 /août /2015 12:29
A l'ombre d'Eros- Visite Guidée - Première salle capitulaire - Gilles Barbier
Still man- Sculpture – Techniques mixtes - 136 x 180 x 113 cm – 2013   Still woman- Sculpture- Techniques mixtes- 164 x 265 x 160 cm – 2013  Courtesy l'artiste et Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris

Still man- Sculpture – Techniques mixtes - 136 x 180 x 113 cm – 2013 Still woman- Sculpture- Techniques mixtes- 164 x 265 x 160 cm – 2013 Courtesy l'artiste et Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris

A l'ombre d'Eros- Visite Guidée - Première salle capitulaire - Gilles Barbier
A l'ombre d'Eros- Visite Guidée - Première salle capitulaire - Gilles Barbier

Still man- Sculpture – Techniques mixtes - 136 x 180 x 113 cm – 2013  

Still woman- Sculpture- Techniques mixtes- 164 x 265 x 160 cm – 2013

Courtesy l'artiste et Galerie Georges-Philippe et Nathalie Vallois, Paris 

 

Un homme et une femme, dans un foisonnement végétal qui semble les absorber chacun dans un fouillis de feuilles, de champignons, de lichens, d'écorces et de racines. Un homme et une femme, tout deux nus, endormis peut-être, comme à l'aube du sixième jour.

Ces deux œuvres de Gilles Barbier, comme un tableau «vivant», évoquent bien sûr le mythe de la Genèse, aux confins de la nature et des origines. A moins qu'il ne s'agisse d'un autre mythe, celui d'une nature qui «reprendrait ses droits», finissant par ensevelir les corps humains dans un retour à la terre, ambiguïté contenue dans le nom même du premier homme , Adam, la terre, en hébreu.

Le premier homme – un autoportrait de l'artiste- , la première femme, pouvons-nous donc imaginer, à l'orée de l'amour, avant que ne soit perdu l'Eden.

Pourtant, le terme de «nature morte» (still man / woman) choisi par l'artiste est polysémique: c'est à la fois l'immobilité médidative dans laquelle sont saisis les personnages, dans une vision quasi romantique ici, jouant de l'ambiguité du sens même de la «nature morte», sur le fil entre la vie et la mort, à la fois nature animée d'une vie persistante, silencieuse et immobile (le sens anglos-saxon de «still life») et représentation d'une nature qui n'est plus vivante, se référant à une figure de la vanité. Le thème est ici mis en abîme par le travail sculptural de l'artiste, hyper réalisme factice, qui surprend et fascine, rappelant que toute nature morte est toujours d'une manière ou d'une autre manifestation de la fragilité, et de la disparition du vivant.

«Je suis intéressé par le corps car j'aime sa fragilité, je suis touché par son émiettement, par la violence qu'il endure (...) »*explique l'artiste.

 

Comme pour Still man, Gilles Barbier utilise son propre corps comme sujet et objet, qu'il définit comme «clone», d'une oeuvre multiple et foisonnante de sculptures, photographies, dessins, installations, toujours dessinés et construits avec une grande rigueur malgré la dimension protéiforme de son œuvre. Nourri de disciplines aussi diverses que l'esthétique, l'histoire, la psychanalyse, les arts plastiques, la philosophie, les sciences, la bande dessinée, ou encore l'économie, son travail, qui ne craint ni la culture populaire, ni l'humour le plus corrosif, ni même une esthétique du mauvais goût, offre une plongée dans un univers bouillonnant de fictions qui, selon lui, aident à donner sens au réel. Les personnages qu'il recrée, les bulles de BD, les messages « correcteurs de réalités » apparaissent comme autant d’indicateurs de cette lecture d'un réel, qu'il « ressasse » d'oeuvre en œuvre, alimentées par un flux continu de dessins, d'images, de représentations.

Gilles Barbier, né en 1965 au Vanuatu dans le Pacifique Sud, vit et travaille à Marseille. Reconnu internationalement, Il expose son travail depuis 1995 et a notamment été nominé pour le prix Marcel Duchamp en 2005.

 

*Entretien de Gilles Barbier avec Samantha Longhi, mai 2005

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Published by Madame De - dans Commissariats
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