Dimanche 27 octobre 2013 7 27 /10 /Oct /2013 00:06

Dernière oeuvre de cette première salle, le délicat dessin de Robert Longo contraste avec la dureté de certaines oeuvres ici présentées, comme celles de Matthieu Pernot, et prépare la suite...

 

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Robert Longo

« Study of Isabella »

Dessin encre et fusain sur papier calque, 14 x 28, 9, 2007

Courtesy Centre Pompidou, Paris – N° d’inv. 2012- 599

 

 

Pratiquant la sculpture, la photographie, la performance, l’art vidéo, la musique et le cinéma, Robert Longo reste néanmoins internationalement reconnu comme un des dessinateurs les plus virtuoses, les grands formats au fusain ou au graphite étant sa « signature ». Il apparait sur la scène artistique avec la désormais très célèbre série « Men in the Cities », en 1979. Il s’agit de sorte d’arrêts sur images d’hommes et de femmes sur fond immaculé, vêtus sobrement de blanc et de noir, se contorsionnant comme prêt à tomber, sous l’effet de l’impact d’une balle. Robert Longo, cinéphile et admirateur de Fassbinder, se serait inspiré de la scène finale d’un film du cinéaste allemand, « Un soldat américain » (1970). Puis, Longo se lancera dans un certain nombre de séries, le plus souvent monumentales, autour de grands thèmes : vagues déferlantes, champignons atomiques, armes à feu, planètes, grands requins blancs…images dans lesquelles se joue à la fois le sublime et l’effroi, la beauté et la mort, les forces vives de destruction à l’œuvre, qu’il s’agisse de celles de l’homme ou de la  nature.

Par contraste, la série des « Sleeping Children », à laquelle se réfère « Study of Isabella », également présenté, met en avant la pureté et l’innocence enfantine, la candide simplicité du rêve enfantin. Il s’agit en effet pour Longo, et notamment par le rapprochement avec les images d’apocalypse, de témoigner des « angoisses d’un être tiraillé entre espérances et déceptions quant à la capacité de régénération d’une civilisation »

Une noirceur qui contribue à la dimension profondément romantique de l’œuvre de Robert Longo, baignée d’un nervalien « soleil noir de la mélancolie ».

 

 

  (texte extrait du catalogue, parution à l'occasion de l'exposition)

 

 

 

"Au-delà de mes rêves" - Du 26 octobre au 23 février 2013

 

Commissariat: Marie Deparis-Yafil et commissariat général: Fabrice Bassemon et Magali Briat-Philippe

 

 

 

H2M - Espace d'Art Contemporain

 

Hotel Marron de Meillonnas

 

5 rue Teynière

 

01000 Bourg-en-Bresse

 

Exposition ouverte du mercredi au dimanche de 13h à 18h

 

Entrée libre

 

 

 

et

 

 

 

Monastère royal de Brou

 

63 boulevard de Brou

 

01000 Bourg-en-Bresse

 

Exposition ouverte tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 17h

 

Entrée payante

 

 

 

Catalogue de l'exposition disponible aux boutiques du Monastère et sur demande par correspondance.

 

(sauf 1er novembre, 25 décembre et 1er janvier)

 

 

 

Exposition labellisée Résonance de la Biennale de Lyon 2013

 

 

 

Avec le soutien de:

 

Ministère de la Culture, Région Rhônes-Alpes, Conseil Général de l'Ain

 

En partenariat média avec Télérama

 

 

 

Sur une initiative de

 

Musée de France, Ville de Bourg-en-Bresse / Chemins de la Culture, Centre des Monuments Nationaux

 

     

 

 

 

 

Par Marie Deparis-Yafil
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Vendredi 25 octobre 2013 5 25 /10 /Oct /2013 10:49

 

Il paraissait difficile d'imaginer une exposition qui parlerait du sommeil, des lits et des rêves sans montrer cette oeuvre qui fait désormais partie de l'histoire de l'art, les fameux "Dormeurs" de Sophie Calle.

Ce ne fut pourtant pas chose facile de les avoir avec nous et je suis donc particilièrement ravie de pouvoir les montrer ici. Je remercie chaleureusement Monsieur Michel Poitevin, collectionneur, qui a bien voulu nous prêter ses "dormeurs" pour quelques mois, ainsi que la Galerie Perrotin, Paris.

 

 

sophie-calle-blog4.jpg

 

 

23 séries de 5 à 12 images formant un total de 176 photographies N/B, 23 textes encadrés individuellement. Photographies et textes, 15 x 20 cm (chaque texte)

"J'ai demandé à des gens de m'accorder quelques heures de leur sommeil. De venir dormir dans mon lit. De s'y laisser photographier, regarder. De répondre à quelques questions. J'ai proposé à chacun un séjour de huit heures."

Courtesy Galerie Perrotin

 

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SOPHIE CALLE

« Les dormeurs »

3 séries de photographies avec texte, 12 x 18, 1979

 Collection Colette et Michel Poitevin

 

 « Je voulais que mon lit soit occupé vingt-quatre heures sur vingt-quatre, comme ces usines où on ne met jamais la clé sous la porte. J’ai donc demandé aux gens de se succéder toutes les huit heures pendant huit jours. Je prenais une photographie toutes les heures. Je regardais dormir mes invités. […]. Une des personnes que j’avais invitées à dormir dans mon lit et que j’avais rencontrée dans la rue, était la femme d’un critique d’art. Quand elle est rentrée chez elle, elle a raconté à son mari qu’elle était venue dormir huit heures dans mon lit et il a voulu voir de quoi il s’agissait. Et c’est comme ça que je suis devenue artiste. »

 Sophie Calle, Conférence donnée le 15 novembre 1999 à l’université de Keio, Tokyo

 

Du dimanche 1er avril 1979, à 17h, au lundi 9 avril 1979 à 10h30, 28 personnes se sont succédées de manière ininterrompue dans le lit de Sophie Calle.

Composée de photographies et de textes manuscrits, la série des « Dormeurs », dont sont issues les œuvres présentées ici, repose sur un « rituel » performatif. Parmi les dormeurs : des amis ou des inconnus, des apprentis boulangers qu’elle recrute dans son quartier car elle a besoin de dormeurs de jour, sa mère, et même l’acteur Fabrice Luchini, que l’on reconnaitra ici, alors au début de sa carrière. Elle vient photographier ses dormeurs à heure régulière, les enregistre, leur demande de compléter un questionnaire sur leurs habitudes de sommeil, leurs rêves, leurs regrets, dont elle se servira ensuite pour rédiger les textes, dans une écriture minimaliste, donnant à l’ensemble une forme, entre reportage et inventaire, de « happening-roman photo », forme qui sera désormais au cœur de son travail.

 

Bien que le premier geste artistique de Sophie Calle soit des photographies de tombes au Guatemala en 1978, « Les dormeurs » est considéré comme sa première production artistique lorsque, de retour des Etats-Unis, elle décide de devenir photographe. Dès lors, le travail de Sophie Calle cherche à créer des passerelles entre l'art et la vie. La dimension narrative de ses installations, mêlant photographies, textes et objets, propose « un art des gens, des choses et des situations, qui embrasse un vaste éventail de vie quotidienne réelle ou imaginaire », trouvant ainsi une sorte de filiation historique autant avec Boltanski jeune, qu’avec le nouveau roman, ou l’univers de Paul Auster, avec qui elle a d’ailleurs collaboré.

Chez elle, l’objet, comme l’image ou le texte, contribue à l’élaboration d’une « mythologie individuelle, où l’autobiographie se teinte de "fiction de soi ». L’intime rejoint le collectif. Le thème de la disparition de personnes ou d'objets, dont l'existence est avérée par quelques traces et dont l'absence est enregistrée par la photographie, mais aussi le mystère de la mort, constituent des thèmes de prédilection de l'artiste. Les travaux de Sophie Calle sont aussi caractérisés par cet aller-retour entre la mise en scène de l'artiste par elle-même, et l’intervention d’autrui et du récit de sa vie, jusqu’à ce que celui-ci puisse éventuellement se substituer à son propre regard, comme ce fut le cas dans « Prenez soin de vous », travail qui représenta la France à la Biennale de Venise en 2007.

 

*Jean-Max Colard  in Les inrocks du 30-11-00

 

  (texte extrait du catalogue, parution à l'occasion de l'exposition)

 

 

 

"Au-delà de mes rêves" - Du 26 octobre au 23 février 2013

 

Commissariat: Marie Deparis-Yafil et commissariat général: Fabrice Bassemon et Magali Briat-Philippe

 

 

 

H2M - Espace d'Art Contemporain

 

Hotel Marron de Meillonnas

 

5 rue Teynière

 

01000 Bourg-en-Bresse

 

Exposition ouverte du mercredi au dimanche de 13h à 18h

 

Entrée libre

 

 

 

et

 

 

 

Monastère royal de Brou

 

63 boulevard de Brou

 

01000 Bourg-en-Bresse

 

Exposition ouverte tous les jours de 9h à 12h et de 14h à 17h

 

Entrée payante

 

 

 

Catalogue de l'exposition disponible aux boutiques du Monastère et sur demande par correspondance.

 

(sauf 1er novembre, 25 décembre et 1er janvier)

 

 

 

Exposition labellisée Résonance de la Biennale de Lyon 2013

 

 

 

Avec le soutien de:

 

Ministère de la Culture, Région Rhônes-Alpes, Conseil Général de l'Ain

 

En partenariat média avec Télérama

 

 

 

Sur une initiative de

 

Musée de France, Ville de Bourg-en-Bresse / Chemins de la Culture, Centre des Monuments Nationaux

 

   

Par Marie Deparis-Yafil - Publié dans : Commissariats
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Mercredi 23 octobre 2013 3 23 /10 /Oct /2013 21:58

Cool...

 

:)

 

çà commence vendredi...

 

2013-10-23-13.10.54.jpg

Par Marie Deparis-Yafil - Publié dans : Commissariats
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Mercredi 23 octobre 2013 3 23 /10 /Oct /2013 10:40

 

 

La vidéo "Sleep Al Naïm" de mounir fatmi a parfois été présentée dans des contextes suscitant la polémique, notamment l'année dernière, la figure de Salman Rushdie faisant encore l'objet de censure.

J'ai voulu présenter ce projet, qe je connais depuis longtemps, dans un contexte différent, qui, s'il n'élude pas complètement la dimension politique, remet tout de même la vidéo dans un environnement plus apaisé.

En accord avec l'artiste, nous avons opté pour la version "courte" de la vidéo, qui originellement, fait la même longueur que le "Sleep" de Andy Warhol, soit environ 6 heures, tandiq que cette version supporte mieux le format "écran tv" et la typologie de l'exposition.

 

 

sleep fatmi

 

mounir fatmi

« Sleep Al Naïm »

Vidéo, HD, Noir et Blanc, 26 mn, 2005-2012

 Courtesy l’artiste et Galerie Yvon Lambert, Paris

 

Commencé en 2005, le projet vidéo de mounir fatmi, baptisé « Sleep », (en référence directe au film expérimental pop et minimaliste d’Andy Warhol qui, en 1963, montrait durant 6 heures l’image continue du poète John Giorno) connaît un destin mouvementé.

32 ans après Warhol, mounir fatmi avait cherché à réactiver ce dispositif, la figure du dormeur incarnée aujourd’hui par Salman Rushdie modifiant la perception du projet warholien. Dépassant le sommeil « obsolète » de John Giorno devant la caméra de l’artiste américain, le repos de l’écrivain britannique, dans son contexte littéraire, politique et polémique, sous le regard de l’artiste marocain, se fait nécessaire et paradoxal.

Le « Sleep » de mounir fatmi suggère ainsi l’ambivalence de cet abandon physique, tranquille et intranquille à la fois. Compte tenu des menaces qui pèsent sur sa vie depuis tant d’années, plonger dans le sommeil reste une manière pour Salman Rushdie de se mettre en état de vulnérabilité. Mais dans le même temps, ce temps d’inconscience accordée exprime force et confiance : le sommeil du juste.

Depuis 2005, l’artiste avait tenté à maintes reprises de rentrer en contact avec Salman Rushdie, sans succès. Face à la difficulté que représente une telle rencontre, eu égard au secret qui entoure l’écrivain, mounir fatmi a opté, afin de réaliser cette vidéo performance, pour la technologie de l’imagerie numérique en 3D, l’amenant à réfléchir, en démiurge, à la création d’un visage, d’un corps, d’une présence. « Jouer à être Dieu », dit-il, et associer sa propre respiration au corps de l’écrivain.

mounir fatmi finira par rencontrer Salman Rushdie, en 2012, alors que le film est fini…

La présentation de cette vidéo dans l’espace public ne se fera pas sans difficulté, celle-ci ayant été, par exemple, retirée de la programmation de l’Institut du Monde Arabe début 2013, la polémique et la censure autour de l’écrivain n’ayant apparemment pas faibli, presque un quart de siècle après les « Versets Sataniques ».

Présentée ici dans un contexte plus apaisé, « Sleep» déploie ici sa dimension autant poétique que politique, et aborde le sommeil comme une sorte d’acte de résistance.

 

Le travail de mounir fatmi s’élabore en une axiologie rhyzomatique, une écriture comme un entrelacs de points de vue et de connexions. Avec un œil critique sur les réalités et les fantasmes du monde contemporain, il écrit que celui-ci ne peut se lire que dans la complexité, la confusion parfois, de ses approches.

Ses oeuvres multiplient les lectures, dans des stratifications sémantiques mettant en réseau tous les domaines de la pensée. Ses préoccupations sont autant esthétiques que formelles, politiques que sociologiques, économiques qu’éthiques, métaphysiques que religieuses.
Cassettes VHS, câbles d’antenne, barres d’obstacle, casques de chantier : ces matériaux techniques, pauvres ou ordinaires, sont détournés, réhabilités en vocables plastiques. Leur usage ne se limite pas à une transposition duchampienne mais joue sur le double registre de la sémantique et de la métaphore, pour ce qu’ils sont et pour ce qu’ils représentent.
Les œuvres de mounir fatmi fonctionnent comme des stratégies, des pièges. Objets anodins mus en bombes critiques, ils pointent les mécanismes de notre relation fantasmatique au monde dans les idéologies comme pour la conscience individuelle, l’architecture contemporaine ou l’économie, la politique ou l’idée de modernité, dans sa part de fascination pour l’invisible. Tout en confrontant des moments de l’histoire de l’art, ils questionnent la transmission des savoirs, le pouvoir de suggestion des images dans le vortex médiatique, la séduction de la violence et la force critique de la déconstruction, les utopies, le poids de l’Histoire ou de l’architecture sur les destinées individuelles.

 

(texte extrait du catalogue, parution à l'occasion de l'exposition)

 

 

 

"Au-delà de mes rêves" - Du 26 octobre au 23 février 2013

 

Commissariat: Marie Deparis-Yafil et commissariat général: Fabrice Bassemon et Magali Briat-Philippe

 

 

 

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Entrée libre

 

 

 

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Lundi 21 octobre 2013 1 21 /10 /Oct /2013 10:07

Particulièrement saisissantes, ces deux photographies de grand format de Mathieu Pernot sont plus que jamais d'actualité.

Nous avons trouvé intéressant que le sujet du sommeil et du rêve ne se limite pas à ses aspects purement oniriques et poétiques, et ce type d'incursion dans le politique me semble particulièrement intéressant. J'ai aimé l'idée que pour l'artiste, la seule et dernière liberté de ces hommes, la seule chose insaisissable, était ce sommeil, dont la forme visible laisse dans le même temps penser à la mort violente de ces migrants échouant chaque jour non loin de nos côtes, dans la fatalité d'un espoir de vie meilleure.

 

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MATHIEU PERNOT

« Les migrants »

2 photographies couleur, tirage lambda, contrecollé sur aluminium et encadré, 95 x 135, édition de 5 pour chaque, 2009

Collection Jean-Paul Chatenet - Courtesy Galerie Eric Dupont, Paris

 

Les deux photographies présentées ici sont issues de la série  « Les migrants ».  Réalisée à Paris, dans le 10èmearrondissement, très tôt un matin de l’été 2009, elles montrent des formes humaines, emmaillotées et cachées dans des draps, des tissus, des sacs de couchage de fortune, à même un banc, le bord du square dont ces hommes viennent d’être expulsés, un carton posé sur le trottoir. Ce sont des migrants afghans, réfugiés clandestins, pour qui même le sommeil, cette nécessité vitale, est devenu un combat : trouver où et comment dormir, se cacher, s’abstraire un moment d’un monde qui, dit Mathieu Pernot, « ne veut plus les voir ». A la fois présents et absents,  « invisibles, silencieux et anonymes », ces hommes endormis, recouverts de ce qu’on pourrait presque prendre pour des linceuls, rendent ces images violentes et ambigües. Elles rappellent d’autres images, celles de corps sans vie dans les états de guerre. L’artiste confie : « J’ai été ému par la présence de ces "refoulés" de l’histoire, ces figures d’une mondialisation inversée. Leur façon d’occuper l’espace évoquait la figure tragique du charnier. J’ai été troublé par la beauté́ ambigüe de ces formes qui rappelaient celles d’une autre Histoire. J’ai pensé que la meilleure image à faire était celle de leur sommeil, de cet ailleurs que l’on ne connaitra jamais et qui constitue sans doute leur dernière échappée. Je n’ai pas voulu les réveiller. Je n’ai rien vu des migrants ».

 

Le travail de Mathieu Pernot s’inscrit dans la tradition d’un art politique nourri d’histoire et de sociologie. L’artiste procède par séries qui sont autant de points de vue analytiques et successifs sur les grandes questions politiques et sociales de l’identité et de la mémoire, de l’aliénation et du progrès. Se référant aux travaux de Michel Foucault, il définit lui-même son travail comme « monumentaire » ou « documental », s’inscrivant dans le champ des sciences humaines. « J’essaie », explique Mathieu Pernot, « de trouver une forme à l’histoire et je me nourris autant d’ouvrage de sociologie, d’anthropologie ou de philosophie que de livres d’art contemporain. La question n’est pas tant de savoir ce qu’une démarche artistique peut apporter à un travail scientifique et inversement mais d’essayer de produire un nouvel objet qui traverse les disciplines. »

Il s’est ainsi intéressé, dans une réflexion récurrente sur l’architecture dans son rapport au vivant humain, à l’histoire du camp de concentration tsigane de Saliers, au monde carcéral,  à la destruction de barres d’immeubles en banlieue, triomphe de l’urbanisme des années 70 et symbole aujourd’hui de la fin de l’utopie du modernisme.

 

 

(texte extrait du catalogue, parution à l'occasion de l'exposition)

 

 

 

"Au-delà de mes rêves" - Du 26 octobre au 23 février 2013

 

Commissariat: Marie Deparis-Yafil et commissariat général: Fabrice Bassemon et Magali Briat-Philippe

 

 

 

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Par Marie Deparis-Yafil - Publié dans : Commissariats
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